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Sun, 17 Jun 2018 21:34:00 +0200

La Marche solidaire pour les migrants arrive à Paris - Malika Butzbach

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Elle a le teint bronzé et un sourire immense. Voilà 48 jours que Clémence participe à la Marche solidaire, lancée le 30 avril par les associations L’Auberge des migrants, La Roya Citoyenne et Utopia 56. Cette marche solidaire et citoyenne veut dénoncer les fermetures de frontière et le délit de solidarité, et demander un meilleur accueil. Comment ? En allant d’une frontière fermée, à Vintimille en Italie, à une autre, à Londres, le 8 juillet. Un voyage de presque 1 500 km à pied, qui entame sa 44e étape ce dimanche 17 juin. Et pas n’importe quelle étape. Les marcheurs arrivent à Paris. « C’est génial ! Tu as vu le monde qu’il y a ! », lance la jeune fille.

Lire aussi >> Marche des migrants : carnet de route

D’Ivry à République

Le vendredi 15 juin, en fin d’après-midi, les marcheurs, comme ils se surnomment, sont arrivés à Villeneuve-Saint-George où ils ont pu, durant la journée du samedi, terminer les préparatifs pour le grand jour. L’enjeu était de taille : il fallait qu’il y ait du monde lors de la manifestation allant de Porte d’Ivry à place de la République en passant par celle de la Bastille.

Sur le pont d’Austerlitz, où les premiers soutiens se sont donné rendez-vous, François Guennoc, à l’initiative de la marche, murmure : « Jusque-là tout va bien ». De nombreuses associations sont venues en soutien au marcheurs, d’Amnesty International au DAL (Droit au logement), en passant par le Collectif Sans Papiers 75, Emmaüs, la Ligue des droits de l’homme ou encore la Cimade.

« Aquarius = déchéance morale de la France »

À la Bastille, vers 16h, les prises de paroles commencent. Elles viennent d'associations comme celle de Yann Manzi, cofondateur d’Utopia 56, ou des exilés de Paris-VIII, menacés d’expulsion. Mais des politiques sont aussi là pour soutenir l’action. « Et ça aussi c’est important, ajoute François Guennoc. Ça montre qu’une autre politique est envisageable. »

Eric Coquerel, député de la France Insoumise, Esther Benbassa, sénatrice d’Europe Ecologie-Les Verts, ainsi qu’une militante de Génération.s dénoncent la loi Asile et immigration, dont le vote est prévu la semaine prochaine au Sénat, et l’hypocrisie du gouvernement concernant l’Aquarius, le bateau de SOS Méditerranée qui a accosté le matin même en Espagne. Sur une pancarte, on peut lire « Aquarius = déchéance morale de la France ».

© Politis

« Un message positif »

Arrivés place de la République, les marcheurs soufflent enfin. Le cortège est impressionnant : plusieurs milliers de personnes. Parmi elles, Marion, jeune active qui hurle les slogans : « Je suis la marche sur les réseaux sociaux, sans pouvoir y aller parce que je travaille. Du coup c’était impensable de ne pas les accueillir ici aujourd’hui. » Elle ajoute :

C’est une belle initiative, avec une forte symbolique. Et ça donne un message positif pour les réfugiés : ils voient que des gens marchent pour leur droits !

Le député FI Eric Coquerel lance, avec un sourire : « Comme quoi, il n’y a pas que des mauvais marcheurs en France ! »

Sat, 16 Jun 2018 18:27:00 +0200

[Blog] 15-06-18, Evry-Villeneuve-sur-Seine - Viviane

Viviane, 25 ans, suit la Marche solidaire pour les migrants de Vintimille à Londres, organisée par l'Auberge des migrants. Au jour le jour, elle retrace son périple sur ce blog, illustré par des photographies du collectif Item.

Après avoir fini ma nuit dans le van logistique sur un parking, je vois un des prêtres du prieuré passer avec ses petites courses. Je l'ai vu à la messe ce matin, je me suis levée exprès en avance pour voir comment c’était. Le prêtre que je viens de voir passer avait la mine la plus sérieuse et la plus fermée de tous. J'ai sûrement dérangé tout le monde, et lui tout particulièrement, avec mes reniflements et mes éternuements dans cette atmosphère solennelle et sacrée. Le manteau que je n'ai pas pris à Calais me le fait payer... Au petit déjeuner suivant la messe, ce même prêtre est venu nous voir avec un air théâtralement grave en pointant Gilles du doigt et en disant : « Toi ! Je ne t'ai pas vu à la messe ce matin ! » ce qui a fait éclater de rire toute la tablée. Il est le seul à être venu nous parler. Il a l'air sérieux mais il a visiblement beaucoup d'humour. L'habit ne fait pas le prêtre.

