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LE FIGARO - Le Figaro - International : Actualité internationale en direct

Tue, 16 Jan 2018 20:50:53 +0100

États-Unis : le procureur spécial met la pression sur Steve Bannon dans l'enquête russe

VIDÉO - Robert Mueller, à la tête de l'enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016, a assigné à comparaître devant le grand jury l'ex-conseiller de Trump, déjà entendu ce mardi par une commission de la Chambre des représentants.

L'histoire s'accélère. Deux semaines après avoir été renié par le président - «il n'a rien à voir avec moi» -, une semaine après avoir été écarté de la présidence exécutive de Breitbart News, un site d'information pro-Trump flirtant avec l'extrême droite, c'est un Steve Bannon de plus en plus isolé qui était entendu ce mardi à huis clos par une commission de la Chambre des représentants dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

Le même jour, une information exclusive du New York Times a fait l'effet d'une bombe: selon le quotidien new-yorkais, l'ancien conseiller en stratégie de Donald Trump aurait reçu la semaine passée une assignation à comparaître du procureur spécial Robert Mueller, en charge de l'enquête russe. Dans son article, le New York Times souligne que c'est la première fois depuis le début de son enquête que Mueller a recours à une assignation à comparaître devant un grand jury pour entendre un des membres du premier cercle des proches de Donald Trump. Selon le journal, cela pourrait être le signe que l'enquête s'accélère, ou être une stratégie de la part de Mueller, qui pourrait s'assurer ainsi de la pleine coopération de Bannon, puisque celui-ci serait alors appelé à témoigner sous serment, et sans être représenté par un avocat de la défense.

L'éphémère conseiller de Trump a été limogé de ses fonctions à la Maison Blanche en août dernier et est tombé en disgrâce aux yeux du président américain après la parution en janvier du livre polémique de Michael Wolff. Dans «Fire and Fury: Inside the Trump White House» (Le Feu et la Fureur: A l'intérieur de la Maison blanche de Trump), Steve Bannon assimilait à une «trahison» et qualifiait «d'antipatriotique» l'entretien qui avait réuni en juin 2016 le fils aîné du président, Don Jr., des cadres de l'équipe de campagne de Trump, et des interlocuteurs russes. Il y a fort à parier que ce passage du livre n'aura pas échappé à Robert Mueller et que le grand jury voudra savoir ce que Bannon à aujourd'hui à en dire.

Chute vertigineuse

Reste à savoir quel visage Bannon montrera au grand jury: celui, loquace, d'un homme déchu qui n'a plus rien à perdre, ou au contraire celui du collaborateur à la loyauté sans faille. Bannon, qui a tenté de désamorcer la polémique née de la sortie du livre, a depuis exprimé ses «regrets», saluant «les réalisations historiques du président durant sa première année». Il a tenté de faire amende honorable en qualifiant le fils aîné de «patriote et quelqu'un de bien», mais il n'a pu démentir ses propos, enregistrés par Wolff. «Je ne crois pas qu'il y ait de retour possible pour Steve Bannon», a tranché un porte-parole de la présidence.

Vertigineuse fût la chute pour un homme qui avait approché le sommet de la puissance, «conseiller stratégique» installé à un jet de pierre du Bureau ovale, juste après celui du gendre Jared Kushner, auquel il avait commis l'imprudence de déclarer la guerre. Lorsque le trentenaire avait fini par avoir sa peau, obtenant son limogeage en août, Bannon avait aussitôt retrouvé ses anciennes fonctions, utilisant son arsenal pour mettre des candidats populistes dans les pattes de huit sénateurs républicains sortants.

«À la Maison-Blanche, j'avais de l'influence, maintenant j'ai du pouvoir et je suis libre», fanfaronnait-il à l'époque. Selon le Wall Street Journal, il touchait 545.000 dollars par mois de quatre entreprises, toutes financées par Rebekah Mercer: Breitbart, les instituts de recherche Cambridge Analytica et GAI et la société de production Glittering Steel.

«Il ne lui reste rien»

Doté d'un ego presque aussi fort que celui de Trump, l'ex-conseiller ne semble pas avoir réalisé quel péril le guettait. Jusqu'au dernier moment, il a affirmé à son entourage que son poste à Breitbart, un site qu'il a façonné à son image depuis 2012, n'était pas menacé, pas plus que l'émission de radio qu'il animait sur le réseau satellite Sirius-XM, dont il a également été écarté. Il continuait à prospecter des donateurs pour lancer son propre mouvement politique, nationaliste et populiste.

