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Mon, 25 Sep 2017 20:33:32 +0200

[Carte] Sénatoriales 2017 : la droite progresse en Auvergne-Rhône-Alpes

Dimanche 24 septembre, cinq départements de la région étaient concernés par les élections sénatoriales. La droite progresse. Pas de percée pour la République en Marche.

Pas beaucoup de surprises dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les résultats des élections sénatoriales ont suivi la tendance nationale qui a vu une logique progression de la droite, les sénateurs étant élus au suffrage indirect par les conseillers régionaux, départementaux et municipaux notamment. Or ces collectivités de la région ont majoritairement été acquises par la droite aux récentes élections notamment régionales.

La droite a donc très bien réussi en Auvergne-Rhône-Alpes. Les liste de Les Républicains, de l’UDI ou d’union de la droite arrivent en tête dans les cinq départements concernés par le renouvellement des sièges.

Sur les 15 sièges remis en jeu, 6 étaient occupés par des sénateurs Les Républicains ou centristes. Depuis dimanche 24 septembre au soir, la droite en occupe 8.

Deux sièges supplémentaires pour la droite presque déçue

La droite gagne un siège dans le Puy-de-Dôme où les trois sièges étaient occupés par des sénateurs socialistes. Jean-Marc Boyer, conseiller départemental et maire de Laqueuille, a remporté un siège avec la liste Les Républicains qu’il menait.

Les Républicains glanent également un siège supplémentaire dans la Loire où Bernard Fournier, président de la communauté de communes de Saint-Bonnet-le-Château, était le seul sénateur de sa famille. Il a été réélu, à la tête d’une liste divers droite, dimanche soir. Il est désormais accompagné de Bernard Bonne, président du conseil départemental de la Loire qui menait la liste des Républicains et qui va laisser sa place à Alain Laurendon, du fait de la loi sur le non-cumul.

Les Républicains pouvaient presque espérer mieux dans le département de la Loire où la liste de la majorité présidentielle n’a obtenu que 11% des suffrages. Mais la droite était largement représentée, pour ne pas dire divisée, avec trois listes en lice.

Sans surprise, la droite a conservé le siège de Michel Bouvard en Savoie. Ce dernier avait démissionné cet été rattrapé par le cumul des mandats.

Elle conserve également ses deux sièges en Haute-Loire où l’UDI Olivier Cigolotti est réélu, accompagné du Républicain Laurent Duplomb.

Tout comme en Isère où le sortant Michel Savin, maire de Domène, a été réélu en compagnie de Dominique Puissat, maire de Château-Bernard, placée en seconde position sur la liste Les Républicains.

La gauche résiste plutôt bien

Malgré tout, la gauche résiste plutôt bien au vu des compositions politiques des exécutifs locaux. Ainsi, André Vallini ancien secrétaire d’État à la Réforme territoriale de François Hollande et président du conseil départemental de l’Isère, a sauvé son siège. Tout comme la communiste Cécile Cukierman dans la Loire. Aucun sénateur sortant se représentant n’a d’ailleurs été battu ce dimanche soir.

La République en Marche, mouvement fondé par le Président de la République Emmanuel Macron, n’a pas réalisé de percée significative. Il remporte deux sièges :

Dans le Rhône, le jeu des chaises musicales se prépare toujours

Le Rhône n’était pas concerné par le renouvellement des sièges de sénateurs cette année. Mais un siège pourrait se libérer rapidement : celui de Michel Mercier.

Au mois d’août, l’ancien président du conseil général du Rhône, était nommé au Conseil constitutionnel. Il devait alors quitté son mandat de sénateur et la présidence de la Communauté de communes de l’Ouest Rhodanien (COR). Finalement, rattrapé par des suspicions d’emplois fictifs au profit de membres de sa famille, il avait dû renoncer. Mais durant l’été il avait également promis de choisir entre ses deux fonctions actuelles. Choisir entre le Sénat ou la COR.

Pour l’heure, tout le monde attend. Notamment Michèle Vullien, la maire de Dardilly. Placée en seconde position sur la liste menée par l’ancien Garde des Sceaux en 2014, c’est à elle que reviendrait le siège en cas de démission de Michel Mercier.

