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Aide et Action en Isère

Sat, 04 Aug 2018 16:17:43 +0200

Une visite sur le projet « École, Amie des enfants » au Togo

Un Parrain témoigne : "Les parrainages sont utiles et nécessaires".
Roland Braun, enseignant retraité, est parrain chez Aide et Action depuis 2014. Il soutient actuellement notre projet « École, Amie des enfants » au Togo. C’est là-bas qu’il a décidé de se rendre il y a quelques mois pour constater l’utilité de son parrainage. De retour de son voyage, il a tenu à partager son expérience, aussi enrichissante qu’émouvante.

« Si je vous écris, c’est parce que j’ai eu le bonheur et la chance de visiter le projet que je soutiens au Togo et de vérifier sur le terrain l’utilisation et l’efficacité de nos parrainages. Pour préparer mon voyage, j’ai écrit à Aide et Action. Mes correspondants français m’ont mis en contact avec Innocent Sama, à Lomé, qui m’a aidé tout au long de la préparation.
Le siège d’Aide et Action Lomé regroupe à la fois l’équipe africaine de l’association ainsi que l’équipe spécifique pour le pays. J’ai ainsi pu rencontrer les responsables des différents projets qui m’ont présenté leurs activités au Togo et dans les autres pays d’intervention.
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« Je dois avouer que j’avais les larmes aux yeux »

À notre arrivée à l’école de Tanikaog, à Dapaong, à l’extrême nord du Togo, l’ensemble des élèves (environ 300) étaient assis à l’extérieur sous les arbres, ainsi que les enseignants, le chef du village, les parents et les habitants face à trois tables qui nous étaient réservées. Se sont ensuivies des danses réalisées par les enfants et les mamans, des chants d’accueil, des échanges de cadeaux et des discours pour me souhaiter « bonne arrivée ». Je ne suis pas quelqu’un de sentimental, mais je dois avouer que j’avais les larmes aux yeux et la voix un peu chevrotante quand j’ai pris la parole pour les remercier de cet accueil.

« Les écoles françaises pourraient en tirer des leçons »

Le directeur et son équipe nous ont présenté leur établissement. Les effectifs sont sans commune mesure avec ce qu’on peut trouver en France avec une moyenne de 50 élèves par classe, mais autant de filles scolarisées que de garçons ce qui est remarquable. Une activité qui m’a beaucoup intéressée c’est la mise en place du « gouvernement des enfants ».
Dans un premier temps les enseignants, les parents et les enfants travaillent chacun de leur côté à définir leurs besoins spécifiques et leurs attentes de l’école. Dans un deuxième temps, ces trois projets sont confrontés, amendés et aboutissent à une sorte de charte commune ou de règlement qui définit les grands axes du fonctionnement de l’établissement. Encore un élément dont les écoles françaises pourraient tirer des leçons !

J’ai pu constater durant ces quelques jours passés au Togo et à Tanikaog à quel point nos parrainages étaient utiles et nécessaires. J’ai pu vérifier également que l’association les utilisait de manière efficace, en y associant les acteurs locaux et dans un souci évident de les transformer en des outils pérennes, même après la fin des projets. »
Vous aussi, devenez parrain avec Aide et Action et engagez-vous à nos côtés pour la cause de l’éducation !

Sat, 04 Aug 2018 15:18:18 +0200

Témoignage d'une enseignante au Sénégal

Où en sont les mentalités vis-à-vis de l’école ?
Avant, les parents n’étaient vraiment pas très concernés par l’éducation de leurs enfants. Très peu voulaient envoyer leurs enfants en maternelle, ils pensaient que ça ne servait à rien. Mais depuis quelques années, cinq ou six ans, j’ai l’impression que les choses changent. Grâce au travail de sensibilisation, ils sont plus conscients des enjeux.

Est-ce qu’il y a suffisamment de structures pour répondre aux besoins ?
Non malheureusement, c’est un gros problème. Avant, j’étais enseignante à l’école primaire mais j’en suis partie à cause des conditions. Il y a beaucoup trop d’élèves par classe, parfois une centaine. On se retrouve obligé de scinder la classe en deux et de faire venir les groupes alternativement chaque jour. Cela n’a aucun sens, on ne peut pas réaliser les programmes dans ces conditions. A la fin, ça me posait vraiment un cas de conscience, j’avais pitié de mes élèves.