Décrit comme «mélancolique» par les uns, «indifférent» par les autres à sa dispute avec la Maison-Blanche, il devisait sur son destin à la Cromwell, conseiller du prince voué à finir enchaîné dans la tour de Londres. «Il est passé du sommet au fond d'un gouffre et c'est entièrement de sa faute, déclare au Washington Post Ed Rollins, président de Great America, un fonds pro-Trump. Breitbart était sa voix, elle lui a été enlevée et il ne lui reste rien.»

Le site, qui relatait avec emphase les faits et gestes de son patron, a annoncé son éviction par une brève de cinq lignes. Sans pitié pour les perdants, la classe politique s'est aussitôt détournée de celui qu'elle avait craint et courtisé. Newt Gingrich, ancien speaker de la Chambre, l'a comparé à un jardinier limogé par Trump d'un de ses golfs.

Tue, 16 Jan 2018 20:03:35 +0100

Espagne : l'ascension de Ciudadanos pèse sur les nerfs de Mariano Rajoy

Selon des enquêtes d'opinion, Ciudadanos serait aujourd'hui le premier parti d'Espagne si des élections générales étaient organisées.

Correspondant à Madrid

Ce fut d'abord une analyse d'éditorialistes et un vœu pieux des premiers concernés. La brillante victoire de Ciudadanos (centristes anti-indépendantistes) aux élections catalanes du 21 décembre - le parti est arrivé premier, mais sans majorité suffisante pour gouverner - pourrait nourrir ses ambitions nationales. D'autant plus qu'en face, l'autre grand défenseur de l'unité de l'Espagne envers et contre tout, le Parti populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy, récoltait le pire résultat de son histoire et finissait bon dernier au Parlement catalan.

C'est désormais, depuis le week-end dernier, une hypothèse de travail étayée par deux sondages, publiés coup sur coup par El Paíset ABC. Selon ces enquêtes d'opinion, Ciudadanos serait aujourd'hui le premier parti d'Espagne si des élections générales étaient organisées. ABC accorde à Ciudadanos 26,2 % d'intentions de votes, contre 24,7 % au PP. El País creuse l'écart, avec 27,1 % pour ...

Tue, 16 Jan 2018 18:56:53 +0100

En Irak, al-Abadi renonce à s'allier avec les milices chiites

Le premier ministre est revenu sur le pacte conclu en vue des législatives avec ces groupes paramilitaires, soutenus par l'Iran.

À quatre mois des premières élections législatives qui désigneront le futur homme fort de l'Irak post-Daech, les grandes manœuvres ont commencé à Bagdad. Et comme souvent dans ce pays fracturé entre groupes politiques, les surprises sont déjà au rendez-vous.

Dimanche, le premier ministre, Haïdar al-Abadi, encore auréolé de sa victoire contre les djihadistes, annonçait qu'il dirigerait sa propre liste, «l'Alliance de la victoire», fort du ralliement de la Mobilisation populaire (MP), ces forces paramilitaires qui ont joué un rôle prépondérant pour chasser Daech d'un tiers du pays. Ce ralliement augurait d'une victoire quasi certaine pour un premier ministre qui, après avoir rebâti une armée, cherche maintenant à dépasser les clivages confessionnels entre chiites, sunnites et kurdes. Mais cette alliance n'aura duré que 24 heures. Lundi, Abadi et la Mobilisation ...

Tue, 16 Jan 2018 17:59:44 +0100

Catalogne : l'idée d'une présidence virtuelle de Puigdemont divise

Le Parlement catalan, dont la session inaugurale se déroule mercredi, devra décider si le leader indépendantiste peut briguer l'investiture depuis la Belgique.

Correspondant à Madrid

La session inaugurale du Parlement catalan sera ce mercredi la première occasion de vérifier si la majorité obtenue par les indépendantistes aux élections du 21 décembre peut être confirmée par un exercice réel du pouvoir. La Chambre doit élire son bureau (le président du Parlement, deux vice-présidents et quatre secrétaires), l'institution qui organise les débats et interprète le règlement interne. Et ce vote sera déterminé par trois critères inattendus: l'âge du capitaine, le hasard et l'avis d'une poignée d'avocats.

