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La Tribune

Sun, 25 Feb 2018 12:39:00 +0100

La fin du modèle unique pour l’agriculture française ?

L'agriculture hexagonale offre un bilan de santé contrasté. Si la France compte des champions agro-industriels, des entreprises intermédiaires et des startups qui bénéficient d'une excellente compétitivité sur des marchés mondialisés, plusieurs signaux d'alerte montrent que le secteur vit des mutations profondes et souvent douloureuses.

De nombreuses exploitations sont aujourd'hui en détresse et un agriculteur sur quatre vit en France sous le seuil de pauvreté. Les raisons de cette paupérisation sont bien connues : elles tiennent à la fois à la dérégulation des marchés agricoles et, surtout, à la très inégale répartition de la valeur dans les filières agricoles et alimentaires.

Les récents États généraux de l'alimentation (EGA) ont été l'occasion d'identifier différentes pistes de réformes pour les années à venir. Ces grandes orientations laissent toutefois de côté trois mutations majeures qui méritent d'être analysées en détail. Elles imposent également une nécessité : changer de paradigme en matière de politiques publiques pour favoriser la diversité des agricultures françaises.

L'émergence d'un capitalisme agraire

Pour la première fois dans l'histoire du secteur agricole naissent de véritables empires, développés par des investisseurs privés et extérieurs à ce milieu. Comme l'ont bien résumé François Purseigle et ses co-auteurs dans le récent ouvrage Le nouveau capitalisme agricole, nous sommes en train de passer de la « ferme à la firme agricole ».

Alors que pendant des décennies, le modèle agricole de référence reposait sur des structures de production familiales, on observe aujourd'hui la multiplication de formes non familiales d'organisation du travail, d'importantes levées de capitaux et des stratégies commerciales totalement inédites. Le modèle dominant de la ferme familiale cède la place ainsi à l'entreprise agricole qui vise à répondre à une demande mondialisée. Ceci est particulièrement vrai dans des secteurs où les produits agricoles sont des commodités (des produits standards et homogènes), où seul le prix bas compte.

Cette émergence d'un capitalisme agraire mondialisé et les transformations des structures de production agricoles posent de nombreuses questions au sujet de la construction de la souveraineté alimentaire des pays, mais également sur les modes de production des denrées alimentaires.

Ainsi, que faut-il penser du rachat de terre à grande échelle de la part d'investisseurs chinois qui expédient ensuite dans leurs pays d'origine les denrées agricoles produites en France ? Ces investissements, s'ils devaient se généraliser, tendraient à faire de la France le « grenier » de puissances étrangères.

La digitalisation du métier d'agriculteur

En parallèle, le métier d'agriculteur est en train de fortement évoluer, notamment sous l'influence de la révolution numérique. Aujourd'hui, seuls 12 % des exploitations ne possèdent aucun objet connecté. On parle souvent de smart farming pour désigner cet univers numérique qui accompagne désormais le quotidien des agriculteurs : puces électroniques, données en temps réel, drones, robots de traite, tracteurs connectés et pilotés par satellite, plateformes et pilotage à distance des exploitations. Les objectifs sont évidents : produire plus et mieux tout en consommant moins d'intrants (et donc en diminuant aussi les coûts).

On voit également apparaître l'intelligence artificielle sur les moissonneuses-batteuses. Elles intègrent des éléments topographiques grâce au positionnement GPS ainsi que les données de rendement des années précédentes.

L'analyse de ces données en temps réel permet à la machine d'adapter les réglages sur plusieurs de ses organes (battage, séparation, nettoyage) pour optimiser différents paramètres (débit, qualité, propreté, pertes). Les robots conversationnels ou « chatbots » constituent une autre déclinaison de l'intelligence artificielle pour les agriculteurs. En élevage, les premiers assistants virtuels sur smartphone aiguillent les éleveurs dans leur choix de taureau, facilitent la commande d'insémination, contrôlent les déclarations de sortie d'animaux.

