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La Tribune

Fri, 20 Apr 2018 19:32:00 +0200

Crédit Mutuel : la Confédération sort l'arme atomique contre Arkéa

C'est un petit communiqué à l'air anodin, adressé un vendredi après-midi, intitulé « La Confédération nationale du Crédit Mutuel renforce dans ses statuts une pratique mutualiste centenaire : la subsidiarité. » Une page est consacrée à l'ajout d'un article consacrant les « principes de subsidiarité, de territorialité et de solidarité » et la défense de « l'organisation décentralisée du Crédit Mutuel, au plus près de ses sociétaires et des clients, notamment en termes de centres de décisions locaux et régionaux et d'emploi. »

L'organe central du groupe bancaire mutualiste ne cache pas qu'il s'agit de répondre aux « accusations régulières des dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa d'une volonté de centralisation de la Confédération ». Une branche d'olivier tendue en somme ? Pas vraiment.

Un paragraphe au verso du communiqué évoque brièvement un autre changement des statuts concernant « les modalités pratiques de mise en œuvre des sanctions » : le Conseil d'Etat, saisi par Arkéa, avait en effet sanctionné des articles et critiqué le non-respect du principe d'impartialité dans la procédure de sanction prévue dans les statuts. La Confédération ne détaille pas la modification entérinée en conseil d'administration de ce vendredi. Pourtant, l'article 33 vaut le détour :

« Le conseil d'administration, peut, à titre de mesure de régulation, retirer sa confiance à un président de fédération ou à un président de caisse fédérale de Crédit Mutuel ou de CMAR [agricole ou rural, ndlr]. Il peut également retirer l'agrément des directeurs généraux des fédérations, des dirigeants effectifs des caisses fédérales et des responsables des services de contrôle périodique et de la fonction risques. »

Si une « procédure contradictoire préalable » est prévue, la décision du conseil de la Confédération a des conséquences immédiates et lourdes :

« Le retrait d'agrément entraîne la démission d'office de l'intéressé des fonctions pour lesquelles il a été agréé. »

C'est l'arme de dissuasion massive braquée sur les dirigeants d'Arkéa.

La Confédération assure qu'il s'agit simplement de séparer strictement les autorités d'instruction et de sanction, comme l'a exigé le Conseil d'Etat. Une source proche de la Confédération assure que cette modification ne relance « pas du tout » la procédure de sanction engagée contre les dirigeants d'Arkéa, suspendue par le Conseil d'Etat, et  « arrêtée

Le groupe breton, en plein processus de sortie du groupe Crédit Mutuel, a réagi vivement dans un communiqué, dénonçant des « pouvoirs de sanction exorbitants » :

« La Confédération nationale du Crédit Mutuel tente un passage en force pour entraver le processus d'indépendance d'Arkéa » accuse la direction du groupe sécessionniste.

Mercredi dernier, Arkéa a annoncé que 290 caisses locales de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central se sont prononcées en faveur de l'indépendance.

« En dehors de toute procédure de sanction et de façon purement discrétionnaire, la CNCM pourrait priver le groupe Arkéa notamment de son président et de ses dirigeants » analyse le groupe dirigé par Jean-Pierre Denis.

L'article en question doit être approuvé dans le cadre d'une assemblée extraordinaire de la Confédération qui se tiendra le 16 mai prochain. La veille de la manifestation organisée à Paris par un collectif de salariés d'Arkéa en soutien au projet d'indépendance.

« Cette décision [...] est en contradiction totale avec les principes coopératifs et la prétendue volonté de la CNCM de trouver une issue apaisée et partagée à la situation actuelle » critique le groupe breton.

Les pouvoirs publics laisseront-ils faire une éventuelle destitution des dirigeants d'Arkéa dans un tel contexte ? Ils ne pourront rester impassibles en balayant le sujet comme un simple « différend interne.»