Et le jeu des chaises musicales se poursuit. Selon l’hebdomadaire Les Potins d’Angèle, Michèle Vullien pourrait remplacer Annie Guillemot à la tête du Sytral si Michel Mercier conservait son mandat au Sénat. Annie Guillemot, par ailleurs sénatrice du Rhône elle aussi, doit quitter la présidence de l’instance organisatrice des transports en commun de la Métropole de Lyon pour cause de loi sur le cumul des mandats.

Si Michèle Vullien venait à gagner le Sénat, c’est Fouziya Bouzerda, adjointe Modem au maire de Lyon en charge du commerce et vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l’insertion par l’économie, qui pourrait prendre la présidence du Sytral. Une perspective qui n’enchante guère de nombreux élus métropolitains.

Enfin, depuis le 18 juin 2017, c’est Gilbert-Luc Devinaz adjoint au maire de Villeurbanne en charge des sports, qui a succédé à Gérard Collomb au Sénat, suite à son entrée au gouvernement.

Bertrand Enjalbal

Sun, 24 Sep 2017 14:01:43 +0200

Comment Jean « dégoûté de travailler pour l’évasion fiscale » est devenu fromager à Lyon

Il aurait pu tracer son chemin au sein d’un important cabinet de conseil, il a failli se lancer dans le chocolat mais a finalement choisi le fromage. Un produit fait par « des durs au mal » avec lequel Jean Bordereau, installé dans le 7e à Lyon, entretient une proximité depuis toujours -ou presque.

On est en 2012. Jean Bordereau, master de finance en poche spécialisé dans les normes internationales, effectue un stade au sein d’un important cabinet de conseil à Paris. Après six mois de stage, il est embauché. A la clé un CDI et « un très bon salaire ». Pourtant, il ne tiendra que quelques mois supplémentaires avant de mettre les voiles.

« Je travaillais surtout avec des sociétés internet. Je voyais que leur activité en France n’était pas imposée sur le territoire. Je voyais tout ce système d’évasion fiscale. Ça m’a dégoûté. »

En 2014, un consortium de journalistes internationaux publie dans différents médias une grande enquête passée à la postérité sous l’appellation « LuxLeaks ». Elle y raconte les accords passés entre de grands cabinets d’audit et de conseil, dont l’employeur de Jean, et le fisc luxembourgeois afin de réduire l’impôt sur les bénéfices de leurs clients.

Leurs clients : de grandes multinationales dont l’activité est présente parfois dans de nombreux pays européens.

« Moi, je voulais revenir à un métier plus humain. Et puis je voulais m’inscrire dans une ville, une communauté, participer à la vie du quartier », explique Jean.

« Au début ma mère m’a fait un peu la gueule »

Jean Bordereau, à gauche, et Dimitri son apprenti dans la boutique du 7e arrondissement à Lyon. Photo BE/Rue89Lyon

Jean Bordereau, à gauche, et Dimitri son apprenti dans la boutique du 7e arrondissement à Lyon. Photo BE/Rue89Lyon

Alors, il y a maintenant près de deux ans et demi Jean a ouvert sa fromagerie au 84 avenue Jean-Jaurès donnant sur la place Jean Macé à Lyon 7e. Elle s’appelle donc… « Les trois Jean ». Ce métier, il ne l’a pas choisi par hasard. Difficile d’éviter les poncifs mais il est « né dedans ».

« Je suis fils de paysan. Mon père était agriculteur jusqu’à ses 35 ans. Le meilleur ami de mes grands-parents maternels faisait des Maroilles. Quand elle était jeune ma mère faisait des fromages tous les étés chez eux », explique-t-il.

Un temps il a hésité avec le chocolat. Ce sera finalement le fromage. Un produit fait « par des durs au mal » et enraciné dans son territoire.

« En France, où que vous soyez il y a toujours quelqu’un qui fait du fromage à 30 km à la ronde. »

Malgré ces solides attaches, troquer les bureaux d’un grand cabinet et la finance pour le tablier de fromager n’a pas été évidente pour son entourage. Même pour ses parents.

« Dans le cabinet où je travaillais certains trouvaient ça débile. Mais je voyais aussi que certaines voulaient partir mais n’osaient pas. J’ai eu le courage de le faire. Du côté de mes parents, mon père m’a soutenu mais ma mère m’a fait un peu la gueule ! Mais ils ont vu que j’étais heureux », se souvient-il.

Quand il quitte le cabinet qui l’employait pour se lancer dans sa nouvelle voie, Jean sait déjà qu’il veut monter son affaire.

