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Le blog de Gérard Filoche

Sat, 22 Sep 2018 15:14:12 +0200

Leur seul but, attaquer le militant de gauche syndical et politique… au portefeuille.

Cher(e)s ami(e)s, camarades,

J’ai mis toutes les choses au clair en publiant un « Manifeste contre le racisme et l’antisémitisme »  (ed. D&S, 220 000 signes, 120 p), c’est un travail apprécié de toutes celles et ceux qui l’ont lu. C’est une réponse forte et définitive aux accusations scélérates qui ont été, un instant, lancées contre moi. Toute ma vie, 55 ans d’activité militante, témoigne de mon engagement, et je n’ai pas à me défendre davantage sur le fond.

Ils ne m’ont pas eu. Ils ne m’auront pas ainsi. Je rends coup pour coup.

Cela me rend combatif.

Mais par contre le Parquet, dirigé par le pouvoir, et huit avocats façon Crif, Licra, France-Israel, et autres Attali, en profitent pour me poursuivre, comme ils l’ont fait hélas, contre d’autres avant moi, et ce, au détriment manifeste de la cause qu’ils prétendent mensongèrement défendre.

Leur seul but, attaquer le militant de gauche syndical et politique que je suis…  au portefeuille.

Et là, je suis vulnérable : pour inscrire un témoin au procès du 10 octobre prochain, cela coute, 250 euros chaque au greffe, et les frais d’avocat s’élèvent à 12 000 euros, bien au delà de ce que peut couvrir ma retraite

13 500 euros c’est une très lourde somme pour un homme s’il est seul.

Ca peut s’assumer par un élan partagé de solidarité militante.

J’ai toujours, pour ma part, toute ma vie, milité et cotisé, je n’ai jamais voulu rien posséder, mais me voila contraint, pour riposter, de battre le rappel auprès de vous : sans votre aide financière, petits, moyens et grands chèques additionnés, je ne peux pas faire face.

Je n’ai reçu à ce jour qu’environ 1500 euros d’aide, alors je fais appel à vous largement par souscription, sachant que je ne pourrais, en retour, que vous offrir ma gratitude, ma solidarité, mon engagement, et…  vous faire parvenir cordialement mon livre.

Fraternellement, Gérard Filoche

chèque de soutien à l’ordre de « soutien-Filoche » à Gérard Filoche 85 rue Rambuteau 75001 Paris

Le Parquet persiste à poursuivre Gérard Filoche et le procès a lieu le mercredi 10 octobre 2018 au Palais de justice à Paris, 75017, à 13 h 00.

Deux façons de manifester votre solidarité : en étant présents ce jour là à ses côtés.

En envoyant un chèque de soutien à l’ordre de « soutien Filoche »  à GF 85 rue Rambuteau 75001 Paris (pas moins de 13 500 euros de frais avocat et greffe, sont engagés, et jusqu’à présent environ 1500 euros ont été collectés)

Gérard Filoche

Fri, 21 Sep 2018 21:36:53 +0200

Macron le Thatcher français

La lettre DS Une

Plan santé et plan pauvreté, nul n’y a vu un virage social. Au contraire ! Même Le Figaro observe que l’axe central de Macron, c’est : « la tendance à concentrer de plus en plus les bienfaits et les effets de la protection sociale sur les plus fragiles. Et donc à s’éloigner du modèle de la Sécurité sociale de l’après-guerre, conçu d’abord pour couvrir tous les salariés, puis l’ensemble de la population française ». Il s’agit d’aller « vers un système ressemblant à celui des pays anglo-saxons » (1)

Des personnels hospitaliers en souffrance

Le plan Santé dévoilé par Macron ne répond en rien à la crise aigüe de l’hôpital public. Sous prétexte que le système de santé ne souffrirait pas «  d’un sous-financement mais d’un handicap d’organisation », le plan Santé ne prévoit que 400 millions de hausse des dépenses de santé en 2019  à mettre en regard avec les 800 millions d’euros d’économies non prévues demandées en 2018 à l’hôpital, qui ont été basculées vers la médecine de ville. Bref, les personnels des hôpitaux publics n’ont pas fini de souffrir.