Objets connectés et intelligence artificielle vont bouleverser comme jamais le métier d'agriculteur.

Rapprocher les producteurs des consommateurs

Depuis plusieurs années, les consommateurs exigent une plus grande transparence et traçabilité des produits agricoles, renouant ainsi avec une tradition pas si lointaine où l'on consommait localement ce qui était produit localement.

Cette demande s'exprime parfaitement à travers les circuits courts, ou encore le regroupement de producteurs en vente directe ou bien la création de mini-marchés locaux ou de paniers paysans (la Ruche qui dit Oui, les AMAP, etc.). Par ailleurs, l'émergence de plateformes transactionnelles change la donne car elles facilitent et sécurisent grandement la mise en relation entre producteurs et consommateurs. Cette transformation est regardée de très près par des géants du web comme Amazon ou encore le Chinois Alibaba, qui voient dans cette mutation des modes de consommation une opportunité majeure de profit.

Les grandes villes n'échappent pas à ce phénomène puisque de nouveaux types d'agriculteurs investissent les espaces urbains. On parle désormais d'une « agriculture urbaine » pour désigner l'appropriation de territoires urbains parfois délaissés ou rendus à une vocation agricole.

Accompagner les mutations

Pour répondre à ces mutations, l'agriculture française doit répondre à trois enjeux majeurs.

Elle doit d'abord réussir son tournant numérique. La digitalisation des métiers ne se décrète ni ne s'impose. Il faut donc accompagner les paysans français dans cette évolution désormais inéluctable. Les coopératives, qui regroupent 75 % du monde agricole, sont particulièrement attendues sur cette question.

Il faut ensuite faire évoluer les modèles économiques en étant réellement transparent sur l'origine des produits et la répartition de la valeur, comme les débats menés dans le cadre des États généraux de l'alimentation l'ont souligné. Les initiatives couronnées de succès, telles que La Marque du consommateur, Merci ou Faire France, montrent que l'on peut avoir une consommation citoyenne et engagée dans notre pays quand la vérité sur les prix agricoles est assumée. Demain, il faudra mieux former les agriculteurs au management, au marketing et à l'informatique.

Enfin, répondre au défi démographique et professionnel. Si la surface agricole française n'a pas reculé, le nombre d'exploitations en France a été divisé par deux depuis les années 1980. Il en résulte de véritables difficultés autour de l'installation ou de la reprise d'exploitations agricoles. À moins de laisser l'initiative à des investisseurs privés étrangers, la France doit pouvoir compter sur un renouvellement des générations afin de maintenir une présence humaine et agricole sur ses territoires. Le rôle des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (comme les Safer) devra être redimensionné et modernisé.

Éviter une vision homogène de l'agriculture

Une interrogation essentielle demeure : quels modèles agricoles les pouvoirs publics souhaitent-ils promouvoir ? Quelles initiatives doivent-ils encourager pour assurer un revenu aux agriculteurs et une alimentation durable et saine aux consommateurs ?

Depuis les années 1950, les pouvoirs publics ont globalement privilégié une orientation productiviste des fermes familiales. Il s'agissait de gagner l'indépendance alimentaire du pays et de maintenir un modèle d'agriculture séculaire.

Comme le souligne le sociologue Bertrand Hervieu, cette vision de l'agriculture reposait sur un postulat de base : l'activité agricole est par excellence une activité à caractère familial, censé se déployer dans un cadre national. Ce modèle universel de l'agriculture, c'est celui d'un adossement des fermes familiales à une industrie agroalimentaire puissante, offrant des progrès technologiques constants.

Les pouvoirs publics ont favorisé ce modèle à travers une politique volontariste et homogène qui a poussé les fermes familiales à se restructurer en continu pour gagner sans cesse en productivité. L'Europe prit le relais à travers la politique agricole commune (PAC), toujours dans le même esprit : ferme familiale productive - industrie agroalimentaire compétitive - souveraineté alimentaire des pays.

