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Mon, 25 Sep 2017 17:49:00 +0200

[Blog] En France on assassine bien le bio... - Claude-Marie Vadrot

Entre l’UFC-Que choisir qui a fait semblant à la fin du mois d’août de croire que l’existence du bio ne dépendait que des grandes surfaces et le gouvernement qui vient d’annoncer que les aides à l’agriculture bio seraient supprimées dés 2018, les offensives contre une autre pratique agricole se multiplient. Sans oublier les proclamations de la FNSEA qui réclament la libéralisation des l’usage des pesticides, des produits tueurs d’abeilles de moins en moins nombreuses, et exigent la poursuite de l’usage du glyphosate, celui de Monsanto ou des autres trusts de l’industrie chimique.

Ayant transformé les produits bio d’origines incertaines en produits d’appel vendus avec des marges plus que confortables, les grandes surfaces veulent tout simplement se débarrasser, à terme, de produits dont la conservation est plus difficile à assurer. Donc, ils font un bénéfice scandaleux sur cette alimentation alternative en espérant sa disparition rapide. Quand à l’UFC-Que Choisir, elle oublie simplement que plus de la moitié des produits bios, bruts ou conditionnés, se vendent sur les marchés, à la ferme et dans des boutiques spécialisées. Là où les prix sont rarement supérieurs à ceux des légumes, des œufs, des fruits, des fromages ou des conserves artisanales de l’alimentation industrielle. Tout simplement parce qu’ils ne se vendraient pas. Mêmes constations, d’ailleurs, lorsque cette alimentation passe par des milliers d’Amap : avec une meilleure rémunération du paysan et un moindre coût pour le consommateur.

Suscitée par les dossiers de communication généreusement distribués par la FNSEA avec l’aide financière de l’agrochimie, relayée par les tenants de « l’agriculture raisonnée » inventée par la nouvelle présidente de ce syndicat agricole dominant , il y a une vingtaine d’années, l’agriculture intensive se lance directement ou indirectement à l’assaut du bio. En constatant que, soit par conviction, soit par souci de leur santé ou encore pour produire en dépensant moins pour leurs intrants, les pratiquants de l’agriculture biologique sont de plus en plus nombreux. Alors comme il ne faut pas faire de peine à cette FNSEA, tous les moyens sont bons pour remettre en cause les artisans d’une meilleure alimentation et de pratiques qui ménagent les terres. Tout en continuant à organiser les subventions ou les aides aux céréaliers et aux élevages intensifs.

D’où cette volonté du gouvernement Macron de « laisser le marché soutenir le maintien de l’agriculture bio ». En supprimant les aides et des primes qui permettent à cette agriculture à atteindre puis à maintenir une rentabilité raisonnables. Une suppression qui est d’ailleurs contraire à la réglementation européenne et à la PAC. Et en confiant aux élus départementaux ou régionaux, mais sans la moindre obligation, le soin de distribuer des aides aux paysans pour les services qu’ils rendent à l’environnement.

De toute évidence, le nouveau gouvernement et son ministre de l’agriculture ont entrepris de « tuer » la bio pour rendre service aux agriculteurs intensifs et aux producteurs d’engrais et de pesticides de synthèse. Et aussi aux coopératives agricoles qui vivent en grande partie de la vente de ces produits à leurs membres.

Ce faisant la France laisse l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne ou l’Italie à développer de plus en largement une agriculture différente et sans risque ; tandis que les Assises de l’Alimentation laissent les agriculteurs intensifs se disputer leurs parts de bénéfices sur le dos de tous les paysans.

Sat, 23 Sep 2017 12:20:00 +0200

Affaire de la voiture brûlée : l'acharnement du parquet se poursuit - Politis.fr

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Le parquet a requis vendredi de lourdes peines, allant jusqu'à huit ans de prison, contre les inculpés dans l'affaire dite du quai de Valmy, jugés pour l'attaque et l'incendie d'une voiture de police à Paris le 18 mai 2016. Le procès a été marqué par une ambiance houleuse, avec des audiences scandées par les cris des sympathisants des prévenus groupés à l'extérieur de la salle : « Tout le monde déteste la justice » ou « Flics, violeurs, assassins ».