Le président des inégalités

Ce n’est pas avec le plan de Macron que la pauvreté sera réduite. On ne peut bien sûr qu’être favorable à des petits-déjeuners dans les écoles…sans doute à la charge des collectivités ! Mais le RSA, outil majeur de lutte contre la pauvreté, ne va pas augmenter ! Le Président des riches poursuit son objectif : changer de modèle social. En envisageant un revenu universel d’activité, fusion des minima sociaux existants, il veut contraindre les bénéficiaires à signer un « contrat d’engagement réciproque », et ils ne pourront refuser plus de « deux offres raisonnables d’emplois ou d’activité ». Toujours cette vieille idée réactionnaire, largement mise en œuvre en Grande Bretagne, que les pauvres peuvent s’en sortir en faisant des efforts. Quant au financement du plan, il est largement payé par ceux qui sont « un peu moins » pauvres, par exemple par la baisse de la valeur réelle des allocations sociales et des pensions pour environ trois milliards. Les riches, les ultra-riches eux sont toujours épargnés. Et 38 milliards d’euros, soit près de vingt fois le montant du plan pauvreté, vont être versés au titre du CICE et des baisses de cotisations l’an prochain aux entreprises. La politique de Macron est donc plus que jamais une machine à creuser les inégalités (2).

Le sport au régime anglo-saxon

Même dans le sport, qui compte dans notre pays 16 millions de licenciés, Macron veut imposer le modèle anglo-saxon. En confirmant la perte de statut de fonctionnaire du personnel aux 1600 conseillers techniques sportifs (CTS), en demandant aux fédérations de les payer (seules les plus riches le pourront), le gouvernement met en œuvre ce qui a entraîné en Grande-Bretagne une baisse du nombre de personnes pratiquant un sport, et « certains sports y sont à l’agonie pendant que d’autres fédérations roulent sur l’or » (3).

L’urgence du rassemblement à gauche

Macron est dans les pas d’un Reagan ou d’un Tahtcher. Le néo-libéralisme est une vieille politique au service des détenteurs du Capital. La tâche de tous les militants de gauche (syndicaux, associatifs et politiques) est d’y opposer une alternative majoritaire, à construire en rassemblant à gauche. Unité à gauche, c’est urgent !

(1) Cécile Crouzel Le Figaro du 16 septembre 2018

(2) Romaric Godin Mediapart 13 septembre 2018

(3) L’explosion programmée du sport français Clément Guillou Le Monde du 20 sept

Toutes et tous à Tours les 13 et 14 octobre

Macron, le Thatcher français : c’est l’intitulé un des débats qui aura lieu, le 13 octobre, aux journées organisées par la Gauche démocratique et sociale (GDS) « pour l’unité à gauche, pour une alternative sociale et écologique » avec pour intervenants : Romaric Godin (journaliste à Médiapart), Anne De Haro (syndicaliste), Jean-Claude Chailley (Résistance sociale), Philippe Pascal(ex-inspecteur URSSAF lanceur d’alerte).
Pour s’inscrire : contact@gds-ds.org

 