Fri, 20 Apr 2018 17:11:00 +0200

Popularité : Macron peine à convaincre

(Article publié le 20 avril à 6h, mis à jour à 17h15 avec une infographie de notre partenaire Statista)

La popularité du chef de l'État regagne quelques couleurs. Après une baisse régulière d'opinions favorables depuis de la fin de l'année 2017, Emmanuel Macron connaît léger un regain de popularité au mois d'avril selon la dernière enquête exclusive BVA-La Tribune-Orange-RTL (*). Ce léger rebond intervient pourtant dans un contexte difficile. L'interview à haut risque accordée aux journalistes Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel dimanche a suscité beaucoup de réactions. Et la multiplication des mouvements sociaux ces dernières semaines complique le rythme des réformes pour l'exécutif qui traverse une séquence difficile. L'institut d'enquête d'opinion signale même que l'écart de popularité marque une nette division entre le secteur public et le secteur privé. 53% des employés du privé (+8 points) ont bonne opinion de l'ancien conseiller de François Hollande contre 30% de ceux du secteur public (-2 pts).

43% des interrogés expriment une bonne opinion

Seuls 43% des interrogés par l'organisme de sondages indiquent avoir une bonne opinion de l'ancien ministre de l'Économie, soit une hausse de 3 points par rapport au mois de mars. À l'inverse, 54% des sondés signalent avoir une mauvaise opinion du locataire de l'Élysée. Dans une perspective historique, la popularité d'Emmanuel Macron lors de sa première année de mandat est meilleure que celle de ses prédécesseurs récents. Les bonnes opinions s'établissaient à 32% pour Nicolas Sarkozy (en avril 2008) et à 34% pour François Hollande. Au bout d'un an de présidence, 48% des Français avaient une bonne opinion de Jacques Chirac en avril 1996 et 51% de François Mitterrand en mars 1982. Depuis son arrivée au palais de l'Élysée, l'ancien banquier d'affaires a perdu près de 20 points de pourcentage chez les Français interrogés par BVA. À l'opposé, la part des mauvaises opinions est passée de 35% à 54% en un an.

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Popularité de Macron Statista

(Graphique de notre partenaire Statista)

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Du côté de Matignon, Édouard Philippe regagne quelques points chez les individus interrogés pas BVA. 45% des Français déclarent avoir une bonne opinion du chef du gouvernement (+2 points) contre 51% qui en ont une mauvaise (-3 points) et 4% ne se prononcent pas.

"Ce niveau de popularité du chef du gouvernement à l'issue d'une première année de quinquennat le situe devant les mesures réalisées pour François Fillon (43% en avril 2008) et Jean-Marc Ayrault (32% en avril 2013), 5 points sous celle concernant Jean-Pierre Raffarin en avril 2003 (50%)".

 Remontée chez les moins de 35 ans

Emmanuel Macron regagne 4 points de popularité chez les moins de 35 ans (à 46%) alors que la tranche d'âge des 25-34 ans est celle qui avait le moins voté pour lui. Chez les 35-49 ans, il convainc 36% des interrogés. Chez les femmes, le chef d'État gagne 4 points d'opinions favorables (à 44%). À l'inverse, les progressions sont plus contenues chez les 50-64 ans (+1 point à 40%), les 65 ans et plus (+1 point à 49%) alors que les retraités représentent la catégorie de la population qui a plus le voté pour le candidat de la République en marche. La hausse de la CSG chez les retraités a contribué à l'érosion de la cote de popularité de M.Macron alors que des milliers de seniors ont multiplié les manifestations pour défendre leur pouvoir d'achat au cours du premier trimestre.

>  Lire aussi : Des milliers de retraités manifestent partout mais Macron "ne sent pas de colère" dans le pays

Dans une approche géographique, les bonnes opinions progressent de trois points auprès des habitants en région. Les hausses les plus soutenues concernent les communes rurales avec des populations inférieures à 2.000 habitants (+ 5 points à 46%) et dans les zones périurbaines de 2.000 à 20.000 habitants (+7 points à 40%). Chez les Franciliens, les résultats sont inchangés (à 35%).

Percée chez les sympathisants socialistes et LR

Chez les partis, le Président de la République réalise une véritable percée chez les sympathisants socialistes (31%) avec une progression de 9 points de bonnes opinions et de 14 points chez les proches des Républicains (54%). À l'opposé, la popularité de Macron reste très basse faible chez les sympathisants de la France insoumise (6%) de Jean-Luc Mélenchon et le Front national qui traverse une vraie crise depuis ses échecs aux élections législatives et à la présidentielle de 2017.

