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Mr Mondialisation

Sun, 23 Sep 2018 05:14:18 +0200

Décès tragique à Hambach où des militants protègent une forêt de 12 000 ans

Le décès récent d’un blogueur engagé à Hambach, en Allemagne, met tristement en lumière, à un niveau international, le sort réservé à la forêt millénaire de même nom et dont les derniers hectares, défendus par une ZAD, sont promis à être rasés par le géant de l’électricité allemand RWE.

Il n’y a certainement pas qu’en France où se déroulent de grands projets industriels destructeurs de l’environnement. À Hambach, dans l’ouest de l’Allemagne, des militants s’activent depuis plusieurs années pour protéger les restes d’une forêt vieille de 12.000 ans de la folie extractive. Depuis 1978, date à laquelle les arbres s’étendaient encore sur 4200 hectares, la superficie de cet espace naturel a été réduite à une peau de chagrin : 200 hectares. Alors que certains arbres atteignent ici les 350 ans, la forêt pourrait être définitivement rasée dans les prochains mois afin d’extraire le charbon que recèlent les sous-sols. À la place de ces arbres plusieurs fois centenaires, on trouverait alors une nouvelle immense mine à ciel ouvert, comme tant d’autres dans la région.

Hambach MineOppositions au projet

C’est sur ce lieu que s’est joué le drame ce mercredi 19 septembre : un blogueur qui filmait l’intervention des forces de l’ordre en train de déloger les opposants a mortellement chuté depuis une cabane dans un arbre. Une enquête devra révéler les circonstances exactes du drame. Le jeune homme, Stephen M., âgé de 27 ans, se rendait régulièrement à la ZAD depuis un an afin d’informer les internautes et citoyens de son évolution. Si la police n’est pas directement mise en cause, les militants demandent que soit mis fin à une intervention jugée surdimensionnée par la presse. 3500 policiers avec hélicoptères, canons à eau et chevaux ont été envoyés sur place. Mais l’exploitant RWE a d’ores et déjà annoncé que la mort du journaliste n’empêcherait pas de poursuivre le défrichement de la forêt. De quoi rassurer les investisseurs du géant de l’énergie coté en bourse.

RWE, deuxième producteur d’électricité en Allemagne, a également été classé en 2015 au premier rang des plus grands pollueurs en Europe. Depuis 2004, le géant de l’énergie allemand veut exploiter les derniers espaces de la Forêt de Hambach pour y extraire le charbon qui s’y trouve. Pour empêcher la réalisation de ces plans, l’association environnementale BUND dépose d’abord un recours en justice afin de contester l’autorisation donnée par les autorités locales à RWE. Cette démarche ayant échoué, les militants décident d’occuper la forêt et y maintiennent une zone à défendre (ZAD) depuis 2012. Pour les militants, il s’agit non seulement de protéger une forêt d’une grande rareté tant sur le plan écologique que symbolique, mais aussi d’alerter à propos du changement climatique et de l’urgence de sortir des énergies fossiles. Au total 51 cabanes, construites pour la plupart dans les arbres ont été érigées dans la forêt. Depuis le début des opérations le jeudi 13 septembre (lancées selon les officiels en raison du « risque élevé d’incendie »), la moitié de ces installations ont été détruites.

L’Allemagne embourbée dans le charbon, la France la soutient

Certes, l’Allemagne se développe rapidement en matière d’énergies renouvelables. Mais comme le relève Bastamag, la poursuite de ses activités liées à l’extraction de charbon est en contradiction avec les ambitions affichées de l’Allemagne : « L’évacuation des défenseurs du climat de la forêt d’Hambach a lieu alors même qu’une « commission charbon » travaille depuis juin à un plan de sortie du charbon ». La dissonance est flagrante. En effet, si notre voisin d’outre-Rhin veut atteindre son objectif climatique – celui de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 d’ici 2020 –  il devra diminuer sa dépendance au charbon. Comme le montrent plusieurs rapports, les objectifs ne pourront être atteints que si l’Allemagne fermait plusieurs centrales à charbon d’ici là.

Comme le rappelait 350.org cette semaine, la France continue de soutenir le charbon en Allemagne, et ce en dépit de ses propres engagements. En effet, pointe l’ONG, « la France continue d’investir des millions d’euros, via la Caisse des Dépôts et consignations* notamment, dans les mines et les centrales à charbon allemandes ». Ceci peut sembler surprenant, mais la France joue donc un rôle d’importance sur ce développement industriel de l’Allemagne. Emmanuel Macron avait pourtant annoncé en 2017 que les quatre dernières centrales à charbon françaises seraient fermées d’ici 2021 et un mois plus tard c’est son ministre Bruno Le Maire qui indiquait que les investissements de la Caisse des Dépôts se feraient désormais en considération des enjeux climatiques. Mais les paroles politiques n’ont pas encore fait place aux actes.

Du 25 au 29 octobre prochains, des militants de toute l’Europe se réuniront à l’initiative de « Ende Gelände » dans le bassin du Rhin pour dire stop au charbon. Pour obliger la France à maintenir ses engagements, zerofossile.org a mis en place une pétition.

*La Caisse des Dépôts et consignations est une institution financière publique française.

Ende Gelände


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Mr Mondialisation

Sat, 22 Sep 2018 04:03:18 +0200

Thermostat 6 : un court-métrage magistral qui retourne le cœur et l’esprit

Une adolescente tente de convaincre son entourage de réparer une fuite d’eau qui menace sa maison lors d’un repas de famille… Et très vite, la situation dégénère. Allégorie d’un monde qui sombre dans l’indifférence, car incapable d’évoluer pour prendre toute la mesure du changement climatique et du « risque existentiel » induit, le court-métrage Thermostat 6 réalisé par Maya Av-Ron, Mylène Cominotti, Marion Coudert et Sixtine Dano a été présenté aux Gobelins pour valider la fin de leurs études. Et quel résultat !

Pouvons-nous comparer l’Humanité à une famille dont la maison serait menacée par une fuite d’eau, mais qui observe sans agir en repoussant éternellement l’action au lendemain ? Pire encore, les membres de cette famille ne cessent de nier la réalité alors qu’ils subissent déjà les conséquences de ce changement. Dans un court-métrage qui encourage la réflexion, quatre élèves de l’École de l’image Gobelins à Paris ont osé le rapprochement et c’est une véritable réussite. Ce travail d’une qualité vraiment professionnelle a été réalisé à l’occasion de leur diplôme de fin d’études.

Crédit image : Maya Av-Ron, Mylène Cominotti, Marion Coudert et Sixtine Dano

« C’est au travers des récits qu’on peut changer les imaginaires »

Chaque personnage présent dans le court-métrage représente différentes attitudes que l’on observe face au changement climatique. De cette manière, le spectateur est amené à s’interroger à propos des mécanismes qui conduisent à l’inertie sociétale face à un phénomène qui menace pourtant l’existence de l’humanité. Le grand-père par exemple, entièrement absorbé par les journaux et l’actualité (par opposition à l’information), ne se rend pas compte de la fuite qui menace la maison : c’est seulement au moment où il relève vraiment la tête qu’il s’aperçoit des dégâts. Le jeune garçon représente pour sa part la génération à qui on laisse un monde bouleversé. L’adolescente, elle, tente d’alerter ses proches, mais malgré toute sa bonne volonté, elle n’arrive pas à se faire entendre. Alors que le père symbolise une forme de négationnisme, la mère elle représente l’illusion de l’abondance et la société de croissance. La situation va mal ? Consommons davantage !