© Politis

L'auteure : Viviane

J'ai 25 ans, je suis originaire de Bretagne, j'ai fait des études de psycho. J'ai fait six mois de bénévolat à Calais puis j'ai été intégrée dans l'organisation de la Marche des migrants. Je ne sais pas où je serai dans six mois mais mon prochain projet est un voyage humanitaire au Togo. Mon père est vidéaste. Il m'a prêté sa caméra pour que je documente ce que je vis avec les marcheurs, mais je préfère écrire...

Les photographes

Le Collectif item est une structure de production indépendante qui se donne le temps et les moyens nécessaires pour construire de véritables sujets, pensés comme des récits photographiques à part entière. Il rassemble aujourd’hui 12 photographes, un graphiste et une vidéaste, autour de l’impérieuse nécessité de raconter le monde, pour ne pas rester les yeux fermés. Leurs travaux peuvent être vus sur leur site ici.

Sat, 16 Jun 2018 12:00:00 +0200

Ne plus être des sourds-citoyens - Daryl Ramadier

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A ssujettis », « passifs », « sous-citoyens »... Pourquoi usez-vous d'un tel vocabulaire pour vous qualifier ?

Fernand Macanjo : La Constitution française n'est pas adaptée à nous. Les sourds n'ont pas accès à ce qu'ils devraient avoir en tant que citoyens, et ce depuis très longtemps. L'égalité n'est pas respectée, que ce soit dans le travail, dans l'éducation, dans les médias... Nous n'avons pas les mêmes chances que les autres. À chaque fois, ce sont de petites choses et les gens doivent se dire que nous ne sommes jamais contents. Mais il faut des solutions pour nous permettre d'être égaux, parce que nous sommes des citoyens à part entière, pas des malades.

Concrètement, par quoi cela se traduit-il ?

Prenons l'accessibilité aux médias. Sur BFMTV il y a quinze minutes de journal traduit de 13h à 13h15, sur France 2 c'est trois minutes dans Télématin... C'est très parcellaire. Nous n'avons l'information qu'une seule fois et seulement si nous sommes disponibles à ce moment-là. Lors des attentats il n'y avait aucun interprète, les flashs n'étaient pas sous-titrés. C'était la panique totale ! Les personnes sourdes voyaient qu'il se passait quelque chose de très grave sans rien y comprendre. Même dans les films, les sous-titres ne sont pas sur tous les programmes. Quand un débat politique est en direct, il y a un décalage entre ce qui est dit et ce qui est sous-titré, avec des pans entiers de discours qui sautent. Il faut une chaîne de télévision publique dédiée à la population sourde.

À qui adressez-vous cette demande ?

Une lettre où nous expliquons notre situation a été envoyée au Président le 25 mai. Nous attendons que lui ou son entourage puissent nous écouter et nous recevoir. Nous avons des demandes à lui soumettre, car il n'y a pas que des revendications mais aussi des propositions. Ce qui est sûr, et cela a été explicitement demandé, c'est que nous ne voulons pas un rendez-vous avec le ministère de la Santé.

Pourquoi ?

Parce que nous ne voulons plus être regardés comme des malades ! Pourquoi toujours nous assimiler au secteur médical ? Les instituts de jeunes sourds dépendent de l'Agence régionale de santé, or nous demandons une place dans l'Éducation nationale. L'idée est de dire : arrêtez de vous focaliser sur ce qui nous manque, regardez-nous comme des humains avec des compétences. La loi demande à ce que les enfants soient dépistés à J+2 ; c'est prendre les parents en otage alors qu'ils sont encore à la maternité. Si le dépistage est positif, on leur propose un implant cochléaire en disant que c'est la seule manière de sauver leur enfant. On est immédiatement dans la réparation. D'autres alternatives peuvent être proposées : apprendre la langue des signes, rencontrer des adultes sourds... Beaucoup vivent très bien sans implant.

Vous allez marcher, samedi après-midi, de la place de la République à celle du Châtelet. Avec qui ?

Toutes les personnes qui se sentent concernées, y compris dans la population entendante. Il faut être solidaire avec nous de la même manière que lorsqu'il s'agit de réclamer l'égalité entre les hommes et les femmes, les mêmes droits pour les homosexuels... Nous avons demandé aux sourds de ne pas venir en tant que représentants d'une association ou d'une fédération, mais comme membres de la société civile. Encore une fois, le fait d'être toujours rattaché au domaine médical freine l'acceptation et l'intégration des sourds en France. Dans le même temps, peu de personnes sont au courant de notre situation car la surdité est un handicap peu visible.

