Presse & blogs

Lecteur de flux musclé avec souvent des articles complets dedans.

❯ Flux Isérois
Marianne

Sun, 23 Sep 2018 17:56:16 +0200

Elections européennes : Nicolas Dupont-Aignan prend la tête de sa propre liste

Député de l'Essonne et ex-maire de Yerres, Nicolas Dupont-Aignan s'essaierait bien à un nouveau mandat du côté de Bruxelles. Ce dimanche 23 septembre, le chef de file de la droite souverainiste tenait son meeting de rentrée au Cirque d'Hiver à Paris, un lieu où il a ses habitudes. Et celui qui est arrivé en sixième position à la dernière présidentielle (4,70%) a réservé une annonce dans son discours : c'est lui qui sera en tête de sa propre liste lors des élections européennes de mai 2019.

Objectif : union des droites

C'est donc un "non" définitif à la proposition de Marine Le Pen, datant de mai, qui offrait à Dupont-Aignan la possibilité d'une liste commune. Mais l'entreprise de "NDA" n'est pas non plus la création d'une liste Debout La France (DLF), le parti qu'il préside : le député de l'Essonne, qui a soutenu Marine Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2017, a endossé depuis lors la cause de l'union des droites. Son rêve est de faire converger les électeurs du parti Les Républicains (LR) avec ceux du Rassemblement national (RN) en vue de constituer une majorité de droite... qu'il dirigerait, dans l'idéal. Ainsi Nicolas Dupont-Aignan a-t-il lancé un "appel solennel" lors de son discours, invitant les "membres, sympathisants, électeurs du mouvement des Républicains comme du Rassemblement national" à rejoindre sa liste, "ce grand mouvement de résistance française" contre Emmanuel Macron.

Dupont-Aignan a promis des "ralliements qui bouleverseront la vie politique française". Les personnalités présentes au Cirque d'Hiver n'étaient pas exactement de ce calibre mais illustraient effectivement un début de convergence de plusieurs droites : outre Jean-Frédéric Poisson (membre des "Amoureux de la France", comme Dupont-Aignan) et le transfuge du RN Bernard Monot, ont également été aperçus Paul-Marie Coûteaux, haut fonctionnaire souverainiste passé par le RN, et l'ambitieux Erik Tegnér, candidat à la présidence des jeunes LR et chaud partisan... de l'union des droites. En attendant, ni Laurent Wauquiez ni Marine Le Pen n'ont prévu de ne pas présenter leur propre liste aux européennes, même s'ils n'en prendront pas eux-mêmes la tête.

Hadrien Mathoux

Sun, 23 Sep 2018 16:05:08 +0200

Un Planning familial ramène le port du voile à un signe de "modestie" et refuse de condamner l'excision

Le Planning familial, association d'éducation populaire historiquement féministe et laïque, se rapprocherait-il "des valeurs de l'intégrisme musulman" dans les Bouches-du-Rhône ? A première vue, l'accusation du militant laïque et féministe Naëm Bestandji a de quoi surprendre. Pourtant, les contenus de communication postés sur le compte Facebook de "Planning Familial 13" sèment le trouble. Aujourd'hui supprimés, ils ont été sauvegardés et mis au jour par le militant dans un post d'alarme.

La première image sert à illustrer une campagne du Planning familial 13 pour la liberté de choix des femmes. Tirée du discours sur "l'inclusivité" importé des Etats-Unis, l'idée est que toutes les options choisies par les femmes - vestimentaires, religieuses ou de comportement - se valent et peuvent mener également à l'émancipation. Ou plutôt à l'empowerment, ici francisé avec l'utilisation du verbe "empouvoirer". Deux images de femmes sont montrées en exemples : l'une en sous-vêtements, titrée "la nudité empouvoire certaines femmes". L'autre, vêtue d'un voile islamique et titrée… "la modestie empouvoire certaines femmes". "Le féminisme représente leur droit [des femmes] de choisir", conclut justement le Planning familial 13. Mais fallait-il, pour faire passer ce message, prôner le port du voile islamique comme une simple "modestie" ?


