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Le Figaro - International : Actualité internationale en direct

Tue, 22 May 2018 08:58:54 +0200

États-Unis : l'enquête russe étendue à «d'éventuelles irrégularités» du FBI

Donald Trump a obtenu l'ouverture d'une enquête par le ministère de la Justice après avoir dénoncé une surveillance de sa campagne «pour des raisons politiques».

Le président américain avait laissé entendre que le FBI avait infiltré sa campagne en y plaçant ou en y recrutant un informateur. «Si c'est vrai - (ce serait) le plus gros scandale politique de tous les temps», avait-il affirmé sur Twitter. La Maison-Blanche a finalement annoncé lundi que le département de la Justice a accepté d'élargir son enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016 à «d'éventuelles irrégularités» du FBI vis-à-vis de l'équipe de Donald Trump. Cet accord a été conclu lors d'une réunion entre le président, le procureur général adjoint, Rod Rosenstein, et le directeur du FBI, Christopher Wray, a précisé la porte-parole de la présidence Sarah Sanders.

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Donald Trump avait demandé dimanche l'ouverture d'une enquête par le ministère de la Justice sur cette affaire, dénonçant une surveillance de sa campagne «pour des raisons politiques». «Si quelqu'un a infiltré ou surveillé des participants à une campagne électorale pour de mauvais objectifs, nous devons le savoir et répondre de la bonne façon», a rétorqué le ministre adjoint de la Justice, Rod Rosenstein. Depuis, le président a accusé sur Twitter la CIA de l'ère Obama d'avoir voulu commettre un «assassinat politique» en infiltrant son équipe de campagne. La semaine dernière, la presse américaine révélait qu'un informateur de la CIA, basé au Royaume-Uni, avait rencontré des membres de l'équipe du candidat Trump. Ce dernier travaillait dans le cadre de cette enquête russe.

«Il est temps que le procureur spécial termine.»

Le vice-président des États-Unis, Mike Pence

Les investigations du procureur Mueller doivent déterminer s'il y a eu collusion entre la campagne Trump et la Russie. Le président dément et qualifie régulièrement l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller de «chasse aux sorcières». Depuis des mois, le camp républicain tente d'affaiblir le magistrat indépendant en dénonçant une politisation des enquêteurs. Il demande aussi la fin rapide des investigations, craignant qu'elles ne puissent avoir une influence sur les élections parlementaires de novembre. Le vice-président, Mike Pence, y a ajouté sa voix, déclarant lundi soir sur Fox News: «Il est temps que le procureur spécial termine et je pense que c'est probablement un avis largement partagé par les gens à travers les États-Unis.»

Chez les démocrates, on souligne la nécessité de protéger l'enquête du procureur spécial et l'importance de ne pas dévoiler au Congrès certaines informations, telles que celles concernant d'éventuels informateurs. Un sénateur démocrate qui siège à la commission du renseignement de la Chambre des représentants a qualifié les soupçons de Donald Trump d'«inepties». «C'est une démarche pour détourner l'attention de ses problèmes juridiques croissants», a déclaré Adam Schiff. En mars, le département de la Justice a ouvert une enquête pour étudier les accusations émises par des parlementaires républicains, selon lesquels le FBI a commis de graves manquements pour une demande de mandat l'autorisant à surveiller un ancien membre de la campagne Trump.

Selon Julian Zelizer, professeur d'histoire à l'université de Princeton, la stratégie de Donald Trump de politisation de l'enquête de Robert Mueller pourrait marcher. «Le FBI et le ministère de la Justice sont réticents à répondre publiquement d'une façon qui pourrait apparaître comme politique», a-t-il expliqué sur CNN. «Jusqu'ici, le seul élément susceptible de changer la donne pourrait être le rapport final de Robert Mueller (mais) le temps que Mueller termine, Trump pourrait avoir réussi à retourner l'opinion contre les enquêteurs.»

(Avec agences)

Tue, 22 May 2018 06:00:22 +0200

Un an après l'attentat de Manchester, le frère du kamikaze dans le viseur des enquêteurs

La Grande-Bretagne cherche à faire extrader Hachem Sabadi, qui aurait aidé son aîné à perpétrer l'attaque-suicide qui a fait 22 morts et plus de 500 blessés à la fin du concert d'Ariana Grande, le 22 mai 2017.