En 2013, à 24 ans, il entame la préparation de son certificat professionnel de crémier-fromager à Paris. Il se forme alors en alternance chez Michel Fouchereau, meilleur ouvrier de France, à la fromagerie d’Auteuil dans le 16e arrondissement de Paris. Il effectue aussi des déplacements réguliers chez des producteurs pour y découvrir et apprendre la fabrication des fromages.

140 000 euros pour lancer son affaire

Sa formation terminée, il continue pourtant de visiter les producteurs. Pour apprendre toujours.

« J’ai fait des reblochons, j’ai aussi passé trois mois et demi dans l’Aveyron sur le causse en fabrication pure. A cette époque je logeais chez les producteurs où je faisais du camping à la ferme, parfois c’était un peu à l’arrache ! »

Des visites pour apprendre mais pas seulement. Avec l’idée d’ouvrir sa boutique, ces voyages et ce temps passé à rencontrer des producteurs ont aussi un autre objectif : trouver des fournisseurs.

Après un passage à la fromagerie Mons des Halles Bocuse à Lyon, Jean Bordereau ouvre sa boutique en juin 2015 dans un local occupé auparavant par une fleuriste.

Le quartier Jean Macé, Jean le connaît bien pour y avoir habité à son arrivée sur Lyon. Il a hésité à lancer son affaire à Point du Jour dans le 5e arrondissement mais décide finalement de s’ancrer dans cette partie du 7e. Et ce malgré la présence d’un autre fromager sur l’avenue Jean-Jaurès près de la rue de la Thibaudière.

« Ce n’est pas très loin mais finalement ce n’est presque pas le même quartier », assure-t-il.

Il se lance alors avec 110 000 euros provenant d’un prêt bancaire pour financer l’achat du pas de porte, pour 33 500 euros, et les travaux de rénovation et d’équipements.

« L’équipement a été mon plus gros poste entre la chambre froide et la vitrine. J’ai préféré prendre du matériel haut de gamme, je ne voulais pas avoir de problèmes récurrents pour l’entretien. Ça m’a coûté 50 000 euros environ. »

Pour financer le fonds de roulement de sa trésorerie et son stock de départ, il apporte en fonds propres 30 000 euros.

La vitrine de la fromagerie, un gros investissement de départ pour Jean Bordereau. Photo BE/Rue89Lyon

La vitrine de la fromagerie, un gros investissement de départ pour Jean Bordereau. Photo BE/Rue89Lyon

« Je ne vends pas de fromage que je ne trouve pas bon »

Sa démarche concernant les produits est simple : il préfère vendre peu mais de qualité. Jean propose en moyenne 70 variétés de fromages en magasin.

« Je préfère être pointu sur ce que je vends. Avec 70 fromages en plus je n’ai quasiment pas de perte. Pour arriver à 140 fromages tu dois vendre des fromages pas terribles ».

C’est ici que les visites chez les producteurs reprennent tout leur sens. Il connaît ses fournisseurs et leurs modes de fabrication.

La qualité du fromage, il la juge au goût mais aussi à la façon dont est produit le fromage. Il est ainsi attaché à un « mode de production durable ». Il choisira un fromage parce qu’il est bon mais aussi par ce que « le fermier n’utilise pas d’azote sur ses terres pour nourrir ses bêtes par exemple ».

« Je ne vends pas de fromage que je ne trouve pas bon, pas assez affiné et dont ce n’est pas la saison »

On peut trouver parfois porte close pour cause de visites chez des producteurs, notamment en Italie dont les fromages plaisent beaucoup à Jean. S’il s’est beaucoup approvisionné lui-même au départ, il se fait aujourd’hui davantage livrer par son réseau de producteurs et ne passe pas par des distributeurs.

« Tu ne sais pas d’où viennent les fromages. Et ces visites permettent des découvertes. Maintenant que la fromagerie commence à bien tourner c’est plus difficile d’en faire mais je vais continuer », dit-il.

Son exigence de qualité, il la poursuit dans les quelques produits d’épicerie qu’il vend en complément. Il propose ainsi des bières artisanales locales (comme la Brasserie Mont-Salève ou la Brasserie Stéphanoise bien connues de ceux qui nous suvient) ou des vins naturels (mais pas que) et quelques charcuteries.

