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La Tribune

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Mon, 25 Sep 2017 19:09:00 +0200

Brexit : Britanniques et Européens campent (encore) sur leurs positions

Trois jours après le discours de Theresa May à Florence (Italie), au cours duquel la première ministre britannique a annoncé plusieurs concessions, rien n'a bougé. Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier, a réaffirmé lundi à Bruxelles que les discussions autour d'une période de transition à l'issue du départ du Royaume-Uni ne pourraient débuter qu'une fois un accord trouvé sur les trois points prioritaires du divorce. Mais de son côté, son homologue britannique, le ministre du Brexit David Davis, venu dans la capitale européenne pour le quatrième cycle de négociations sur les conditions du retrait britannique, a réitéré la volonté de Londres d'aborder au plus vite la question de la future relation entre les deux parties, en lui conditionnant le règlement de la facture du divorce.

"Le Royaume-Uni honorera les engagements (financiers) que nous avons faits pendant la période où nous étions membres. Mais il est évident qu'on pourra seulement atteindre une conclusion à ce sujet dans le contexte de, et conformément à, notre nouveau partenariat profond et spécial avec l'UE", a indiqué Davis.

Quelques minutes avant de rejoindre le ministre britannique, à l'issue d'un compte-rendu avec 27 ministres de l'UE sur la progression des négociations, Michel Barnier avait expliqué que les deux sujets ne seraient pas abordés en même temps. "Nous ne mélangerons pas la discussion sur les dettes et sur les engagements du passé, nous ne mélangerons pas ces sujets qui font partie du 'retrait ordonné' (du Royaume-Uni), avec une discussion sur la future relation", a-t-il insisté. La position officielle depuis de longues semaines de l'Union européenne.

| Lire aussi : Brexit : l'épineuse question de la période de transition

Michel Barnier a souhaité que ce nouveau round de pourparlers qui s'ouvre lundi à Bruxelles permette aux Britanniques de "traduire" le discours donné par la Première ministre Theresa May vendredi "dans des positions précises de négociations". Sur la question d'une période de transition de deux ans, évoquée par la Première ministre pour la première fois à Florence, il a assuré que cela passait par un "accord préalable" sur les trois sujets prioritaires fixés: le droit des citoyens, l'Irlande et le réglement financier.

Cette période de transition, demandée par le Royaime-Uni, devra se faire selon lui sous le régime des règles communautaires. "S'il s'agit durant cette période de maintenir la participation du Royaume-Uni au marché unique et à l'Union douanière (...), et aux politiques qui accompagnent le marché unique, il est clair que la totalité de l'architecture de régulation européenne, -- (sa mise en oeuvre), les conditions financières, la supervision, tout cela sera maintenu dans cette période-là sans exception", a asséné Michel Barnier.

(Avec AFP)

Mon, 25 Sep 2017 18:11:00 +0200

Bpifrance : investisseurs US, welcome !

« La nouvelle révolution française » : c'est ainsi que décrit Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, l'essor d'une nouvelle génération de talents, d'une culture pro-entrepreneurs et d'un secteur du capital-risque passant la vitesse supérieure. La Banque publique d'investissement, qui fêtera en fin d'année ses cinq ans, a joué un rôle essentiel de catalyseur de l'écosystème de startups français ces dernières années et son bouillant patron, inlassable VRP de la French Tech, ne manque pas de le faire savoir. Il y a deux semaines, il a lui-même « pitché » devant le gratin du venture capital, le conseil d'administration de l'Association des sociétés de capital-risque américaines (NVCA), à Washington, en présentant la BPI comme « la version française de la Silicon Valley Bank. »

A la nuance près que la SVB est une banque commerciale, cotée en Bourse, tandis que la BPI est à la fois un fonds souverain, une banque de cofinancement et un investisseur en capital-risque, détenue à 50/50 par l'Etat français et la Caisse des dépôts.

Bpifrance financement VC

[Bpifrance, la Silicon Valley Bank à la française. Crédit : Bpifrance]

A coups de citations laudatives de Mark Zuckerberg ou du fondateur de l'accélérateur Y Combinator, de photos de Station F et de l'école de code de Xavier Niel 42, de graphiques illustrant l'explosion des montants investis, Nicolas Dufourcq a montré la France sous son jour le plus « bankable. » Sans cacher un mal français persistant, mais curable : la difficulté de financer de gros tours de table pour aider les entreprises à devenir des champions mondiaux.