Une salle de concert, des fans venus chanter, danser, admirer leur star préférée: Ariana Grande. Le 22 mai 2017 était censé être un jour de fête pour les 21.000 personnes - dont de nombreux enfants et adolescents - venues assister au concert de la chanteuse américaine, à la Manchester Arena. Lorsqu'à 22h30, à la fin du show de la diva de 23 ans, une explosion retentit. Dans un climat on ne peut plus tendu en Grande-Bretagne - le pays sera visé par trois attaques terroristes en trois mois -, la détonation sème la panique dans la foule. Salman Ramadan Abedi, un mancunien d'origine libyenne de 22 ans, vient de perpétrer une attaque-suicide à l'aide d'un engin explosif artisanal. Par la configuration étroite de la salle, le bilan est effrayant: 22 personnes perdent la vie, dont une majorité d'adolescents. Plus de 500 autres sont blessées. Le retentissement de cet attentat est tout particulier: il rappelle celui du Bataclan, il a visé les jeunes, et la musique. D'autant que son auteur, un terroriste de l'État islamique, était animé par un désir de vengeance après la mort d'un de ses amis par un groupe d'ados britanniques. Alors que la Grande-Bretagne s'apprête à commémorer le premier anniversaire de cet évènement terrible, Le Figaro fait le point sur l'enquête en cours.

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En début d'année 2018, un rapport indépendant, remis aux autorités britanniques par David Anderson, juriste et ancien superviseur des lois antiterroristes, révélait que cet attentat aurait pu être déjoué. L'auteur des faits, mort sur place, était en effet connu des services de renseignements, même s'il ne faisait pas l'objet d'une enquête active. Début 2017, quelques semaines avant l'attentat de Manchester, le MI5 avait reçu des informations selon lesquelles, parmi les 20.000 potentiels terroristes sur le territoire, Salman Abedi faisait partie de «l'un des rares individus méritant un examen plus approfondi». Selon le rapport, une réunion était prévue le 31 mai pour discuter du cas du jeune kamikaze. Trop tard, donc, puisque l'attaque a eu lieu neuf jours avant. Après la publication de David Anderson, le MI5 a nié que cet attentat aurait pu être déjoué: «Il est impossible de savoir si une telle enquête aurait permis de contrecarrer les plans d'Abedi».

• Le frère du terroriste dans le viseur

S'il s'est fait exploser seul lors de son attaque-suicide, Salman Abedi possédait des complices et les enquêteurs se concentrent sur sa famille. Après avoir été arrêté et interrogé, son père, Ramadan, est retourné en Libye, pays qu'il avait fui pendant la dictature de Kadhafi. Sa mère Samia, sa sœur Jomana, et son frère aîné Ismail, sont introuvables. Quant au frère cadet Hashem, 21 ans, il se trouvait à Manchester au moment de l'attentat et aurait été pleinement au courant des détails de l'attaque. Ce dernier est de nationalité libyenne et serait en ce moment détenu à l'aéroport de Tripoli. Les autorités cherchent à le faire extrader en Grande-Bretagne, afin de le poursuivre en justice, selon le Manchester Evening News . Mais la situation dans le pays est tendue: depuis la chute de Kadhafi, la guerre fait rage et le gouvernement possède une trop faible emprise sur le pouvoir - disputé par des factions rivales - pour remettre ce potentiel complice à Londres. Néanmoins, les négociations seraient «bien avancées» et cette extradition pourrait intervenir dans les prochains mois, estiment les forces de l'ordre.

» LIRE AUSSI - En Libye, la mouvance kadhafiste relève la tête

• Une enquête monstre

Un an après cette attaque, les enquêteurs ont réuni une masse d'informations impressionnante: plus de 13.000 pièces ont été saisies, 2000 déclarations de témoins ont été enregistrées, 9600 documents produits, et près de huit millions de discussions téléphoniques retranscrites, d'après le Manchester Evening News . Il a notamment été découvert qu'avant son attaque, Salman Abedi avait rendu visite à deux reprises à Abdal Raouf Abdallah, un Britannique d'origine libyenne détenu à la prison d'Altcourse, à Liverpool. Cet homme paraplégique y purge depuis mai 2016 une peine de cinq ans de prison pour complicité d'actes de terrorisme. Est-ce à ce moment-là qu'Abedi a appris à concocter l'explosif fait de peroxyde d'acétone (TATP) - substance utilisée lors des attentats de Paris et Bruxelles -, avec lequel il s'est fait exploser le 22 mai 2017 au soir? Longtemps à la recherche d'un large réseau, les enquêteurs sont finalement arrivés à la conclusion que le kamikaze avait bien agi seul. Seul son frère, reste dans le viseur.

Mon, 21 May 2018 23:50:18 +0200

Les épidémies font rage dans un Venezuela privé de médicaments

La crise économique que traverse le pays a de lourdes conséquences sanitaires. Des maladies «oubliées» telles que la rougeole et la diphtérie font notamment leur retour, car les populations pauvres ne peuvent plus se procurer de vaccins.

