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Gazette Debout

Mon, 16 Apr 2018 15:30:14 +0200

A la Bourse du Travail pour préparer la fête à Macron

Deux ans après le meeting qui a débouché sur Nuit Debout, Frédéric Lordon et François Ruffin ont organisé un autre meeting à la Bourse du Travail de Paris, le 4 avril 2018. Il y était question d’organiser un « grand débordement » et une manifestation de convergence des luttes le 5 mai 2018.

[AUDIO] Bourse du Travail (4 avril) Lordon, Ruffin, syndicalistes, salariés en lutte, cheminots, hôpitaux, étudiants…

Durée : 2:11:24

Sur la page Youtube de l’audio, vous bénéficierez du sommaire interactif du meeting (raccourcis TC) dont voici la version texte :

0:00:00- Introduction (François Ruffin)I/ Témoignages:
0:05:21- #01- Étudiant.e.s
0:11:22- #02- Cheminot.e.s
0:25:55- #03- Hôtels
0:29:02- #04- Hôpitaux
0:40:55- #05- Grande distribution
0:51:21- #06- Greenpeace
0:57:50- #07- Chauffeurs.ses
1:04:14- #08- La PosteII/ Analyse:
1:18:00- Frédéric Lordon
1:29:00- Pause (chanson « La Fanfare Invisible »)

III/ Organiser le futur:
1:36:30- Avant-propos (François Ruffin)
1:46:37- #01 (chômeurs)
1:48:06- #02 (démocratie participative)
1:49:03- #03 (éducation populaire)
1:50:11- #04 (encouragements)
1:50:51- #05 (rassemblement)
1:51:22- #06 (oligarchie)
1:52:36- #07 (participer)
1:54:00- #08 (grèves reconductibles)
1:54:45- #09 (SUD: lanceur d’alertes)
1:57:15- #10 (alternatives)
1:58:42- #11 (CGT hôpitaux: 19 avril)
1:59:01- #12a (Tolbiac: 5 mai)
2:01:10- #13 (Fac Paris 8)
2:01:35- #12b (comité d’action rassembleur)
2:01:51- #14 (Jolie Môme – autres actions)

2:06:20- Conclusion (François Ruffin)
2:10:56- Générique (Radio Parleur)


Autres préstations récentes de Frédéric Lordon :

– blog LMD : « Ordonnances SNCF : l’occasion » par Frédéric Lordon du 20 mars 2018
B. Friot et F. Lordon à l’Université Paris-Tolbiac, le 3 avril 2018 (TV Debout)
Frédéric Lordon sur France Culture (version Youtube La Grande Table, 2 partie, « Fake news : le vrai du faux »)

Crédits photos:

  • Meeting à la Bourse du Travail, le 4/4/2018: @Mediaprt

cj

Thu, 18 Jan 2018 10:31:12 +0100

L’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : une victoire pour la ZAD ?

C’est une victoire historique. Après 50 ans de lutte acharnée, le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été annulé mercredi 17 janvier par le premier ministre Edouard Philippe. Une décision qui réjouit les habitants.es de la ZAD. « Il s’agit bien d’une victoire historique face à un projet d’aménagement destructeur. Celle-ci aura été possible grâce à un long mouvement aussi déterminé que divers ».

Dans leur communiqué de presse, ils et elles saluent chaleureusement « toutes celles et ceux qui se sont mobilisées contre ce projet d’aéroport au cours des 50 dernières années » et réaffirment les six points décidés conjointement pour l’avenir de la ZAD :

« – La nécessité pour les paysan-ne-s et habitant-e-s exproprié-e-s de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite.

– Le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre, et qui souhaitent continuer à y vivre et à en prendre en soin.

– Une volonté de prise en charge à long terme des terres de la ZAD par le mouvement dans toute sa diversité – paysans, naturalistes, riverains, associations, anciens et nouveaux habitants.

Pour le mettre en œuvre, nous aurons besoin d’une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres. Dans le futur, ce territoire doit pouvoir rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

En ce qui concerne la question de la réouverture de la route D281, fermée par les pouvoirs publics en 2013, le mouvement s’engage à y répondre lui-même. La présence ou l’intervention policières ne feraient donc qu’envenimer la situation. »

Les habitants.es appellent à converger largement le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et poursuivre la construction de l’avenir de la ZAD. Toutes les informations sont à retrouver sur le site Zad Nadir. Des cars ont été mis en place depuis Paris, il reste encore quelques places.

Acipa, Coordination des opposants, COPAIn 44, Naturalistes en lutte, les habitant-e-s de la ZAD.

Gazette Debout

Thu, 07 Dec 2017 11:24:03 +0100

Manifestation pour la paix au Pays Basque

Pendant des décennies le Pays Basque a connu la violence, mais depuis 2011 et la conférence d’Aiete sous l’égide de Kofi Annan, une autre voie a été choisie : la construction d’un processus de paix juste et durable. Étape décisive ouvrant une dynamique d’espoir, le désarmement final d’ETA le 8 avril 2017 à l’initiative de la société civile et des élu.e.s du Pays Basque, permet d’aller plus loin.

