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La Tribune

Wed, 17 Jan 2018 05:00:00 +0100

Politique économique : les Français jugent sévèrement Macron

C'est un mauvais signal pour Emmanuel Macron. Malgré une conjoncture économique favorable et des réformes menées à grand pas, la politique économique menée par le président de la République est jugée défavorablement par une majorité de Français selon la dernière enquête mensuelle d'opinion BVA/La Tribune sur "les questions de l'économie."

53% des Français mécontents de Macron

53% des répondants jugent de manière négative la politique économique menée actuellement par Emmanuel Macron. C'est 4 points de moins qu'en octobre. Le mécontentement provient principalement des employés et ouvriers (57%), les personnes touchant les revenus les plus faibles (60%), les 35-49 ans (61%). Sur le plan politique, les critiques émanent surtout des sympathisants de gauche (71%) et du Front national (84%).

Il apparaît que les dernières mesures économiques, fiscales et sociales engagées par le gouvernement comme la hausse du prix du tabac, ou la hausse des taxes sur le carburant ont eu un impact sur ces catégories. Le calendrier de mise en place des mesures plus favorables pour le pouvoir d'achat des catégories les plus modestes, comme les revalorisations des prestations sociales (allocation adulte handicapé, minimum vieillesse, prime d'activité), sont plutôt prévues en fin d'année.

À l'opposé, 43% des Français pensent que la politique économique du gouvernement est bonne  notamment chez les personnes âgées de 65 ans et plus et les personnes disposant de hauts revenus. Des résultats qui font écho à l'électorat de l'ancien banquier d'affaires. L'institut de sondages rappelle néanmoins qu'il perd trois points chez les interrogés qui avaient une opinion favorable par rapport aux résultats du mois d'octobre.

> Lire aussi : Macron - Le Pen : portrait-robot de l'électeur du second tour

L'ancien ministre de l'Économie perd également du terrain chez les sympathisants de droite (-10 points par rapport à octobre). Chez les sympathisants du Parti socialiste, ils recueillent 45% d'opinions favorables et 23% d'opinions positives chez les sympathisants de la France insoumise.

Les Français sceptiques sur l'avenir

Interrogés sur différents thèmes économiques, les sondés étaient invités à se prononcer sur les résultats à venir de la politique économique de Macron selon plusieurs échéances. Et au vu des réponses récoltées, les Français ont été très critiques à l'égard de la politique du gouvernement sur le pouvoir d'achat. Près de deux tiers des répondants (63%) ont ainsi indiqué que les réformes de l'actuelle majorité ne permettront pas d'avoir de résultats dans ce domaine. Des réponses qui font également écho à l'étude récente des économistes de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le centre de recherches lié à Sciences Po Paris. Ce travail  signale que si les mesures du budget seraient quasiment neutres sur le pouvoir d'achat global des ménages en moyenne, les inégalités pourraient s'accroître en 2018.

"En faisant de la baisse de la fiscalité sur le capital une priorité du budget 2018, le gouvernement a fait le choix de privilégier à court terme les ménages les plus aisés. Si certaines mesures visent à soutenir le pouvoir d'achat des ménages modestes et des « classes moyennes », leur montée en charge tardive devrait conduire à un accroissement des inégalités de niveau de vie en moyenne sur 2018".

> Lire aussi : Budget 2018 : les mesures profiteront davantage aux riches, selon l'OFCE

Sur la question de la lutte contre le chômage et celle de la réduction des déficits, la majorité des interrogés estime que la politique économique actuellement menée ne permettra pas d'obtenir de résultats. Ils sont néanmoins respectivement 44% et 43% "à penser que les actions menées produiront des résultats,mais pas pour tout de suite (entre 2019 et la fin du quinquennat), signe néanmoins d'une certaine confiance au sein d'une minorité" explique la société de sondages.

La protection des emplois au centre des préoccupations

D'après les réponses obtenues par BVA, un Français sur deux considère que pour lutter contre le chômage, il faut assurer la protection des emplois et empêcher les entreprises de licencier plus facilement. "Ils sont même 64% à considérer que dans l'absolu, faciliter les licenciements ne constitue pas une mesure efficace pour résorber le chômage". Des réponses qui vont à l'encontre des réformes menées par l'exécutif notamment sur le Code du travail.

> Lire aussi : Réforme du Code du travail : que contiennent les ordonnances ?

