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Fri, 17 Nov 2017 17:10:58 +0100

Autour de la collecte des taxes, une guerre à couteaux tirés entre Gérard Collomb et Laurent Wauquiez

Sur le territoire lyonnais, la guerre politique entre Laurent Wauquiez et Gérard Collomb était sourde ; elle a fini par éclater, ce jeudi soir. Un amendement présenté l’air de rien et tardivement, par des députés de La République en marche, y a provoqué un tollé. Il concerne le transfert de compétences des Départements aux Métropoles ou aux Régions, et les recettes qui vont avec.

Laurent Wauquiez, président LR d’Auvergne-Rhône-Alpes s’estime tout simplement spolié, par le biais d’une opération qu’il qualifie de téléguidée par Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur et ex-président de la Métropole de Lyon.

Emilie Bonnivard (députée LR et élue régionale) a parlé d’une mesure « grave », une « exception lyonnaise » :

« [Cette mesure crée] une rupture d’égalité entre Auvergne-Rhône-Alpes et toutes les régions françaises, et à l’intérieur de la région même ».

Il a été présenté sans que personne ne s’y attende par six députés LREM, tous issus du territoire lyonnais, tous faisant partie de la garde rapprochée de Gérard Collomb (Bruno Bonnell, Yves Blein, Thomas Rudigoz, Hubert Julien-Laferrière, Anne Brugnera, Jean-Louis-Touraine).

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L’amendement (que vous pouvez lire dans son intégralité ici) vise à « allouer des ressources dynamiques supplémentaires » à la Métropole de Lyon, en modifiant la quote-part de la « cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises » (la CVAE qui est un impôt local et qui a remplacé la taxe professionnelle). Plus pour la Métropole de Lyon, moins pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, en résumé.

Pour Thomas Rudigoz, ex-maire du 5e arrondissement de Lyon, devenu député LREM :

« [Cette mesure doit] corriger une anomalie fiscale liée au transfert de la compétence transport des Départements vers les Régions ».

En réalité, la bataille des compétences et des recettes qu’elles apportent se mène de longue date entre la Métropole de Lyon et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Tandis que Gérard Collomb plaide évidemment pour l’alimentation à flux constant des métropoles, dont il a inventé le modèle à Lyon, au motif que leur bonne santé irradierait les territoires alentours, Laurent Wauquiez voit là un affaiblissement injuste de ses propres moyens d’action politique.

« Plaire au prince de Lyon »

Aucun des autres groupes politiques ne partage l’avis des six députés LREM et la présentation de leur amendement a provoqué la zizanie, pour reprendre le terme de l’AFP, ce jeudi soir à l’assemblée nationale.

Selon Guillaume Larrivé (LR), il s’agit carrément d’un :

« Amendement de privilège pour plaire au prince de Lyon »,

Le socialiste François Pupponi ironise sur la cas lyonnais :

« Il faudrait déroger pour M. Collomb, pour qui Lyon est le centre du monde. »

Les tweets étaient rageurs et certains ont parlé de clientélisme :

Un manque à gagner de plusieurs millions d’euros pour Laurent Wauquiez

Dans les services du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, c’est le branlebas-de-combat depuis le début de la journée.

Politiquement, on s’insurge face à un « coup de force » ou encore un « mauvais coup », « une déclaration de guerre » faite à Laurent Wauquiez par Gérard Collomb.

D’ailleurs, si le président de Région n’était pas en plein tour de France pour sa conquête du parti Les Républicains, il aurait lui-même pris le micro à la conférence de presse organisée dans l’urgence ce vendredi en fin de journée.

À la place, c’est son numéro 2, premier vice-président, Etienne Blanc, qui fera l’explication de texte aux journalistes locaux convoqués « en urgence ». Pendant que Laurent Wauquiez fait campagne à Nîmes.