Capture d'écran - Facebook Naëm Bestandji

Deuxième capture d'écran, et deuxième élément troublant au regard des valeurs historiquement portées par le Planning familial. L'image montre un dialogue, toujours sur Facebook, entre l'association et une personne qui l'interpelle. Il est toujours question de liberté de choix. Le premier message est une réponse postée par le Planning à un message dont on ne connaît pas la teneur : "Se maquiller, mettre des talons hauts, s'arrêter de travailler lorsque l'on a un enfant, c'est aussi répondre à des pressions sexistes, est-il écrit. L'association défend par la suite une vision non-universaliste du féminisme : "La liberté c'est selon la personne pas selon ses propres valeurs. La notion de liberté elle n'est pas universelle, le féminisme ne défend pas des valeurs universelles, il défend la liberté de toutes les femmes à faire le propre choix, et le Planning familial aussi".

Capture d'écran - Facebook Naëm Bestandji

A ce manifeste, un internaute oppose un raisonnement par l'absurde : la liberté de choix prônée par le Planning familial l'amènerait-il à défendre aussi "les femmes qui militent pour donner une bonne image de l'excision ?" La réponse est éloquente par son non-dit : "Comme déjà dit, on milite pour le libre choix de chacun-e, et que nous puissions chacune faire ce que nous voulons de notre corps sans projeter nos choix sur les autres". Le Planning familial des Bouches-du-Rhône refuse donc ici de condamner explicitement l'excision ou la promotion de cette pratique ! Le site national de l'association rappelle pourtant une vérité toute simple : "Les mutilations sexuelles féminines (...) sont mondialement considérées comme une violation des droits des femmes".

Dans son post, Naëm Bestandji précise que "toutes les militantes et salariées du Planning ne sont pas d'accord avec cette dérive", et indique qu'il existerait une "lutte interne entre (pour faire simple) les anciennes et les plus jeunes bercées aux discours islamistes et indigénistes". De tels phénomènes d'entrisme ont déjà été dénoncés au sein d'autres associations, comme par exemple Act Up mais également lors des mouvements sociaux à l'université. Avec, ici, une spécificité inquiétante : le Planning familial fait partie des associations agréées pour intervenir lors des journées d'éducation à la sexualité à l'école…

Hadrien Mathoux

Sun, 23 Sep 2018 15:08:31 +0200

"Vous n’avez pas les couilles…" : la réponse d'un policier à Yann Moix

Le contexte

Ce samedi 22 septembre, dans l’émission Les terriens du samedi sur C8, l'écrivain et polémiste Yann Moix a accusé les policiers de "se victimiser". "Vous venez dire ici que les policiers ont peur (...), que vous chiez dans votre froc", a -t-il rétorqué à notre confrère journaliste Frédéric Ploquin, venu présenter son livre La peur a changé de camp, qui évoque le travail des policiers "la peur au ventre" sur fond d’insécurité. Deux policiers étaient également présents pour témoigner. "La peur au ventre, vous n’avez pas les couilles d’aller dans des endroits dangereux", leur a lancé Yann Moix. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dénoncé ce dimanche des propos "intolérables".

Yann Moix,

Une fois de plus, une fois de trop !!!!

Vos propos ce samedi, durant l'émission Les terriens du samedi soir, attestent votre mépris sans commune mesure envers les femmes et les hommes policiers et gendarmes qui, au péril constant de leurs vies, tentent de maintenir debout notre République en tous lieux de notre beau pays.

Vous n’êtes ni plus ni moins qu'un pleutre se réfugiant derrière un pupitre et devant des caméras pour balancer vos insultes.

Vous êtes l'archétype même de l'individu sans "couilles" qui, croisant des syndicalistes policiers à Calais en janvier dernier, faisait son mea culpa… Il est vrai que les caméras étaient absentes et que rien n'aurait pu servir votre minable besoin d'exister.

Oui, la peur a changé de camp par la faute d'individus comme vous qui alimentent au moyen de leurs déclarations infamantes la haine anti-flics.

Oui les flics, mes collègues, travaillent la peur au ventre en se disant chaque matin, en regardant leurs compagnes et compagnons et en embrassant leurs enfants, qu'ils ne rentreront peut-être pas vivants le soir.

Oui, les flics ne sont pas suffisamment payés.

Oui, les flics méritent mille fois plus de considération et de soutien des politiques de tous bords.

Mais je l'affirme : les flics continuent et continueront à faire régner les lois de notre belle république.

Cette belle république dont vous vous écartez lorsque l’appât du gain dicté par une vraisemblable ignoble idéologie vous entraîne dans des états où règnent la dictature et l'absence totale des droits de l'homme.

Et de quel droit osez-vous parler et insulter celles et ceux dont vous ne connaissez rien ?

