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Sciences Humaines

Tue, 10 Jul 2018 09:30:00 +0200

Dossier : Qu'est-ce que l'amour ?

« Le verbe aimer est difficile à conjuguer. Son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif, et son futur toujours conditionnel », disait Jean Cocteau. Il n’est pas le seul à avoir évoqué cette imprévisibilité de l’amour. Depuis l’Antiquité, penseurs, conteurs, artistes s’évertuent à le décrire ; chacun en donne sa version sans jamais totalement l’expliquer. Aujourd’hui encore, les réflexions philosophiques et les recherches scientifiques – sciences humaines et neurosciences – ne cessent de fleurir et de produire des hypothèses nouvelles sur la question, sans épuiser le sujet. Paradoxalement, c’est peut-être parce que l’amour se dérobe partiellement à la raison que nous nous plaisons tant à y succomber. Qu’est-ce que le sentiment amoureux ? Est-il universel ? Comment nos manières d’aimer se sont-elles transformées, d’hier à aujourd’hui ? Comment le désir, la passion, la sexualité se vivent-elles dans un monde où chacun est soucieux de cultiver son autonomie et son épanouissement personnel ? Ce dossier livre des réponses étayées, et livre peut-être des pistes pour peaufiner son propre art d’aimer…

Tue, 10 Jul 2018 09:30:00 +0200

Proudhon, le penseur de l'anarchie

Premier théoricien à se réclamer anarchiste, Proudhon fut aussi un penseur de la justice, de la guerre, de la religion, de l’accès au microcrédit et un chantre du fédéralisme… Après avoir été longtemps occultée par le marxisme, sa pensée ressurgit aujourd’hui, brandie en étendard par des courants nombreux et parfois opposés.

Pierre-Joseph Proudhon est né à Besançon en 1809 et mort à Paris en 1865. Fils d’un tonnelier et d’une cuisinière, ses écrits furent toujours marqués par ses origines populaires. Il passe une grande partie de son enfance à garder les vaches. À l’école, il vit mal le fait que ses parents n’ont pas les moyens de lui acheter des livres. À 29 ans, il adressa à l’Académie une lettre dans laquelle il se donnait pour fils et défenseur de la classe ouvrière. Malgré certaines outrances de langage que renfermait cette lettre, Proudhon obtint la « pension Suard », une pension destinée à mettre à l’abri du besoin un jeune bisontin méritant (1 500 francs annuels pour trois ans). De 1840 à 1842, il fait paraître ses trois mémoires sur la propriété. Dans le premier, en juin 1840, il pose la question : « Qu’est-ce que la propr [ lire la suite... ]

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Philosophe politique, il vient de publier Proudhon contemporain, CNRS, 2018.

Tue, 10 Jul 2018 09:30:00 +0200

Alcool, tabac et drogues dans le monde

La plus vaste base de données du monde en matière de drogues, de tabac et d’alcool vient de publier son dernier rapport. 18 % de la population consomme plusieurs verres d’alcool au moins une fois par mois, 15 % fume tous les jours, et moins de 5 % consomme de la drogue dans l’année. Les données datent de 2015 et concernent les individus de 15 ans et plus. Selon les zones géographiques, les chiffres diffèrent de manière significative. En matière de consommation d’alcool et de tabac, c’est l’Europe qui fait la course en tête. 46 % des habitants du vieux continent sont des « gros buveurs » : au moins une fois par mois, ils absorbent plus de 60 g d’alcool (l’équivalent de 6 verres de bière). Ils boivent en moyenne plus de 11 litres d’alcool par an, soit 5 litres de plus que la moyenne mondiale. Les Européens sont également les plus accros au tabac, avec 23 % de fumeurs quotidiens.

La consommation de drogues concerne quant à elle une très faible part de la population mondiale. Les trois quarts du temps, il s’agit de fumeurs occasionnels de cannabis. Pour ce qui concerne les addictions aux drogues « dures », le rapport mentionne certaines zones sensibles : l’Amérique du Nord est la plus grande consommatrice d’opiacées et de cocaïne, tandis que l’Australie et la Nouvelle-Zélande comptent le plus de personnes dépendantes aux amphétamines. Les chiffres n’excèdent toutefois pas 0,5 % de la population.

Au niveau de la santé, les dégâts causés par l’alcool et le tabac sont de loin les plus importants : ils ont réduit l’espérance de vie en bonne santé de 256 millions de personnes, contre 28 millions pour les drogues. Le rapport souligne toutefois que les données concernant l’usage de produits illicites ne sont pas toujours faciles à recenser, à cause des ventes en sous-main.

Amy Peacock et al., « Global statistics on alcohol, tobacco and illicit drug use. 2017 status report », Addiction, mai 2018.

Tue, 10 Jul 2018 09:30:00 +0200

Quand le jeu vidéo fait mal

Dans sa nouvelle classification internationale des maladies la CIM 11 (dont la publication ne devrait pas tarder), l’OMS va intégrer pour la première fois le « trouble du jeu vidéo ». Trois critères seront retenus pour définir cette pathologie : la perte de contrôle (incapacité de s’arrêter), la perte d’intérêt pour d’autres activités ou loisirs et la poursuite du jeu malgré des conséquences négatives sur la sphère familiale, sociale ou professionnelle et ce sur une période d’au moins douze mois. La notion de souffrance est donc centrale. Il y a trouble quand le jeu vidéo n’est plus un plaisir mais devient une nécessité. Comme dans une addiction à un produit ! Mais sur ce point les avis divergent. Si pour les uns ce trouble fait partie des addictions dites comportementales, d’autres préféreront parler « d’utilisation problématique » des jeux vidéo. Selon eux, ces pratiques excessives ne seraient parfois que la partie émergée d’un trouble sous-jacent plus grave, comme la dépression ou la phobie sociale. 

www.who.int/features/qa/gaming-disorder/fr/

Tue, 10 Jul 2018 09:30:00 +0200

Gilles Fumey : «Nous sommes ce que nous mangeons»

Gilles Fumey est un géographe atypique. Explorant hors des objets classiques de la géographie, il a choisi de s’intéresser à nos assiettes. Il a une conviction : en mangeant, nous nous approprions le monde pour le comprendre. Rencontre.

Vous travaillez sur l’alimentation, ce qui est assez atypique pour un géographe : d’où vient votre intérêt pour ces questions ?

Très tôt, à table, lorsque je lisais Bourgogne sur l’étiquette d’une bouteille de vin ou Banon sur celle d’un fromage, je faisais le lien entre les noms de lieux et ce qu’on mange. Bien plus tard, recruté comme enseignant-chercheur, j’ai décortiqué cette alimentation « géographique » (1). Mais les géographes s’intéressaient plutôt à l’alimentation sous l’angle de l’économie même si quelqu’un comme Jean Bruhnes avait déjà écrit en 1912 que « manger, c’est incorporer un territoire ». Finalement, ce sont des historiens comme Jean-Louis Flandrin, des sociologues comme Edgar Morin et des anthropologues comme Claude Lévi-Strauss qui ont inscrit l’alimentation dans le champ des sciences sociales. Pour ma part, comme j’avais t [ lire la suite... ]

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