 Évidemment, certains clivages apparaissent entre les différentes couleurs politiques. "Les personnes proches du Front national, restent majoritairement hostiles à toute mesure visant à faciliter les licenciements tandis qu'à l'inverse, les sympathisants de droite et les sympathisants LREM y adhérent majoritairement" précise BVA. Selon l'enquête d'opinion, la minorité des répondants adhérant " à une certaine libéralisation  du marché du travail progresse au fil des ans". En 2005, ils n'étaient que 27% à penser qu'il valait mieux permettre aux entreprises d'embaucher et de licencier facilement contre 42% en 2013 et 45% actuellement.

Enfin, en ce qui concerne le contrôle renforcé des chômeurs, une majorité d'interrogés continue de penser que c'est un moyen efficace pour lutter contre le chômage. Or plusieurs travaux universitaires ont montré que ce renforcement ne permettait pas de résorber ce phénomène. Un défi de plus pour Emmanuel Macron qui veut mener cette bataille dans le cadre de sa réforme sur l'assurance chômage.

> Lire aussi : Contrôle des chômeurs : les plans du gouvernement font polémique

Méthode : Enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 15 au 16 janvier 2018. Elle est basée sur un échantillon de 1092 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Tue, 16 Jan 2018 18:36:00 +0100

Société Générale aurait reçu un redressement fiscal de 2,2 milliards d'euros

La Société Générale devra-t-elle rendre à l'Etat les 2,2 milliards d'euros de crédit d'impôt dont elle avait bénéficié pour compenser la perte imputée à Jérôme Kerviel ? En septembre 2016, au lendemain de l'arrêt de la Cour d'appel de Versailles qui avait reconnu l'ex-trader "partiellement responsable" et sérieusement réduit les dommages et intérêts dus à la banque, cette question de l'ardoise fiscale de la Soc Gen était revenue sur la table. Michel Sapin, alors ministre de l'Économie et des Finances, et Christian Eckert, à l'époque secrétaire d'État au budget et aux comptes publics, avaient annoncé publiquement qu'ils avaient demandé à l'administration fiscale d'examiner les conséquences de cet arrêt. En novembre 2016, le journal Les Échos avait révélé  que la procédure de redressement fiscal avait été lancée pour récupérer "tout ou partie" de ces 2,2 milliards.

Selon le Canard enchaîné daté de ce mercredi, l'administration fiscale française aurait transmis au printemps à la Société générale un redressement fiscal pour récupérer les 2,2 milliards d'euros. Bercy n'a pas souhaité commenter et la Société Générale invoque le secret fiscal.

"Oh ! 5 ans de bagarre, mais peut être enfin victoire ?" a réagi  sur Twitter Julien Bayou, élu d'Île-de-France et porte-parole d'EELV, qui a écrit un livre sur le sujet : "Kerviel : une affaire d'État. 2 milliards pour la société en général."

Cependant, il peut sembler curieux que la banque n'ait pas communiqué aux investisseurs sur ce redressement colossal alors qu'elle l'a fait la semaine dernière sur une "proposition de rectification à la suite d'un contrôle fiscal de l'administration française sur divers impôts d'exploitation" d'un montant bien moindre (de l'ordre de 140 millions d'euros). Hypothèse possible : la procédure n'en est pas encore au stade de la notification formelle.

La banque de La Défense a jusqu'ici soutenu que l'arrêt de la Cour d'appel de Versailles ne remettait pas en cause le "bien-fondé" du traitement fiscal de la perte de trading occasionnée par le débouclage des positions de Jérôme Kerviel, évaluée à 4,9 milliards d'euros en 2008. Le directeur général, Frédéric Oudéa, avait martelé  que la banque était "sereine", confortée par la jurisprudence du Conseil d'État sur le mode déduction de la perte.

"Entre la contestation du redressement devant le tribunal administratif, puis la cour administrative d'appel et, enfin, le Conseil d'État, cinq ans, au moins, risquent de s'écouler" reconnaît d'ailleurs le Canard Enchaîné.