Auriez-vous ce courage qui est le leur d'entrer quotidiennement dans des cités où, à tout moment, ce sont des micro-ondes, des machines à laver, des cocktails Molotov qui pleuvent ?

Non, car pour cela il faut être tout sauf un pauvre type absent lors de la distribution des attributs dont vous affirmez que nous sommes démunis.

Risqueriez-vous votre peau pour moins de 2.000 euros par mois ?

NON et eux, mes collègues, le font sans relâche !

Non, vous n'avez jamais vu la mort en face comme notre jeune collègue qui s'est fait tabasser à terre à Champigny-sur-Marne la dernière nuit de la Saint-Sylvestre par une horde de voyous qui devaient avoir vos paroles et vos raisonnements dans leurs têtes de criminels.

A l'instant ou je vous écris ces quelques lignes, je n'ai qu'une envie : celle de vous prendre par la peau du dos et de vous mettre dans un véhicule de patrouille, dans un fourgon de CRS, dans un équipage de la BAC : à ce moment-là, vous sauriez de quoi est fait notre quotidien.

Je suis certain qu'à la première escarmouche, l'odeur pestilentielle qui émanerait de votre personne obligerait mes collègues à rebrousser chemin…

Vous êtes indigne d'une profession que je respecte profondément.

Yves Lefebvre

Sun, 23 Sep 2018 12:52:18 +0200

"L'école a évolué vers un service minimal qui ne réduit pas les inégalités"

Les diverses études publiées sur l'école française montrent que nous sommes le pays où l'origine sociale a le plus d'impact sur la réussite scolaire. Comment l'expliquer ?

Nathalie Bulle : Les résultats négatifs des élèves français ne sont pas anciens, et sont manifestement le fruit des orientations prises par l’institution depuis plus d’un demi-siècle. Ils devraient conduire à faire l’inverse de ce que l’on raconte, c’est-à-dire mettre à l’examen les choix à la source du creusement des écarts entre les plus favorisés et les moins favorisés, écarts qui ne se démarquaient pas, il y a moins de vingt ans, de la moyenne de l’OCDE.

Si l’on regarde ce qu'il s’est passé sur le long terme, il faut savoir qu’avec le temps, les inégalités ont changé de nature. Auparavant, les destins sociaux étaient largement prédéterminés, et l’école était campée sur sa mission pédagogique. Une inversion s'est opérée, la société est relativement moins inégalitaire économiquement et socialement face à l’école mais, en raison de son expansion, cette dernière assure une fonction plus importante de sélection dans l’accès aux métiers. C’est pourquoi la question des inégalités tend à se poser non plus au niveau de l’accès à l’institution mais à l’intérieur de l’institution, et cette question est devenue un thème récurrent de la sociologie de l'éducation.

La démocratisation de l'école n'a pas fait disparaître les inégalités, loin de là…

Dès lors que le secondaire est apparu comme une suite naturelle du primaire et le supérieur comme une suite naturelle du secondaire, il y a eu une réelle égalisation des chances. Mais cette démocratisation est principalement quantitative. Excluons le cas des filles et celui des enfants d’agriculteurs, dont les aspirations scolaires ont changé, sous l’effet principalement des évolutions économiques et sociales. Pour les autres, le fameux ascenseur social par l’école n’a, pour l’essentiel, pas augmenté en vitesse. Indépendamment de toute considération quantitative, imaginons que l’on ait classé les enfants nés dans l’entre-deux-guerres en fonction de leurs chances relatives d’accéder à un diplôme de niveau baccalauréat (général ou technique) : alors ces chances, un demi-siècle plus tard, ne seraient pas plus favorables aux enfants d’ouvriers. C’est un grand échec si l’on sait qu’entre ces deux classements, la proportion des fils d’ouvriers accédant au secondaire est passée de moins de 20% à plus de 90%...

L’école a évolué insensiblement vers une forme de service minimal et standard

Comment expliquer cette persistance des inégalités alors que de très nombreuses politiques ont été menées au nom de la lutte pour plus de justice sociale à l'école ?