Qu’est-ce que vous pensez de votre métier ?
Au niveau des conditions, c’est plutôt correct. Je gagne 199 000 Francs CFA par mois (300 euros), ce qui est plutôt bien et si j’en ai besoin, je peux assez facilement trouver un suppléant pour m’aider à faire classe. Mais honnêtement, je considère que l’éducation ne marche pas au Sénégal et parfois je suis vraiment découragée. On voit beaucoup d’enfants arriver au collège sans même savoir lire ! J’ai toujours aimé enseigner mais à certains moments je regrette de m’être engagée dans cette voie car j’ai peu d’espoir. Surtout que nous ne sommes pas très soutenus, pour beaucoup de parents, la situation actuelle est la faute des enseignants.

Que faudrait-il pour améliorer la situation ?
Il faudrait beaucoup de choses… Selon moi, il aurait fallu agir avant d’en arriver à cette situation. Mais désormais, en priorité diminuer les effectifs. Les élèves sont incapables de s’entraîner et de progresser dans de telles conditions. Mais il faudrait aussi que les parents soient beaucoup plus présents derrière leurs enfants. Quand un enfant rentre le soir, il accroche son cartable pour ne le reprendre que le lendemain matin. Ça ne peut pas marcher comme ça, il faut pratiquer, sinon on ne fait qu’accumuler.

Quel est l’avenir des jeunes sénégalais ?
Il ne me semble vraiment pas facile. La plupart d’entre eux ont d’ailleurs conscience des difficultés qui les attendent. Même ceux qui iront jusqu’au bac n’ont aucune garantie. La plupart devra changer de région pour chercher un travail et avoir de la chance pour en trouver un. Personnellement, j’ai quatre enfants et je leur souhaite d’aller en Europe pour avoir une meilleure vie. Ici c’est trop dur.

Mais malgré tout, je vais continuer à exercer mon métier et faire de mon mieux pour donner les meilleures chances à mes élèves.

Thu, 21 Jun 2018 17:39:38 +0200

Semaine de la Solidarité, du 11 au 15 Juin 2018, au Collège Louis Mauberret à La Mure

Pour sa 3ème année, le Collège Louis Mauberret a organisé sa semaine de solidarité, du 11 au 15 Juin 2018, avec pour thème "le travail des enfants" et une belle exposition réalisée par les élèves de SEGPA, d’ULIS et d’IME.
Une exposition "L’éducation est une urgence" a également été mise à leur disposition par Aide et Action Isère.

Comme l’an passé, Suzanne Krakowiak est allée rencontrer les élèves des classes de 5ème, le 28 Mai dernier, pour présenter notre association et échanger sur l’accès à l’éducation auquel tout enfant a droit (cf. la Convention Universelle des Droits de l’enfant), quand on sait qu’en 2018, ce sont 150 millions d’enfants qui travaillent, principalement en Afrique et en Asie, que ce soit dans les taches domestiques (principalement les filles), aux champs, dans les usines ou sur les chantiers de construction.

Jeudi 14 Juin 2018 à partir de 14h00, à l’initiative d’Eric Marchand, leur professeur d’histoire-géographie, et la participation de ses collègues ainsi que M. Bouley, Principal de l’établissement, un forum a été organisé avec le concours des six associations solidaires, Aide et Action Isère, ATD quart-monde, le Collectif pour l’accueil des réfugiés en Matheysine (Carm), Kasih-Burda France, les Restos du coeur et les Bouchons d’Amour qui ont monté leur stand dans le hall d’accueil du collège, avec l’aide de quelques élèves volontaires. Chacune a présenté ses missions aux groupes d’élèves des cinq classes de 5ème qui, en remerciement, nous ont offert, avec leurs chorales, un récital de chansons d’actualité sur le thème choisi. Ces chansons très bien interprétées, dirigées et accompagnées au piano par leur professeur de musique, Michel Avedikian, ont été chaleureusement applaudies par l’ensemble des spectateurs.

C’est encore un événement couronné de succès grâce à la participation de tous et à l’investissement des enseignants de ce collège. Un article élogieux a paru sur le Dauphiné Libéré ci-joint

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ALAIN Catherine

Mon, 18 Jun 2018 22:03:06 +0200

Evénement à l'école La Bajatière à Grenoble le 30 Mai 2018

Dans le cadre du projet SOLIDE, financé par Aide et Action et cofinancé par le Service Relations Internationales de la Ville de Grenoble, l’association Ecole de la Paix a organisé un temps fort à l’école La Bajatière, mercredi 30 mai dernier, au cours duquel les élèves ont présenté un spectacle musical qui portait sur "la liberté, l’égalité et la fraternité" ou récité des extraits de texte sur le thème autour de la solidarité. Tous les élèves ont participé par groupes, soit 171 enfants, et les chansons ont été soigneusement choisies et remarquablement interprétées par tous, accompagnées à la guitare par Francesca Bustarret, devant leurs parents, les enseignants et la directrice de l’école, Sophie Schnoeblen, qui avait défendu les valeurs de la laïcité dans son discours d’introduction.