De notre envoyé spécial à Caracas

Le docteur Martín Carballo, chef du service d'infectiologie de l'hôpital de l'Université centrale du Venezuela à Caracas, peste en découvrant le message qu'il vient de recevoir: il s'agit de la liste des médicaments qui viennent d'être livrés. «Encore une livraison qui ne sert à rien! Nous n'avons plus d'antirétroviraux et il ne nous reste que deux antibiotiques: amikacine et gentamicine. Autant dire que nous n'avons plus de médicaments. Si je donne ça tout seul, non seulement ça n'a aucun effet mais en plus les malades vont développer des résistances.»

«Ce gouvernement prétend défendre les pauvres. Il les laisse mourir» 

Docteur Martín Carballo, chef du service d'infectiologie de l'hôpital de l'Université centrale du Venezuela à Caracas

Pendant la tournée de son service avec trois étudiants, il ne peut que constater que nombre des malades de son service ...

Mon, 21 May 2018 22:32:08 +0200

Washington dévoile son plan de bataille contre l'Iran

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a dressé une liste de douze exigences auxquelles Téhéran doit se plier.

Un long acte d'accusation, un plan d'attaque tous azimuts et la promesse succincte de récompenses en cas de reddition: pour son premier discours de politique étrangère, c'est un ultimatum que Mike Pompeo a lancé à l'Iran.

S'exprimant lundi matin devant la très conservatrice Heritage Foundation à Washington, le nouveau secrétaire d'État, entré en fonction il y a moins d'un mois, s'est montré à la hauteur des attentes de Donald Trump: l'incarnation d'une diplomatie par la force qui vise à soumettre l'adversaire par la menace ou la coercition. Deux semaines après le retrait américain de ...

Mon, 21 May 2018 21:05:01 +0200

Italie : la coalition antisystème sur les rails

Lundi, les chefs de file du M5S et de la Ligue ont proposé au chef de l'État le nom de Giuseppe Conte comme futur premier ministre.

Le chef du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, a proposé, lundi, Giuseppe Conte, un professeur de droit de 54 ans, pour diriger le premier gouvernement antisystème d'un pays fondateur du projet européen, onze semaines après les élections législatives italiennes du 4 mars.

«Je suis très content et fier, Giuseppe Conte sera à la tête d'un gouvernement politique constitué par deux forces politiques», a déclaré Di Maio après avoir été reçu au palais du Quirinal par le président Sergio Mattarella. «Nous avons indiqué le nom de Giuseppe Conte au président de la République. Un nom qui peut faire avancer le contrat de gouvernement. Et je suis particulièrement fier de ce choix», a-t-il ajouté sur le blog du M5S.

Le chef de l'État a ensuite reçu Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue (extrême droite), qui a conclu un «contrat de gouvernement» avec le M5S. «Nous sommes prêts, nous avons présenté le nom, décidé de l'équipe et du projet pour le pays», a-t-il déclaré, sans préciser le nom qu'il avait soumis au chef de l'État. Il revient au président de la République d'approuver ou non la personnalité qui lui est proposée. Selon les médias italiens, Sergio Mattarella pourrait convoquer Giuseppe Conte, mardi, pour lui confier la tâche de former un gouvernement.

Silvio Berlusconi a plutôt mal pris les pans du programme commun sur la justice et les conflits d'intérêts

Ces derniers jours, Di Maio et Salvini ont conclu et fait valider par plus de 90 % de leurs troupes un programme commun qui tourne résolument le dos à l'austérité et aux «diktats» de Bruxelles. Cette perspective inquiète les marchés financiers: la Bourse de Milan perdait 1,5 % lundi, tandis que le spread - l'écart très regardé en Italie entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans - approchait les 180 points de base (+ 50 points en moins d'une semaine). La version finale du programme a toutefois rayé des mesures chocs apparues dans des versions préliminaires, comme une éventuelle sortie de l'euro ou l'effacement pur et simple d'une partie de la colossale dette publique.

Di Maio et Salvini étaient tous deux candidats pour diriger ce gouvernement. Cependant, une féroce lutte d'ego et des scores individuels insuffisants aux législatives les ont forcés à choisir une tierce personne. Selon la presse italienne, ils devraient néanmoins se réserver des maroquins de choix: le ministère de l'Intérieur pour Salvini et un grand ministère du Développement économique, incluant le Travail, pour Di Maio.

» LIRE AUSSI - La justice italienne lève l'inéligibilité de Silvio Berlusconi

Silvio Berlusconi (droite) n'avait pas la moindre chance, mais le chef de Forza Italia, désormais très fâché avec Salvini, son allié des législatives, s'est proposé pour revenir aux manettes. Le vieux milliardaire qui vient de retrouver son éligibilité a en effet plutôt mal pris les pans du programme commun sur la justice et les conflits d'intérêts et a promis une «opposition raisonnable et critique»… Pourtant, la Constitution italienne est claire: c'est le président de la République, Sergio Mattarella, qui a seul le pouvoir de désigner le prochain chef du gouvernement, puis, sur proposition de ce dernier, de nommer ses ministres.