À la Région, on a calculé que le manque à gagner sur l’année en cours serait environ de 5 millions d’euros et qu’il pourrait dépasser les 40 millions d’euros d’ici six ans, puisque cette ligne de recettes indexée aux bénéfices des entreprises a des chances de grimper chaque année.

Laurent Wauquiez n’a de cesse d’expliquer qu’il faut baisser les taxes et être courageux en la matière. Les impôts, il leur tape souvent dessus. Sauf quand on en prive sa Région.

Des « Métropoles à deux vitesses »

Christine Pirès Beaune ( Nouvelle Gauche), dont on a cité le tweet ci-avant, ne décolère pas. La députée du Puy-de-Dôme estime que le gouvernement fabrique un système de Métropoles à deux vitesses. En effet, ce dont va bénéficier la communauté urbaine de Lyon n’est pas reproductible partout.

Les sept villes de Clermont-Ferrand, Dijon, Orléans, Toulon, Saint-Etienne, Metz et Tours auront le statut de métropole au 1er janvier 2018. Et le financement qui leur était promis ne figure plus dans le projet de budget 2018.

Christine Pirès Beaune a défendu un amendement à l’Assemblée Nationale pour que l’engagement vis-à-vis des nouvelles collectivités soit respecté « au nom de la continuité républicaine. » Un amendement retoqué par le gouvernement dans la nuit du 14 au 15 novembre.

Le maire de Clermont-Ferrand et futur président de Clermont Auvergne Métropole, le socialiste Olivier Bianchi lâche l’expression :

« Le Ministre de l’Intérieur vient d’inventer les Métropoles à deux vitesses. »

Christine Pirès Beaune et le groupe parlementaire Nouvelle Gauche envisagent de déposer un recours auprés du Conseil Constitutionnel.

Ce jeudi soir, il y a eu suspension de séance à l’assemblée nationale à la demande de Les Républicains, puis adoption de l’amendement par 35 voix contre 26. La majorité des députés étant acquise à Emmanuel Macron et à son gouvernement, cette mesure qui s’intègre au projet de loi de finances pour 2018, pourrait alors être adoptée dans le paquet global, par voie d’ordonnance.

Rue89Lyon

Fri, 17 Nov 2017 11:17:30 +0100

Eau, logiciels libres et monnaies locales : 5 choses à savoir sur les communs

L’eau, les logiciels libres, les jardins partagés, les monnaies locales… autant de réalités qui sont aujourd’hui englobées dans l’appellation « communs ». Pourtant, alors même qu’on les croise tous les jours, il est parfois difficile de comprendre leurs spécificités.

A l’occasion de la sortie du Dictionnaire des biens communs publié sous la direction de Marie Cornu, Fabienne Orsi et Judith Rochfeld, quelques éléments pour s’y retrouver.

1/ Les communs, une si vieille histoire

Les communs, ou biens communs, sont des ressources auxquelles chacun peut avoir accès et qui sont gérées collectivement selon des règles ou des normes admises par une communauté.
Si l’on peine parfois à comprendre les communs, c’est qu’une vaste nébuleuse de concepts et de notions évolue autour d’eux, alors même qu’ils sont institués depuis l’Antiquité.

Un peu plus récemment, l’économiste Paul Samuelson a publié « The Pure Theory of Public Expenditure » en 1954, dans lequel il dresse une typologie des sortes de biens qui existent selon deux variantes : la rivalité et l’exclusion.

Pour lui, un bien est rival lorsque sa consommation implique que sa quantité disponible diminue. Il est excluable lorsque son accès est restreint à certains individus parce qu’il devient coûteux ou indisponible. Si cette classification peut être jugée un peu vieillissante, elle permet tout de même de comprendre un peu mieux à quoi ressemblent les communs.

Biens, Paul Samuelson

A côté de ces types de biens, il ne faut pas non plus penser que les biens communs sont synonymes de la notion philosophique de « bien commun » qui voudrait que nos actions soient dirigées vers un intérêt général, même si, ils peuvent y concourir.

