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Association SERA Santé Environnement en Rhône Alpes et Auvergne

Sun, 12 Aug 2018 21:53:14 +0200

Et l’on reparle d’un positionnement du gouvernement sur l’usage des plastiques

La diffusion massive sur les réseaux sociaux d’images des océans et de la faune marine étouffant sous les déchets, et le lancement de certaines initiatives telles que les “Plastic Attacks” – des rassemblements de consommateurs qui entassent leurs emballages à la sortie d’un supermarché – commence à susciter des réponses politiques dans le monde.

Selon l’association WWF, l’Europe seule rejette, chaque année, jusqu’à 500 000 tonnes de plastique, et jusqu’à 130 000 tonnes de « microplastique » (des morceaux de moins de cinq millimètres), ceux qui menacent plus encore la faune marine. Ces petits bouts sont, par exemple, ingérés par les poissons ou des espèces marines comme la tortue de mer.
Rapportés aux 31 millions de secondes que contient une année, les Européens seuls rejettent jusqu’à quinze kilos de plastique dans la mer et quatre kilos de microplastique… chaque seconde.

La Commission européenne veut ainsi réduire drastiquement l’utilisation d’objets à usage unique, du coton-tige au matériel de pêche.Qu’en est-il en France après l’exigence de la disparition des sacs plastiques à usage unique, ils  ont été par exemple interdits cette année au Chili et en Nouvelle-Zélande, comme c’est déjà le cas en France pour ceux qui ne sont pas compostables.

Le secteur reste néanmoins florissant: la production mondiale de plastique a progressé de plus de 40% en deux ans, avec l’emballage comme premier débouché. Selon l’organisation PlasticsEurope, qui représente les producteurs européens de matières plastiques, la France figure parmi les lanternes rouges européennes du recyclage des emballages en plastique, avec un taux de recyclage d’à peine plus de 20 %, contre une moyenne européenne de près de 41 %.

Emmanuel Macron avait promis pendant sa campagne d’arriver à 100% de recyclage des plastiques d’ici 2025 en France.Dans cet objectif le gouvernement français entend mettre en place à partir de l’an prochain un système de “bonus-malus” pour généraliser le recyclage du plastique, donc passer par le portefeuille des consommateurs, en pleine vague mondiale de réglementation du secteur.

“Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclé et l’autre non, la première sera moins chère”, a déclaré Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, dans un entretien au Journal du dimanche (JDD). Début 2019 (…) nous préciserons la liste des produits à usage unique que nous voulons interdire » et cette suppression des « usages superflus ou substituables » sera mise en œuvre « d’ici au 1er janvier 2020 », annonce la secrétaire d’Etat. Dans cet entretien, Brune Poirson rappelle également que le plan du gouvernement en faveur du recyclage des plastiques passera par une baisse de la TVA sur le recyclage et la hausse de la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur l’enfouissement, comme avait annoncé  le premier ministre Edouard Philippe en avril.

redacteur

Fri, 10 Aug 2018 22:30:50 +0200

Monsanto condamné par la justice californienne

Utilisé depuis plus de quarante ans, le glyphosate entre dans la composition de pas moins de 750 produits commercialisés par une centaine de sociétés dans plus de 130 pays.Le glyphosate, tombé dans le domaine public au début des années 2000, est commercialisé par de nombreuses sociétés agrochimiques ; il est le pesticide le plus utilisé dans le monde.

Entre 1974, date de sa mise sur le marché, et 2014, son usage est passé de 3 200 tonnes par an à 825 000 tonnes. Une augmentation spectaculaire qui est due à l’adoption massive des semences génétiquement modifiées qui sont tolérantes au glyphosate. C’est aussi le leader de l’industrie agrochimique.

Le 20 mars 2015, ce jour-là, le CIRC annonce les conclusions de sa « monographie 112 ». . Au contraire de la majorité des agences réglementaires, le CIRC juge génotoxique –cad qu’il endommage l’ADN –, cancérogène pour l’animal et « cancérogène probable » pour l’homme le pesticide le plus utilisé de la planète. Ce pesticide, c’est le glyphosate, principal composant du Roundup, le produit phare de l’une des entreprises les plus célèbres: Monsanto.