Chaque parole prononcée par les personnages fait intelligemment référence à des faits de société, des observations bien actuelles. Par exemple, quand l’adolescente monte sur la table pour colmater la fuite, la première réaction est de condamner le fait qu’elle puisse salir cette table alors que celle-ci est inondée. Comment ne pas y voir un parallèle avec les militants de Notre-Dame-des-Landes, par exemple, souvent vilipendés pour leurs actions qui sortent des normes alors qu’on parle de la survie de la civilisation et de toutes les espèces. Alors que la jeune fille s’acharne pour faire sa part, sa famille lui rappelle qu’il faut faire confiance aux professionnels, de ne pas dramatiser… Et puis, que peut-elle faire ? Elle n’est qu’une « jeune » ! « Depuis quand les enfants nous font la morale » lâche le père. Comme un air de déjà vu ?

Crédit image : Maya Av-Ron, Mylène Cominotti, Marion Coudert et Sixtine Dano

« J’ai toujours aimé dessiné » confie Sixtine Dano, l’une des co-réalisatrice, pour qui « le film d’animation permet de conjuguer cette passion avec l’envie de raconter des histoires ». Amenée à faire des tâches répétitives pendant ses études, elle profitait de ces moments  « pour écouter des émissions de radio et des documentaires à propos de l’état du monde » avec ses camarades, d’où l’envie d’aborder le sujet. Selon elle, Thermostat 6 est une tentative de « faire ressortir de manière positive et créative les peurs et stress liés au changement climatique ». « C’est un sujet qui me tenait vraiment à cœur et auquel je pense tous les jours ; je m’engage aussi bien dans ma vie quotidienne qu’auprès d’associations« , nous précise la jeune femme.

Crédit image : Maya Av-Ron, Mylène Cominotti, Marion Coudert et Sixtine Dano

Nous avons déjà les pieds dans l’eau !

Bien que le court-métrage soit une invitation à agir avant qu’il ne soit trop tard, on ne peut plus nier que nous avons déjà les pieds dans l’eau, voire jusqu’aux genoux. Les discours à propos du changement climatique ont d’ailleurs rapidement changé ces derniers mois : il n’est plus question de l’empêcher, mais bien de s’adapter et d’éviter le pire. Selon une étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology) publiée le 31 juillet, certaines régions du monde vont devenir invivables en raison de longues vagues de chaleurs extrêmes. C’est le cas dans le Sud de l’Asie (l’une des régions les plus peuplées au monde) ainsi que dans le Golf persique.

Ces dernières années, les anomalies de températures se sont multipliées. Alors que la période avril-août au niveau européen est d’ores et déjà classée au rang « d’ovni climatologique », tant les températures ont excédé les moyennes de saison, le réchauffement est surtout observable sur le temps long : depuis le début du 21è siècle presque toutes les années ont connu des moyennes de température dépassant la normale. 2015, 2016 et 2018 ont même été les plus chaudes jamais enregistrées. Les projections des scientifiques depuis quelques décennies se confirment à chaque nouveau relevé. Et pourtant beaucoup continuent de nier, donc d’agir. Faudra-t-il vraiment attendre d’être submergés pour réaliser l’ampleur de la catastrophe ? Un petit digestif ?


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Fri, 21 Sep 2018 07:42:05 +0200

De Coca-Cola à L’Oréal, le marketing de « Konbini » exposé

Vous vous étonnez peut-être de la ligne éditoriale de Konbini, média web populaire qui mêle articles portés sur la culture jeune et thématiques engagées sur des enjeux de société ? Ancien employé dans une agence de publicité et spécialisé dans la communication sur les réseaux sociaux, l’animateur de la chaîne « Un Créatif » nous explique en vidéo en quoi il s’agit d’une stratégie marketing finement étudiée dans un but mercantile. Explications.


Ce n’est plus un secret : la visibilité sur Facebook s’est transformée en nerf de la guerre pour médias, blogs et autres chaînes qui souhaitent atteindre un maximum d’internautes. L’objectif ? Être affichés sur le fil d’actualité du plus de personnes pour susciter des clics et donc des revenus. Mais la réalité économique a changé et les publicités sous forme d’encarts ou de bannières sont aujourd’hui dépassées. Mais les médias web non-indépendants ont trouvé de nouveaux moyens de générer des profits, de très gros profits !

Les publicités ont laissé place à des publi-reportages ou « infomercials » co-produits avec des marques, c’est-à-dire des articles qui ont l’apparence d’une information normale, mais qui sont en réalité des contenus sponsorisés, le plus souvent sans que le lecteur en soit informé. Ainsi, sur les sites d’information qui ne sont pas libres vis-à-vis du système marchand, vous êtes de plus en plus souvent invités à lire des articles commandés, parfois mêmes écrits, directement par les entreprises. Le problème ? Alors que les internautes consomment les informations qui leur tombent – littéralement – sous les yeux de manière passive, certains médias s’adaptent à cette réalité en instrumentalisant l’information engagée pour des raisons économiques.

Sortir l’information de son contexte. Surfer sur la haine anti-végan. Succès assuré !

Visibilité sur Facebook : l’envers du décor

Si seul Facebook connaît la recette exacte de l’algorithme qui délimite les publications visibles sur le mur de chacun, on sait que le nombre d’affichages dépend de l’engagement de l’audience, pas du nombre de fans. Cette dernière est déterminée en partie par la notoriété d’un post (nombre de mention « j’aime » et nombre de partages), mais surtout, de plus en plus, par le nombre de commentaires publiés. La réactivité des gens propulsera ou non une information sous les yeux des autres. Par opposition, une information, même ultra-pertinente, qui ne génère pas de commentaire sera invisibilisée. Paradoxe : quand vous critiquez une information que vous n’aimez pas, vous aidez à la diffuser ! Les pages Facebook sont donc contraintes d’attirer les commentaires et même de les provoquer « artificiellement » en titillant nos haines, nos peurs, nos désirs. Le Youtubeur choisit ici d’exposer le cas Konbini car il est sans doute le plus populaire. De nombreux autres médias commerciaux en font autant.

Les techniques utilisées par Konbini et décrites par « Un créatif » sont représentatives. Au milieu d’articles qui traitent des dernières séries à la mode ou qui rapportent les propos fracassants de telle ou telle star connue, on trouve des articles sur des enjeux majeurs de société – justice sociale, changement climatique, véganisme – volontairement présentés en des termes qui feront réagir pro et contra : ou l’art d’animer la polémique. Comment s’assurer qu’une information de société n’est pas orientée en faveur d’une entreprise si la source de financement reste commerciale ? On peut en douter. En 2015 par exemple, Coca-Cola faisait appel aux services de Konbini pour le projet Happiness Football Club. Ils créeront alors le slogan « Le football devient pop avec Coca-Cola et Konbini ». Autre exemple. Quand Konbini titre « Nestlé aurait trouvé un moyen de rendre ses confiseries moins sucrées », comment s’assurer qu’un tel choix ne soit pas lié aux liens entre le média et Nestlé ? Que reste-t-il du sens de l’information, donc de notre liberté ?