Se payer un SMIC « c’est déjà ça »

Environ six mois après son lancement, Jean a pu se verser son premier salaire.

« Pas grand-chose, quelque chose de l’ordre de 500 euros ».

Ses rémunérations ont depuis doucement augmenté. 600-700 euros au début de l’année 2016 et l’’équivalent d’un SMIC environ aujourd’hui.

« J’ai de la chance que ça marche, c’est déjà ça et ce n’est pas le cas pour tout le monde. Et puis de toute façon pour le moment je n’ai pas trop l’occasion de le dépenser ! » sourit-il.

Des rémunérations relativement faibles qu’il explique aussi par la volonté de préserver sa trésorerie pour pouvoir assurer également la rémunération de son apprenti.

Développer la boutique en commençant par l’arrière boutique

Chef d’entreprise, artisan, commerçant, Jean se sent « un peu tout ça à la fois » aujourd’hui. Pour lui, « parler des produits » avec les clients reste le plus agréable et si d’aventure l’affaire prenait de l’ampleur il assure qu’il aurait « du mal à lâcher prise ».

La suite, Jean l’envisage dans son local et plutôt dans l’arrière-boutique. Il espère pouvoir maximiser l’endroit pour lui permettre notamment de pouvoir davantage travailler le fromage.

« En ville, dans un local comme ça c’est dur de bien travailler le fromage. Il faut dans l’idéal un lieu dédié. J’espère pouvoir installer une cellule dédiée, un espace froid qui me permettrait de faire un peu plus d’affinage ».

S’il envisage de développer la fromagerie en s’associant par exemple, ce sera « quelqu’un avec qui je suis sur la même longueur d’onde ».

« Être un grand chef qui dirige c’est pas mon truc. Et puis pour qu’une boutique, un lieu, fonctionne bien il faut quelqu’un qui lui donne une âme. »

Voilà ce que nous disait Jean à la fin de l’année 2016. Un an après, c’est son apprenti Dimitri qui sera chargé de l’affaire. En effet, une seconde boutique va ouvrir le 30 septembre dans un quartier qu’il avait ciblé pour son lancement : Point du jour. La seconde fromagerie sera située au 52 de l’avenue du point du jour.

Bertrand Enjalbal

Sat, 23 Sep 2017 16:22:12 +0200

Testing : oui, les banques discriminent aussi

PAR L’AFP (via lexpress.fr)

Un Français d’origine supposée africaine ou maghrébine a plus de risque que d’autres d’être victime de discriminations lors d’une demande de crédit bancaire: c’est la conclusion d’un « testing » inédit réalisé à la demande de la ville de Villeurbanne, présenté ce jeudi et dont l’AFP rend compte.

Si dans le cas d’une demande de crédit en vue d’une création d’entreprise, une différence de traitement envers les femmes a également été révélé par ce test, celle-ci se présente avec « moins d’acuité » que pour le critère « ethnico-racial », selon Éric Cédiey, le directeur d’ISM Corum, qui a réalisé l’étude.
Pour l’obtention d’un prêt immobilier, le test a mis en évidence que « l’homme supposé comme sans origine migratoire » était reçu plus longtemps, obtenait plus de conseils et d’informations et bénéficiait d’une offre plus attractive que le client « supposé comme d’origine subsaharienne ».

Quant au « créateur d’entreprise supposé comme d’origine maghrébine, il n’a jamais reçu d’information sur le montant empruntable, ni sur le taux d’intérêt, ni sur la durée de remboursement conseillée (et a fortiori n’a jamais reçu de simulation) ». Celui-ci « est donc fortement pénalisé pour se projeter dans la suite de son projet », selon les conclusions du test.

Pour cet exercice, 90 tests ont été réalisés dans douze enseignes bancaires différentes de l’agglomération lyonnaise.

Le maire PS de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, commanditaire de l’étude, a commenté :

« Il y a l’idée que les banques, menées par une logique uniquement économique, seraient à l’abri des discriminations et que l’obtention d’un prêt serait déterminée par des critères objectifs. Or, il s’avère que non », a-t-il poursuivi, dénonçant « l’opacité » des établissements de crédit.

Sollicitée par l’AFP, la Fédération bancaire française (FBF) a dénoncé « l’approximation de la méthode et la grande imprécision des résultats » de ce « testing ».