A l’exception du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui a classé le glyphosate « cancérogène probable » en mars 2015, la plupart des agences réglementaires – comme l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ou encore l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) – considèrent en effet que la substance ne présente pas de danger cancérogène.

Mais dès 1985, l’EPA avait déjà classe dans un premier temps le glyphosate dans la catégorie « cancérogène possible », en particulier sur la foi de leur étude interne.

Puis c’est en mars 2017que  les médias ont commencé à révéler le contenu des « Monsanto Papers », des milliers de pages de documents internes rendus publics par la justice américaine dans le cadre de procès en cours. Ces « Monsanto Papers » ont joué un rôle déterminant dans la condamnation de la firme, ce vendredi 10 août, par la justice californienne. Ils avaient mis  en lumière un profond hiatus entre les avis rassurants de la plupart des agences réglementaires et la connaissance que la firme a de son produit phare.

La société Monsanto a été condamnée par la justice californienne, ce vendredi 10 août, à verser 289,2 millions de dollars (248 millions d’euros)à un jardinier américain , de 46 ans et père de deux enfants, il est, selon ses médecins, en phase terminale d’un cancer du système lymphatique, qu’il attribue à son exposition à des herbicides –Ranger Pro et Roundup Pro – contenant du glyphosate et commercialisés par la firme agrochimique.La société a fait appel au jugement mais 4000 autres procédures semblables sont en cours aux USA. Affaire à suivre!

redacteur

Fri, 10 Aug 2018 14:41:55 +0200

La consommation énergétique du numérique

Inflation exponentielle du flux de données, objets connectés en pagaille, data centers poussant comme des champignons… La « révolution numérique » qui prend place dans nos sociétés est gourmande en équipements électroniques, eux-mêmes voraces en énergie électrique.

Au point de susciter des inquiétudes, voire des fantasmes. Qu’en est-il aujourd’hui et qu’en sera-t-il demain ?En France, la consommation des data centers s’élevait à environ 3 TWh en 2015, soit davantage que la consommation électrique de la ville de Lyon, selon l’Union française de l’électricité (UFE).

Il faut bien entendu alimenter en électricité les nombreux appareils et la chaine des appareils connectés  qui transmettent les données. Mais cette électricité est principalement dissipée sous forme de chaleur lorsqu’elle passe dans un matériau conducteur, ce qu’on appelle “effet joule”. De ce fait, environ 50% de la facture d’électricité d’un data center... tient d’abord à  la climatisation.

Gain de performance, valorisation de la chaleur… les data centers méritent-ils encore leur réputation d’ogres numériques ? Le rapport de négaWatt ne détaillait pas seulement la consommation des serveurs, mais également celle des terminaux (ordinateurs, téléphones, tablettes..) et celle du réseau (lignes ADSL, mais aussi WIFI, 3G, 4G…),

 Verdict : en 2015, les terminaux consommaient déjà 2 fois plus que les serveurs et centres de données. Et alors que ces derniers gagnent en efficacité, l’électricité consommée par le “dernier kilomètre numérique” explose : la 4G consommerait jusqu’à 23 fois plus que le WIFI

Que faire à notre propre niveau ? Afin d’éviter de saturer les serveurs distants : supprimer ses vieux courriels (et surtout ceux contenant de volumineuses pièces jointes), ou encore limiter son utilisation des services de streaming en ligne (Youtube, Deezer, Netflix…). Sur internet, le principe du dernier kilomètre s’applique aussi. L’étape la plus énergivore du cloud ne serait ainsi pas dans les datacenters, mais dans la connexion aux réseaux sans fil (Wifi, mais surtout 3G et 4G).

redacteur

Thu, 09 Aug 2018 18:17:22 +0200

Du sport oui mais il est souhaitable de ne pas tomber dans l’excés

Les spécialistes de la santé s’accordent à dire que l’exercice physique se veut indispensable pour se maintenir en bonne santé, l’OMS parle d’ailleurs de la recommandation de 10 000 pas /jour. Faute de temps, les Français sont de moins en moins nombreux à pratiquer une activité sportive de manière régulière. Or, il faut savoir que la pratique de sport s’avère bénéfique, aussi bien en matière de bien-être que pour améliorer sa qualité de vie encore ne faut-il pas tomber dans l’excès!