2/ Communiquer, réglementer, s’adapter : les lois des communs

Difficile de passer à côté de la figure d’Elinor Ostrom lorsque l’on parle de gouvernance des communs.

L’américaine a reçu en 2009 l’équivalent d’un prix Nobel d’économie pour son travail sur la « Gouvernance des biens communs », et a montré à travers des exemples précis comment s’opérait et fonctionnait une gestion collective des communs, sans faire appel à l’autorité de l’Etat.

Elinor Ostrom établit 8 principes qui permettraient de gérer des biens communs au mieux, et d’éviter la raréfaction des ressources. Parmi lesquels on retrouve des idées comme : délimiter une communauté, se faire confiance entre membres et développer des règles adaptées aux besoins et à la quantité des ressources.

Elle a ainsi battu en brèche la thèse de Garrett Hardin développée dans son article sur la « Tragédie des biens communs » publié en 1968. Selon lui, les individus seraient incapables de gérer des ressources de façon collective sans les épuiser.

Il est souvent admis que les communs apparaissent comme une troisième voie entre la propriété privée et la propriété publique de l’Etat. Sans que cette affirmation soit fausse, elle reste à nuancer. Pour Judith Rochfeld :

« Les communs donnent une troisième possibilité entre les deux [propriété privée et propriété publique] qui n’invalide pas forcément les deux autres. C’est intéressant quand on voit que le privé n’assure pas la préservation des ressources, et que le public n’en garantit pas l’accès ».

Une gestion communautaire n’exclut donc pas, de fait, la présence étatique dans le processus. Et elle peut même l’accompagner.

3/ Urbanisme, droit d’auteur, recherche médicale,… les communs de plus en plus communs

Dans leur Dictionnaire des biens communs, les chercheur-es développent des exemples de gestion collaborative.

A Bologne, en Italie, une charte des communs urbains s’est développée avec l’idée que la municipalité et les citoyens collaborent sur la rénovation, l’amélioration et plus généralement la gestion des biens qui appartiennent au secteur public.

A ce propos, Judith Rochfeld explique :

« En Italie, il y a eu le constat d’un état qui s’était retiré et d’un mouvement de privatisations excessives. Mais ce n’est pas toujours le facteur, il y a aussi des prises de consciences individuelles ».

Pour la juriste, c’est souvent une « prise de conscience citoyenne » qui est à l’origine de ces projets.

En France, de plus en plus de personnes travaillent sur les communs, comme à Brest, Lille ou même Lyon où est organisé un festival les 9 et 10 décembre prochains. Mais au delà de ces initiatives locales, on constate aussi une réflexion plus globale, notamment sur la question du numérique.

Au Canada par exemple, la loi de « l’utilisation équitable » ou fair use, apparaît comme un moyen, pour les amateurs, de jouir d’une œuvre protégée sans violer le droit d’auteur. La redéfinition du droit d’auteur, fer de lance de certains partis politiques, a déjà été entreprise, et notamment au niveau européen où certaines directives sont rediscutées. Judith Rochfeld :

« La propriété d’auteur et le droit des brevets ne sont pas forcément à remettre en question, car ils ont des justifications très profondes. […] Mais il y a beaucoup de discussions et quelques réalisations ».

Mais les communs concernent aussi des secteurs plus surprenant, comme la médecine.

En Inde par exemple, un groupe de médecins travaille de manière collaborative sur un remède à la tuberculose. Les résultats ne pourront pas faire l’objet d’un brevet, comme l’explique ce très bon épisode de Datagueule.

4/ Pourquoi en parle-t-on aujourd’hui ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer que l’on parle davantage des communs aujourd’hui. Judith Rochfeld dresse un constat:

« D’abord il y a des facteurs conjoncturels : la crise environnementale à partir des années 60 et l’émergence de la question de la préservation de certaines ressources essentielles à la communauté. La montée du numérique également, avec une tension entre les questions de privatisation des ressources et des demandes d’accès. Puis des sources politiques et sociales avec l’idée que l’Etat et la propriété privée ne sont pas capables d’assurer que certaines ressources soient au bénéfice de tous ».