Selon la maire-adjointe, Agnès Thouvenot, lors d’une présentation en avant-première de ce « testing » aux représentants locaux de la FBF, ces derniers ont été « surpris » des résultats. « Ils ont reconnu que c’était une perte de chiffre d’affaires d’écarter des clients autant solvables que les autres », a-t-elle affirmé.
Présent lors de la conférence de presse, le Défenseur des Droits Jacques Toubon a quant à lui dit à l’AFP qu’il comptait « prendre une décision cadre pour préconiser ce qu’il conviendrait de faire au niveau législatif et réglementaire » en la matière.

Rue89Lyon

Fri, 22 Sep 2017 17:24:30 +0200

Impacts dans la vitrine de l’horloger de Saint-Paul : la Ville de Lyon accuse l’extrême droite

L’extrême droite radicale gagne du terrain dans le Vieux Lyon. Et ses opposants subissent. C’est au tour de Philippe Carry, « l’horloger de Saint-Paul », de déplorer la dégradation de sa vitrine.

Ce vendredi matin, Philippe Carry a découvert une dizaine d’impacts dans la vitrine de son horlogerie, rue Juiverie, dans le quartier du Vieux Lyon.

La vitrine dégradé de "l'horloger de Saint-Paul" le 22 septembre. ©DR

La vitrine dégradée de « l’horloger de Saint-Paul » le 22 septembre. ©DR

Pour « l’horloger de Saint-Paul » comme pour les autorités municipales, il ne fait aucun doute, la responsabilité de cet acte est à chercher du côté des groupuscules d’extrême droite qui veulent faire du Vieux Lyon leur fief. Pas seulement les identitaires, mais aussi les nationalistes du GUD ou du PNF. Ces mouvements ont tous des locaux dans le quartier (lire la liste ici).

En première ligne sur la question, les associations culturelles du Vieux Lyon, la MJC et la Maison des passages, sont régulièrement la cible des groupuscules. Intimidations physiques, dégradations et collages d’autocollants.
Nous le racontions dans notre article Le Vieux Lyon ne veut pas devenir « Facho land » (saison 2).
Mercredi 29 mars, quelques heures après la publication de cet article, Philippe Carry avait reçu la visite d’une personne qui s’est présentée comme travaillant au « Point d’encrage », le salon de tatouage voisin piloté par le dirigeant du GUD Logan Djian.
Cette personne avait fait le chemin jusqu’à la boutique de la rue Juiverie pour lui reprocher d’avoir « parlé à un journaliste ».

Suite à ce même article, notre journaliste Laurent Burlet avait également été menacé.

Début septembre, un entretien avec Philippe Carry est paru dans le mensuel Mag2Lyon. Toujours au sujet de l’implantation de l’extrême droite. Quelques jours plus tard, il y a ces impacts.

Premier communiqué de la Ville de Lyon

Jusqu’à la dégradation de sa vitrine, « l’horloger de Saint-Paul » n’avait pas reçu plus de menaces.
Pour la Ville de Lyon, l’analyse est donc claire :

« Cet acte de vandalisme particulièrement brutal signe manifestement une volonté d’escalade de groupuscules d’extrême-droite à Lyon ».

L’arrivée de Georges Képénékian dans le fauteuil de maire signifie-t-elle un changement de cap sur le sujet de l’extrême droite ?

C’est en effet la première fois que la Ville de Lyon (donc le cabinet du maire) « condamne avec la plus grande fermeté » ce genre d’acte alors que la Maison des passages (pour ne citer que cet exemple) a déjà connu pareil vandalisme.

Cela s’est fait par voie de communiqué de presse. Et Jean-Dominique Durand, l’adjoint au patrimoine « s’est rendu sur place pour apporter son soutien, avec les élus de l’arrondissement ». C’est encore écrit dans le communiqué de presse. Lequel précise :


« La Ville de Lyon prendra immédiatement des mesures pour augmenter la vigilance dans ce secteur ».

Auparavant, il n’y avait que l’adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon et les élus du 5ème arrondissement qui montaient au créneau. Le maire d’alors, Gérard Collomb, brillait par son absence.

Le maire de Lyon en première ligne

« C’est la première fois que le maire de Lyon s’implique sur cette question. C’est très bien. Ce qui m’est arrivé est inadmissible. Car on me reproche toujours d’avoir répondu à un journaliste. On s’en prend donc à la liberté d’expression. Ce qu’il y a parmi de plus précieux dans la démocratie. »

Ainsi réagissait « l’horloger de Saint-Paul », ce vendredi après-midi.