La taille moyenne des fonds de capital-risque français a, certes, doublé de 80 millions à 160 millions d'euros entre 2012 et 2016, mais elle reste insuffisante au regard des plus grosses levées de fonds telles que les 250 millions du géant roubaisien du cloud OVH ou des 150 millions du roi de l'Internet des objets Sigfox.

BPI fonds VC fr vs levées French Tech

[Le défi d'aujourd'hui : l'étape de la croissance. Crédit : Bpifrance]

"Le plus gros fonds de capital-risque français"

Pourtant, les derniers chiffres révèlent des levées de fonds record des sociétés de capital-risque françaises, dépassant même celles de leurs homologues britanniques pour la première fois. Pour autant, Nicolas Dufourcq a fait valoir ce lundi, en présentant à la presse l'activité du premier semestre, que « BPI est le plus gros fonds de capital-risque français ». Devant notamment Sofinnova Partners (1,6 milliard d'euros sous gestion) et Partech Ventures (1,2 milliard d'euros) :

« Bpifrance est la plus grosse société de gestion française, avec 2 milliards d'euros sous gestion. Nous gérons nos fonds propres (700 millions d'euros), des fonds que l'Etat ou la Caisse des Dépôts nous ont confiés, ainsi que des fonds d'entreprises privées, comme Sanofi et Roche dans le fonds InnoBio », a-t-il relevé.

En juin dernier, la capacité d'investissement de son fonds Large Venture (sociétés en hypercroissance ayant d'importants besoins de capitaux) a été portée de 600 millions à un milliard d'euros « pour augmenter les tickets du fonds et favoriser les levées importantes ». Les investissements en direct de Bpi ont grimpé de 42% à 115 millions d'euros au premier semestre (fonds Ville de demain, French Tech Accélération et Large Venture notamment). Cependant, l'activité de financement de l'innovation dans son ensemble a reculé de 5% à 600 millions d'euros, essentiellement du côté des aides, reflétant la baisse des dotations de l'Etat.

BPI innovation s12017

[Activité de Bpifrance dans le financement de l'innovation au premier semestre 2017. Crédit : BPI]

Convaincre les fonds de pension américains

Si les fonds levés par les VC français sont désormais plus proches des besoins de l'écosystème, la BPI ne pourra seule relever le défi du financement de l'hypercroissance des jeunes entreprises françaises. Son rôle moteur sur le marché du capital-risque passe aussi par ses investissements indirects : ainsi, au premier semestre, « l'activité de fonds de fonds a connu une intensité historique qui contribue à la montée en puissance des fonds d'investissement français », la banque publique ayant souscrit dans 29 fonds pour 487 millions d'euros (+95%).

« Pour la première fois, nous allons mettre cette année 1,1 milliard d'euros dans des fonds français, dont la moitié dans du capital-risque », a indiqué Nicolas Dufourcq. « Nous aimerions que certaines sociétés de gestion fusionnent et créent des fonds de growth [capital-croissance, tickets en dizaines de millions d'euros, ndlr] de taille mondiale  pour avoir un effet de marque», a-t-il plaidé.

Une évolution nécessaire face à l'émergence de méga-fonds mondiaux, à l'image de celui de SoftBank (près de 100 milliards de dollars). Muscler le capital-risque français supposera de faire entrer de nouveaux investisseurs :

« Aujourd'hui, le capital-risque français est financé à 80% par les investisseurs français [grands institutionnels, gestionnaires d'actif comme Amundi, assureurs, etc], à 10% par la Banque européenne d'investissement (BEI) et à 10% par des family offices [gérants de grandes fortunes, ndlr] européens. C'est une anomalie : le capital-risque israélien est financé à 80% par des investisseurs américains, en Inde c'est la même chose », a analysé Nicolas Dufourcq.

« La cause est un problème de réputation : il faut convaincre les fonds de pension américains, les fondations de grandes universités américaines et les fonds de fonds d'investir dans le capital-risque français. »

Le patron de Bpifrance a cité en exemple Israël où se créent d'importants fonds Growth, « sinon ce sont de gros fonds américains, comme Accel, qui raflent toute la valeur. Nous préférons que les Américains investissent dans Serena Capital plutôt qu'ils rachètent Blablacar en France », a-t-il résumé.