Aujourd’hui, cette même société nourrit une forte attente de voir le gouvernement français contribuer à son tour à ce processus de paix, en mettant fin au régime d’exception subi par les prisonnier.e.s basques et leurs familles, ce qui supposerait :

► La fin de l’éloignement et de la dispersion systématiques des prisonnier.e.s basques et leur rapprochement vers leur domicile et leurs familles
► La libération des prisonnier.e.s gravement malades et les libérations conditionnelles de ceux et celles qui y auraient droit si le droit commun leur était appliqué
► Suppression du statut de Détenu Particulièrement Signalé et application du droit commun

Le régime d’exception vécu par les prisonniers basques a également un coût financier, moral et physique pour leurs familles : en 30 ans de politique d’éloignement et de dispersion systématique, 400 accidents de voiture et 16 morts parmi les proches et familles des prisonniers basques !
La question des prisonniers reste une grande source de tensions en Pays Basque.

Comme l’ont écrit les élu.e.s du Pays Basque de toutes tendances dans une délibération adoptée à l’unanimité par la Communauté d’agglomération Pays Basque : “Nous en appelons ni plus ni moins à l’application du droit commun. Ces mesures urgentes s’inscrivent dans le règlement global, définitif du dossier des prisonniers.
C’est pour ces raisons que nous nous joignons à l’appel lancé par les Artisans de la paix à la mobilisation du 9 décembre à Paris ».

Cette manifestation du samedi 9 décembre à 11H30 est organisée les Artisans de la Paix, qui ont permis le désarmement total de l’organisation clandestine basque ETA. Près de 10 000 Basques sont attendus à Paris, des centaines de familles de prisonniers basques, des parlementaires et maires de toutes tendances politiques, des artistes de rue représentatifs de la culture basque et musiciens traditionnels.
La manifestation du 9 décembre est soutenue par près d’une cinquantaine d’organisations, syndicats et partis  et 100 personnalités françaises (dont Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon, Clémentine Autain, Julien Bayou, Jean-Claude Lagarde, Frédérique Espagnac, Paul Molac,  José Bové, Philippe Poutou, Eric Coquerel, Emmanuelle Cosse,  Jean-Luc Benhamias, Serge Portelli, Susan George, Didier Lestrade, Jean-Pierre Mignard, Noël Mamère, Jean-François Bernardini, Mouss et Hakim Amokrane, Jean-Marie Muller, Gérard Onesta, Laurent Pinatel, Guy Bedos, Frédéric Beigbeder, Bruno Solo, Robert Guédiguian, Robin Campillo, Marie Darrieussecq, Patrick Viveret, Etienne Balibar, Edgar Morin etc.). Le Conseil de Paris a, dans cette perspective, voté à l’unanimité un vœu de soutien au processus de paix en Pays Basque.

Gazette Debout

Wed, 29 Nov 2017 19:01:13 +0100

Théâtre : « Sandrine tape sa crise » ou l’économie à hauteur de femmes

Dans notre rubrique Culture Debout, nous vous guidons vers les oeuvres qui résonnent le plus avec Nuit Debout, pour y trouver de l’espoir, des idées ou des arguments et vous inciter à y emmener ceux qui doutent. Car la culture est politique, toute la culture. Nous ne recevons pas d’invitations, aussi nos choix seront-ils purement libres et subjectifs. Nous placerons chacune des oeuvres sur une « échelle Debout » qui compte 10 échelons : 1 correspondant à une oeuvre aux antipodes des idées de Nuit Debout et 10 correspondant à une oeuvre qui les épouse parfaitement. Aujourd’hui Sandrine tape sa crise de et avec Sandrine Jouanin, mise en scène Caroline et Benjamin Pascal.

Adapté du livre de Bruno Gaccio “Mais non Madame Martin, ce n’est pas compliqué l’économie !”, Sandrine tape sa crise est une création à mi-chemin entre le one-woman show et le spectacle militant.

En 2015, Bruno Gaccio essayait, au travers de portrait d’une dizaine de “madames Martin”, de faire le lien entre la vie et les décisions quotidiennes de femmes plus ou moins lambda et l’économie, celle qui fait peur, celle qu’on ne comprend pas, qui contrôle le monde et contre laquelle nous ne pouvons rien. Dans son spectacle, Sandrine Jouanin reprend ce dispositif en se concentrant sur quatre madames Martin : une baba-cool en prise avec les impôts, une militante FN, une trader et une clocharde.

Note pour nos lecteurs.trices atteints.es de soupçonnite aiguë : ces dames s’appellent Martin mais elles pourraient tout autant s’appeler Smith, Diallo ou Nguyen, ce n’est pas le sujet, l’économie ne s’embarrassant pas de ce genre de détails.