On comprend donc bien que la forme joue désormais un rôle bien plus important que le fond, quitte à tordre un peu la réalité. En définitive, les débats interminables sous une publication pseudo engagée de Konbini, parfois – voire souvent – sans vrais arguments, sont une véritable aubaine si l’on s’en tient à l’argument de la visibilité et donc du profit potentiel. Ce qui fait d’ailleurs dire à l’animateur de la chaîne YouTube : « Les médias d’infodivertissement utilisent de manière injustifiée les causes qui font avancer notre société pour se faire un maximum de tune tout en détruisant les barrières qui séparent publicité et information ». Voilà l’enjeu résumé en ces mots : la destruction de la barrière entre la pub et l’info.

Exemple de contenu polémique pseudo engagé.

Qu’on ne se méprenne pas, ce type de média ne cherche pas à vraiment informer, élever le débat, créer de la politique dans la cité ou faire avancer la société. Le but premier est de générer des capitaux. Si les contenus engagés sont populaires, ils deviennent une source d’enrichissement à exploiter. Le militantisme devient alors un moyen, un outil de spectacle. Ce qui n’empêche pas Konbini de produire parfois de très bons contenus grâce à une poignée de journalistes qui sortent du lot ! Mais c’est cet objectif mercantile de fond qui différenciera à jamais un média d’infodivertissement des médias engagés comme Reporterre, Bastamag ou d’autres. Les premiers restent à la surface des choses et cherchent à créer du commentaire. Les médias indépendants génèrent quant à eux de la réflexion de fond et de l’engagement populaire en exposant le fonctionnement du monde. La différence est de taille mais n’est pas toujours perceptible par l’utilisateur à la simple vue d’un titre d’article.

Si c’est gratuit, vous êtes le produit !

Konbini n’est qu’un exemple parmi d’autres, bien d’autres pages comme Melty ou Minutebuzz font appel aux mêmes procédés. « J’ai pris Konbini pour illustrer ce thème, car c’est le média que je vois le plus et tout le monde ressent leur stratégie envahissante », nous explique l’auteur de la vidéo qui préfère conserver son anonymat. Spécialisé dans la communication sur les réseaux sociaux, il exerce aujourd’hui en tant qu’indépendant et propose ses services à de petites entreprises qui ont besoin d’aide pour animer leur communauté sur internet. Il a décidé de produire la vidéo lorsqu’il « s’est trouvé à commenter les posts de Konbini sans vraiment le vouloir ».

Le jeune homme décrit sa chaîne Youtube comme une chaîne de divertissement qui parle essentiellement de communication et de marketing et dont le propos s’adresse au grand public « pour déconstruire » les méthodes déployées par les acteurs de communication.  « L’intention n’est pas d’être anti-pub mais de donner aux gens les outils pour comprendre comment cela fonctionne », précise-t-il. Et peut-être les aider à ne plus se faire berner et à décrypter ce qui se cache derrière l’engagement apparent de certains médias. Car, après tout, il n’y a pas de liberté sans savoir ! Alors, pensons à vérifier le cadre économique des médias que nous lisons, car tous n’ont pas la « chance » de fricoter avec Coca ou Nestlé pour avoir le droit d’écrire.


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Mr Mondialisation

Thu, 20 Sep 2018 11:42:56 +0200

Réponse à la lettre Anti-Végan qui fait le buzz sur les réseaux sociaux

Une photo d’Aymeric Caron en gros plan, un texte gratiné contre les Végans, une liste de clichés grossiers et un paquet de sophismes plus éculés les uns que les autres, il n’en fallait pas moins pour faire un buzz national : le message anti-vegan publié par un internaute le 11 septembre a été repartagé plus de 7000 fois, touchant des centaines de milliers de personnes. Comment en 2018, à l’heure d’une crise écologique historique, alors que l’ONU vient d’annoncer qu’il reste 2 ans à l’humanité pour éviter le crash planétaire, une telle caricature haineuse peut-elle recueillir un tel soutien ? Réponse point par point.

« Tu ressembles à Aymeric Caron mon vieux ! »

Cette lettre anti-vegan qui fait le buzz depuis quelques jours interpelle à plus d’un titre. Celle-ci ne s’attaque pas juste à une communauté, générant une vague de commentaires nauséabonds insultants les Français qui ont décidé de ne plus manger de produits issus de l’exploitation animale, cette « lettre » concentre surtout l’ensemble des sophismes les plus primitifs que l’esprit humain est capable de générer pour rejeter une idée ou marginaliser un groupe humain. Et c’est pour cette raison qu’il est vital d’y répondre, de déconstruire un discours-type qu’on entend trop souvent également contre les étrangers, contre les femmes, contre les homosexuels, contre les militants « gauchistes » (sic.),… Bref, contre ceux qui font bouger les lignes de leur temps.

Source : Un Monde Riant

Rappelons avant tout qu’un sophisme est défini comme étant un raisonnement faux prenant une apparence de vérité. En résumé, le sophisme, c’est cette petite boutade polémique aux airs de vérité qui fera rire tout le monde, mais qui révèle en réalité l’étendue de l’ignorance de votre interlocuteur. Le caractère véridique d’un sophisme tient plus dans la manière d’affirmer son message, avec force et persuasion, que dans sa substance. N’en doutons pas une seconde, c’est ce type de discours qui gagne la guerre des débats tant il est séduisant, simpliste et amasse les foules. Novlangue assumée, propos polémiques, arguments d’autorité, invectives mêlées d’humour et appel à la Nature, un discours totalement creux sur le fond est toujours plus à même, par sa simple forme, d’amasser les foules contre une cause et les militants qui la composent.

Il ne sera donc pas question ici de prendre la défense du véganisme, mais bien de la véracité des faits, de distinguer le vrai du faux dans les arguments énoncés qui font tant le buzz. Il sera question de lutter contre une forme d’obscurantisme intellectuel qui se répand dans les cerveaux avec une facilité déconcertante. Car, quel que soit notre mode d’alimentation, nos choix de vie, ce type de manipulation sémantique cherchant à diviser la population sur des critères alimentaires est inadmissible à l’heure de la crise environnementale globale. Au contraire, les individus ne devraient-ils pas se questionner en bonne intelligence sur leurs comportements de consommateur ? Ne vivons-nous pas cet instant historique majeur qui déterminera notre avenir à tous ? N’est-il pas temps de sortir de sa vision binaire : végans hippies contre méchants carnivores ?