Gérard Filoche

Fri, 21 Sep 2018 10:17:40 +0200

Formation : à Paris : de la Gauche démocratique et sociale et de R&S

Bonjour à toutes et à tous.
Comme beaucoup, nous pensons qu’il est grand temps que les militantes, militants et responsables des forces du mouvement social, de la gauche, se mettent à échanger, dialoguer et réfléchir en commun.
Loin de se contenter de leur hégémonie politique, les partisans de la mondialisation libérale ont, en un demi-siècle, inversé dans notre pays et une immense partie de l’Europe le rapport de force intellectuel. Ce sont eux désormais qui créent think-tanks, réseaux, slogans, concepts …  ils ont réussi leur mue en faisant de leur conservatisme une modernité, nous reléguant au rang de nostalgiques.
Tout est en place pour qu’ils puissent réaliser, dans les dizaines d’années à venir, l’hégémonie intellectuelle et culturelle. Chaque élection nous démontre que cela leur fait encore défaut.
Nous devons réagir, multiplier, revivifier, renforcer les clubs de réflexion, les collectifs, les lieux de débats. Nous devons réussir à mener ce travail conjointement à celui de rechercher les chemins de l’unité et d’actions communes.
Je vous invite donc à venir participer à ce moment de réflexion commun autour de l’enjeu essentiel de la Sécurité Sociale. L’idée est simplement de réunir des femmes et homme de gauche, actrice et acteur du mouvement social, pour que chacune et chacun apporte sa réflexion, ses idées tant en terme de concepts que d’actions a mener.
Comptant sur votre participation,
Amicalement et Fraternellement,

Nos cotisations sociales c’est notre salaire, c’est à nous, ils nous les enlèvent

Mais comment arrivent ils au journal télévisé à mentir et tenter de faire croire qu’il y aurait une hausse du pouvoir d’achat prévue en 2019 ?   Il ne s’agit au contraire que d’un recul, d’une attaque brutale, massive, sans précédent historique contre nos salaires BRUTS.  Car ce qui compte pour nous tous, c’est le haut de la feuille de paie, pas seulement le bas. Le haut c’est le salaire brut. Les cotisations c’est du salaire !

Les cotisations, ça nous appartient, c’est une part du salaire mutualisée mise dans un pot commun et redistribuée à chacun de nous selon  nos besoins, quand nous sommes en maladie, en accident du travail, en charge de famille nombreuse, en besoin de logement, au chômage, ou en retraite.

On vit au jour le jour avec le « net » mais on vit tout au long de la vie avec le « brut ».

Et là, tranquillement Macron prétend qu’il va faire hausser – un  peu ? – le net – et supprimer le brut.

C’est un fantastique, tour de passe-passe ! C’est un pillage de haut niveau, ce sont des centaines de milliards que les patrons ne paieront plus, et que nous paierons sous forme d’impôt – dorénavant prélevé à la source. Prélevé à la place de la cotisation !

Ensuite, ils vont fondre les deux budgets, celui de l’Etat et celui de la Sécu. Ils vosent affirmer que désormais « les exonérations de cotisations sociales seront payées par la Sécu ! » violant une règle constitutionnelle sur la séparation des budgets, et la pré affectation des cotisations (mais c’est pour cela qu’ils voulaient réviser la Constitution sur ce point les 3 et 19 juillet).

Or le budget de la Sécu est équilibré (à force de serrages de vis et de privations), le fameux « trou » de la Sécu n’existe plus, il y  aurait même un excédent de 22 milliards ! Tandis que le budget de l’Etat provoque (car ils ont baissé les recettes, ISF, Flat Tax, etc.) près de 78,5 % de la « dette » présumée. Ils prévoient donc de servir sans vergogne dans notre ex budget social pour en faire ce qu’ils veulent

On perd notre salaire, on perd nos cotisations, on perd notre Sécu. C’est la plus grande contre-révolution anti sociale depuis 1945.

Gérard Filoche

Gérard Filoche

Thu, 20 Sep 2018 13:52:53 +0200

La gauche est potentiellement majoritaire si elle s’unit

Deux ans après El Khomri, un an après les ordonnances anti travail, le chômage augmente, la « croissance » est en berne, l’inflation pousse, les déficits montent, la dette explose, les inégalités se creusent, rien n’est bon dans le Macron

La gauche est largement majoritaire en France, c’est sociologiquement potentiellement la majorité du salariat, mais le quinquennat maudit de Hollande a désorienté une partie de celle ci, temporairement « macronisée », et une autre écoeurée qui s’est massivement abstenue (58 % d’abstentions aux 2° tour des législatives en juin 17), la division Hamon Mélenchon a fait le reste, sans unité de la gauche nous ne redresserons pas la situation, il faut vite une maison commune, un comite permanent de liaison a gauche, une unité pluraliste démocratique de gauche sur le meilleur programme possible. Au plus vite sinon Macron perdure ou le PS droitisé remontera de façon anachronique.

