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Amère Patrie

Sun, 23 Sep 2018 16:48:37 +0000

Amère Patrie



Bonne année pour le tourisme d’après les médias, nos plaisanciers restent ainsi longtemps à flotter entre les îles grecques, forcément à la surface de l'eau. Beau pays et cependant coquille de plus en plus vidée. Le gouvernement de l’indescriptible Aléxis Tsípras, fait semblant de découvrir qu’avec le reste des biens publics, il a également transféré la jouissance des sites archéologiques et des musées à la Treuhand à la grecque, c’est-à-dire aux mains des rapaces planétaires de l’Agence chargée de la privatisation des biens de la Grèce. Et pendant ce temps, on détruit à la chaîne les bateaux de pêche, de préférence traditionnels. Culture morte.

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Les apparences dominent pendant que l’été grec se termine. Tout y est, touristes, travailleurs paupérisés, et alors bandits... aux règlements de compte mortels en pleine rue à l’heure du deuxième café. Athènes, ville... vivante au quotidien. Les politiques, Tsípras et Mitsotákis en tête quant à eux depuis Thessalonique à l’occasion de sa foire commerciale, auront comme d’habitude promis.la lune, jamais pleine. Le mensonge gouverne, automne des feuilles mortes.


Septembre déjà. Au Pirée, les habitués du samedi contemplent depuis la terrasse du seul café demeurant aux goûts musicaux humains, les entrées et les sorties au plus grand port grec, acquis par COSCO, le géant chinois. On y discerne même la fumée, ainsi que cette odeur de flexible brûlé émanant des entrailles du ferry ELEFTHERIOS VENIZELOS amarré dans urgence juste en face. Un incendie s’est déclaré dans son garage en pleine mer mardi dernier vers minuit ; le navire avait fait demi-tour vers le Pirée, où ses passages ont été évacués. Catastrophe peut-être évitée de justesse d’après la presse. Grèce pays maritime.


Leurs vacances déjà rangées sous les pliures numériques omniprésentes, les Grecs rentrent des plages, lorsqu’ils rentrent. Nos touristes visitent alors Mycènes, ainsi que les... fabuleux autres restes grecs. Août finissant au pays mort. Incarnant jusqu’au plus profond... de sa barrière anatomique la classe dirigeante historique et hystérique de la Grèce contemporaine, ceci à travers une historicité bien longue allant de 1831 à 2018, Aléxis Tsípras tient de cette même vermine qui de la mère patrie, elle ronge et elle trahit alors tout, pour recevoir en échange des miettes de l’Occident Troïkan, et finalement... des gifles de la Turquie. Je paraphrase à peine un couplet du poète Georges Vizyïnós écrit en 1883 pour dénoncer certaines réalités inlassablement actuelles, au-delà des circonstances atténuées du journalisme et de l’intellectualisme bien de saison. D’ailleurs, sauf réveil de la praxis collective, c’est... de notre saison terminale à nous tous qu’il s’agit, en Grèce et même en Europe, me semble-t-il.


Terre brûlée. Nous laissons derrière nous un tel mois de juillet, à vrai dire écœurant. Votre blog, se spécialisant malgré lui dans la chronique des cynismes en vogue, il ne pouvait ainsi qu’observer un certain silence devant l’insoutenable. Le pays réel brûle sous les effets multiples et multipliés de la décomposition programmée... pendant que ses trente millions de visiteurs annuels admirent ses beautés supposées immuables. Dessin dantesque.


En pleine saison dite touristique les imaginaires dominent. Entre cartes postales numériques et selfies neuroplégiques, l’hyper tourisme ainsi que la déferlante Airbnb ont déjà fini par achever de bien nombreuses îles du pays, après tout terminé. “Le désir de voyager a toujours été fort naturel aux hommes, il me semble que jamais cette passion ne les a pressés avec autant de force qu'en nos jours”, écrivait déjà Jean Thévenot en son temps, dans son “Voyage du Levant”. Certes, mais c’était vers l’an 1627 de notre si glorieuse chronologie.