Entretien réalisé en collaboration avec Théo Nougaro, femme et interprète de Fernand Macanjo.

Sat, 16 Jun 2018 09:00:00 +0200

Arago : un premier procès « positif » - Daryl Ramadier

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Il n'y avait pas assez de place pour tout le monde dans la salle 604 du tribunal de grande instance de Paris, ce vendredi. Remplie avant même le début de l'audience, elle ne pouvait accueillir qu'une cinquantaine de personnes (hors juges et avocats), quand au moins le double espérait assister au procès dit des « inculpés d'Arago ». Des policiers ont même dû se poster dans le couloir pour les empêcher de passer. Restait alors Twitter et les fils d'actualité mis à jour par ceux qui étaient à l'intérieur.

L'audience, qui faisait suite aux événements du 22 mai, a été divisée en deux parties. La première concernait les personnes interpellées à l'extérieur du lycée Arago ; une affaire rapidement renvoyée au 4 décembre, en raison de pièces manquantes. Venaient ensuite les comparutions de onze adultes arrêtés au sein de l'établissement. Deux motifs étaient retenus : l'intrusion dans le lycée et le groupement « en vue de la préparation de violences ou de destructions ou dégradations de biens ». S'ajoutait, pour certains, un refus de prélèvement ADN.

À lire aussi >> Arago, comico, Renzo Piano : retour sur la répression du 22 mai

Offensifs, les avocats n'ont cessé de se relayer activement à la barre. La défense souhaitait faire reconnaître le caractère « politique » du délit, ce qui aurait mis un terme à l'audience puisqu'une telle infraction ne peut être jugée en comparution immédiate. Après une longue heure de délibération, le tribunal a coupé la poire en deux : il a nié le « délit politique », mais l'appel des avocats a renvoyé le procès. En clair, les arguments de la défense sont rejetés mais ce sera à la cour d'appel de se prononcer sur eux. Pourtant, « si ce tribunal considère qu'il est compétent alors il n'a pas besoin de renvoyer le dossier à décembre, et peut d'ores et déjà se prononcer dessus, note Raphaël Kempf, avocat au Barreau de Paris. On a le sentiment qu'il n'a pas voulu prendre la responsabilité de juger ces personnes par rapport au dossier Arago ».

Une certaine confusion a effectivement pu être constatée pendant le procès. À la présentation des prévenus, jugés en groupe, l'un d'eux se trouvait accusé d'un fait – refus de donner ses empreintes génétiques – qui n'avait pas été commis ; les juges étaient en train de mélanger leurs feuilles. Un second a même failli ne pas comparaître car le président du jury ne trouvait pas son dossier dans la pile. Un troisième, enfin, a été oublié à l'appel, ce qui a obligé son avocate à signaler sa présence.

Ce soir, maître Kempf salue un premier procès « positif, parce que tous nos clients sont totalement libres. Mais il ne faut pas crier victoire trop vite, relativise-t-il. Ils seront jugés en décembre donc ça va dégonfler le ballon. Je vois mal le parquet demander de clouer au pilori ces jeunes gens qui se battaient contre Parcoursup ». D'ici là, les avocats espèrent que la cour d'appel ou de cassation reconnaîtra un « délit politique ». Quoi qu'il advienne, ils comptent demander la relaxe pour l'ensemble des dossiers.

À l'extérieur, les soutiens aux inculpés ont accueilli la nouvelle avec soulagement. Dès midi, bannières politiques et syndicales avaient investi l'entrée du tribunal, au milieu d'étudiants venus témoigner de leur soutien envers leurs amis et connaissances. « Face à la répression, le rassemblement est notre seule arme », plaide un membre de SUD Éducation Paris, dans un micro que lui tendait un représentant de la CGT. Sur le pied de guerre, la Ligue des droits de l'homme a décidé d'enquêter sur ce qu'il s'est passé au lycée Arago le 22 mai dernier. L'association pointe « des conditions d'interpellation indignes, pas à la hauteur de la France », et l'étrange signal envoyé à la jeunesse. « C'est une menace pour le droit à manifester, prévient-t-elle. Si on ne se mobilise pas, ce droit va être rongé. »© Politis

Sur la même ligne, Juliette Urbain, responsable de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) de Paris, alerte : « De toute la France nous remontent des informations sur les difficultés à manifester, à organiser des assemblées générales. Nous sommes inquiets de cette criminalisation. Nous, parents, refusons que nos enfants servent d'exemples pour décourager les autres manifestants », s'indigne-t-elle. Jean-Noël Aqua, conseiller du XIIIe arrondissement de la capitale, n'hésite pas à employer le terme d'« affaire d'État, où l'état de droit a été écrasé ». Le communiste y voit la main d'un pouvoir « à la peine pour faire accepter son agenda ultralibéral ».