L’idée de faire un dictionnaire des biens communs, elle, est née il y a deux ans du projet Propice (Propriété, intellectuelle, communs et exclusivité). L’objectif de ce projet regroupant des experts de différentes disciplines était de d’analyser les activités autour des communs à un moment où : « Le vocabulaire sur les communs est de plus en plus mobilisé socialement et politiquement. »

Illustration du Festival "Villes en biens communs"

Illustration du Festival « Villes en biens communs »

5/ Les communs : un enjeu de mouvements sociaux

Parce que les communs exigent une gouvernance collaborative, ils redessinent aussi le rapport qu’on entretient avec le pouvoir.

Les philosophe et sociologue Pierre Dardot et Christian Laval ont d’ailleurs travaillé sur le lien entre communs et mouvements sociaux. En prenant l’exemple de la contestation au président Erdogan, en 2013 en Turquie, dans le parc Gezi destiné à être rasé et devenu l’emblème de la lutte, ils ont montré comment pouvait s’opérer l’exigence d’une alternative politique et la ré-appropriation de lieux communs.

Comme l’est aussi, en France, Nuit Debout ou l’opposition contre la construction d’un aéroport à Notre-Dame-Des-Landes.

Et si les biens communs se retrouvent au cœur de certaines luttes sociales ou environnementales c’est parce qu’ils revoient la façon dont s’organise la propriété, et plus généralement, la société. Pour Judith Rochfeld :

« Avec les communs, les droits de la propriété sont distribués à plusieurs membres de la communauté et il y a une gestion collective. Ce n’est pas contre la propriété, mais ça revoit la répartition ».

Par Philippine Orefice, étudiante en journalisme à Sciences-Po Lyon

>> Un article à retrouver sur Villa Voice.

>> Le programme est ici.

Laurent Burlet

Thu, 16 Nov 2017 22:24:16 +0100

A Lyon, 4e manif contre la loi travail 2 : La jeunesse n’est pas dans la rue

Un mois après la petite manifestation du 19 octobre dernier, la CGT et ses alliés organisaient une nouvelle journée d’action contre les ordonnances réformant une nouvelle fois le code du travail.

A Lyon, ils étaient 6 000 (selon la CGT) et 3 000 (selon la police) à défiler du parvis de la gare Part-Dieu à la place Bellecour. Soit un tout petit peu plus que lors de la précédente journée de mobilisation.

Deux mois après le début de ce mouvement social contre les ordonnances, l’intersyndicale (CGT, Solidaires, FSU, CNT, CNT-SO, UNEF, UNL) a enfin été rejointe par FO qui jusque là participait à certaines manifs mais sans être partie prenante de ce regroupement syndical.
Les militants rhodaniens n’ont jamais été aussi nombreux : ils étaient environ 200 dans les rues de Lyon.

Solidaires étaient également présents dans la manif.

Comme d’habitude, c’est la CGT qui fournissait l’immense majorité des troupes.
Avec notamment un bloc de plus de 300 cheminots mobilisés contre la nouvelle convention TER négociée entre la SNCF et le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.
A noter également la présence d’une cinquantaine de jeunes migrants qui ont été récemment expulsés du lieu où ils dormaient à la Part-Dieu.

Une jeunesse absente

L’heure est donc à l’élargissement tous azimuts des revendications.
Dans le communiqué d’appel à la manif, la lutte contre « la loi travail XXL » est rangée au même niveau que les autres raisons de la colère. Dans les composantes de cette « politique libérale visant à accroitre les inégalités au profit d’une minorité », il y a, selon l’intersyndicale, (outre les dispositions des ordonnances ) :

– « des risques qui pèsent sur les droits des salariés-es et demandeurs d’emploi en matière d’assurance chômage ou de formation professionnelle ;
– des mesures précarisant toujours un peu plus l’emploi et l’insertion des jeunes sur le marché du travail ;
– la remise en cause des droits à l’avenir des jeunes par l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur ;
– la modération salariale et de l’augmentation de la CSG ;
– des atteintes au service public et à la protection sociale ».