Le fameux message

Message à l’attention du militan vegan qui a saoulé tout le wagon bar du train ce matin.Je ne te reproche pas d’être…

Publiée par Jean-Baptiste Doat sur Mardi 11 septembre 2018


Déconstruction d’un discours séduisant mais faux

On zappera rapidement toutes les invectives stériles du genre « névrosé au point de faire bouffer à ta famille de la chlorophylle par kilos » ou encore « ton régime alimentaire de lapin de garenne et ton éthique en bois » ou bien « Tu ressembles à Aymeric Caron mon vieux ! ». Pas besoin d’être un adulte pour comprendre que ces insultes gratuites en guise d’introduction ne cherchent pas à instaurer un dialogue serein ou un échange d’idées. La messe est dite : j’ai raison, tu as tort, je suis supérieur, tu es inférieur et ceux qui ne sont pas d’accord sont forcément « des leguminatis donneurs de leçons de morale » (selon ses termes). Déjà à ce stade on peut se demander pourquoi tant de gens peuvent donner du crédit à un discours si extrême, inimaginable entre deux personnes normalement constituées dans le monde réel. C’est d’ailleurs la raison même de cette lettre, l’auteur est resté silencieux dans le train face au végan, mais se déchaine derrière son écran. Sur Internet, tout devient possible. Mais l’auteur ne s’arrête pas là et tente de soutenir sa position à l’aide d’arguments, pense-t-il, objectifs. Voyons point par point :

1. Citation : « Depuis que l’homme est homme il bouffe de la viande et je ne comprends pas quel genre de gourou a pu te convaincre un jour que tu étais plus malin que les plus de cent milliards d’hommes qui ont vécu sur terre avant nous. »

L’auteur débute par un sophisme assez primitif et diablement courant : l’appel à l’ancienneté. C’est à dire, l’erreur intellectuelle de croire (et le mot croire est important) que tout ce qui est ancien est forcément mieux, dixit : « on a toujours fait comme ça, c’est forcément bien ». Faux. Un jour, tout le monde croyait que la terre était plate. Est-ce que Aristote ou Galilée étaient plus intelligents que les milliards d’humains qui les ont précédés ? Oui, du moins plus fin d’esprit, plus à même de comprendre un enjeu de leur temps. De même pour l’abolition de l’esclavage, la création d’un code de justice ou de la sécurité sociale. Par opposition, on retrouve un second sophisme qui veut que « une idée populaire est une idée valide, car partagée de tous ». Définitivement : NON. Ceci ne veut pas dire que les vegans ont raison par défaut. Mais l’idée d’un « c’était mieux avant » n’a aucune valeur dans un débat.

2. Citation : « Tu ne changeras pas l’humanité avec tes discours en carton. »

Invective ad hominem : tentative de rabaisser l’individu à ce qu’il pourrait ne pas faire en exagérant son objectif : changer l’humanité (rien que ça). Mais que ce soit un vegan, un écolo ou n’importe quel militant existentiel, ils n’ont pas pour objectif de changer le monde, mais de se changer soi-même (ce qu’ils font concrètement), et tenter de changer par l’exemple et le verbe d’autres personnes autour d’eux. Effectivement, isolément, cet homme ne changera pas le monde. Mais le véganisme, l’agriculture bio, le local, sont des secteurs qui se développent. Personne ne peut dire jusqu’où ce mouvement culturel ira. L’invective de l’auteur nous évoque ce passage du film et livre « Cloud Atlas » quand le héros, luttant contre l’esclavage, se fait rappeler violemment que son petit geste insignifiant ne changera pas le monde. On connait la suite de l’histoire.

3. Citation : « Si la vie d’une putain de guêpe vaut autant que celle de ton gosse, que fais-tu si une de ces saloperies le pique ? »

On a vraiment du mal à voir le rapport avec le sujet. Les guêpes ne se mangent pas et il est possible de devenir végétariens, flexitariens ou même végan sans se limiter à une question de sensiblerie animale. Aujourd’hui, la question alimentaire est surtout liée à la crise écologique : déforestation pour nourrir le bétail, industrialisation (90%+) de l’élevage, généralisation du soja OGM pour les animaux, destructions des sols et nappes phréatiques, acidification des océans par les rejets des industries, invasions d’algues, etc… Restons un minimum sérieux. Personne dans ce monde ne laisse mourir un enfant d’une attaque d’un animal quelconque. L’idée que les végans feraient passer la vie d’un animal avant celle d’un enfant est caricaturale à pleurer.

4. Citation : « Tout ce que tu gagnes dans l’histoire, c’est ton teint blafard et ta santé de chèvre pakistanaise. »

Outre une énième invective ad hominem, l’idée que l’alimentation végane créerait de-facto des carences a été battue en brèche des centaines de fois, par des spécialistes, des sportifs, des études,… Il n’est plus tolérable aujourd’hui de tenir un tel discours, car il est tout simplement faux. Ce mythe persiste cependant grâce à quelques figures médiatiques qui répètent ce discours en boucle sur les ondes. Pas étonnant que des spectateurs répètent de manière grégaire ce qu’on leur a donné à manger. Il est cependant vrai qu’une alimentation végane ne s’adopte pas à la légère et doit suivre une logique rigoureuse. De très nombreux docteurs aujourd’hui conseillent ce régime sous condition précisément pour des questions de santé. Par opposition, les complications de santé liées à l’alimentation carnée sont connues, documentées, classifiées, notamment par l’OMS. On ne parle pas d’avis ou de croyance ici, mais de faits. Un simple regard sur le taux astronomique de maladies cardiovasculaires devrait rendre un peu plus humbles ceux qui caricaturent les végans comme des gens faibles ou malades.

Allez dire à Gilles Lartigot qu’il est en mauvaise santé. Bonne chance !

5. Citation : « Mais qui nous dit que la Science n’avancera pas aussi demain sur la sensibilité des plants de tulipe. »

L’appel à la science, sans chercher à la comprendre… Non, les plantes n’hurlent pas de douleur en silence. Elles ne possèdent ni système nerveux, ni cerveau pour transformer l’information d’un impact physique en signal intelligible. En cas d’attaque, elles ne génèrent aucun arc réflexe qui, en biologie, est le signe que la douleur est ressentie. Le principe même de la douleur dans le schéma de l’évolution sert aux animaux à fuir une situation dangereuse -> survie -> sélection naturelle. La nature n’est pas sadique, juste logique. La plante ne fuit pas. La plante cherche même souvent à attirer les animaux pour disperser son appareil génétique. L’idée que les végétaux peuvent communiquer fut récemment popularisée et alimente un imaginaire fécond. En pratique, on parle d’électrophysiologie, de phénomènes électriques et électrochimiques qui se produisent dans les cellules des plantes à une échelle microscopique. C’est moins sexy, ça ne fera pas un gros titre racoleur pour vendre du temps de cerveau humain disponible aux annonceurs, mais ça démontre surtout que les plantes ne souffrent pas comme un mammifère. Il n’y a pas de doute sur la question ni de vagues interprétations pseudo-scientifiques. Non, une salade verte n’est pas la même chose qu’un cheval ou un chien.