Tue, 16 Jan 2018 18:09:00 +0100

Le gouvernement veut séduire à nouveau le secteur du logement social

« Nous sommes dans une gare (du nom du lieu-hôte des vœux, NDLR) mais ce n'est pas un terminus. Nous allons avancer et transformer ce pays ». Six mois après la polémique sur la baisse des APL, Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires se félicite de la nouvelle convention signée avec Action Logement afin de « réaffirmer leur soutien au secteur du logement social ». Si Jacques Chanut, également chef d'entreprise dans le BTP et président de la FFB, quitte la présidence de l'ex-1 % Logement pour ne pas interférer avec les élections au MEDEF, l'ex-sénateur radical-rural confirme la création prochaine d'une structure de portage pour faciliter la vente de logements sociaux par des organismes HLM.

5 ou 10 milliards d'euros pour la rénovation urbaine ?

Comme lors de la présentation de la stratégie Logement le 20 septembre dernier, Jacques Mézard ne veut chasser personne, mais tient beaucoup à cet « organisme fluidificateur » tout en rappelant qu'il n'est « pas question de se lancer dans des opérations spéculatives ». Action Logement portera les démarches des bailleurs et, au bout d'un délai raisonnable, les biens reviendront à l'organisme initial.

Le ministre, qui devrait présenter son projet de loi Évolution du logement et aménagement numérique (ELAN)  en avril prochain, remet sa casquette de chargé de la cohésion des territoires pour défendre le passage de 5 à 10 milliards d'euros pour le plan national de la rénovation urbaine. Après le discours de Macron à Roubaix mi-novembre pour le 40ème anniversaire de la politique de la ville, les actes : « éviter le développement d'une dérive qui fait qu'en partie, la République s'est retirée de ces quartiers ».

40.000 logements pour les jeunes

Qui dit doublement d'un programme pense à recherche de financements. Fin février 2018, le temps d'en réaliser l'inventaire, Action Logement présentera la cession de ses activités non-concurrentielles. En clair, l'idée est de « vendre ce qui n'a pas de plus-value sociale » comme les sociétés de promotion ou agences immobilières.
2 milliards d'euros de prêt de haut de bilan seront également octroyés par la Caisse des Dépôts afin de soutenir l'investissement des organismes de logement social. Là encore, avec l'arrivée récente d'Eric Lombard à la direction générale de la CDC, seule une rencontre a eu lieu la première semaine de janvier. La discussion est encore en cours et aucune directive n'est établie. « Nous avons un rôle immobilier d'action qui donne des objectifs » précise Jacques Chanut.

Parmi les autres mesures, 50 millions d'euros pour les aides à la pierre, le co-financement de 40.000 logements pour les jeunes, le financement de la production de logements locatifs intermédiaires, la lutte contre la précarité énergétique et des aides à la rénovation. Le chiffre de 500.000 logements réhabilités par an, répété sans cesse sous le quinquennat précédent, a simplement disparu des écrans radars. Mais le sujet demeure au coeur des enjeux du secteur du BTP.