L'instruction avait été dénoncée, avant le procès, comme partiale par un grand nombre de personnalités et d'associations, dont la Ligue des droits de l'homme. L'expression « enquête à l'envers » (résumée par la formule, attribuée par les inculpés à des policiers : « Vous avez les coupables, démerdez-vous pour trouver les preuves ! ») a notamment été employée. L'attitude du parquet a aussi été critiquée, devant l'acharnement montré par ce dernier à maintenir en détention provisoire l'un des inculpés, Antonin Bernanos.

À lire aussi >> Affaire de la voiture de police brûlée à Paris : un procès politique

À l'issue de ces quatre jours de procès, et dans la droite ligne de son attitude depuis 16 mois, le procureur a requis cinq ans de prison dont quatre ferme contre Antonin Bernanos, qui a déjà fait 10 mois de détention préventive. Il a souligné qu'Antonin Bernanos « conteste farouchement » être cet individu masqué qui frappe un policier assis dans sa voiture et fracasse la lunette arrière avec un plot métallique, lors de l'attaque quai de Valmy, à Paris, dont la vidéo est devenue virale. Pour le parquet au contraire, il y a un « faisceau » d'indices qui le désignent comme coupable, allant de la couleur de son caleçon aux cernes sous ses yeux, en passant par la marque de ses chaussures ou les bagues à ses doigts.

Le parquet a demandé contre les huit autres personnes poursuivies des peines graduées selon leur implication présumée. Contre trois jeunes hommes, dont Angel Bernanos, frère cadet d'Antonin, sont requis un an d'emprisonnement avec sursis pour le délit de « groupement formé en vue de commettre des violences ». Le parquet a demandé un an de prison ferme, aménageable, contre Thomas Richaud, qui aurait donné des coups de pied et de poing dans le véhicule. Et, contre Kara Brault et Ari Rustenholz, accusés d'avoir frappé le véhicule à coups de plot métallique, respectivement deux et quatre ans de prison ferme sont requis.

Le procureur a requis cinq ans de prison, dont deux avec sursis, contre Thomas Fensch, qui reconnaît avoir donné des coups de barre métallique à Kevin Philippy, surnommé le « kung fu policier » pour la manière dont il a paré l'attaque à mains nues. Enfin, il requiert la peine la plus lourde, huit ans de prison ferme, contre Joachim Landwehr. Ce Suisse rentré en France peu avant le 18 mai 2016, et ayant pris la fuite ensuite, est accusé d'avoir déclenché avec un fumigène l'incendie de la voiture.

Rejetant la thèse d'un procès politique, le procureur a parlé d'un « procès de casseurs » organisés en « horde », et demandé : « Où se trouvent les fascistes et les extrémistes quand on combat la police, la justice, les journalistes ? » On notera que cette phrase à elle seule pourrait valider la thèse du procès politique qu'il dément…

Prenant la parole pour la défense, Me Henri Leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l'homme et avocat d'Angel Bernanos, a attaqué des « réquisitions incroyablement excessives ». Il s'en est pris au délit de « groupement », créé par la droite en 2009 et s'inscrivant selon lui dans la lignée des diverses « lois scélérates » venues nier la liberté d'expression au fil de l'histoire française. Les plaidoiries doivent s'achever mercredi matin. Le tribunal donnera ensuite la date prévue pour sa décision, qui avait été initialement fixée au 29 septembre.

Fri, 22 Sep 2017 20:53:00 +0200

Macron met en scène son coup de force - Michel Soudais

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Emmanuel Macron aime décidément se mettre en scène. La semaine dernière, le chef de l’État avait convoqué la presse dans son bureau à l’Élysée pour qu'elle assiste à la signature et à la promulgation des deux lois sur la confiance dans la vie politique. Une mise en scène à l’américaine, inhabituelle dans notre pays, assortie d’une courte allocution qu’il a renouvelée aujourd’hui. Il s’agissait, cette fois, de signer en direct à la télévision les ordonnances réformant le Code du travail contre lesquelles des dizaines de milliers de salariés ont encore manifesté hier.