Ce qui peut attirer les investisseurs américains, au-delà d'une meilleure image de la France qui nécessite un travail de fond, c'est le retour sur investissement, en particulier la perspective d'une sortie juteuse en plus-value. Le directeur général de BPI était venu avec quelques munitions lors de sa présentation aux VC américains :

« Le slide qui tue pour les Américains est celui des 10 exits de plus de 100 millions d'euros [ou presque, ndlr], des sorties à forts multiples (de valorisation). Les Américains m'ont dit : on revient en France ! »

BPI sorties French tech VC IPO

[Les plus importantes sorties, par rachat ou introduction en Bourse, d'entreprises de la French Tech au cours des douze derniers mois, en millions de dollars. Crédit : BPI]

Mon, 25 Sep 2017 18:10:00 +0200

Commerce mondial : l'OMC relève ses prévisions de croissance pour 2017

L'embellie des échanges commerciaux se confirme. Dans leur dernière communication, les économistes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) prévoient une réelle hausse des échanges commerciaux pour 2017 après une année 2016 peu dynamique. L'amélioration de ces projections fait suite à l'accélération marquée de la croissance du commerce mondial au premier semestre de l'année.

"L'estimation de la croissance du volume du commerce mondial des marchandises en 2017 est passée à 3,6%. La précédente estimation pour 2017 était de 2,4%, mais avec une fourchette de 1,8% à 3,6%, reflétant le haut niveau d'incertitude sur l'économie et les politiques. La nouvelle estimation se situe dans la partie haute de la fourchette. Une croissance de 3,6% représenterait une nette amélioration par rapport à la faible augmentation de 1,3% enregistrée en 2016."

Un rebond des échanges

La prévision de croissance plus forte en 2017 est basée sur la reprise des flux commerciaux en Asie et celle des importations en Amérique du Nord, qui avait marqué le pas en 2016, note l'OMC. Un produit intérieur brut (PIB) en plus forte croissance, particulièrement en Chine et aux États-Unis, a stimulé les importations, ce qui a donné une impulsion au commerce intra-asiatique, la demande se transmettant à travers les chaînes d'approvisionnement régionales, explique l'organisation.

Des risques persistants

Malgré des prévisions plus optimistes, l'organisation internationale reste prudente. Le directeur général de l'OMC Roberto Azevedo a ainsi déclaré :

"L'amélioration des perspectives du commerce est une bonne nouvelle, mais il subsiste des risques importants qui menacent l'économie mondiale et qui pourraient bien nuire à la reprise du commerce."

Roberto Azevedo est ainsi revenu sur un nombre de risques menaçants pour le commerce mondial.

"Parmi ces risques, il y a la possibilité que la rhétorique protectionniste donne lieu à des actions restrictives pour le commerce, la montée inquiétante des tensions géopolitiques mondiales et le coût économique croissant des catastrophes naturelles."

Toutefois, la croissance des échanges commerciaux est mieux synchronisée entre les différentes régions du monde qu'elle ne l'a été depuis de nombreuses années, ce qui pourrait la renforcer, ajoute-t-il.

> Lire aussi : Le coût des catastrophes naturelles en forte hausse

Un ralentissement en 2018

Le rythme soutenu de la croissance en 2017, qui suit une année morose, ne devrait pas se maintenir en 2018, compte tenu des perspectives de resserrement des politiques monétaires aux Etats-Unis et en zone euro et de coup de frein au crédit facile en Chine pour éviter la surchauffe économique, souligne l'OMC.

"Tous ces facteurs devraient contribuer à une modération de la croissance du commerce mondial en 2018 à environ 3,2% (la fourchette allant de +1,4% à +4,4%)", précise l'organisation.

Le ratio entre la croissance du commerce et celle du PIB, qui est habituellement d'environ 2 mais qui est tombé à 1 pendant la décennie qui a suivi la crise financière, devrait remonter cette année avec une croissance du commerce 1,3 fois plus rapide que celle de l'économie mondiale, selon l'OMC.

'Prétendu ralentissement des marchés émergents'

Si les estimations de l'OMC se vérifient en 2017, les économies en développement devanceront les économies développées en termes de croissance du commerce en volume, à la fois pour les exportations et les importations, relève l'OMC. L'organisation ne sait cependant pas si ce rebond des économies en développement marquera "la fin du prétendu ralentissement des marchés émergents".