L'âge, car le règlement du Parlement établit que le bureau provisoire de cette institution se compose, lors de la séance inaugurale, du député le plus ancien et des deux députés les plus jeunes. Le hasard, parce qu'il a voulu que ces trois parlementaires appartiennent au grand parti indépendantiste de centre gauche, Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). La brochette d'avocats de la Chambre, car ces derniers ont indiqué, dans un avis consultatif, que ni les trois députés séparatistes actuellement en détention provisoire, ni les cinq parlementaires installés en Belgique pour fuir l'action de la justice espagnole ne peuvent légalement déléguer leur vote à des confrères.

Si l'opinion des juristes était suivie par le bureau provisoire, la majorité indépendantiste - Junts per Catalunya (JpC, centre droit), ERC et Candidatura d'Unitat Popular (CUP, extrême gauche) -, de 70 sièges sur un total de 135, se verrait amputée de huit députés. Les 62 élus sécessionnistes restants s'opposeraient aux 57 anti-indépendantistes - Ciudadanos (centristes), Parti socialiste (PSC) et Parti populaire (PP, droite).

Quant aux 8 députés de Catalunya en Comu Podem (CECP, gauche radicale), qui défendent la possibilité d'un référendum d'autodétermination s'il était autorisé par le gouvernement central mais refusent de se positionner sur le fond de la question, ils acquerraient de fait le rôle d'arbitres. À moins que les trois élus ERC profitent de leur désignation fortuite pour passer outre l'avis des juristes. Ils pourraient notamment argumenter que le juge de la Cour suprême, responsable du sort des trois députés indépendantistes prisonniers, a entrouvert la possibilité d'un vote par procuration.

C'est donc une majorité conditionnée par l'avis de juristes et par le hasard qui orientera pour les prochaines années la politique catalane, qui tient l'Espagne en haleine. Car le rôle du bureau de l'Assemblée, et notamment de son président, risque d'être déterminant dès les premiers jours de l'activité parlementaire. Chargé d'interpréter le règlement de la Chambre, le président du Parlement aura la lourde tâche de décider s'il cède ou non à la prétention du président catalan sortant, l'indépendantiste Carles Puigdemont, de briguer l'investiture à distance, depuis Bruxelles.

» LIRE AUSSI - Catalogne: depuis Bruxelles, Puigdemont envisage une «Skype présidence»

Le règlement du Parlement et la loi sur le président de la région ne prévoient pas - n'excluent pas, préfèrent dire les partisans de Puigdemont - une investiture à distance. «Le candidat présente, sans limite de temps, son programme de gouvernement et sollicite la confiance de l'Assemblée», indique le règlement. Une formulation à peine nuancée par un adverbe de lieu dans la loi sur le président: «Le candidat ou la candidate présente son programme de gouvernement devant l'assemblée plénière et sollicite la confiance de la Chambre», établit l'article 4.3. L'expression «devant l'assemblée plénière» fait dire à la plupart des spécialistes que le candidat à l'investiture doit être physiquement présent dans l'hémicycle.

«L'immense majorité des spécialistes est d'accord pour considérer impossible une investiture à distance ou par délégation»

Joan Marcet, professeur de sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone

«Est-ce qu'une intervention de Puigdemont par Skype pourrait être considérée comme ayant lieu devant l'assemblée?, s'interroge Joan Marcet, professeur de sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone. On en est réduit à spéculer sur une préposition. En réalité, l'immense majorité des spécialistes est d'accord pour considérer impossible une investiture à distance ou par délégation. Il n'existe aucun précédent dans le monde. Si le règlement du Parlement catalan ne l'interdit pas explicitement, comme ne l'exclut aucune Assemblée d'aucun pays au monde, c'est tout simplement parce qu'il n'imagine même pas que l'on puisse l'envisager.»

«La lettre de la loi est une chose, son esprit en est une autre»

Pablo Simón, professeur de sciences politiques à l'université Carlos III de Madrid

«La lettre de la loi est une chose, son esprit en est une autre, renchérit Pablo Simón, professeur de sciences politiques à l'université Carlos III de Madrid. Le programme du candidat doit être soumis à la confrontation parlementaire directe, avec des répliques des groupes et des contre-répliques.»