Très calculé, ce show qui se voulait solennel avait deux objectifs. D’abord assurer le service après-vente de cette réécriture contestée de notre droit du travail. Entouré de la ministre du Travail Muriel Pénicaud et du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le chef de l'État a ainsi salué une réforme d'une « ampleur » sans précédent « depuis le début de la Ve République ». Ce faisant Emmanuel Macron l’a décrite comme « une transformation inédite de notre modèle social » quand, lors de la campagne des élections législatives, Édouard Philippe, son Premier ministre, et Muriel Pénicaud promettaient plus modestement de le « rénover » ce qui, on en conviendra, n’est pas tout à fait la même chose.

Ensuite, et surtout, cette mise en scène élyséenne voulait faire croire, à la veille de la « marche contre le coup d’État social » organisée par la France insoumise, et des mobilisations syndicales d’ores et déjà prévues la semaine prochaine, que le processus d’adoption de cette réforme était achevé. Elle « rentrera en vigueur à compter de sa publication [qui pourrait intervenir dès ce week-end, NDLR]. Il y a une petite vingtaine de décrets qui sont prévus. Tous seront pris avant la fin de l'année. Ce qui veut dire que des premières réformes seront applicables dès les tout prochains jours », a assuré le chef de l’État.

La réalité institutionnelle est néanmoins un brin différente. Et plus subtile que la plupart des commentaires médiatiques qui ont suivi ce show télévisuel. Si les ordonnances sont, dans notre législation, applicables dès leur publication au Journal officiel, elles n’acquièrent force de loi qu’après leur ratification par l’Assemblée nationale et le Sénat. C’est ce que rappellent, à juste raison, les députés communistes Sébastien Jumel et Pierre Dharréville dans un communiqué : « Signer n’est pas ratifier. »

Jusqu’à l’adoption par les élus des deux chambres d’un projet de loi de ratification, le débat continue. Dans ces assemblées bien sûr. Mais aussi dans la rue, n’en déplaise à Emmanuel Macron dont la signature scénarisée constitue une nouvelle provocation adressée à tous ceux qui contestent sa réforme.

Fri, 22 Sep 2017 18:49:00 +0200

Vaccins : « Encourager l'information plutôt que l'étouffer » - Ingrid Merckx

Comment faire le tri dans les informations sur les vaccins ? A qui faire confiance ? La journaliste indépendante Lise Barnéoud a enquêté sur les 16 vaccinations principales.

Ce 22 septembre, Le Parisien a fait sa Une sur un rapport inédit de l’Agence nationale de sécurité sur les médicaments (ANSM) bouclé en mars – avant la nomination d’Agnès Buzyn au ministère de la Santé – et pointant des risques pour certaines personnes de la présence d’aluminium dans les vaccins. Ce que dénoncent des associations comme E3M qui militent pour des vaccins sans aluminium. Le 31 août 2017, Agnès Buzyn a confirmé ce qui était annoncé depuis quelques semaines : le nombre de vaccins obligatoires…

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Fri, 22 Sep 2017 17:42:00 +0200

Ordonnances : la mobilisation va-t-elle rebondir ? - Vincent Richard

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I l n'y a aucune raison de s'arrêter, bien au contraire. » C’est la conclusion que Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, tirait hier soir après la mobilisation de « centaines de milliers de salariés » dans toute la France, alors que Macron a signé aujourd’hui en début après-midi les ordonnances réformant le code du travail. Une signature qui les rend applicables sous peu, sans leur donner encore force de loi.

À lire aussi >> Macron met en scène son coup de force

Certes, le nombre de manifestants a été, de l’aveu même du syndicaliste, « un peu inférieur » à la précédente journée de grève, le 12 septembre (132 000 contre 223 000 selon le ministère de l’Intérieur), mais cela ne l’a pas empêché d’annoncer son intention d’appeler « dans les meilleurs délais » à une « nouvelle journée nationale d'actions ». La situation, a-t-il ajouté, « exige que nous réfléchissions avec l'ensemble des confédérations ».