Les transformations actuelles font voler en éclat ce paradigme : la ferme familiale est en voie d'extinction, les consommateurs sont moins préoccupés par l'abondance que par la qualité des biens alimentaires, les marchés agricoles sont mondialisés et l'État, comme l'Europe, n'ont plus les moyens de subventionner. Face à ces mutations, l'erreur à ne pas reproduire de la part des pouvoirs publics serait de privilégier, comme par le passé, un modèle unique, au motif qu'il serait souhaitable ou plus performant sur la scène internationale.

Avant de proposer des solutions globales, il apparaît plus que nécessaire de reconnaître et d'accompagner la diversité des différents modèles agricoles français. Il faut éviter une vision homogène de l'agriculture et promouvoir un accompagnement différencié de la part des pouvoirs publics. Les enjeux agricoles ne se posent pas de la même manière en Haute-Loire, en Aquitaine ou dans la plaine de la Beauce. Les pouvoirs publics gagneront à se rapprocher des collectivités territoriales (régions, départements, métropoles) pour mettre en place des dispositifs d'accompagnement localement adaptés.

Dans les années qui viennent, on devrait pouvoir évoquer non pas le Salon international de l'agriculture, qui ouvre ses portes ce samedi 24 février, mais bien le Salon international des agricultures et de l'alimentation durable.

The Conversation ________

 Par Xavier Hollandts, Professeur de Stratégie et Entrepreneuriat, Kedge Business School et Bertrand ValiorgueProfesseur de stratégie et gouvernance des entreprises - co-titulaire de la Chaire Alter-Gouvernance, Université Clermont Auvergne

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Sun, 25 Feb 2018 12:38:00 +0100

Toits potagers en ville, ce n’est pas que pour faire joli

En ville, la gestion des déchets, les épisodes de canicule, les risques d'inondations et l'approvisionnement alimentaire sont autant de défis à relever pour soutenir un développement durable des centres urbains.

Face à ces défis, les scientifiques s'intéressent de près à la végétalisation des zones urbaines : celle-ci peut en effet contribuer à produire des ressources alimentaires et à retenir de l'eau. Ces dernières années, de tels espaces verts se sont multipliés, notamment sur les toits, compte tenu de l'espace urbain limité. Ces espaces peuvent-ils vraiment faire la différence ?

Les promesses des toits urbains

Pour répondre à cette question, nous avons mis à l'épreuve de la science la pratique innovante des potagers sur les toits. Nos résultats - publiés en décembre 2017 dans la revue Agronomy for Sustainable Development - tirent un bilan positif. Le niveau de récoltes sur l'espace testé, à savoir le toit potager de l'école AgroParisTech, est bon et certains « services écosystémiques » sont au rendez-vous : rétention d'eau de pluie, recyclage des biodéchets et stockage du carbone.

C'est la première fois qu'une équipe de recherche mesure les services écosystémiques rendus par ces potagers ; à noter que dans ce cas précis, le toit potager est alimenté uniquement par des déchets urbains. Au vu de ces résultats, l'agriculture urbaine sur les toits pourrait bien devenir plus qu'un phénomène marginal au cœur des mégapoles.

Les toits peuvent en effet représenter jusqu'à 32 % des surfaces horizontales des villes. Il faut également souligner que le phénomène de conquête agricole de ces lieux est aujourd'hui porté par de nombreuses collectivités ; ainsi de Paris, au travers des appels à projets « Parisculteurs » ou encore de l'« Objectif 100 hectares » d'espaces végétalisés dans la capitale d'ici à 2020. Ces expérimentations ont par ailleurs contribué à l'émergence de Topager et Cultures en ville, deux entreprises aujourd'hui bien implantées.