GF

IFOP Humanité

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 907 personnes se positionnant à gauche sur un axe gauche-droite, extrait d’un échantillon de 2006 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 10 septembre 2018.

14/09/2018

Malgré un contexte difficile lié à la défaite des mouvements et partis de gauche aux élections nationales de 2017 et la fin de la bipolarisation de la vie politique, l’expression d’une identité de gauche demeure et s’exprime toujours avec une remarquable stabilité chez 44% des Français, soit une mesure équivalente à celle établie lors de la 4e vague de notre baromètre Ifop pour l’Humanité (44%). Parmi les personnes se positionnant à gauche, ils sont 68% à estimer que l’on peut toujours être fier de se revendiquer de gauche aujourd’hui, soit un niveau jamais atteint dans ce baromètre (la progression est de 1 point par rapport à 2017 et de 10 points par rapport à 2016). Paradoxalement, l’identité de gauche continue de se construire autour d’une opposition à la droite, cela malgré l’accession aux responsabilités d’un mouvement politique ambitionnant de à gommer ce clivage bipartisan. Ainsi, 75% des personnes de gauche affirment qu’il existe toujours des différences nettes entre la gauche et la droite, soit 6 points de plus qu’en 2017 et 13 points de plus qu’en 2014.

On constate en effet une persistance d’un univers de références, de valeurs propres à la gauche. Interrogées sur la connotation donnée à divers mots, les personnes de gauche valorisent positivement des termes comme la solidarité (80%, soit +4 points par rapport à l’ensemble des Français), la laïcité (82%, +6 points) ou encore les services publics (72%, +8 points). Les différences les plus notables s’expriment sur des termes comme le socialisme (69%, +26 points par rapport à l’ensemble des Français), les syndicats (56%, +15 points) ou les grèves (53%, +14 points). Par ailleurs, les valeurs de gauche s’expriment à travers le clivage gauche-droite notamment sur l’immigration : 62% des personnes de gauche déclarent que les étrangers résidant en France depuis plusieurs années devraient avoir le droit de vote aux élections municipales contre 28% pour les sympathisants de droite. De même, mais à niveau moindre, 45% des personnes de gauche estiment que l’immigration rapporte plus à la France qu’elle ne lui coûte contre 22% à droite.

Nouveauté pour cette 5e vague de notre baromètre Ifop pour l’Humanité, l’identité de gauche se construit désormais également vis-à-vis de la politique menée par le couple exécutif. Alors que l’élection d’Emmanuel Macron avait été portée par la promesse d’une politique « ni de droite ni de gauche », 8 personnes de gauche sur 10 (80%) jugent que la politique du président est de droite contre 72% il y a encore un an (+8 points).

Ce constat plus tranché sur la politique portée par Emmanuel Macron donne espoir au « peuple de gauche » de reprendre un jour le pouvoir. Près de trois personnes de gauche sur quatre (74%) jugent qu’il est possible de mettre en place une politique correspondant à leurs attentes, soit une progression de 6 points de cette opinion en un an. Pour ces Français de gauche, une véritable politique de gauche devrait se construire autour de deux objectifs : le premier serait une meilleure redistribution des richesses (61%), avec la lutte contre la pauvreté (45% pensent qu’il est urgent de mener une politique de gauche dans ce domaine contre 37% dans l’ensemble des Français) et l’amélioration du pouvoir d’achat (44%). Le second objectif serait la protection de l’environnement (48%) qui progresse de 15 points par rapport à 2017 dans les priorités identifiées pour porter une politique de gauche.

