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le Ravi

Mon, 17 Sep 2018 13:53:55 +0200

Ils veulent baîlloner le Ravi !

Suite à la publication de notre enquête, « Les élus d’abord, les enfants après », Marc Lauriol, conseiller départemental LR du Var, et l’Odel (Office départemental d’éducation et de loisirs), qu’il dirige, nous assignent en diffamation. Ils nous réclament 32 500 euros !

Après avoir été renvoyé à quatre reprises, notre procès aura lieu ce mardi 18 septembre, à 14h30, au tribunal de grande instance de Draguignan.

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Et n’hésitez pas, pour nous soutenir, à venir assister à l’audience, ce mardi 18 septembre, à 14h30, au TGI de Draguignan, 11 rue Pierre Clément...

Et l’acharnement judiciaire se poursuit ! L’Odel, avec sa DRH, nous attaquent maintenant dans une deuxième procédure, là encore pour "diffamation", concernant une nouvelle enquête (« De l’Odel sous les ponts », le Ravi n°159, février 2018) ! Pour cette affaire bis repetita : convocation au TGI de Draguignan le 21 novembre...

leravi

Mon, 17 Sep 2018 11:34:33 +0200

Le grand écart des Républicains

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Pour exister, le patron de Les Républicains Laurent Wauquiez imprime sa ligne, celle de la droite dure. Quitte à empiéter sur le Front national concernant certaines propositions comme celle, par exemple, d’interner préventivement les fichés S radicalisés. Mais ça n’a pas l’air de suffire : « Nous ne sommes pas assez installés dans l’opinion en tant qu’opposition. Cela s’explique : Macron est encore en état de grâce, cela va se terminer, juge le député LR de Vaucluse, Julien Aubert, également secrétaire adjoint du parti. Et puis une partie de la droite fait des yeux de Chimène à La République en marche. Cela n’aide pas à s’opposer… »

Officiellement, en Paca, aucun poids lourd « Républicain » n’a pris sa carte à En Marche ! et aucun des 15 députés ne fait partie du groupe des Constructifs, les « Macron compatible » à l’assemblée nationale. Mais une personnalité, qui joue pour l’instant sur les deux tableaux, ressort : Christian Estrosi. Ephémère président de la région Paca, il est redevenu maire de Nice et président de la métropole. « Estrosi a fait un pas, il y a une logique de changement dans ses méthodes », confirme Cécile Muschotti, ancienne socialiste devenue député LREM du Var. En face de lui, un fidèle de Wauquiez, Eric Ciotti, obsédé par l’immigration.

Cet affrontement, qui a en fait pour toile de fond la question du leadership local dans les Alpes-Maritimes, est révélateur du grand écart auquel se livre aujourd’hui le parti. Et ses déflagrations ont des conséquences jusqu’au Conseil régional : le mois dernier, la maire de Rimplas (06) et conseillère régionale, Christelle d’Intorni, s’est faite éjecter de la majorité. « J’ai été exclue pour m’être opposée à Estrosi à la métropole après une augmentation d’impôts sur le foncier. On me reproche mon manque de discipline de groupe, ce que je conteste, indique-t-elle. Il y a eu un amalgame entre mes fonctions de maire et de conseillère régionale. Il existe différentes sensibilités chez Les Républicains. On débat mais le problème, ce sont les élus en marche vers En marche ! C’est le cas d’Estrosi, il a changé. »

« Les choses vont commencer à se clarifier l’année prochaine lors des élections européennes », estime Olivier Bettati, ancien adjoint d’Estrosi à la mairie de Nice avant de devenir dissident puis de se rapprocher de Marion Maréchal (Nous voilà) - Le Pen lors des élections régionales de 2015. Mais les échéances électorales qui vont fixer le paysage seront probablement les municipales de 2020. Et dans cette guerre niçoise, Eric Ciotti de prendre l’avantage. En novembre, les comités départementaux seront désignés par les militants. Dans le « 06 », 2ème fédération de France, « la majorité des 9 000 militants, se trouvent dans la circonscription de Ciotti, continue Bettati. Et c’est ce comité qui aura la main sur les investitures pour les villes de moins de 30 000 habitants, soit toutes les communes sauf Nice et Antibes et quelques autres. Comment les soutiens d’Estrosi se positionneront alors ? »

En Vaucluse, l’un des départements où le Front national fait ses plus gros scores «  il n’y aura jamais d’alliances aux municipales avec le FN, je ne l’accepterai pas, tonne Alain Milon, sénateur et secrétaire départemental. Mais des rapprochements entre LR et LREM sont possibles ». Pourtant, selon le secrétaire départemental adjoint FN et maire de Camaret-sur-Aigues « des maires sortants de droite nous font des appels du pied. Beaucoup plus qu’en 2014 alors que les élections sont dans deux ans. Ils semblent moins disciplinés  ». Milon, qui se définit comme un « gaulliste social », estime que « la nature de la droite sociale reviendra, c’est mon souhait. Wauquiez est un homme de qualité, mais il existe aussi Valérie Pécresse par exemple… » Pour Julien Aubert, « c’est bien qu’il existe des courants qui correspondent à des idées. Des clans non. La droite, c’est ni En marche !, ni le FN, c’est un corpus idéologique. Mais nous devons récupérer leurs électeurs  ».