Compost, vers de terre et terreau

C'est donc sur le toit de l'école AgroParisTech - baptisé « Bertrand Ney », du nom du professeur à l'origine de sa création - dans le Ve arrondissement de Paris que notre équipe de recherche a mis en place un potager aérien. Trois objectifs pour ce projet : valoriser les ressources de la ville ; concevoir un système de culture low-tech simple à conduire ; ne pas recourir à l'utilisation d'intrants chimiques (pesticides ou engrais).

Les résultats présentés en décembre dans Agronomy for Sustainable Developmentcorrespondent à deux années (de mars 2013 à mars 2015) où ont été cultivées salades, tomates cerises et engrais verts dans 9 bacs en bois (type compostières de 90x90x40cm).

S'inspirant d'une technique utilisée dans les jardins depuis les années 1980 - la culture en lasagne -, les chercheurs ont comparé deux compositions de sol différentes à un sol témoin.

Le premier bac contient un « Technosol » (désignant un sol constitué de matériaux apportés par l'homme) ; il est composé à parts égales de compost de déchets verts et de bois broyé, issus de l'entretien des espaces verts. Le second bac est de même composition que le premier, mais avec l'ajout de trois différents types de vers de terre, en vue d'accélérer la biodégradation des résidus organiques. Le troisième bac contient un sol témoin, composé de terreau industriel disponible en jardinerie.

Quels services rendus ?

L'équipe s'est concentrée sur quatre services écosystémiques : l'approvisionnement alimentaire (quantité et qualité des récoltes), le recyclage de déchets, la régulation des eaux de pluie (quantité d'eau de pluie retenue et qualité des eaux de drainage) et le stockage de carbone lié à l'utilisation de matériaux riches en matière organique.

- Résultats pour l'approvisionnement alimentaire

Les niveaux de production atteints sont supérieurs à ceux de jardins familiaux en plein sol et proches de ceux de maraîchers professionnels en agriculture biologique en Île-de-France. Les plus forts niveaux de rendement sont atteints dans les Technosols en présence de vers de terre (bac 2). La qualité est aussi au rendez-vous : aucune des récoltes ne dépasse les normes pour les métaux lourds mesurés et réglementés.

- Résultats pour le recyclage des résidus urbains

C'est au Technosol enrichi en vers de terre (bac 2) que revient encore la palme de l'efficacité, avec une diminution de 50 % de l'épaisseur du substrat sur la première année (par tassement et par consommation des éléments nutritifs du « sol » par les plantes). Le Technosol sans vers (bac 1) et le bac témoin (bac 3) montrent quant à eux une diminution de l'épaisseur du substrat de 36 et 31 % respectivement ; cela traduit une consommation annuelle moindre de déchets par le système de culture.

- Résultats pour la régulation des eaux de pluies

Les résultats sont ici semblables entre le témoin (bac 3) et les Technosols (bacs 1 et 2), avec de 74 à 84 % des eaux de pluies retenues. Par rapport à un toit nu, cette expérience montre tout l'intérêt d'installer des bacs de culture pour lutter contre le ruissellement des eaux de pluie.

En ce qui concerne l'impact de l'installation sur les eaux de drainage sortant des bacs, les Technosols (bacs 1 et 2) retiennent, sur les deux années d'expérimentation, plus de nitrates qu'ils n'en rejettent. À la différence du terreau (bac 3) et ce tout particulièrement en début d'expérimentation.

C'est en revanche l'inverse pour le carbone perdu sous forme dissoute (pouvant, en grande quantité, provoquer l'asphyxie d'un milieu aquatique) dans les eaux de drainage : le terreau (bac 3) en libère moins que le Technosol (bac 1) ; la présence de vers dans le bac 2 aboutissant au rejet le plus important.

Ces résultats montrent la nécessité d'optimiser la composition du Technosol et/ou du système de culture en place pour aboutir au rejet le plus faible possible de carbone et d'azote dans les eaux en sortie de toiture. Par ailleurs, l'analyse de deux types d'éléments (le carbone-élément constitutif des Technosols et l'azote-élément nutritif), met bien en évidence deux comportements différents vis-à-vis de la lixiviation.