Pour cette manifestation, l’accent avait été mis sur la jeunesse.
Ce 16 novembre, a même été nommé « journée de mobilisation interprofessionnelle, étudiante et lycéenne ».
Dans la rue, les étudiants et lycéens étaient pourtant absents, à quelques exceptions près, notamment parmi la centaine de personnes du cortège de tête et avec le cortège Solidaires étudiant-e-s.

La suite ? « ferrailler dans les entreprises »

Cette faible mobilisation pour la 4e journée d’action marque-t-elle la fin du mouvement alors que le projet de loi de ratification des ordonnances est prévu pour le 28 novembre ?
Le secrétaire de l’Union départementale CGT, João Pereira Afonso, reste évasif et renvoie sur une prochaine réunion de l’intersyndicale. Il préfère insister :

« Il faut désormais ferrailler dans les entreprises pour empêcher l’application des ordonnances ».

La secrétaire générale du syndicat étudiant Unef Lyon, Mélissande Croc, promet quant à elle une « future mobilisation » des étudiants contre les ordonnances et « la sélection à l’université ». Mais elle reconnaît :

« On a dû mal à montrer aux étudiants les conséquences de la loi travail XXL. Sur le sujet de la sélection à l’université, ils sont plus réceptifs. On va continuer à mobiliser sur les deux sujets ».

Rue89Lyon

Thu, 16 Nov 2017 18:09:39 +0100

« Est-ce que la pillave, c’est de la culture ? »

La chronique de Cyrille Bonin, directeur du Transbordeur, après son passage au salon des vins que Rue89Lyon et Nouriturfu organisent à Lyon depuis quatre ans. Elle a été publiée dans sa colonne « culture club », qui paraît dans le Petit Bulletin.
"Hack the palais". Début de manif au Palais de Bourse à Lyon au salon "Sous les pavés la vigne" 4e édition. Photo Rue89Lyon

« Hack the palais ». Début de manif au Palais de Bourse à Lyon au salon « Sous les pavés la vigne » 4e édition. Photo Rue89Lyon

« Une question très importante me torturait l’esprit ces derniers temps : est-ce que la pillave, c’est de la culture ? On est tous d’accord pour dire que la cuisine et tout le bin’s business qui va avec, c’en est. Surtout en France. Surtout à Lyon.

Mais la pillave, ça t’élève l’âme, c’est du vivre ensemble, de la mixité sociale ?

Histoire d’enquêter sérieusement, la réponse pouvait bien se trouver au salon Sous les pavés, la vigne, un dimanche midi, au Palais de la Bourse (l’endroit est chouette, patrimonial et tout, ok ça sent un peu le notable CCI derrière, mais ça passe).
Ensuite, je suis avec mon papa et ma maman, retraités dans le coup, en mode lovers pionnards curieux. Verdict : oui, la pillave c’est de la culture ! Hop, on t’explique tout un tas de trucs sur les vins naturels et la bablocherie instagrammable, il y a des auteurs.trices engagé.es, des projections, de l’explication de texte (bien moins chiante qu’un tract de la Biennale d’Art Contemporain).

Et en plus, on sort rigolard et réchauffé (normal papy Bernard et mamie Chantal ont dégusté, à la cool, une bonne partie des régions de France).