C'est précisément l'argument des juristes du Parlement, qui excluent que Puigdemont présente son programme par visioconférence ou en délègue la lecture à un autre député. «Si les indépendantistes s'obstinaient dans cette voie, poursuit Simón, au moment où l'on constaterait que Puigdemont n'est pas physiquement présent à l'investiture, le gouvernement espagnol saisirait la Cour constitutionnelle.» Le recours étant suspensif, dans une telle hypothèse, les députés devraient immédiatement renoncer à la session.

» LIRE AUSSI - Puigdemont peut-il gouverner la Catalogne depuis l'étranger?

Si les indépendantistes parviennent ce mercredi à faire valoir leur majorité, ils devraient obtenir la présidence du Parlement, une vice-présidence et deux secrétariats. Soit quatre des sept places au bureau, tandis que les trois restantes échoiraient aux deux principaux groupes unionistes, Ciudadanos et PSC. Dans cette hypothèse, les sécessionnistes auraient alors les mains libres pour permettre à Puigdemont de briguer l'investiture de la Chambre depuis Bruxelles. Ce serait, pour ce qu'ils ont accepté d'en dire, le contenu du pacte entre les deux principaux partis indépendantistes, JpC et ERC.

Si Puigdemont rentre à Barcelone comme simple député élu du Parlement catalan, «il croupit en prison dans l'indifférence générale». S'il reste à Bruxelles sans le titre de président en exil, il est coincé vingt ans avant que les accusations ne prescrivent

Reste à savoir jusqu'à quel point les indépendantistes seront disposés à tendre la corde avec Madrid pour protéger le fauteuil de Puigdemont. Ce dernier semble prêt à tout pour récupérer la présidence. C'est bien le moins. S'il rentre à Barcelone comme simple député élu du Parlement catalan, «il croupit en prison dans l'indifférence générale», calcule un proche. S'il reste à Bruxelles sans le titre de président en exil, Puigdemont est coincé vingt ans avant que les accusations ne prescrivent ; autant dire qu'il ne serait plus rien dans la vie politique catalane.

«Un bien supérieur s'élève au-dessus de Puigdemont ou de quiconque, la constitution d'un gouvernement indépendantiste»

Joan Tarda, militant du parti ERC

Le destin personnel du chef de file de l'indépendance peut émouvoir ses partisans, mais la fidélité politique a aussi ses limites. Chez les indépendantistes, un secteur, dont on ignore encore l'importance, est conscient de l'impossibilité actuelle de transformer la république proclamée le 27 octobre en une réalité. Ces responsables cherchent une voie de sortie vers la modération et n'accompagneront pas Puigdemont dans un bras de fer jusqu'au-boutiste avec Madrid.

Artur Mas, le prédécesseur de Puigdemont issu comme lui de Convergencia Democratica de Catalunya (CDC), a rappelé un précédent. Quand, en 2016, Mas était boycotté par la CUP, détentrice de la clé de la majorité indépendantiste, il avait préféré renoncer à un nouveau mandat plutôt que de mettre en péril le projet souverainiste. À ERC, Joan Tarda considère qu'«un bien supérieur s'élève au-dessus de Puigdemont ou de quiconque, la constitution d'un gouvernement indépendantiste». Les sécessionnistes semblent disposés à céder à l'exigence de Puigdemont de tenter l'investiture à distance. Mais s'il échoue face aux dispositions légales et à l'opposition de Madrid, tous n'iront pas pleurer sur son sort.

Tue, 16 Jan 2018 17:56:10 +0100

La Corée du Sud et le Japon s'écharpent sur la question des femmes de réconfort

L'accord «définitif», conclu en 2015, vient de voler en éclats sur le problème des compensations financières liées à l'esclavage sexuel pratiqué dans l'empire japonais.

À Tokyo

Nouvelle étape dans la guerre mémorielle entre le Japon et la Corée du Sud à propos des «femmes de réconfort». Les deux pays avaient annoncé un accord «définitif et irréversible» en décembre 2015 sur la question de la responsabilité du Japon dans la mise en place d'un réseau international de traite d'esclaves sexuelles, notamment coréennes, dans ce que fut l'empire japonais en Asie-Pacifique jusqu'en 1945. Mais la semaine dernière, Séoul a rejeté le volet financier de l'accord (1 milliard de yens, ou 7,4 millions d'euros) et appelé le Japon à «davantage d'efforts». Une requête rejetée avec colère par Shinzo Abe, soutenu largement par son opinion ...