La comédienne incarne avec une humanité désarmante ces femmes qui subissent les réalités et les conséquences de l’économie réelle et de la “science économique” qui n’existe que dans l’esprit étroit d’idéologues capitalistes. Chacun de ces portraits est l’occasion de rire ou de s’émouvoir du sort de ces braves madames Martin, mais aussi d’en apprendre un peu plus sur les mécanismes de l’économie, grâce aux apartés de la comédienne qui a visiblement bien bossé son sujet. C’est drôle (parfois), touchant (souvent) mais surtout très courageux car, on le sait, intéresser les gens à l’économie est un sacerdoce, surtout au théâtre. Et parce que l’entreprise est réussie, il est de mise de féliciter et de soutenir ce spectacle d’utilité publique.

Echelle Debout 6/10 : Autant le dire tout de suite, malgré ses qualités, ce spectacle n’apprendra pas grand chose au militant de gauche qui a potassé pendant la dernière campagne présidentielle. Certains concepts sont survolés trop rapidement quand d’autres sont simplement ignorés, notamment les alternatives au capitalisme néolibéral. Mais réserver un spectacle aux seuls militants de gauche est une gageure, tant ceux-ci forment un public pointilleux, voir difficile, et notoirement fauché (rions un peu de nous-même, cela ne fait jamais de mal). Aussi, il est bon de voir des oeuvres destinées à ceux qui ne sont pas (encore) engagés, ces messieurs et mesdames Martin qui souffrent en silence, qui voient impuissants leur société s’effriter ou qui accusent de leur malheur d’autres “Martins” qui n’ont pas la même religion, la même couleur de peau ou le même âge. Je ne sais pas quelles sont les positions de Sandrine Jouanin et de Bruno Gaccio sur le populisme de gauche, mais le fait est que ce spectacle y contribue en provoquant l’empathie du spectateur avec les victimes du néolibéralisme et son indignation contre ce système infâme qui conduit l’humanité à sa perte. L’indignation étant la première étape de l’action, nous ne pouvons que nous en réjouir.

Sandrine tape sa crise de et avec Sandrine Jouanin, d’après Bruno Gaccio, mise en scène Caroline et Benjamin Pascal, tous les mercredi à 20h30 à l’Atelier Théâtre de Montmartre.

Ndlr : L’échelle debout ne constitue en rien une note donnée à l’oeuvre mais permet seulement de la situer par rapport au mouvement Nuit Debout.

Sébastien Novac.

Retrouvez toutes les chroniques de Culture Debout. 

Crédits photos:

  • Sandrine Jouanin et Bruno Gaccio: Marc Herzog

Sebastien

Thu, 23 Nov 2017 17:18:01 +0100

« Il faut désormais du courage et de l’abnégation pour saisir les prudhommes »

Les prudhommes, ces juges qui défendent les droits des salariés lésés, sont de plus en plus méprisés et dépréciés. Tel est le message qu’a souhaité faire passer maître Xavier Sauvignet, membre du collectif des Avocats Debout, dans une plaidoirie devant le Conseil constitutionnel:

L’institution était saisie par Leïla Saïb, candidate de La France Insoumise aux élections législatives de la première circonscription du Val d’Oise. Celle-ci a demandé d’invalider l’élection d’Isabelle Muller-Quoy (LREM) au motif que son suppléant était président du conseil des prud’hommes de Pontoise et donc inéligible. Pour sa défense d’Isabelle Muller-Quoy avait argué que les présidents des prud’hommes ne sont pas « des juges professionnels ». 

Dans sa plaidoirie, Xavier Sauvignet s’est ému de cette « petite musique qui tente de faire croire que la justice prudhommale serait une justice au rabais ». Il rappelle qu’il faut parfois attendre 4 ans pour avoir une décision sur un rappel de salaire ou une discrimination. Le syndicat des avocats de France, dont il est membre, a d’ailleurs plusieurs fois attaqué l’Etat pour cette lenteur.  

En complexifiant la saisine des juges, la Loi Macron, n’a rien arrangé. Désormais, il est obligatoire d’avoir une argumentation avant toute discussion. « Les salariés ne peuvent pas le faire seuls et doivent avoir recours à un avocat quand ils en ont les moyens financiers », poursuit Xavier Sauvignet.

Conséquence : depuis 2015, on observe une baisse de 30 à 40% des saisines dans certains barreaux. « Les salariés hésitent et ne font plus valoir leurs droits devant les juridictions sociales. Les conseils de prudhommes ne sont saisis que dans un cas sur 10 de licenciement abusif. Il faut un courage et une abnégation incroyable pour porter son affaire (…). Il faut aussi de l’argent, du temps, des connaissances, de l’énergie. Et de tout cela, beaucoup de salariés n’en ont plus » .

La réforme des ordonnances de septembre dernier qui acte le plafonnement des indemnités, n’a bien entendu pas amélioré la situation. « Il s’agit d’un principe du droit : la réparation du préjudice doit être intégrale. Ce n’est désormais plus le cas pour les prudhommes » déplore Xavier Sauvignet.

Crédits photos:

  • Justice debout: Nuit Debout Lyon

Gazette Debout