« À trois jours du bac, presque 200 000 jeunes n'ont toujours aucune affectation », enchaîne Danielle Simonnet, élue de la France insoumise, qui ne veut pas perdre de vue les sources de l'affaire : « Qui doit-on juger : des lycéens qui se battent pour avoir le droit d'aller à la fac, ou les responsables de cette immense casse sociale ? » Ce vendredi, sur les 812 053 étudiants qui avaient confirmé au moins un vœu sur Parcoursup, seuls 337 659 ont pour l'instant définitivement accepté une proposition. De quoi laisser augurer de nouveaux mouvements de contestation. À leur agenda, les étudiants présents au tribunal ont déjà coché une nouvelle date : le vendredi 20 juin, où seront jugés les « inculpés du 9 avril » après l'évacuation de l'université de Nanterre.

Fri, 15 Jun 2018 17:05:00 +0200

Des dizaines de millions de réfugiés climatiques d'ici 2050 - Claude-Marie Vadrot

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Une nouvelle étude rendue publique cette semaine dans l’Environmental Research Letters, conjointement publiée par l’université californienne de Berkeley et celle d’Oxford au Royaume-Uni, tente de faire le point sur le nombre de réfugiés qui chercheront à quitter leurs pays au cours des prochaines décennies, à cause de la montée du niveau des mers, de l’insuffisance des récoltes, de l’augmentation des événements météorologiques extrêmes. Des dizaines de millions de personnes seront concernées.

Pour lancer cet avertissement, des chercheurs ont établi un modèle de probabilités tenant compte de l’importance de populations concernées, des caractéristiques géographiques et des évolutions climatiques déjà en cours et prévisibles. Des spécialistes de l’université de New York ont notamment pris comme exemple la partie sud du Bangladesh où 2 millions d’habitants seront contraints de fuir uniquement à cause de l’élévation du niveau de la mer, qui commence à envahir une région dont l’altitude est parfois inférieure à 1 mètre.

Des prévisions effrayantes

Toutes les régions du monde exposées à l’envahissement, définitif, périodique ou temporaire, par des eaux salées, verront leurs populations contraintes à la migration, soit dans leurs pays vers les capitales déjà hypertrophiées, ou plus loin. Vers d’autres pays du Sud où en direction de l’Europe. Les chercheurs responsables de ce rapport prospectif sur le nombre des réfugiés climatiques à venir, se sont, honnêtement et logiquement, refusés, sauf pour le Bangladesh, à donner des chiffres précis. Mais lorsque l’on prend en considération les espaces frappés par les sécheresses, les inondations marines, la chute des productions agricoles et les événements climatiques dévastateurs, les prévisions deviennent effrayantes.

Selon les sources, d’ici à 2050, le nombre des réfugiés climatiques, c'est-à-dire ceux qui ne pourront survivre qu’en fuyant ailleurs, est estimé entre 100 et 400 millions. Cette dernière estimation étant celle des services secrets des États-Unis, établie il y a deux ans dans un rapport déjà oublié. D’après les chercheurs, pour les affiner et les préciser, il suffit aux nations occidentales d’utiliser l’outil qu’ils viennent de mettre au point en se servant de l’exemple et des paramètres élaborés pour le Bangladesh :

Nous espérons que l’outil que nous avons développé puissent être utilisé par les scientifiques et les planificateurs politiques pour voir comment il faudra examiner les déplacements de ces réfugiés du climat et imaginer des stratégies économiques et politiques pour faire face à ces défis.

Les inconnus de l'histoire de la planète

Mais tant que les réfugiés climatiques ne seront pas pris en compte, reconnus en tant que tels et dotés d’un statut par les Nations unies et les instances internationales, ces populations chassées par les conséquences du dérèglement climatique resteront des oubliés et des « inconnus » de l’histoire de la planète. Lorsque l’on examine l’évolution de nombreux pays africains, d’Asie et du pourtour méditerranéen, il est facile d’imaginer que les mouvements migratoires actuellement connus par l’Europe, ne représentent qu’une infime partie du flot d’hommes, de femmes et d’enfants qui chercheront à trouver, dans les pays déjà pauvres et dans les nations développés, un espace de survie. Des dizaines d’Aquarius ne suffiront pas pour sauver ces millions de personnes fuyant les catastrophes climatiques alors que les centaines de camps du HCR accueillent déjà 65 millions de personnes chassées par les guerres et les conflits politiques.