Tue, 16 Jan 2018 17:53:00 +0100

Le mentorat, un levier vers l’égalité : duo 6

L'expérience entrepreneuriale ? Anaïs Salson l'a déjà osée en créant une première startup avec le soutien du réseau International au Féminin. Un essai qui ne se transformera pas ; la société ayant fermé ses portes en novembre 2016. Mais, comme tout bonne entrepreneure qui se respecte, l'échec est avant toute chose, un atout. Le comprendre, l'analyser et l'utiliser pour recommencer en mieux, c'était vraiment ce qu'Anaïs avait en tête. Cécile Delettré, à la tête d'International au Féminin, le sait bien et encourage vivement la jeune femme à poursuivre sur sa lancée. « Anaïs a non seulement le goût d'entreprendre, mais porte un projet international et éducatif qui correspond à notre ADN. J'ai décidé de l'accompagner, la challenger, lui transmettre mon expérience, lui faire partager notre réseau, de la rendre visible auprès de partenaires potentiels, parce que seule, à 29 ans et donc avec une courte expérience professionnelle, les acquis n'en sont qu'à leur début. Un soutien est évidemment primordial ». Soutien qu'Anaïs reçoit en toute confiance et qui l'a aidée à clarifier son projet : « Je viens de créer What If Spirit, une structure qui a pour mission d'aider les élèves du monde entier à entreprendre leur vie. Une grande partie des métiers de 2030 n'existent pas encore ; qui nous y prépare ? Regardez le système éducatif qui utilise encore les méthodes d'hier pour enseigner... Il est urgent d'accélérer la transformation numérique dans les écoles et de s'inspirer des bonnes pratiques déjà existantes ». Et l'inspiration, c'est dans le monde entier qu'Anaïs la trouve ; elle qui, déjà à 17 ans, était partie vivre une année en Argentine avant de faire Science Po Toulouse puis de repartir en Australie et de revenir pour créer une startup dont la mission était de trouver des stages à l'étranger pour les étudiants. Le fameux échec qui permet à Anaïs de réaliser que le goût de l'international et de l'éducation étaient au cœur même de ses envies. Aujourd'hui est donc le début d'une nouvelle aventure qui va l'emmener pendant un an dans un tour du monde d'observation des systèmes scolaires, tour sous la bienveillance d'International au féminin, dont le réseau est une aide précieuse pour le networking d'Anaïs. « C'est notre rôle d'accompagner Anaïs et de lui offrir la possibilité de profiter de notre réseau international. Il est primordial qu'elle rencontre d'autres femmes qui comme elle, se sont lancées et ont rencontré les mêmes difficultés. C'est là toute l'importance des rôles modèles, à condition qu'ils soient accessibles. Souvent les femmes choisies comme exemple, sont des super women inaccessibles, dont le parcours très long peut avoir un effet démotivant et effrayant à considérer la distance qu'il reste à faire pour atteindre l'objectif. Il est essentiel de démocratiser les rôles modèles : des femmes inconnues et au parcours incroyables, il en existe beaucoup. Celles qui réussissent ne sont pas toujours des têtes d'affiches. Il est de notre responsabilité de les révéler si nous voulons changer les codes et casser les mentalités. Tout comme il est indispensable de s'inspirer de ce qui se passe ailleurs. C'est la force de notre réseau. Il suffit par exemple que je vous dise qu'en Chine (et contrairement en France) on compte, si ce n'est plus, autant d'ingénieurs hommes que femmes. C'est donc la preuve que c'est possible ».

Tue, 16 Jan 2018 17:51:00 +0100

La 5G sera testée cette année dans neuf métropoles

Même si cette technologie est toujours en phase de normalisation, Sébastien Soriano ne veut pas perdre de temps. La future technologie mobile 5G va être testée dans neuf métropoles à partir de cette année et sur une durée de 18 à 24 mois, a dit mardi le président de l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep). Interrogé par le magazine L'Usine Nouvelle, M. Soriano a lancé un appel "à tous les acteurs: les opérateurs mobiles, mais aussi les acteurs d'infrastructures d'énergie, routière, portuaire, ferroviaire et les industriels" pour participer à cette phase de test.

"Nous comptons lancer des pilotes grandeur nature, y compris sur les aspects de commercialisation", ajoute-t-il, précisant que cela serait lancé "dès cette année". La 5G, qui doit prendre la suite de la 4G à partir de 2020, doit permettre de connecter tant les humains, en leur offrant un débit bien supérieur à ceux existant actuellement, que les machines, voitures autonomes, objets connectés, ville intelligente ou encore médecine à distance.

« Tester le modèle économique »

"Nous voulons que la France soit une terre pionnière pour tester le modèle économique. Il y a derrière des enjeux importants de compétitivité", a estimé le président de l'Arcep. Les expérimentations pourraient être réalisées à Lyon, Bordeaux, Lille, Douai, Montpellier, Nantes, Le Havre, Saint-Etienne et Grenoble, un choix lié "par la disponibilité des fréquences". Sébastien Soriano rappelle toutefois que la 5G, "encore en cours de normalisation" ne sera pas disponible à la commercialisation "avant cinq ans".

La 5G fait l'objet d'une course de vitesse entre différents acteurs afin d'être le premier opérateur mondial à la déployer à l'image de l'opérateur américain AT&T qui la promet pour cette année à ses clients. La Corée du Sud a prévu de faire une démonstration grandeur nature à l'occasion des Jeux Olympiques de Pyenongchang alors que le Japon envisage une couverture 5G effective pour ceux de Tokyo, en 2020.

Montée en débit de la 4G

La future génération de technologie mobile est cependant toujours en phase de normalisation entre les différents acteurs mondiaux, opérateurs, équipementiers et industriels, qui tentent de se mettre d'accord sur des fréquences et technologies communes au niveau mondial. La majorité des réseaux 5G promis à court terme sont avant tout une montée en débit de la technologie 4G.

(avec AFP)