6. Citation : « Que fait-on avec les animaux qui bouffent d’autres animaux ? On les punit pour qu’ils arrêtent ? »

Là encore, végans, écolos, ou flexi, personne ne se soucie de ce que font les animaux entre eux. Pourquoi ? Car les animaux sont des créatures instinctives. Et l’Humain est un animal culturel. Culturel, car nous créons collectivement des valeurs sociales afin de vivre en société et donner du sens à nos actes, ainsi qu’une vision de l’avenir pour le monde. Il est clair qu’aujourd’hui le genre humain peine à donner du sens à ses actes et que notre égocentrisme nous pousse à tout détruire pour notre petit bonheur personnel. Mais le choix de la destruction est aussi culturel ! L’humain – théoriquement – est donc doté d’un cortex frontal hyper-développé qui l’aide donc à CHOISIR suite à l’analyse d’une situation. Voilà pourquoi vous n’allez pas courir tout nu dans la pampa pour manger cru un chevreuil.

7. Citation : « Pourquoi, alors que tu es persuadé que l’élevage n’est ni plus ni moins qu’une forme de régime concentrationnaire, ne t’élèves tu pas avec plus de force et de courage contre cette abomination ? »

On ne pourra pas nier que les militants vegans font partie des individus qu’on croise le plus souvent sur le terrain. Non seulement ils multiplient les actions de sensibilisation, mais en plus, pour certains d’entre eux, prennent des risques pour filmer ce qui se passe dans les abattoirs ou les élevages, loin des yeux du public. Sans ces documents essentiels, médiatisés via les réseaux sociaux, la population aurait à peine conscience de la violence de l’industrie de la viande. Par ailleurs, depuis quelques années, les végans multiplient les initiatives culinaires originales, souvent sous la forme de restaurants, et montrent ainsi qu’il est possible de se nourrir autrement, sans produit issu de l’exploitation animale, tout en prenant plaisir. Car, même si ça semble difficile à concevoir pour certains, se nourrir reste un plaisir, qu’on soit végan ou pas !

8. Citation : « As-tu conscience que chaque jour tu provoques toi aussi un génocide de bestioles sur le pare-brise de ta voiture ? »

La recherche scientifique de ces dernières années pullule d’études à propos de l’effondrement de la biodiversité, notamment celle des insectes. Aucune de ces études ne fait mention du « génocide » provoqué par les pare-brise de voiture. En revanche, alors que 80 % des insectes ont disparu d’Europe en seulement trois décennies, les chercheurs mettent en cause les pesticides ainsi que l’intensification des pratiques agricoles industrielles. Les monocultures et les produits de synthèse menacent la biodiversité. La plus grosse part de la production agricole aujourd’hui sert à nourrir le bétail des élevages industriels. La boucle est bouclée. Ceux qui s’inquiètent donc des bestioles écrabouillées sur leur pare-brise devraient donc questionner notre modèle alimentaire. Encore une fois, nous ne faisons pas là une promotion du véganisme. Nous énumérons des faits, qu’ils plaisent ou pas, que nous mangions de la viande ou pas.

9. Citation : « Sais tu qu’en bouffant de la salade tu prives des limaces et autres escargots de leur habitat naturel ? »

Selon la FAO, 70% de la surface agricole mondiale est utilisée soit pour le pâturage du bétail, soit pour la production de céréales destinées à les nourrir. Et alors que la consommation mondiale augmente, notamment avec une demande croissante venant de la Chine, mais aussi de l’Inde, la pression sur les espaces naturels verts grandit également. Le phénomène n’est pas étranger à une déforestation inquiétante, destructrice des écosystèmes locaux et des équilibres climatiques globaux. Cette même déforestation cause également une répression violente de communautés locales chassées de leurs lieux de vie. Par ailleurs, on sait que dans un avenir proche, le risque de pénurie énergétique va peser lourd sur la production de viande très énergivore. L’illusion de l’abondance ne durera pas. Réduire la consommation de viande est indispensable pour préserver la biodiversité et la paix dans le monde.

10. Citation : « La putain de veste vegan que tu as offert à ta femme a certainement été assemblée par un indien de 12 ans payé 3 dollars par mois ? »

Il est certes séduisant de pointer certains paradoxes inévitables pour invectiver et insulter une personne, encore faut-il que l’argument soit justifié. Or, force est de constater que le mouvement végan – par ses considérations écologistes – a contribué à une réflexion plus vaste à propos des conditions dans lesquelles sont produits nos objets du quotidien. En effet, le véganisme s’associe bien souvent avec d’autres luttes écologistes et notamment l’appel à réduire l’impact de nos consommations. À ce titre, de plus en plus de produits végans, comme les vêtements ou les cosmétiques sont produits en France. Pour beaucoup de militants, c’est même un impératif. Tenter de réduire les végans à des consommateurs inconscients est le dernier non-argument d’une longue liste de sophisme.

Source : Un Monde Riant

Moralité ? Pas un seul « argument » de cette lettre anti-végan ne résiste à une vérification des faits. L’auteur visiblement toujours enragé termine sa diatribe par : « ferme bien le sac à compost qui te sert d’orifice buccal pour éviter de réveiller chez moi d’autres penchants que mon goût pour la bidoche ». Une menace de violence physique à peine voilée qui en dit long sur son rapport à la liberté d’expression. Rappelons que des dizaines de milliers de Français soutiennent ce discours réactionnaire, violent et vide de sens, et ce en ciblant un parfait inconnu ! Un père de famille ? Un instituteur ? Un ouvrier ? Surtout, un français anonyme, réduit à son régime alimentaire.

Conclusion

Aujourd’hui, énormément de personnes ont conscience de l’impact écologique de la consommation de viande. Une étude a estimé qu’un tiers des ménages français sont « flexitariens » ! Plus d’une personne sur trois réduit sa consommation de protéines animales pour diverses raisons. Et cette proportion augmente chaque année. Ceci démontre que la vision de la problématique n’est plus aussi binaire que le texte veut le faire croire. Il n’y a plus les végans d’un côté contre les « carnivores » de l’autre, mais des nuances de gris avec des individus qui font des efforts très sincèrement pour limiter leur empreinte écologique.

Néanmoins, nous ne pouvons plus balayer certaines réalités physiques d’un simple geste de la main pour éviter le fond des débats : notre civilisation d’enfants rois avale trop de viande et nos habitudes alimentaires participent largement au changement climatique qui met dès aujourd’hui des milliers de vies humaines en danger. Considérer un régime plus équilibré, végan, végétarien ou flexitarien, ce n’est pas un délire de hippie, c’est une prise de responsabilité, un passage à l’âge adulte. Et les réactions virulentes contre ces personnes démontrent peut-être un certain refus de grandir… Qu’on en prenne de la graine !


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Mr Mondialisation

Wed, 19 Sep 2018 09:32:53 +0200

Les principes de Carl Sagan pour démasquer une escroquerie intellectuelle

Sage cosmique, lecteur vorace, romantique incurable et philosophe brillant, Carl Sagan était tout ça à la fois, même si on s’en souvient surtout comme du saint patron de la raison et du bon sens du siècle dernier. Maître suprême de l’équilibre — vital — entre scepticisme et ouverture d’esprit, il a signé The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark (Un monde hanté par les démons : la science, une lueur au bout de la nuit), ouvrage indispensable dans lequel il offre aux lecteurs, quelques mois avant sa mort en 1996, ses réflexions intemporelles sur la science et la spiritualité. L’auteur y décrit également les techniques de raisonnement qu’il applique en toutes circonstances, en particulier aux contrevérités les plus décomplexées qui foisonnent dans notre société. Retour sur ces techniques atemporelles pour une meilleur hygiène mentale.