L’école rencontre une situation paradoxale qui la mine. Sa mission était à l'origine d'instruire et d'émanciper, non de sélectionner. C’est pourquoi, à partir des années 1970, les politiques se sont concentrées sur le fait de permettre à tout le monde de continuer de concert, quitte à diminuer l'attention portée à la transmission des savoirs. Les questions quantitatives ont dominé les questions qualitatives. L’école a évolué insensiblement vers une forme de service minimal et standard, rendu accessible à une majorité d’élèves, et donc égalitaire d’un point de vue strictement formel. En réalité, les politiques menées ont confondu démocratisation et massification. La contrepartie de cette égalitarisme minimaliste, est l’augmentation de l’hétérogénéité du système éducatif, de son opacité, et une prise en charge par les familles du souci de l’éducation formelle et de la réussite des enfants.

Quels étaient les fondements de cette nouvelle manière de voir l'école ?

Pour justifier ces changements, on a changé la philosophie de l’éducation, l’épistémologie et même la psychologie qui inspiraient notre école. On s’est appuyé notamment sur les travaux de Jean Piaget, et on est allé cherché des idées aux Etats-Unis, chez John Dewey… Les hypothèses issues du naturalisme justifiaient la moindre importance accordée à l’enseignement en tant que tel, la valorisation de ses aspects pratiques, voire ludiques, moins formateurs d’un point de vue général. L’interaction directe de l’élève avec son environnement, avec le groupe, les méthodes pour résoudre les problèmes ont tendu à primer sur la maîtrise des connaissances, les savoirs explicites et structurés, comme si ces choses pouvaient être séparées. Et la transmission a été considérée comme autoritaire… Mais à partir de prémisses scientifiques douteuses. Ces thèses sont profondément politisées.

Concrètement, comment ce mouvement a-t-il mis ses idées en œuvre dans l'école française ? Domine-t-il encore les débats ?

Ces courants de pensée, qui ont dominé les réformes, se sont imposés petit à petit à partir des années 1970, d'abord dans les écoles normales d'enseignants. Leurs promoteurs ont largement participé aux réformes de l'Education nationale. Un exemple frappant est l’adoption des méthodes dites globales ou semi-globales d'apprentissage de la lecture à l'école primaire. Même si l’on s’entend aujourd’hui pour sortir des querelles de méthodes et reconnaître que l’essentiel est le temps et la qualité de l’enseignement du déchiffrage. Les débats sont étouffés, en réalité…

Quels ont été les effets des changements dans les méthodes de lecture à l'école primaire ?

Tous les indicateurs s’entendent pour révéler une chute en lecture des élèves les plus faibles et un creusement des inégalités à cet égard. C’est surtout à partir du moment où l'on s’est donné le loisir de ne plus mettre d’échéances à la fin du cours préparatoire, pour les reporter en fin de CE1, que l’on a ouvert la voie à des pratiques peu efficaces, alors que les élèves n’apprennent plus véritablement à lire au CE1. Le résultat est que l'hétérogénéité est très forte, et que de nombreux élèves arrivent au collège en situation de "dysorthographie", ne sachant pas orthographier phonétiquement certains sons. Ces difficultés sont cruciales car elles se répercutent sur toutes les matières.

Tout va dans le sens d'une école vue davantage comme un lieu de socialisation que d'apprentissage

La grande thèse de Bourdieu, développée dans La reproduction en 1970, est que les inégalités à l'école sont dues au fait qu'elle transmet une culture élitiste, apanage des classes bourgeoises. Qu'en pensez-vous ?

L'école a son autonomie par rapport aux cultures familiales. Sa mission première est de transmettre une culture et de former intellectuellement en enseignant des savoirs « scientifiques », c’est-à-dire explicites et structurés. Ils n’ont rien à voir avec les cultures familiales à proprement parler. Le problème du néomarxisme développé par Bourdieu, c'est qu'il postule que l'école sera nécessairement partisane. Les savoirs qu'elle transmet, quels qu’ils soient, seront donc toujours considérés comme vecteurs d’une forme de reproduction sociale.

Quid des moyens mis dans l'école ? Ont-ils une influence sur l'éducation ?

Encore une fois, la question cruciale est celle de la mission assignée l'école : le problème est que tout va dans le sens d'une école vue davantage comme un lieu de socialisation que d'apprentissage. Seules des évolutions allant dans le sens de la qualité, de l’homogénéité géographique de l’offre scolaire, et de son adaptation à un public diversifié, peuvent contrer ces tendances. Sinon les groupes sociaux les plus fragiles seront, au total, toujours perdants dans la mesure où ils n’auront jamais d’accès véritable à une école de grande qualité.