Gérard Filoche

Tue, 18 Sep 2018 13:41:11 +0200

« Il suffit de traverser la rue… » : la ritournelle des emplois non pourvus

18 septembre 2018, 00:36 CEST

Auteur

Hadrien Clouet Doctorant en économie, CENTRE DE SOCIOLOGIE DES ORGANISATIONS, Sciences Po – USPC

Déclaration d’intérêts

Hadrien Clouet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

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Sciences Poapporte un financement en tant que membre adhérent de The Conversation FR.

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Les offres non pourvues restent relativement rares en France. Vic Labadie / Shutterstock

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Dimanche 16 septembre, interpellé par un horticulteur sans emploi, le président de la République Emmanuel Macron lui a répondu « je traverse la rue, je vous trouve un emploi ». Cette phrase relance un vieux mythe : les chômeurs sont responsables de leur propre chômage, car ils accompliraient trop peu d’efforts pour retrouver un emploi.

Cette sortie présidentielle, et les commentaires qui l’accompagnent, posent trois questions distinctes :

  • Y a-t-il assez d’offres d’emploi en circulation pour tous les chômeurs, et peut-on en conséquence leur imputer la responsabilité de leur propre chômage ?
  • Combien d’offres faut-il pour occuper un chômeur ?
  • Enfin, peut-on s’appuyer sur les bases publiques de Pôle emploi pour mesurer le non-pourvoi ?

18 000 emplois non pourvus faute de candidats en 2017

Un travail scientifique vient régulièrement éclairer les motifs du non-pourvoi en France. Il s’agit de l’enquête « Besoins en Main d’Œuvre », réalisée sous le pilotage de Pôle emploi et du Crédoc. Pour 2017, elle indique que 7,5 % des établissements qui ont essayé de recruter n’y sont pas parvenus. Ont-ils manqué de candidats ? Effectivement, dans… 16 % des cas ! Dans l’écrasante majorité des situations, plusieurs candidats se sont manifestés, mais n’ont pas été retenus. Dans d’autres établissements, le besoin économique avait disparu, ou les moyens financiers n’étaient plus disponibles. Une telle enquête déclarative ne révèle pas non plus l’ampleur des infractions, comme les fausses offres d’emploi qui servent uniquement à compiler des bases de CV pour l’avenir. Et certaines offres n’attirent aucun candidat car elles proposent des conditions de travail très mauvaises, voire illégales : salaires inférieurs au smic (via les heures non payées), de nuit, en horaires discontinus… Le refus de certains candidats indique qu’en France, les normes légales constituent encore une référence.

Au total, en 2017, 111 000 offres n’ont pas été pourvues de façon définitive (dont 16 % par manque de candidat, soit 18 000). Sachant que Pôle emploi accueille un peu plus d’un tiers des offres en circulation (les autres prennent la forme de petites annonces, passent dans des réseaux professionnels, sont déposées en agences d’intérim…), la multiplication par un peu moins de trois fournit l’estimation de 300 000 offres non-pourvues, dans toute l’économie.

Pour autant, ces offres auraient-elles pu occuper 300 000 chômeurs ? Non, car il faut retrancher les offres à temps partiel, qui nécessitent d’en occuper plusieurs, et les contrats à durée déterminée (CDD), qui requièrent d’en enchaîner plusieurs dans l’année. Parfois, plusieurs offres non pourvues sont nécessaires pour qu’un chômeur travaille une année durant.

La difficulté de recruter reste l’exception

Indiquent-elles que le marché de l’emploi français est constitué d’individus rétifs au travail ? Les données statistiques montrent plutôt l’inverse. En 2017, les employeurs ont transmis 23,8 millions déclarations d’embauche (source Acoss – dont 17 millions de moins d’un mois). Les offres non pourvues, à leur niveau maximum, ne représentent guère qu’une miette, environ 1 % des emplois pourvus. En regardant le marché par l’autre extrémité, nous constatons que 99 % des projets de recrutement réussissent. La difficulté est l’exception, leur réussite est la règle.