Au chapitre intitulé The Fine Art of Baloney Detection (l’art savant de la détection d’inepties), Carl Sagan explore les nombreux types de tromperies dont nous pourrions être victimes, de la voyance au fanatisme religieux, en passant par la recommandation déloyale de produits par des « spécialistes » rémunérés pour le faire, au carrefour des croyances, des pseudo-sciences et des marchands en blouse blanche sur petit écran. Il tenait d’ailleurs ces derniers en piètre estime, considérant que leurs actes « révèlent le mépris qu’ils éprouvent pour l’intelligence de leurs clients » et « altèrent insidieusement les attitudes des peuples face à l’objectivité scientifique ».

Au lieu de se livrer à un prêche enflammé du haut de sa supériorité, Sagan aborde le sujet de manière intimiste en parlant d’un moment où il s’est senti particulièrement vulnérable. Peu de temps après la disparition de ses parents, il se souvient avoir lui-même été attiré, l’espace d’un temps, par des promesses de retrouvailles surnaturelles de quelques charlatans. Il nous rappelle donc que de céder à de telles fables ne fait pas de nous des idiots ou des nuls, mais démontre bien que nous devons tous, même les plus instruits, nous munir des ressources adéquates pour les contrer.

Leur formation dote les scientifiques d’un « kit de détection d’inepties », soit un ensemble de techniques et d’outils cognitifs qui protègent leur esprit et bloquent les illusions dès qu’elles tentent de pénétrer leur cerveau.

« Les scientifiques déballent tout naturellement leur kit lorsque de nouvelles idées sont soumises à leur jugement. Si l’une d’elles survit après avoir été passée au crible, elle est acceptée. Mais une telle acceptation, si chaleureuse soit-elle, n’est peut-être que provisoire. Si vous ne voulez pas vous laisser séduire par des allégations mensongères, même si elles vous rassurent, vous pouvez prendre vos précautions. Il existe une méthode qui a fait ses preuves et qui est approuvée par ses utilisateurs. » (Traduction libre)

Le kit, avance toutefois Sagan, est bien plus qu’une simple ressource scientifique : il propose une démarche sceptique salutaire applicable à la vie de tous les jours. Appliqué au monde des réseaux sociaux, il devient véritablement vital tant la désinformation, les « infomercials » (faux articles commerciaux qui font la promotion d’un produit tout en prétendant informer), les fakes ou les manipulations politiques sont monnaie courante. En l’adoptant, nous nous tenons à l’abri de la fourberie et de la manipulation. Voici neuf de ces principes :

1. Les « faits » doivent, autant que possible, être confirmés par une source indépendante. Ceci ne signifie pas qu’il faut avoir confiance aveuglément aux médias officiels, eux-mêmes font le plus souvent référence à une source. Vérifier le sérieux et la validité d’une source est fondamental pour accepter une donnée dans sa zone de savoir.

2. Encouragez les débats de fond sur les éléments de preuve entre des personnes informées représentant tous les points de vue possibles. Le débat fait souvent ressortir les faits et permet d’écarter les avis qui reposent sur des avis et des croyances.

3. Rejeter les arguments d’autorité. Les « autorités » ont fait des erreurs par le passé. Elles en feront donc à l’avenir. On pourrait aussi dire qu’il n’existe pas d’autorités en science. Il existe des spécialistes, au mieux. L’appel à l’Autorité tente de donner de la valeur à un propos en fonction de son origine (la figure d’autorité) plutôt que de son contenu réel

4. Envisagez plus d’une possibilité. Si quelque chose doit être expliqué, pensez à toutes les manières dont il pourrait l’être et élaborez une « multitude d’hypothèses plausibles ». Réfléchissez ensuite à des tests qui pourraient infirmer chacune de vos hypothèses de façon logique et rationnelle. Celle qui résiste à l’expérience a de plus grandes chances de correspondre à la vérité que votre première idée.

5. Pouvoir lâcher prise sur une fausse idée séduisante. Essayez de ne pas trop vous attacher à une hypothèse simplement parce que c’est la vôtre. L’apriori n’est souvent qu’une étape de votre quête de la vérité. Demandez-vous plutôt pourquoi cette première idée vous séduit autant. Comparez-la équitablement avec les autres hypothèses. Voyez si vous pouvez trouver de bonnes raisons de l’écarter. Si vous ne le faites pas, d’autres s’en chargeront…

6. Quantifiez. Si ce que vous cherchez à expliquer se mesure, si vous l’exprimez par une donnée numérique, vous évaluerez beaucoup plus facilement des hypothèses concurrentes. Ce qui est vague et qualitatif peut s’expliquer de plusieurs manières. Toutes les interrogations qualitatives qui surgissent témoignent bien sûr de vérités à rechercher, mais les trouver présente un défi d’une autre envergure.

7. Dans une chaîne d’arguments, chacun des maillons doit fonctionner, y compris les prémisses, et pas seulement la plupart des maillons. En d’autres termes, il ne faut pas juste quelques vagues arguments pour élaborer une théorie et affirmer une vérité. Chaque argument doit être valable et former un tout solide.

8. Le rasoir d’Occam : Ce précepte commode nous enjoint, s’il y a deux hypothèses qui expliquent des données aussi bien l’une que l’autre, de préférer la plus simple ! Et par « simple », nous n’entendrons pas « simpliste » mais « plausible ». En effet, même une théorie complexe peut être la plus plausible.

9. Demandez-vous si l’hypothèse peut, au moins en principe, être réfutée. Des propositions qu’il n’est possible ni de tester ni de réfuter ne valent pas grand-chose. Prenons l’idée selon laquelle notre univers et tout ce qu’il renferme ne représentent qu’une particule élémentaire — disons un électron — d’un cosmos beaucoup plus grand. S’il nous est impossible d’acquérir des données venant de l’extérieur de notre univers, n’est-il donc pas impossible de réfuter cette idée ? Il faut pouvoir vérifier les assertions. Les sceptiques doivent avoir la possibilité de suivre votre raisonnement, de répéter vos expérimentations et de constater d’eux-mêmes s’ils obtiennent les mêmes résultats.

Au sommet des Vosges, la voie lactéeIl est tout aussi important d’apprendre à utiliser ces principes que de désapprendre les raisonnements erronés et d’éviter les pièges de la vie courante. Sagan nous rappelle que la société y est très vulnérable :

« En plus de nous apprendre ce qu’il faut faire pour évaluer une affirmation qui se veut exacte, tout bon détecteur d’inepties doit aussi nous apprendre ce qu’il ne faut pas faire, pour nous aider à reconnaître les pièges de la logique et de la rhétorique les plus communs et les plus dangereux. La religion et la politique nous offrent un grand nombre d’exemples éloquents, parce que leurs adeptes se trouvent très souvent obligés de justifier des contradictions. » (Traduction libre)

Il nous met donc en garde contre les vingt sophismes les plus courants, nés, pour beaucoup, de notre inconfort chronique devant l’ambiguïté :

1. L’attaque ad hominem — « dirigée contre la personne » en latin. Attaquer la personne qui argumente plutôt que l’argument. Exemple : La révérende Smith est une fondamentaliste biblique connue, de sorte que ses objections sur l’évolution ne doivent pas être prises au sérieux. Les grands esprits parlent des idées, les petits parlent des personnes.