À droite, Wauquiez perd du terrain

Chez les sympathisants de droite, Laurent Wauquiez est sur la première marche du podium devant François Baroin et Nicolas Dupont-Aignan. Valérie Pécresse arrive en quatrième position. 57% des sympathisants de la droite veulent que le président de la région Rhône-Alpes-Auvergne ait davantage d'influence dans la vie politique française. Il perd 5 points par rapport au mois de mars dernier. De son côté, la présidente de la région Ile-de-France gagne 3 points chez les proches de la droite.

Du côté des sympathisants Les Républicains, c'est François Baroin qui domine largement le classement (70%), suivi de Valérie Pécresse (62%) et Laurent Wauquiez (62%). Ce dernier est donc loin de faire l'unanimité dans son propre parti. Pour Nicolas Sarkozy, la situation est moins favorable (48%). L'ancien chef de l'État est mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électoral" et "recel de détournement de fonds libyens".

> Lire aussi : Sarkozy en garde à vue dans l'enquête sur sa campagne 2007

Taubira en tête chez les socialistes

L'élément à noter à chez les sympathisants du PS est l'arrivée en tête de l'ancienne Garde des Sceaux Christiane Taubira qui gagne 13 points (70%). Elle devance désormais Anne Hidalgo qui se place en deuxième position à 52% et subit une chute vertigineuse avec 18 points en moins sur un mois. L'autre fait marquant est la remontée de François Hollande qui gagne 14 points et se situe désormais à 51%. Enfin, le nouveau secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure enregistre une progression significative de 17 points et atteint désormais les 47%. À gauche, l'ancien président du Nouveau parti anticapitaliste Olivier Besancenot domine largement le classement devant Christiane Taubira et Benoît Hamon.

(*) Méthode : Enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 18 au 19 avril 2018. Échantillon de 1011 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Fri, 20 Apr 2018 16:53:00 +0200

Pourquoi la SNCF vend une partie de son gigantesque patrimoine immobilier

Derrière l'Etat, et devant l'Eglise, la Société Nationale des Chemins de fers Français (SNCF) possède un patrimoine foncier parmi les plus importants de l'Hexagone.

La SNCF met en vente 135 immeubles et 4.000 logements, pour une valeur de 1,3 milliard d'euros, a écrit Le Figaro jeudi soir sur son site internet.

"Ces immeubles, qui génèrent plus de 40 millions d'euros de loyers annuels, sont évalués à 1,3 milliard d'euros. Si la SNCF a lancé cette opération, c'est pour mieux utiliser ses capitaux", écrit le quotidien.

Toujours selon Le Figaro, le cabinet en immobilier d'entreprise JLL et la banque HSBC interviennent comme conseils dans cette opération.

Un véritable trésor immobilier

"La SNCF compte retenir deux ou trois offres d'ici à l'été et choisir l'acheteur en automne pour réaliser la transaction définitive fin 2018", peut-on lire sur le site du quotidien.

La SNCF a précisé à Reuters que l'entreprise possédait un parc d'environ 100.000 logements, dont 92.000 logements sociaux dans le cadre d'ICF Habitat.

Déjà, en septembre dernier, dans le cadre de ses objectifs pour 2015, la SNCF avait déclaré que, avec ses 8,5 millions de m², répartis sur près de 25.000 sites, elle comptait bien que sa branche chargée de gérer ces biens (SNCF Immobilier) rentabilise ce trésor immobilier accumulé depuis 1850 pour les différentes activités de l'entreprise.

Les 4.000 immeubles de Novedis représentent... 0,04% du total

La vente concerne la moitié des 8.000 logements d'une filiale de logements à loyers libres, Novedis.

"Ces logements vont être regroupés au sein d'une société foncière qui verra le jour début 2019", a-t-on précisé à la SNCF.

Cette vente intervient alors que les syndicats de cheminots sont mobilisés contre la réforme de laSNCF engagée par le gouvernement, qui prévoit notamment une ouverture à la concurrence et la fin de l'embauche au statut.