(Avec agences)

Mon, 25 Sep 2017 17:45:00 +0200

Très haut débit : le gouvernement se met en stand-by

Pour l'instant, pas question de mettre plus d'argent que prévu. Dans le cadre du grand plan d'investissement de 57 milliards d'euros dévoilé ce lundi par le gouvernement, l'exécutif affirme, dans son « initiative 19 », vouloir « soutenir le déploiement du très haut débit ». Comment ? En reprenant le Plan France Très haut débit, initié en 2010-2011, sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, et qui a été poursuivi sans grand changement par François Hollande. Comme le rappelle le rapport de l'exécutif, élaboré par l'économiste Jean Pisani-Ferry, ce grand chantier « vise à couvrir l'intégralité du territoire en très haut débit d'ici à 2022 ». « L'objectif de ce plan est de doter d'un accès Internet performant l'ensemble des particuliers, des entreprises et des administrations pour leur permettre un usage efficace des technologies de l'information et de la communication », rappelle le document.

| Lire aussi : Internet : la bataille du très haut débit pour tous

Jusqu'à présent, le financement de ce chantier était évalué à 20 milliards d'euros. Le rapport de Jean Pisani-Ferry précise que l'état s'est notamment engagé à débourser 3,3 milliards d'euros en subventions. Celles-ci sont en effet censées aider les collectivités des zones rurales et moins denses à se doter du très haut débit. Et ce dans le cas où les grands opérateurs nationaux ne souhaitent pas, pour des raisons de rentabilité économique, y déployer directement un réseau. A ce jour, l'Etat a déboursé 3 milliards d'euros, précise le rapport, qui souligne que les 300 millions d'euros restants seront bien engagés.

Toutefois, le rapport souligne que l'Etat ne compte pas, pour l'instant, investir davantage dans le plan France Très haut débit. Concrètement, le gouvernement se laisse le temps « de déterminer les besoins complémentaires d'investissements, au-delà de l'objectif de 2022 et de l'enveloppe initiale de 3,3 milliards d'euros, afin de finaliser la couverture en très haut débit ». « Cette discussion se fera avec les collectivités territoriales, les co-financeurs publics, les opérateurs télécom et les partenaires privés, lit-on. Les nouveaux projets capitaliseront sur les exemples passés pour proposer des modèles de financement durables, à fort effet de levier. »

En outre, le rapport Pisani-Ferry n'est pas revenu sur l'objectif d'un « très bon débit » pour tous à horizon 2020, un objectif intermédiaire annoncé courant juillet par Emmanuel Macron. Il faut dire que pour y arriver, l'exécutif mise sur davantage d'investissement de la part des opérateurs télécoms. Mais ces derniers, qui négocient depuis plusieurs semaines avec le gouvernement, réclament en échange des contreparties financières. Des annonces sont, sur ce front, attendues cette semaine.

| Lire aussi : Télécoms : en marche vers le grand marchandage

Mon, 25 Sep 2017 17:43:00 +0200

Air France lance Joon sur des destinations long-courriers surprenantes

Deux mois après avoir annoncé le projet de création d'une nouvelle filiale baptisée Joon, Air France a dévoilé ce lundi les contours de cette nouvelle compagnie à coûts inférieurs aux siens, censée lui permettre d'ouvrir de nouvelles lignes, d'en rouvrir certaines qui avaient dû être fermées faute de rentabilité, et d'en transférer un certain nombre toujours exploitées par Air France mais dans des conditions économiques extrêmement difficiles. Objectif principal : réduire les coûts d'alimentation du hub de Roissy-Charles de Gaulle sur le moyen-courrier, malmené par les compagnies low-cost, et reprendre du terrain face aux compagnies du Golfe sur le réseau long-courrier. Et plus précisément sur des lignes dites mi-loisirs, mi-business, appelées parfois dans le secteur de « bleisure ».

Début des vols le premier décembre sur moyen-courrier

Face à ce cahier des charges, les premières annonces de Joon sont pour le moins surprenantes. Pas tant sur le moyen-courrier où les lignes vers Porto, Barcelone, Lisbonne et Berlin (que la compagnie desservira à partir du 1er décembre) correspondent à des routes très concurrencées par les compagnies à bas coûts, mais surtout sur le long-courrier. Car, en annonçant comme premières destinations long-courriers des vols vers Mahé aux Seychelles et Fortaleza au Brésil à partir de fin mars 2018, il est difficile d'y voir l'esprit « de la reconquête » cher à la direction face aux compagnies du Golfe. Peu stratégiques même si elles ont un certain potentiel, ces lignes, et notamment Mahé, ne répondent pas au profil annoncé en termes de potentiel de clientèle. La ligne est en effet essentiellement loisirs (certes haut de gamme) peu fréquentée par les Jeunes à l'exception des voyages de noces, alors que Joon vise essentiellement les 18-35 ans nés avec le numérique.