2. L’argument d’autorité — Exemple d’époque : Il faut réélire le président Nixon, car il a un plan secret pour en finir avec la guerre en Asie du Sud-Est. Mais comme ce plan est secret, impossible pour l’électorat de juger de sa valeur. Il faut donc faire confiance à Nixon, car il est président… Une erreur, comme l’a révélé la suite de l’Histoire. Dans le domaine commercial, c’est par exemple faire confiance à un personnage en blouse blanche qui vous explique qu’un tel produit fonctionne mieux que les autres au simple prétexte qu’elle semble être scientifique, donc une autorité intellectuelle.

3. L’argument fondé sur des conséquences négatives — Exemple : Un dieu distribuant châtiments et récompenses doit forcément exister, parce que si ce n’était pas le cas, le monde serait beaucoup plus immoral et dangereux, et sombrerait peut-être même dans le chaos. Variante : Le suspect d’un procès hautement médiatisé doit forcément être déclaré coupable parce-que l’inverse ne ferait autrement qu’encourager d’autres hommes à tuer leurs femmes. Le risque d’une conséquence négative ne peut donc jamais détruire une réalité objective.

4. L’appel à l’ignorance — Affirmer que ce qui n’a pas été prouvé comme étant faux doit être vrai et vice versa. Exemple : Il n’a jamais été prouvé que les OVNIS ne visitaient pas la Terre, donc ils la visitent. Variante : Il existe peut-être d’innombrables autres mondes, mais nous n’en connaissons aucun qui ait une moralité aussi développée que le nôtre ; aussi demeurons-nous le centre de l’univers. Pour contrer ce raisonnement fallacieux, il suffit de se rappeler que l’absence de preuve n’est pas la preuve d’absence.



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5. Le « traitement spécial »
est souvent utilisé comme raccourci pour se sortir d’une impasse rhétorique. Exemple : Comment un Dieu miséricordieux pourrait-il condamner ses créatures à souffrir parce qu’une femme a fait manger une pomme à un homme contre ses instructions ? Traitement spécial : Tu es incapable de comprendre la subtile doctrine du libre arbitre. Variante : Comment trois créatures divines aussi divines que le Fils, le Père et le Saint-Esprit pourraient-elles co-exister ? Traitement spécial : Tu ne comprends pas le divin mystère de la Trinité. Variante 2 : Comment Dieu a-t-il pu permettre aux adeptes du judaïsme, du christianisme et de l’islam — invités, chacun à leur manière, à faire preuve de miséricorde et de compassion — de perpétrer tant d’atrocités pendant si longtemps ? Traitement spécial : Les voies du Seigneur sont impénétrables. Au domaine de l’écologie, ça donne par exemple : Il faut manger moins de viande pour réduire urgemment la pollution et éviter l’effondrement écologique ! Traitement spécial : Manger de la viande a toujours existé. C’est la Nature qui veut ça.

6. Présumer la question résolue — Faire des suppositions qui semblent évidentes. Exemple : Nous devons instituer la peine de mort, car cela découragera la criminalité. Mais la criminalité baisse-t-elle réellement une fois la peine de mort en place ? Pas vraiment. Variante : Le chômage ? C’est tout vu, les étrangers volent notre travail et les femmes devraient rester à la maison ! Les études sont plutôt unanimes et démontrent un effet inverse. Ce simulacre d’explication nous a-t-il apporté quelque-chose ? Une opinion séduisante ou populaire n’est pas forcément la vérité.

7. L’observation sélective, également appelée l’énumération des circonstances favorables ou, comme l’a décrit le philosophe Francis Bacon, le fait de compter les réussites et d’oublier les échecs. Exemple : Lorsqu’une région s’enorgueillit d’avoir produit plus de présidents que n’importe quelle autre… et qu’elle ne mentionne pas qu’elle est également celle ayant produit le plus de tueurs. Quelque chose apportant un effet positif ponctuel et observé n’offre pas toujours un bilan global positif. Ceci s’observe par exemple dans le greenwashing de certaines multinationales. Exemple : L‘augmentation de 15% du recyclage des bouteilles est positif. Cependant la production totale ayant triplé sur la même période le bilan écologique final reste largement négatif.

8. Les statistiques portant sur de petits nombres — proche de l’observation sélective. Exemple : Il paraît qu’une personne sur cinq est chinoise. Comment est-ce possible ? Je connais pourtant des centaines de personnes et aucune n’est chinoise ! Variante : Je viens de faire un triple six consécutif aux dés. Impossible que je perde ce soir. Et une dernière, courante : J’ai été agressée deux fois, c’était toujours par des étrangers ! Donc tous les étrangers sont potentiellement des agresseurs.

9. La méconnaissance de la nature des données statistiques — Exemple : Le Président Dwight Eisenhower s’étonne et s’alarme que la moitié des Américains soit en dessous de la moyenne de l’intelligence des Américains. Une affirmation totalement logique mais qui porte une incidence politique par son incompréhension. Dans le monde marchand, on utilise souvent cette assertion : « 100% des gagnants ont joué ! » Effectivement, tout autre chiffre est impossible.

Carl Sagan – QUOTES HOPE

10. L’incohérence — Exemple : Se préparer de façon très prudente à une possible attaque armée ennemie et délibérément ignorer les changements climatiques par ailleurs parce qu’ils ne seraient pas prouvés. Variante : Attribuer la faible espérance de vie en ex-URSS à l’échec du communisme il y a de nombreuses années, mais ne jamais attribuer le taux élevé de morts infantiles aux États-Unis — l’un des plus importants des civilisations industrialisées — à l’échec du capitalisme. Variante : Considérer que l’Univers existera pour l’éternité, mais qu’il n’existe pas depuis une éternité. Ceci est souvent le fruit d’une incapacité à voir la problématique en nuances de gris.

11. L’argument non sequitur — « qui ne suit pas » en latin. Exemple : Notre nation prévaut, car Dieu est avec nous. C’est oublier que presque toutes les nations disent la même chose. Souvent, ceux qui se laissent duper par un argument de ce type n’ont pas fait attention aux autres possibilités.

12. L’argument post hoc, ergo propter hoc — « c’est arrivé après, donc cela a été causé par » en latin. Exemple : Je connais une femme de 26 ans qui en fait 60 parce qu’elle prend la pilule contraceptive (Jaime Cardinal Sin, archevêque de Manille). Variante : Il n’y avait pas d’armes nucléaires avant que les femmes obtiennent le droit de vote. Temporalité proche ne veut pas dire causalité.

13. La question dénuée de sens — Exemple : Qu’arrive-t-il lorsqu’une force irrésistible rencontre un objet inamovible ? Si une telle force existe, alors les objets inamovibles n’existent pas et vice versa. Bref, poser une question qui n’a pas de sens permet de postuler dans la question la validité d’une idée fausse dont l’interlocuteur ne saura s’extirper que par la négation car entrainé de force sur un terrain miné.