Dans le Var, selon Cécile Muschotti, le baron local de la droite - Hubert Falco, maire de Toulon - n’a pas eu le choix : « Il représentait la droite centriste républicaine, le sauveur face au FN. Ce rôle n’existe plus, En Marche ! l’assume aujourd’hui. Il a donc été contraint de mettre la barre à droite, et il risque de le payer cher.  » Car l’original est souvent plus tentant que la copie... Et la députée marcheuse d’ajouter : « La droite régionale pouvait rassembler tout le monde, ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Et d’affirmer que sur le terrain, les militants de droite sont emballés par la dynamique économique qu’aurait créée Macron, même si des mesures comme la hausse de la CSG ont du mal à passer.

Dernier point de clivage majeur au sein de LR que risquent d’exacerber les prochaines élections européennes : les représentants d’un souverainisme conservateur, comme l’est Julien Aubert, qui s’opposent à ceux d’un libéralisme européiste. Le secrétaire adjoint du parti, craignant que la libéralisation du rail ne mette en péril les petites lignes et les territoires ruraux, a voté contre la loi ferroviaire, faisant fi de la consigne du grand chef Wauquiez. «  Cela existe depuis longtemps, cela correspond à des sensibilités de territoires, explique-t-il. On est libre, ce qui n’empêche pas le respect, le dialogue et de trouver des points de rassemblements. » Bon courage.

Clément Chassot

Article publié dans le Ravi n°163, daté juin 2018

leravi

Mon, 17 Sep 2018 08:30:00 +0200

Odel Var, les élus d'abord et les enfants après…

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La pieuvre pourrait être le surnom de l’Office départemental d’éducation et de loisirs, plus communément appelé l’Odel Var, association loi 1901, qui gère la majorité des centres de loisirs du département, organise des séjours pour les jeunes et drague depuis quelques temps les séniors. La pieuvre parce que tentaculaire, bien assez en tout cas pour aiguiser depuis des années l’appétit des élus locaux.

Créée en 1935, l’association a pris de l’ampleur jusqu’à intéresser Hubert Falco, élu en 1994 président du Conseil général du Var qui lui octroie une subvention. En 1996, l’actuel sénateur-maire LR de Toulon nomme Josette Pons à la présidence de l’association, elle l’est encore aujourd’hui. La députée-maire de Brignoles est à l’époque conseillère générale. En 2000, elle place Marc Lauriol, son fidèle collaborateur au poste de directeur, fonction qu’il cumule depuis 2014 avec la direction de son cabinet en mairie. En 2015, il est élu conseiller départemental. Et en juin, il part aux législatives à la place de Pons dans la 6ème circonscription.

Gros salaires et conflit d’intérêt

C’est le rapport de la chambre régionale des comptes sur le Conseil général du Var de 2009 à 2015, rendu public en juin 2016, qui met le feu aux poudres et précipite l’arrêt de la subvention. La CRC y épingle férocement la gestion du président Horace Lanfranchi. Concernant les subventions aux associations, dans la rubrique « risques juridiques et financiers  », elle consacre six pages à l’Odel Var. Le rapport accablant précise, que de 2009 à 2014, le département a versé 20 millions d’euros à l’association « sans s’assurer de la réalité de l’intérêt départemental de ses activités  ». Il s’interroge aussi sur la mise en concurrence. Mais surtout la CRC pointe du doigt les salaires très élevés des cadres, notamment celui du plus haut cadre qui a augmenté de 11 % entre 2009 et 2013, pour atteindre 177 625 euros. «   Il s’agit de la plus haute rémunération de tous les cadres dirigeants d’associations subventionnées, dans le panel analysé par la chambre  », souligne le rapport.