Même en admettant 300 000 offres non pourvues, cela constitue-t-il un volant significatif de lutte contre le chômage ? Là encore, la réponse est non, puisque 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, dont 3,4 millions sans la moindre heure d’activité. L’estimation la plus généreuse consisterait donc à avancer l’existence d’une offre d’emploi non pourvue pour onze chômeurs (300 000 pour 3,4 millions). Si tous les chômeurs débusquaient l’offre d’emploi non pourvue au coin de la rue, en acceptant de changer de métier, en renonçant à toute qualité d’emploi, pour n’importe quel niveau de salaire… il en resterait toujours dix sur onze.

Illusions d’optique

Plusieurs éditorialistes, soucieux de contextualiser le propos présidentiel, ont mené leurs propres recherches à partir des bases de Pôle emploi, afin de fournir leur propre évaluation des emplois non pourvus. C’est par exemple le cas de Laurent Neumann, l’éditorialiste politique de BFMTV, qui a décompté les offres d’horticulteurs en ligne sur Pôle emploi. Mais attention aux illusions d’optique.

Pour rester dans la thématique des horticulteurs, une recherche par les bases de données de Pôle emploi indique 193 offres correspondantes dans toute l’Île-de-France. Un emploi serait-il donc disponible pour le jeune chômeur interpellé par le président, ainsi que pour 192 de ses homologues ? Pas vraiment… D’abord, les 193 offres agrégées par Pôle emploi sont « proches » de l’horticulture. Elles concernent aussi, par exemple, des emplois d’enseignant en production horticole, dont rien ne garantit qu’elles seraient proposées à un horticulteur au chômage.

Mais admettons. Parmi ces 193 offres, 113 sont en contrat à durée indéterminée (CDI) et garantissent un emploi pérenne aux chômeurs. Les autres sont des offres d’intérim, ou des CDD : 15 jours, 3 mois… Il faut donc successivement 4 ou 5 de ces offres pour occuper une seule personne à l’année. Toutes ne constituent donc pas un moyen de quitter le chômage.

Parmi les 113 CDI, 15 sont à temps partiel. Cela signifie qu’un chômeur qui les occupe peut encore être à la recherche d’un autre emploi. Donc, à l’inverse, que deux emplois sont parfois nécessaires pour occuper une seule personne au même moment. Pour 58 offres, aucune indication n’est donnée concernant le temps de travail. Seules 40 garantissent un exercice à temps plein.

Déficit d’emploi au niveau national

À partir de 193 offres en horticulture (ou approchant), nous arrivons au stock bien plus maigre de 40 emplois susceptibles d’occuper une personne de façon exclusive. Au niveau géographique, ils sont également répartis de manière bien inégale : 14 dans le département des Yvelines, mais seulement trois en Seine-Saint-Denis et dans le Val de Marne, ou deux dans les Hauts-de-Seine.

L’interpellation du chômeur par Emmanuel Macron est donc infondée. Le chômage n’est pas simplement une affaire de volonté individuelle, qui se résoudrait en traversant la rue. Il résulte d’un déficit d’emplois au niveau national. Pendant longtemps, ce déficit était considéré comme un problème, sur lequel intervenaient les politiques publiques.

La sortie d’Emmanuel Macron traduit une double opinion. D’abord, elle délégitime l’action publique en matière de lutte contre le chômage, pour le présenter comme une somme d’actes individuels qui découlerait des choix des chômeurs. Deuxièmement, elle correspond à une promotion des « travailleurs pauvres ». Autrement dit, le président plaide en creux pour l’exercice de n’importe quel type d’emploi plutôt que le chômage. Cette politique a été menée dans plusieurs pays anglo-saxons, ou encore en Allemagne, où elle a conduit à une progression spectaculaire de la pauvreté laborieuse.

En attendant, le marché de l’emploi continue de se contracter. Au dernier trimestre 2017, les créations d’emploi (public et privé) atteignaient la somme de 105 000. Elles ne sont plus que 12 000 au deuxième trimestre 2018, après la coupe dans les contrats aidés. On peut donc raisonnablement douter que traverser la rue constitue la réponse appropriée à cet effondrement des créations d’emplois.

Gérard Filoche