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D’autres personnalités y assistaient : René de Céglie, élu du secteur 4, Fabien Malbe, Adjoint aux Ecoles, Mme Manin Marzo, Inspectrice de l’Education Nationale de la circonscription Grenoble, ainsi que les conseillers pédagogiques de la circonscription, Armand Leroy et Dominique Masson.

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A cette occasion, les enfants avaient réalisé de superbes dessins affichés dans la cour de l’école où se déroulait l’événement.

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Il est prévu, dans un second temps, une deuxième partie à ce projet avec des échanges entre l’école La Bajatière et une école au Sénégal.

ALAIN Catherine

Thu, 29 Mar 2018 02:41:14 +0200

Témoignage d'un parrain d'Aide et Action, sur son voyage au nord du Togo

La rencontre, en présence de l’inspecteur du primaire et de Romain d’Aide et Action, m’a permis de mieux cerner le contexte de ce petit village de 500 habitants, des réalités des enseignants, des attentes des parents.Le choix des lieux d’intervention d’Aide et Action sur la région s’effectue par l’inspection primaire en lien étroit avec l’association : Nagbati fut retenue car les parents se sont mobilisés en 2007 pour construire eux-mêmes une école et démarrer des cours avec des jeunes volontaires du village qu’ils ont rétribués. Le parrainage a débuté avec tous les enfants du premier niveau (CP 1) et se poursuit jusqu’à la fin du primaire. Seuls sont exclus les enfants de fonctionnaires « car ils risquent d’être mutés au cours des six années qu’il dure ». Un plan d’action triennal est défini entre l’inspection, les parents et Aide et Action, il s’inscrit dans le cadre du plan sectoriel de l’Etat.
Aujourd’hui, 162 enfants sont scolarisés « à parité » : 82 filles et 80 garçons.

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L’intervention d’Aide et Action se situe essentiellement sur un soutien afin que l’école remplisse ses missions avec la participation de l’ensemble de la communauté éducative. A titre d’exemple :

  • La mise en place d’un comité de gestion de l’école primaire, avec enseignants, parents d’élèves, responsables locaux,
  • La constitution d’un « gouvernement des enfants » avec neuf ministères : santé, environnement, loisirs, relations aux parents « quand les enfants sont absents régulièrement, ce sont les enfants de ce ministère qui vont voir les parents, l’impact est plus important que lorsque j’interviens » (dixit le directeur), etc.
  • Dans un milieu où la violence du quotidien est une réalité, la lutte contre celle-ci par des formations et une réflexion que ce soit dans le cadre scolaire ou familial « nous avons arrêté les coups de bâton et nous avons compris que de crier sur les enfants n’est pas la solution habituelle ». L’impact s’est également fait ressentir au niveau intrafamilial.

De l’avis de tous, résumé par l’inspecteur : « depuis le début de l’intervention d’Aide et Action, on constate une augmentation significative du nombre d’élèves, une meilleure implication des parents. »

Cette mobilisation des parents, la fréquentation soutenue des enfants ont servi de base à l’inspecteur pour créer un, puis deux postes d’enseignant (le troisième est toujours financé par les parents) et faire accepter par les instances nationales la construction d’une école « en dur » (dans le cadre d’un projet soutenu par l’Unicef et la Banque mondiale), car les saisons de pluie eurent raison de l’école faite de banco (terre) et d’un toit de chaume.

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Dans les prochaines semaines, aura lieu l’inauguration de ce bâtiment de trois classes qui remplacera… la scolarisation sous les arbres, telle qu’elle se pratique actuellement.

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Lors de la rencontre avec les parents d’élèves (l’un d’entre eux traduit en Anoufoh), lorsque vint l’heure des questions, j’ai été immédiatement interpellé : « le soir les enfants ne peuvent pas faire leurs devoirs et apprendre leurs leçons car il fait nuit et il n’y a pas d’électricité dans le village. Ne pourrait-on pas trouver une solution ? ». Je leur évoque qu’ailleurs des solutions existent avec des panneaux solaires…

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Qu’il en faut du courage, de la motivation, de la persévérance pour ces parents « éloignés de tout » dont la quasi-totalité n’a jamais été scolarisée afin de bâtir, pas à pas, un projet pour leurs enfants, concevoir que le développement, une évolution positive de la quotidienneté, ne se réalisera pas sans compétences et qu’il faut les acquérir dès le plus jeune âge. Alors, je me dis qu’il serait souhaitable que nous leur donnions encore un « coup de pouce » en mettant en œuvre une solution quant à ces panneaux solaires, car l’expérience montre qu’elle permet une réussite scolaire nettement supérieure…

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