Donc vive la pillave, et la culture. »

Dalya Daoud

Thu, 16 Nov 2017 11:49:09 +0100

Beaujolais Nouveau « nature » : ne vous faites pas avoir par les étiquettes

Les termes « nature » (sic) et « sans soufre » (re-sic) sont désormais mentionnés sur certaines bouteilles de Beaujolais Nouveau, ce vin primeur qui va couler à flot à Lyon ce jeudi soir, comme de tradition. La vénérable (autrement dit bien-bien tradi) RVF a pondu un petit article dans lequel elle estime présenter « 12 Beaujolais Nouveaux « nature » au top », point d’exclamation. Ouh-la, ouh-la.

Loin de nous l’idée de faire la leçon, de vous faire venir au tableau pour dire ce qu’est le vin naturel et ce qui est bon ou pas bon. On a bien notre avis mais on ne voudrait pas passer pour des dogmatiques. Quoi que.

Capture d’écran du site de la RVF.

Voici ce qu’en dit Antonin Iommi-Amunategui, auteur et éditeur, avec qui Rue89Lyon organise depuis quatre ans le salon des vins, naturels et actuels, « Sous les pavés la vigne ! » (avec un petit retour en images de l’édition qui vient de s’achever) :

« Quand un mag classique comme la RVF (Revue du vin de France) qualifie des beaujolais ni bio ni naturels (pour l’essentiel) de « nature », on comprend bien :
1) que ce mot fourre-tout (« nature ») est problématique
2) que le vin naturel a besoin d’un cadre réglementaire clair. »

C’est un débat qui agite les bouteilles et que nous entretenons, remis sur la table avec des interlocuteurs différents (blogueur, vignerons, spécialistes, représentant d’inter-profession) à l’occasion des salons organisés à Lyon, Paris et à Bordeaux (avec les cousins de Rue89Bordeaux).

Un grand nombre de vignerons travaillant de façon exemplaire ne penchent pas pour cette règlementation qu’Antonin Iommi-Amunategui défend. Pour vous faire une idée, lisez son ouvrage « Manifeste pour le vin naturel« .

Du vin vegan à Auchan : WTF

David Large, vigneron de son état, s’est lui aussi étranglé en voyant sur les rayons de l’hypermarché Auchan des bouteilles de Beaujo Nouveau carrément étiqueté « vegan ». Ne vous avisez pas de manger un steak avec ça.

La dite étiquette porte aussi la mention « nature » en énorme et « sans soufre ajouté » (alors qu’on parle de sulfites pour le vin).

Il y a du marketing dans la nature, tout autant autour du nature (on préfère parler de « vin naturel » pour le coup).

Petite photo WTF diffusée par le vigneron David Large, atterré.

Petite photo WTF diffusée par le vigneron David Large, atterré.

Antonin Iommi-Amunategui fait le constat depuis quelques temps déjà. Il parle de vins indus-turels (industriels et naturels) :

« C’est une niche commerciale intéressante, depuis un moment d’ailleurs (prenons l’exemple de « Naturae », par Gérard Bertrand, entre autres cuvées indus-turelles). C’est une tendance qui s’affirme depuis plusieurs années ; la RVF est tenue de suivre le mouvement. »

Où boire de bons vins nouveaux à Lyon ce jeudi ?

Pour ne pas faire d’erreur sur la marchandise et être sûr de boire de bons coups ou de découvrir des choses étonnantes -c’est ce qui compte-, on vous suggère quelques adresses à fréquenter, entre autres, ce jeudi soir à Lyon :

  • Chez Boulang’ et Patiss (107 rue de Marseille, Lyon 7è), pour une soirée « Vins nouveaux, radio vendanges », de 18h à 23h.
  • Chez le caviste Mathieu Perrin, au Vin des vivants (6, place Fernand Rey), pour une « Soirée Primeurs ! » à partir de 18h30.
  • Chez Les Barjaqueurs (2, grande rue des feuillants, Lyon 1er), avec trois primeurs d’exception de Lou y es-tu ?, Séléné et Michel Guignier, à partir de 17h.
  • Vous pouvez suivre les recommandations du « Mois du vin naturel » sur les réseaux sociaux, pour toutes les soirées de ce jeudi…
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