Trois lignes d'Air France transférées chez Joon

Certes, ce n'est qu'un début et Air France aura l'occasion de présenter rapidement des dessertes plus ambitieuses puisque, selon Franck Terner, le directeur général d'Air France, trois lignes d'Air France long-courriers seront transférées l'été prochain chez Joon. Mais, en choisissant de ne pas annoncer une destination symbole de la reconquête et du redressement du long-courrier (dont 35% des lignes étaient il y a encore quelques mois dans le rouge), Joon a perdu une belle occasion de frapper fort d'entrée en montrant à ses concurrents qu'elle est prête à en découdre. Le cahier des charges évoqué par la direction colle plus à des dessertes comme Bangkok, Hô-Chi-Minh-Ville ou Orlando (récemment arrêtée) par exemple,

Prix attractifs

Outre le réseau, Air France a également présenté des prix d'appel et le produit à bord de Joon.

 « Joon est un nouveau modèle de compagnie aérienne entre la compagnie classique et la compagnie low-cost » où « seront testées des nouveautés » dans un « esprit startup » a expliqué Jean-Michel Mathieu, le directeur général de Joon, précisant qu'elle pratiquerait des « tarifs attractifs ».

Les vols moyen-courriers débuteront à 39 euros TTC l'aller simple et ceux vers les Seychelles et Fortaleza à partir de 299 euros et 249 euros l'aller simple. Sur le moyen-courrier, les boissons seront gratuites. Le repas sera gratuit en classe affaires. Sur le long-courrier un repas sera inclus dans le tarif de base pour toutes les catégories de billets. Sur le moyen-courrier comme sur le long-courrier, les bagages en soute seront payants

Des hôtesses et stewards en baskets

Loin de la stratégie de montée en gamme mise en place par l'ancien Pdg Alexandre de Juniac, Joon a choisi la « rupture » pour les uniformes de son personnel de bord, en doudoune sans manches et baskets blanches conçus avec des matériaux recyclés à partir de bouteilles en plastique. Côté sièges, les A340 d'Air France seront équipés de nouveaux fauteuils. Joon se présente comme un laboratoire dont les innovations ont vocation à être déployées sur Air France. Joon offrira par exemple l'accès aux passagers à partir de leur propre smartphone, tablette ou ordinateur, au « streaming en vol » avec une offre de séries notamment. Sur le long courrier, ils pourront utiliser des lunettes à réalité virtuelle.

Négociations à venir avec les syndicats sur le périmètre

Cette nouvelle compagnie débutera ses opérations avec six avions moyen-courriers et trois ou quatre A340. A partir de 2019, Joon prendra livraison des premiers A350. En 2020, Joon comptera 28 appareils, 18 de la famille A320 et 10 gros-porteurs composés d'A340 et d'A350. Au total, Joon devrait permettre d'augmenter l'offre en sièges d'Air France sur le long-courrier de 10% entre 2017 et 2020. Pour aller au-delà, la direction devra obtenir le feu vert des syndicats de pilotes et de personnels de cabine comme elle s'y est engagée. Certes les accords concernant Joon sont à durée indéterminée et peuvent donc être dénoncés à tout moment par la direction. Mais dans la pratique, les directions successives ont préféré la négociation d'accords aux passages en force. L'extension du périmètre de Joon risque donc de passer par de longues négociations et par conséquent par des concessions.

130 millions d'euros d'économies

Avec Joon, la direction veut réduire les coûts de 18% sur le long-courrier et de 15% sur le moyen-courrier. Les sources d'économies reposent en grande partie sur le poste des hôtesses et stewards (PNC, pour personnels navigants commerciaux). Recrutés sur le marché avec des conditions de travail et de rémunération spécifiques, et non à Air France, leur coût sera 45% moins élevé que dans la maison-mère. Les pilotes seront en revanche ceux d'Air France, lesquels voleront indifféremment d'une compagnie à l'autre. La baisse de coûts de 15% sur le poste des pilotes Joon, sera obtenue par des efforts mutualisés sur l'ensemble des pilotes d'Air France. Soit 1,5% sur l'ensemble des pilotes. Au final, Joon doit générer 130 millions d'euros d'économies à Air France d'ici à 2020.