Hadrien Mathoux

Sun, 23 Sep 2018 10:49:52 +0200

Quand Marcel Campion dit "les pédés sont des pervers", "ce n'est pas homophobe", défend le député LREM Joachim Son-Forget

Ça lui est venu comme une envie de s'acheter un croissant. En ce premier dimanche d'automne, Joachim Son-Forget a ressenti un besoin pressant de défendre une cause. C'est normal : l'homme est engagé, il est même en marche, élu député en 2017 sous les couleurs d'Emmanuel Macron. Alors notre jeunot de l'Assemblée - il a 35 ans - a ouvert son compte Twitter, à la recherche d'une noble et juste raison d'exprimer ses valeurs. La pétition lancée par Muriel Robin dans le JDD pour la défense des femmes battues ? Trop mainstream. Mais notre Marcel Campion national, le célèbre forain, dont le même JDD exhume des propos tenus sur "les pédés" qui "sont un peu pervers", voilà qui méritait bien de lâcher un tweet… Alors, ni une ni deux, Joachim Son-Forget a pris son courage à deux pouces pour envoyer une réponse bien sentie à Gaspard Gantzer, ex-chargé des relations presse du président Hollande et désormais candidat putatif à la mairie de Paris, lequel s'insurgeait du discours "invraisemblable et franchement homophobe" de Campion.

"Comme il était un peu de la jaquette, il a rencontré Delanoë, ils ont fait leur folie ensemble et paf…"

"Non ce n’est pas homophobe Gaspard Gantzer", assène notre vainqueur du jour. Non, quand marcel Campion dit "les pédés", qu'il accuse l'ex-premier adjoint à la mairie de Paris, Bruno Julliard - tout juste démissionnaire -, d'avoir obtenu son poste parce que "comme il était un peu de la jaquette, il a rencontré Delanoë, ils ont fait leur folie ensemble et paf, il est premier adjoint", ce n'est pas homophobe. Quand il affirme que grâce à ce dernier, Paris "est gouvernée par des homos", ce n'est pas homophobe. "Il suffit d’écouter en entier de quoi il parle, certes maladroitement, mais pas de sexualité", développe même le député macroniste. Notamment quand Campion parle de "plug anal", "vous savez, le truc qu’ils se mettent dans le fion, pour les pervers, là".

Défendre un tel discours, oui, cela valait bien qu'un éminent membre de la Macronie se dresse de tout son progressisme. Ou quand un représentant du "nouveau monde" (heureusement pas rejoint par ses pairs, cf. encadré plus bas) rejoint le plus moisi, celui par exemple de Jean-Marie Andrès, président de la Confédération nationale des associations familiales catholiques, qui ce même week-end déclarait justement, lors d'une intervention publique sur la procréation médicalement assistée : "Le problème, c'est pas que les PD". Non en effet, le problème, ce sont ceux qui "cassent du PD", à coups de casques comme c'est encore arrivé cette semaine dans le XXe arrondissement de Paris, ou à coups de mots.

Les réactions d'autres députés macronistes

Heureusement, les députés qui partagent les bancs LREM avec Joachim Son-Forget n'ont pas eu la même réaction que lui. "Affligeantes et consternantes injures et diffamations homophobes en public", a par exemple tweeté Matthieu Orphelin. Le nouveau président du groupe, Gilles le Gendre, a quant à lui condamné, "au nom du Groupe parlementaire", "sans réserve les propos homophobes de Marcel Campion". "Ils ne méritent aucune indulgence ni aucune explication qui pourrait conduire à en relativiser l'intention. Ils sont scandaleux, un point c'est tout !", a-t-il martelé, sans toutefois nommément citer la réaction de Son-Forget. Celui-ci a en revanche été directement interpellé par la députée Laetitia Avia, étonnée - "Heu, quelqu’un a piraté ton compte ??!!!" -, ainsi que par Stanislas Guerini : "Ces propos sont justes ho-mo-phobes. Point. Allez, on se réveille et on réécoute la vidéo".

Le président du parti, Christophe Castaner, n'a quant à lui rien trouvé à dire à son député, se contentant de réagir aux propos de Marcel Campion… tout en lui offrant une bienveillante porte de sortie : "S'il pense avoir été mal compris Marcel Campion doit le dire et s'excuser de la violence de ses mots". Interpellé sur Twitter, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, qui avait qualifié dès le matin les propos de Marcel Campion d'"ignobles", "à vomir", a ajouté que ceux du député Son-Forget étaient "incompréhensibles. Aucune excuse pour les attaques homophobes d’où qu’elles viennent".

Thomas Vampouille