14. Le faux dilemme ou l’exclusion du tiersNe prendre en considération que les deux extrêmes d’un vaste éventail de possibilités. Exemple : C’est ça, prends sa défense. Mon mari est parfait et moi, j’ai toujours tort ! Variante : Quoi ? Vous critiquez les actions de ce policier violent ? Vous n’aimez pas la France et ses valeurs ? Variante : Si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème. La vision absolue d’une problématique mène toujours aux extrêmes, un peu à l’image des seigneurs Sith dans Star Wars.

15. La fausse opposition court terme vs long terme — Déclinaison importante du faux dilemme. Exemple : Nous n’avons pas les moyens d’instaurer des programmes de secours à l’intention des enfants dénutris et d’éduquer les enfants en bas âge parce que nous devons lutter de toute urgence contre la criminalité de rue. Variante : Pourquoi explorer l’espace ou poursuivre des travaux de recherche fondamentale quand nous avons un grand déficit budgétaire ? Un problème urgent ne doit pas occulter d’autres problèmes de long terme. À ce titre, la plupart des politiques actuelles tentent de répondre à des problématiques de court terme pour séduire l’électorat.

16. La pente savonneuse — Autre déclinaison du faux dilemme. Exemple : Si nous permettons l’avortement dans les premières semaines de la grossesse, alors il deviendra impossible d’empêcher les gens de tuer des bébés menés à terme. Autre exemple homophobe, éculé sur les réseaux sociaux : Laisser les homosexuels se marier ? Et bientôt on autorise la zoophilie ?! Il s’agit donc d’utiliser l’imaginaire « du pire » pour effrayer et valider un autre avis aucun sans rapport.

17. La confusion entre causalité et corrélation. Exemple : Un sondage montre que l’on trouve une plus grande proportion d’homosexuels chez les diplômés de l’université que chez les personnes ayant suivi moins d’études. Faire des études rend donc homosexuel ! Faux. Variante : La fréquence des tremblements de terre dans les Andes est la même que celle à laquelle la planète Uranus est au plus près de la terre, donc — en dépit de telle corrélation avec Jupiter, plus proche et plus grosse — on établit que ceci entraîne cela. Bref, causalité n’est forcément pas corrélation.

18. L’homme de paille ou la technique de l’épouvantail — Caricaturer une position de manière à la rendre plus facile à attaquer. Exemple : Les scientifiques pensent que les êtres vivants sont apparus par hasard. Une telle formulation ignore volontairement la théorie de Darwin, selon laquelle la nature ajuste ses créations en gardant chaque fois un peu plus de ce qui fonctionne et un peu moins de ce qui ne fonctionne pas. Voici un autre exemple souvent utilisé de nos jours, qui contient par ailleurs une fausse opposition entre le court terme et le long terme : Les écologistes se préoccupent plus des abeilles et du plancton que des êtres humains ! L’épouvantail est donc la création d’une image mentale caricaturale qui empêche les raisonnements de fond.

19. La suppression de preuves ou la demi-vérité — En 1981, le président des États-Unis Ronald Reagan, est victime d’une tentative d’assassinat. Plus tard, la vidéo d’une « prophétie » prédisant cet acte passe à la télévision. Elle est d’une incroyable justesse et tout le monde en parle. Mais a-t-elle été enregistrée avant ou après, au juste ? Autre exemple : Les abus de ce gouvernement appellent la révolution, même si on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Certes, mais cette révolution ne risque-t-elle pas d’être plus sanglante que le régime précédent ? Quelles conclusions pouvons-nous tirer d’autres soulèvements dont nous avons été témoins ? Toute révolution contre un régime d’oppression est-elle préférable et dans l’intérêt du peuple ? Toutes les formes de révolution sont-elles bonnes à prendre ? Quel mouvement politique peut-il récupérer cette révolution ?

20. Le recours à des mots ambigus — En vertu de la séparation des pouvoirs inscrite dans la Constitution américaine, les États-Unis ne peuvent faire la guerre à un autre pays sans déclaration du Congrès. Cependant, c’est le président qui décide de sa politique extérieure et des guerres qu’il entreprend. Celui-ci peut donc décider d’user de ses prérogatives dans l’optique de se faire réélire. Un président pourrait donc être tenté de partir en guerre drapeau brandi, en prétendant qu’il s’agit d’autre chose, par exemple d’une « action policière », d’une « incursion armée », de « ripostes visant à assurer la protection », de « sauvegarde des intérêts américains », de « pacification », alouette! Il peut aussi mener toute variété d’« opérations » de type « opération juste cause ». Les euphémismes qualifiant la guerre font partie d’une longue liste de trucages sémantiques à usage politique. « Un des arts pratiqués par les politiciens consiste à trouver de nouveaux noms à des institutions dont l’ancien nom est devenu odieux aux oreilles du public », disait Talleyrand. Aujourd’hui, de très nombreux mots utilisés en politique sont empruntés au monde marchand formant une novlangue manipulatoire mais efficace pour séduire.

Comme on le constate, le point commun entre l’ensemble de ces sophismes, c’est qu’ils sont tous plus ou moins séduisants dans l’interprétation de la réalité. Il est extrêmement facile d’en appeler à l’autorité, à la nature, à la force divine ou aux préjugés populaires. Un raisonnement complexe demande du travail et de la réflexion. C’est la facilité qui génère un manque de recul critique. Sagan termine cependant son chapitre sur un avertissement :

« Comme tous les outils, ce kit de détection d’inepties peut être mal utilisé, appliqué hors contexte ou même utilisé machinalement, sans effort de réflexion. Employé à bon escient, il peut toutefois faire une grande différence dans le monde, en vous aidant notamment à évaluer vos propres arguments avant de les présenter aux autres. » (Traduction libre)

The Demon-Haunted World est une lecture aussi fascinante qu’intemporelle. À de nombreux égards, elle semble même plus d’actualité que jamais à notre époque, où cohabitent propagande médiatique, pseudosciences et intérêts commerciaux divers et variés. À lire en complément : The Science of God, du même auteur.

Suzanne Etter & Mr Mondialisation

Félicitation ! Vous êtes vivant !

On partage avec vous cette séquence inspirante de la série Cosmos que nous avons dévorée avec grand plaisir. Suite de la brillante série des années 1980 animée par Carl Sagan, celle-ci nous invite à voyager une fois encore dans l'espace et le temps pour mieux comprendre le monde et où se situe notre fraction d'humanité dans l'océan des infinies possibilités. De quoi donner goût à l'observation des choses autour de nous et à leur compréhension au-delà des peurs et des croyances. La série, commentée par l'astrophysicien Neil de Grasse Tyson, aborde également les questions climatiques mais aussi comment l'obscurantisme a toujours nié dans l'histoire les évidences scientifiques au nom d'un ordre, religieux hier, économique aujourd'hui.La série Cosmos : Une odyssée à travers l'univers est consultable un peu partout sur la toile, en DVD ou sur Netflix.Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosmos_:_Une_odyss%C3%A9e_%C3%A0_travers_l%27universInfos & Débats | Mr Mondialisation

Publiée par Mr Mondialisation sur Samedi 29 avril 2017


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Mr Mondialisation