Agriculture urbaine et circuits courts

À la lumière de ces résultats, on comprend qu'un équilibre reste encore à trouver entre un sol suffisamment riche pour assurer une bonne alimentation des plantes tout en limitant les pertes d'éléments (carbone en particulier) dans l'eau.

Le bilan de ces installations reste toutefois très positif : elles permettent de recycler des déchets organiques voués aujourd'hui majoritairement à l'enfouissement ou à l'incinération. La réutilisation des déchets des villes permet en outre d'éviter l'importation de terreau, l'utilisation de fertilisants minéraux de synthèse, ainsi que la prise en charge du traitement et du transport des ordures vers les décharges, au profit d'une valorisation locale.

La liste des autres bénéfices potentiels de cette agriculture sur les toits peut encore s'élargir : depuis la prévention des inondations (par la rétention d'une partie des écoulements) au rafraîchissement de la ville. Cette agriculture peut participer à la préservation de la biodiversité, favoriser la pollinisation, servir d'espace pédagogique où à visée sociale, tout en rompant avec la monotonie grisâtre des paysages urbains.

À l'heure où il est beaucoup question des circuits courts, l'agriculture urbaine représente une opportunité de transcrire cette logique au cœur des mégapoles.

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Pour plus d'informations, consultez la page dédiée au projet T4P sur le site d'AgroParisTech.

The Conversation ____

Par Baptiste GrardPostdoctoral research fellow, Agro ParisTech - Université Paris-Saclay ; Christine AubryResponsable de l'équipe de recherhces Agricultures Urbaines, Agro ParisTech - Université Paris-Saclay et Claire ChenuEnseignante chercheure à AgroParisTech, science du sol, biogéochimie, matières organiques, INRA

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Sun, 25 Feb 2018 11:06:00 +0100

Corée du Nord: la Chine en colère après des sanctions américaines

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi de nouvelles mesures visant à isoler encore davantage Pyongyang, quelques heures après l'arrivée de sa fille Ivanka en Corée du Sud pour la fin des jeux Olympiques.

De son côté, la Corée du Nord a condamné dimanche la dernière série de sanctions imposées par les Etats-Unis à son encontre, accusant ces derniers de vouloir compromettre l'amélioration des relations inter-coréennes constatée lors des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, rapporte l'agence de presse officielle nord-coréenne.

Sanctions contre des entreprises

Ces sanctions visent plus de 50 sociétés de transport maritime et navires. Selon l'exécutif américain, ceux-ci aident la Corée du Nord à contourner les nombreuses restrictions auxquelles elle est assujettie en raison de son programme nucléaire et balistique.

Ces mesures visent un individu, 27 entités et 28 navires localisés ou enregistrés en Corée du Nord, en Chine, à Singapour, à Taïwan, à Hong Kong, aux Iles Marshall, en Tanzanie, au Panama et aux Comores.

"La Chine est fermement opposée (...) à ce que les Etats-Unis se basent sur leur droit national pour imposer des sanctions unilatérales contre des entités et des individus chinois", a indiqué samedi soir dans un communiqué Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

"Nous avons déposé des protestations officielles auprès des autorités américaines, et exigé que les Etats-Unis mettent fin à leurs pratiques erronées, afin d'éviter de porter atteinte à notre coopération bilatérale sur le dossier" nord-coréen, a-t-il indiqué.

Sanctions économiques

Au fil de 2017, l'ONU a adopté à trois reprises des trains de sanctions économiques contre Pyongyang, touchant notamment les secteurs du pétrole, du fer, du charbon, de la pêche et du textile. Objectif affiché: contraindre le pays reclus à reprendre les discussions sur ses activités nucléaires et balistiques.

La Chine, qui absorbe plus de 90% du commerce nord-coréen, "applique totalement" ces mesures et ne "permettra jamais à des entreprises ou à des citoyens chinois de mener des activités violant ces résolutions", a martelé M. Geng.