Josette Pons, présidente de la commission jeunesse pendant des années, était décisionnaire des subventions attribuées aux organismes de loisirs notamment… Quand à Marc Lauriol et son salaire qui ferait rêver plus d’un animateur, lorsqu’il est élu en 2015, la question ne se pose visiblement pas de savoir si cela peut constituer un conflit d’intérêt. Le seul qui s’interroge, c’est Dominique Olivier, adversaire de Lauriol aux cantonales et élu d’opposition à St Cyr. Par courrier, en juin 2015, il attire l’attention de Lauriol sur l’article L207 du code électoral qui régit les conditions d’incompatibilité entre le mandat de conseiller départemental et les fonctions «   des agents salariés ou subventionnés sur les fonds départementaux  ».

Lauriol répond qu’il n’est pas payé sur la subvention qui équivaut à 17 % du montant total des recettes de l’Odel (ndlr  : elle était de 55  % en 2005) mais sur les 83 % restants «   d’activités non subventionnées  ». Dans un courrier du 8 août 2016, la préfecture reconnaît l’incompatibilité mais précise que la saisit du tribunal administratif est largement dépassée et surtout qu’«  aucun élément n’a été porté à la connaissance de [leurs] services permettant de relever une incompatibilité  ». Dominique Olivier s’interroge encore  : «   Soit Marc Lauriol n’a pas mentionné dans sa lettre de candidature son poste de DG à l’Odel Var, même si c’est de notoriété publique, dans ce cas-là c’est lui qui serait fautif. S’il l’a mentionné, ce sont les services du préfet qui sont en faute.  »

Marc Giraud, fraîchement élu président du Conseil départemental déjà mis en examen pour détournement de fonds publics, ne s’y risque pas et transforme la subvention versée à l’Odel en aide aux familles. Mais l’association championne des appels d’offres dans les communes a encore de beaux jours d’argent public devant elle. Et ce qui distingue la pieuvre de ses congénères, ce sont ses huit bras et sa grande intelligence  : Marc Lauriol a de la ressource.

Omniprésent et tentaculaire

En plus de ses nombreux biens immobiliers acquis entre 2005 et 2012 via des SCI, son nom apparaît dans diverses sociétés créées autour de l’Odel, soit par actions simplifiées ou en coopératives (Scic). Comme Gestipark qui est à l’origine du parc à thème Pirates Aventures à La Valette, dont Lauriol est le président. On trouve aussi Pro-Formation Services créée en 2013, dont Josette Peri est présidente (nom d’épouse de Pons). Lauriol en est le directeur bien sûr. Une source proche du dossier nous confie qu’il s’agirait d’une «  coquille vide  » créée initialement pour pouvoir récupérer l’argent de l’organisme paritaire servant à financer les formations des emplois aidés qu’il aurait été impossible à l’Odel de facturer, recevant déjà des aides de l’Etat en ce sens. Un seul salarié  : Lauriol. Les formateurs étant ceux de l’Odel.

Une autre société a attiré notre attention  : SG Services, créée début 2014, et dissoute fin janvier 2017 alors qu’elle semble rentable avec un chiffre d’affaire 2015 s’élevant à 417 300 euros. Le montage implique différents salariés de l’Odel. Lauriol qui détient 50  % des parts, mais aussi la directrice financière, la DRH, la directrice la communication (fille de Pons), la DGA (compagne de Lauriol), et la chargée de mission, chacune à hauteur de 10 %. L’Odel Var et Pro-Formation Services, en tant qu’entités y injectent aussi de l’argent. Selon nos sources, le seul client de SG Services c’est l’Odel qui transfère une partie de son personnel dans la Scic et du coup facture des services qui jusqu’ici se faisaient en interne.

Pour certains, SG Services aurait été créée pour faire apparaître du déficit afin de faciliter notamment les licenciements. D’ailleurs lorsque la subvention du département disparaît, la Scic est dissoute. De même que Pirate Aventures n’aurait d’autres fins que «  d’aspirer l’argent  » des centres aérés qui sont tenus d’y organiser deux à trois sorties par an, sorties facturées bien sûr. «  Plutôt que de les amener à Marineland, autant faire tourner l’argent en interne  », ironise un ancien salarié. Seulement voilà, l’argent des centres aérés est public, provenant entre autre de la Caf. En 2015, l’Odel modifie ses statuts dans le but d’élargir le pouvoir du conseil d’administration et permettre de faire des emprunts pour ces sociétés annexes.