Pour le moment, cet appel du pied aux autres organisations syndicales n’a pas eu l’effet voulu, Laurent Berger, secrétaire générale de la CFDT, estimant même sur RTL ce matin que « les manifs sans salariés, ça n'a pas d'intérêt. Je pense que ce n'est pas la bonne stratégie syndicale à avoir ». Si une montée en puissance de la mobilisation par rapport au 12 septembre aurait pu rallier à la stratégie cégétiste la CFDT et la confédération Force ouvrière – deux centrales où des syndicats et des fédérations ont appelé à participer aux manifestations d’hier et poussent en interne pour que leurs directions revoient leur position –, l’affluence en baisse dans les défilés rend difficilement envisageable un tel basculement.

Faut-il pour autant acter la fin du mouvement d’opposition à la réforme du droit du travail ? Non, car il reste au moins deux échéances qui peuvent permettre de redessiner le paysage : la manifestation « contre le coup d’État social » du 23 septembre, et la grève avec blocages des routiers la semaine prochaine.

La marche à l’appel de la France insoumise demain ne s’inscrit certes pas dans la dynamique syndicale initiée par la CGT, puisqu’elle a lieu à l’appel d’un mouvement politique et n’est pas accompagnée de grèves, mais un succès de cette manifestation nationale pourrait néanmoins permettre de redynamiser le mouvement, en démontrant l’ampleur de l’opposition populaire à la politique d’Emmanuel Macron. Dans Le Monde, Manuel Bompard, organisateur de l'événément, annonce « entre 100 et 130 cars affrétés, ce qui est légèrement supérieur à ce qu'il y a eu pour la marche du 18 mars », précédent rassemblement national à l'initiative des insoumis, qui avaient alors annoncé 130 000 participants. Il ajoute : « Notre succès peut être un point d'appui pour la suite du mouvement social. »

Reste qu’un mouvement social, pour être victorieux, ne peut guère faire l’économie de grèves aboutissant à un blocage de l’économie. C'est ce que défendait un responsable Force ouvrière d'Ille-et-Vilaine devant une caméra de Ouest-France hier au cours de la manifestation rennaise :

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C’est aussi ce que laisse entrevoir la mobilisation des chauffeurs routiers, à l’appel de la CGT et de FO, la semaine prochaine… et potentiellement au-delà.

Les fédérations des transports CGT et Force ouvrière ont en effet promis une « mobilisation massive » dès lundi contre la réforme du code du travail, après « l'échec » d'une rencontre mercredi avec le gouvernement. Patrice Clos, secrétaire général de la fédération Transports et logistique de FO, a annoncé à la sortie de cette réunion la volonté d’étendre le mouvement « aux déchets, transports de voyageurs, transports urbains ». Jérôme Vérité, secrétaire général de la CGT-Transports, a même appelé à « à une mobilisation massive […] dans tous les secteurs d'activité ». Pour les routiers, le mouvement démarrera dans la nuit de dimanche à lundi, avec des modalités d'action encore à définir localement, même si les actions des chauffeurs routiers ciblent en priorité des points stratégiques susceptibles de menacer la bonne marche de l’économie – comme les bases logistiques, les zones industrielles, les péages et les dépôts de carburant. Les organisations appelant à ce mouvement sont confiantes dans leurs capacités de mobilisation : « J'incite tout le monde à faire le plein assez rapidement parce que je pense que la mobilisation va être très, très forte », a d'ailleurs prévenu Jérôme Vérité.

Dans le cas où le mouvement serait en effet bien suivi et se prolongerait dans la durée, il n’est pas exclu que d’autres secteurs rejoignent à leur tour un mouvement de grève reconductible. La fédération CGT des services publics a d’ores et déjà déposé mardi un préavis de grève courant du 25 septembre au 15 octobre afin de « poursuivre la bataille contre les projets d’ordonnance portant sur le code du Travail et contre les attaques visant la Fonction publique et notamment son versant territorial », soulignant la « nécessité d'inscrire le processus d'action revendicative dans la durée ». Une journée d’action dans la fonction publique est également prévue le 10 octobre à l’appel de l’ensemble des syndicats du secteur.

La mobilisation contre les ordonnances et la politique de Macron ne fait décidément que commencer.