Suite à la dégradation de sa vitrine, Georges Képénékian a appelé Philippe Carry pour l’assurer que l’on était dans le « temps de l’action ».
Selon l’horloger, la politique municipale va s’articuler autour de trois axes pour lesquels il a eu des engagements de la Ville :

  • Les autocollants des groupuscules qui se sont multipliés dans le Vieux Lyon depuis la fin du mois d’août – notamment autour de sa boutique – vont être nettoyés. Le conseil de quartier devrait être associé à cette action.
  • Une « cellule de veille » devrait être mise en place au niveau de l’Hôtel de ville pour sensibiliser les propriétaires à ne pas louer leurs locaux à l’extrême droite. Depuis ce printemps, selon la mairie, les services municipaux ont déjà permis de dissuader trois propriétaires qui avaient été approchés par le GUD pour transférer leur local militant de Saint-Just au Vieux Lyon.
  • La Ville de Lyon réfléchit autour de la « mise en récit du patrimoine ». Aucune idée n’est encore arrêtée. Les associations culturelles devraient être associées à la démarche. Cela pourrait être un événement festif, un film, une exposition photo.

Ces axes de travail avaient été décidés à la fin du mois de mars, suite à une première réunion avec les acteurs du quartier remobilisés sur le sujet (dont Philippe Carry).

A cette époque Georges Képénékian était 1er adjoint en charge de la culture. C’est lui et l’adjoint à la sécurité, Jean-Yves Sécheresse, qui les avaient reçus.

Le successeur de Gérard Collomb semble donc accorder plus d’importance à cette question que son prédécesseur. A suivre.

Rue89Lyon

Thu, 21 Sep 2017 18:27:13 +0200

[Chronologie] Autoroute A45 : un serpent de mer vieux de 25 ans

L’A45 est-elle sur la sellette ?

En amont des Assises nationales de la mobilité, la ministre des Transports a fixé un premier cap pour les futurs investissements de l’Etat. Pas de trace de projets comme l’A45.

Dans un entretien au JDD, la ministre des Transports Elisabeth Borne a présenté les priorités du gouvernement mis en place par Emmanuel Macron :

« C’est sur le réseau non concédé, là où sont les besoins des Français, qu’il faut mettre de l’argent ».

Elle précise sa pensée en parlant de « L’entretien et de l’amélioration de l’existant [qui] ont souvent été abandonnés » et de la rénovation « des routes nationales, dont la qualité se dégrade ».
Rien donc sur de nouvelles autoroutes comme l’A45 concédée à Vinci et pour laquelle l’Etat pourrait débourser près de 400 millions d’euros sur un budget total d’1,2 milliard.

Début 2018, dans cet entretien la ministre annonce une « loi de programmation des infrastructures » votée pour donner « une vision à 10 ans ».
Outre ces « Assises » de ce mois de septembre qui doivent « préparer cette loi », la ministre a créé un comité d’orientation des infrastructures, « qui regroupera des parlementaires, des représentants de collectivités ».
Sa présidence sera confiée à Philippe Duron, « dont l’expérience est unanimement reconnue », glisse la Elisabeth Borne.

Pour les partisans et opposants de l’A45, il est surtout connu pour avoir présidé la commission sur les « mobilités durables ». Dans son rapport de juin 2013, il avait demandé une « indispensable » poursuite des études avant de se décider sur ce nouvel investissement autoroutier.

Avec ses déclarations et ses annonces, la ministre des transports place plutôt l’A45 sur une voie de garage. Il faudra donc attendre quelques mois, et cette « loi de programmation des infrastructures ». Ce sera l’énième épisode de ce serpent de mer qui dure, au moins, depuis 25 ans.

Les partisans de l’A45, comme le maire LR de Saint-Etienne ne s’y sont pas trompés. Dans un entretien au Progrès de ce jeudi, Gaël Perdriau retient son souffle et se fait presque menaçant :

« J’espère bien que cette signature (celle du ministre des transports concernant l’A45, ndlr) intervienne dans les prochaines semaines. Si ce n’était pas le cas, il y aurait une remise en cause de la parole de l’État. La confiance entre l’État et les collectivités locales serait rompue. »

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