Suite à la disparition de la subvention, l’Odel a procédé à sept licenciements économiques. Cinq anciens salariés attaquent aujourd’hui aux Prud’hommes. Ils considèrent que le déficit 2015 qui a motivé les licenciements était erroné de 500 %. Dans le compte-rendu de la réunion extraordinaire du CE daté du 25 juin 2016 et qui statue sur le licenciement d’une salariée, il est annoncé par le commissaire aux comptes un déficit prévisionnel 2015 de 1 250 000 euros, mois où le bilan est censé être présenté au conseil d’administration, donc bien avancé. Finalement quelques mois plus tard, le bilan est beaucoup moins catastrophique   : - 235 716 euros. Et le gros déficit semble avoir été reporté sur le bilan prévisionnel de 2016 qui est annoncé à - 2 250 000 euros. Chiffre qui pourrait être confirmé en juin prochain. «  Oui mais on aurait pu gagner un an   », explique un ancien salarié.

Asseoir son pouvoir ou se garantir l’immunité parlementaire, les raisons qui poussent Lauriol à se présenter aux législatives sont variées. Mais la victoire est loin d’être assurée car au soir de la présidentielle, la 6ème circonscription du Var était totalement bleu Marine.

Samantha Rouchard

1. Durant notre enquête, Josette Pons et Marc Lauriol n’ont pas donné suite à nos demandes d’interviews. L’Odel Var ne nous a transmis ni l’organigramme, ni le bilan 2016, demandés à plusieurs reprises. La plupart de nos sources témoignent anonymement par crainte de représailles.

Pons qui roule amasse mousse

Josette Pons a été condamnée en novembre dernier à 45 000 euros d’amende pour avoir omis de déclarer 2,1 millions d’euros de patrimoine à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle a choisi la procédure de plaider coupable, afin d’éviter l’inéligibilité. A presque 70 ans, elle est la championne du mandat électif   : trois fois maire de trois communes du Var, conseillère générale de 1988 à 2015 et enfin députée de la 6ème circonscription du Var depuis 2002. Il se murmure qu’elle préparerait sa confortable retraite, en laissant la députation à Lauriol puis la mairie à son premier adjoint. Elle vient pourtant d’être élue au premier tour à la présidence de la nouvelle communauté d’agglo de la Provence verte   ! Au sein de l’Odel, elle a su s’entourer de quelques membres de sa famille, dont sa fille Magali Barré. A la fois directrice de la communication à 80 % et attachée parlementaire de sa mère le reste du temps. Sur son CV en ligne, elle indique qu’elle est aussi organisatrice de séjours freelance chez Odel Evasion «   par passion  ». Le cumul serait-il génétique   ?

Cette enquête a été publiée dans le Ravi n°151, daté mai 2017

leravi

Fri, 14 Sep 2018 15:16:02 +0200

Le pire, le meilleur et le meilleur du pire de nos 42 députés

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Les bons élèves

Eric Ciotti (Les Républicains 06), Jean-Marc Zulesi (La République en marche ! 13), Pierre Dharréville (Gauche démocrate et républicaine (communistes et ultramarins) 13) et Joël Giraud (LREM 05) est le quatuor masculin qui se détache (1). Ils font partie de ceux qui ont le plus ciré les bancs de l’assemblée. Bon petit soldat, Eric Ciotti est le député régional comptant le plus de semaines d’activité : 37. Seuls sept élus au niveau national font mieux. Mêmes si ce temps de présence est dédié à sa lubie : l’immigration (voir plus bas). Le bizu’ Zulesi se distingue lui par sa forte présence en commission, Dharréville par le nombre de ses amendements déposés : 321 (10 ont été adoptés). Seul le rapporteur général de la commission des finances Joël Giraud, député depuis 16 ans, fait mieux avec 470 amendements (413 adoptés). Il est aussi recordman national d’interventions en commissions : 1023.

Le plus paresseux

La logique est implacable : le plus vieux député est aussi celui qui roupille le plus. Pas sur ses voisins mais carrément dans sa circonscription. Bernard Brochand (LR), 80 ans, doyen de l’assemblée et député de Cannes (06,) est de loin le plus tire-au-flanc. Il ne compte que neuf semaines de présence (seul un député fait mieux) et n’a pointé le bout de son nez en commission qu’à dix reprises. Aucun amendement proposé, ni rapport déposé, il a tout de même trouvé le temps de déposer trois propositions de loi. Dont une visant la prévention de la mort subite et la création d’une journée dédiée… à la « mort subite » ! Inquiet le Brochand ? Ses collègues LR Michèle Tabarot (06), Bernard Reynès (13) et Guy Tessier (13) sont également en queue de peloton.