Cette obsession de l’activité sportive, nommée « bigorexie », est reconnue comme une maladie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 2011. « Le malade a une absence de toute considération raisonnée vis-à-vis de l’activité sportive », explique Joffrey Drigny, médecin du sport au CHU de Caen.C’est ce qui guette souvent nos sportifs de haut niveau pris dans un engrenage de performance.

On parle de bigorexie quand le sport prend une place trop importante et anormale dans la vie d’une personne, aux dépens de la vie professionnelle, familiale, des loisirs qui sont mis en retrait… « Une personne atteinte de bigorexie n’arrive pas à se raisonner par rapport à ça.

C’est tout simplement la définition d’une addiction », précise le médecin.Le processus est en effet similaire à une drogue : « Lorsqu’on fait du sport, on sécrète des endorphines, qui se traduisent par une sensation de bien-être », explique Joffrey Drigny.

Le patient ne peut alors plus se passer de sport, réalisant jusqu’à plusieurs séances par jour. « À vrai dire, on en voit de plus en plus avec cette mode des sports qui ont vocation à développer la musculature, explique Joffrey Drigny. Le médecin met en cause les facteurs environnementaux liés au culte du corps valorisé dans la société, notamment par le biais des réseaux sociaux.

Le surentraînement non plus n’est pas systématiquement lié à cette addiction : « Le surentraînement, c’est le fait d’en faire trop par rapport à ce qu’est capable d’encaisser le corps. Mais c’est souvent dans une recherche de performances. Ce n’est pas la même chose que la bigorexie, où il n’y a aucun raisonnement logique. »

redacteur

Wed, 08 Aug 2018 14:07:29 +0200

Intensification de la pêche industrielle: jusqu’où?

Le suivi des bateaux pratiquant la pêche industrielle en haute mer montre que les distances parcourues augmentent tandis que les tonnages de captures baissent. Une pratique non rentable qui ne perdure que grâce aux aides d’États.

Les zones de pêche sont passées de 60% de la surface totale des océans à 90% aujourd’hui.

L’article émanant de l’initiative “sea around us” (la mer autour de nous) que vient de publier Science advances rappelle qu’au XIXe siècle, les Terre-neuvas bretons traversaient déjà l’Atlantique pour aller pêcher la morue. Un exemple qui montre bien que l’intensification de ces pratiques amène invariablement à la disparition du stock. La population de la morue de Terre Neuve ne s’est toujours pas restaurée malgré un moratoire instauré en 1992.

Si les auteurs rappellent cet exemple, c’est pour illustrer le fait que la pêche industrielle de longue distance est elle aussi condamnée à court terme. Les chercheurs ont compilé les données satellitaires et les déclarations de capture des Etats possédant une flotte industrielle de 1950 à aujourd’hui. Ils ont ainsi déterminé que les zones de pêche sont passées de 60% de la surface totale des océans à 90% aujourd’hui. «Il n’y a plus que les zones polaires extrêmes pour n’avoir jamais été visitée par un bateau de pêche » affirme Daniel Pauly, halieute à l’Université de Colombie Britannique (Canada) et co-auteur de l’étude.« Alors que la plupart des pays concentrent leurs efforts sur leurs zones de pêche locales, ces quatre Etats ( Chine,Espagne, Corée du Sud et Taiwan) ont une politique agressive de subventions à la construction de bateau et de défiscalisation du carburant pour encourager leur flotte à aller à des milliers de kilomètres de leur port d’attache », affirme l’auteur principal de l’étude, David Tickler, chercheur à l’école de biologie de l’Université de l’Australie de l’ouest.

redacteur