Rationaliser, réduire les coûts pour faire face à la concurrence

Le 21 septembre dernier, Benoît Quignon, directeur général de SNCF Immobilier, avait déclaré que groupe français était entré "dans un processus de rationalisation" sur "l'ensemble de (ses) installations", afin de réduire ses coûts. La planification de cette opération, qui s'effectuera région par région, devrait être finalisée d'ici fin 2018, pour se mettre en place sur les cinq prochaines années.

Le directeur avait aussi tenu à préciser que son service faisait "la chasse aux mètres carrés et au nombre de sites", dans le but de faire baisser la facture foncière annuelle. Pour améliorer "considérablement la rentabilité des opérations industrielles", Benoît Quignon a expliqué combien ce travail était devenu "fondamental pour la compétitivité de l'entreprise". Et avec "près de 20 euros économisé par mètre carré", la SNCF devra céder, concéder ou détruire bon nombre de bâtiments pour espérer dépasser les 234 millions d'euros de produits de cessions déjà récupérés en 2016.

Pas de quoi désendetter l'entreprise

Toujours est-il que, même si la rationalisation et la chasse aux coûts sont indispensables à la bonne marche d'une entreprise, ce n'est pas avec ce 1,3 milliard d'euros que l'entreprise de chemins de fer peut espérer réduire sa gigantesque dette qui dépassera bientôt les 50 milliards d'euros.

Fri, 20 Apr 2018 16:43:00 +0200

Startups : le spécialiste français du cloud Scality lève 60 millions de dollars

Le nombre de licornes françaises reste désespérément coincé depuis 2015 à quatre (le géant de la pub Criteo, le leader mondial du covoiturage Blablacar, l'hébergeur cloud OVH et la plateforme de e-commerce Vente-privee.com). Mais le potentiel est bien là pour que d'autres startups viennent grossir leurs rangs dans la décennie à venir.

Scality, pépite franco-américaine du cloud (un pied à Paris, l'autre à San Francisco) est de celles-ci. Neuf ans après sa création en 2009, la startup annonce une Série E (cinquième levée de fonds institutionnelle) de 60 millions de dollars (49 millions d'euros), auprès du fonds international Harbert European Growth Capital ainsi que ses investisseurs historiques Menlo Ventures et les français Idinvest et Iris Capital. Ce montant porte à 152 millions de dollars le total des fonds levés par la startup depuis sa création.

Spécialiste du "multicloud"

Cofondée et dirigée par Jérôme Lecat, Scality propose aux entreprises des solutions de gestions des données dans le cloud. Sa spécialité est d'adresser les entreprises qui ont besoin d'une grosse capacité de stockage, pour éviter les interruptions de service.

Comme la plupart des autres acteurs du secteur, Scality mise désormais grandement sur le cloud hybride, c'est-à-dire la répartition du stockage parmi plusieurs acteurs, en interne et en externe. Sa solution de multicloud Zenko.io donne ainsi la possibilité à ses clients de gérer les données stockées partout, qu'il s'agisse de serveurs en interne ou dans des clouds publics comme ceux du leader mondial Amazon Web Services (AWS), du français OVH ou Azure de Microsoft.

La startup revendique environ 200 clients, principalement des grandes entreprises (Natixis, Orange, Bloomberg...) dans les secteurs de la banque, des télécoms, des médias, de la santé (Scality stocke des données d'hôpitaux depuis 2017) ou encore de l'automobile. Elle emploie 200 salariés, dont 85 ingénieurs à Paris chargés du développement technologique.

Une entrée en Bourse repoussée à l'horizon 2020

Lors de sa précédente levée de fonds de 57 millions de dollars en 2015, Scality ambitionnait d'entrer en Bourse en 2017. Mais l'évolution du marché, avec la concurrence accrue de gros acteurs comme IBM ou Dell, force l'entreprise à d'abord renforcer sa présence sur son marché et devenir rentable.

Les fonds levés serviront ainsi à la R&D pour améliorer ses solutions. D'après Frenchweb, Scality vise une rentabilité à l'horizon 2020, date à laquelle elle espère pouvoir faire son entrée sur les marchés.