Les plus frondeurs mais pas trop

Première ligne de fracture au sein de la majorité : la loi Asile et immigration, votée en première lecture le 22 avril dernier. Sur les 197 députés LREM, un député a voté contre, 14 se sont abstenus. La députée des Alpes-de-Haute-Provence, Delphine Bagarry, fait partie de ceux-là. L’ancienne socialiste regrette «  les reculs sur les droits des demandeurs d’asile notamment en matière de recours, des mesures de privation de liberté qui ont été durcies…  ». Elle partage tout de même «  les orientations politiques générales [du gouvernement, Ndlr] » et souhaite «  continuer à porter une parole constructive  » (2). Mais son statut, en Paca, d’électron libre de la macronie est sérieusement disputé par François-Michel Lambert, le député LREM des Bouches-du-Rhône. L’écologiste, également l’un des 14 marcheurs ayant choisi l’abstention, multiplie les coups de gueule médiatiques. Son nom figure même parmi les députés qui pourraient rejoindre un nouveau groupe indépendant.

Le plus facho

S’en est devenu une habitude, Eric Ciotti est obsédé par l’immigration. Il prône la détention préventive des fichés S, qualifie Cédric Herrou de passeur… Sa lubie se vérifie dans ses travaux parlementaires. Il a dernièrement déposé une proposition de loi visant « à créer un délit d’incitation à la haine de la France et à éloigner du territoire les étrangers qui s’en seraient rendus coupables  » entre deux autres «  relatives à l’immigration  ». Lors des débats sur la loi asile, il a déposé un amendement pour que l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) puisse « retirer » le statut de réfugié lorsque la personne est soupçonnée de radicalisation. Au cas où on n’aurait pas encore compris…

La plus girouette

La petite protégée de Christian Estrosi, Marie Brenier, 31 ans, a pris la suite de son mentor politique devenu Macron compatible. Au lendemain de son élection, elle a rejoint le groupe des Constructifs, composé de centristes et de LR en marche, tout en gardant sa carte au parti. En pleine guéguerre Ciotti-Estrosi (lire ci-contre en page 10), elle est finalement rentrée au bercail en janvier. Elle a depuis été nommée à la commission des investitures du parti présidée par… Eric Ciotti.

Le plus acteur studio

Les députés jouent très bien la comédie. Le député LREM d’Avignon (84) Jean-François Césarini le prouve. Il s’est d’abord fait remarquer en début d’année suite à une apparition dans un clip de rap où il interprète le cerveau d’une équipe de braqueurs (finalement bien intentionnés), bouteille de champagne à la main. Il sera également sur scène cet été à Avignon dans le cadre du Off où il jouera seul en scène. Au moins un qui assume !

Le plus rural

Bernard Reynès, maire LR de Châteaurenard pendant 16 ans, soigne son image d’élu local. Depuis un an, il a déposé trois propositions de loi. La première porte sur la reconnaissance du provençal comme «  langue de France  », la deuxième vise à «  étendre les prérogatives du maire et de la police municipale en vue de renforcer la tranquillité publique et prévenir la radicalisation  ». Enfin, il aimerait voir apparaître une «  "semi-tolérance" pour les petites infractions au code de la route  ». La fameuse semi-tolérance zéro.

Le plus anti-corrida

Toutes les mandatures ont leur député anti-corrida. Cette fois-ci, c’est un régional de l’étape : Philippe Michel-Kleisbauer, élu du Var (l’un des deux seuls députés Modem, avec Mohamed Laqhila, député des Bouches-du-Rhône). Il a déposé une proposition de loi en ce sens en mars dernier. Les taureaux lui en seront reconnaissants.

Clément Chassot

1. Les chiffres utilisés ici sont issus du site internet nosdeputes.fr, animé par un collectif, Regards citoyens, constitué en association. Parfois contesté par certains députés – généralement mis en cause pour leur inactivité – il reste l’outil le plus efficace pour analyser l’investissement de l’élu, sa présence à l’assemblée...

2. hauteprovenceinfo.com le 24 avril.

Article publié dans le Ravi n°163, daté juin 2018

leravi

Thu, 13 Sep 2018 15:15:41 +0200

Pas avec notre argent

Le 15 septembre marquera le dixième anniversaire de la chute de Lehman Brothers, point d’orgue de la plus grave crise financière depuis la seconde guerre mondiale.

En France, Attac organise des dizaines d’actions pour célébrer à sa manière cet anniversaire ; il y aura aussi des actions dans les principales capitales européennes, à New York... Voici la carte des mobilisations prévues : https://france.attac.org/se-mobiliser/prenons-le-controle-sur-la-finance-et-sur-notre-avenir/article/carte-et-liste-des-actions-pasavecnotreargent-du-8-au-15-septembre

Une des actions les plus significatives organisées aura lieu à Marseille. Au moins 60 militants mèneront une action spectaculaire pour affirmer que, 10 ans après la crise, nous ne voulons plus que les grandes banques fassent n’importe quoi avec notre argent.

leravi