Mais pour Pékin, principal soutien économique de la Corée du Nord, les sanctions ne peuvent être décidées que dans le cadre multilatéral des Nations unies. Et non de façon unilatérale par des pays tiers en vertu de leurs lois nationales.

(avec AFP)

Sun, 25 Feb 2018 10:09:00 +0100

Voies sur berges : Pécresse propose une rencontre à Hidalgo

"Ma priorité est de lutter contre la pollution et contre les embouteillages parisiens. Il faut donc reprendre la question depuis le début. Je propose à Anne Hidalgo une rencontre pour en discuter, dans un esprit de co-construction",  a déclaré l'ancienne ministre.

> Lire aussi : Paris : les voies sur berges rendues aux voitures, dit le tribunal administratif

Renouer le dialogue

Le tribunal administratif de Paris a annulé mercredi la piétonnisation des voies sur berge dans le centre de la capitale, mesure phare de la maire pour lutter contre la pollution de l'air. Anne Hidalgo a annoncé jeudi que la Ville allait faire appel de cette décision. Mme Pécresse souhaite que Mme Hidalgo "accepte la main" qu'elle "lui tend depuis un an et demi et qu'on se mette autour de la table".

Des mesures compensatoires

"J'espère que cette décision de justice va mettre fin au refus obstiné de la mairie de nous écouter. La Ville a bien sûr toute légitimité à prendre ce type de mesures, mais il ne faut pas que ce soit au détriment des Franciliens, qui ont enduré tant de galères, de stress et de souffrances", ajoute la présidente de la région.

Selon elle, "il faut qu'elle envisage les scénarios et les mesures compensatoires que nous demandons depuis un an et demi, notamment des parkings relais à un prix abordable aux portes de Paris et une offre de transports supplémentaires financée par la mairie, car les RER et le métro sont déjà saturés". "Je veux ouvrir le dialogue. La mairie de Paris a l'occasion de se rattraper, de corriger la brutalité initiale de sa méthode", ajoute Valérie Pécresse.

(Avec APP)

Sun, 25 Feb 2018 10:01:00 +0100

Monpotager.com, des fruits et légumes virtuels, puis réels

Thierry Desforges, agriculteur à Itteville (Essonne), incarne bien la nouvelle façon de faire en Île-de-France, premier garde-manger de France d'après sa présidente Valérie Pécresse. En 2013, alors qu'il travaille dans l'industrie, il reprend l'exploitation familiale et lance Monpotager.com, une startup visant à relier les producteurs et les consommateurs.

« Nous voulons donner le pouvoir au consommateur, afin qu'il établisse du lien et du liant avec le producteur », explique-t-il aujourd'hui.

L'idée est simple : un client achète sur le site Internet une parcelle exploitée par un producteur local. Quand le premier suit quasiment en temps réel les évolutions, le second exploite le potager en direct. Quand vient l'heure de la récolte, l'agriculteur se rapproche du consommateur et lui propose soit de lui livrer les fruits et les légumes, soit de les troquer en « patates », monnaie locale grâce à laquelle il peut faire ses courses en ligne sur le portail. Le consommateur s'abonne obligatoirement un an et paie, chaque mois, la même somme pour au moins 32 livraisons, que ce soit 14,50 euros pour une parcelle de 15 mètres carrés, ou 100 euros pour une terre de 150 mètres carrés.

Cinq ans après son lancement, Monpotager.com recense déjà 170 producteurs, de l'Île-de-France à la région bordelaise en passant par l'Auvergne-Rhône-Alpes, un peu moins de 3.000 clients et près de 30.000 utilisateurs en ligne qui peuvent aussi y acheter, sans engagement, les fruits et les légumes mis en vente. En moyenne, les producteurs inscrits y gagnent 20 % de leurs revenus, ce qui est loin d'être négligeable. Avec neuf salariés, la startup a, elle, réalisé 500.000 euros de chiffre d'affaires en 2017. Un montant qui double chaque année depuis sa création.