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Tue, 31 Oct 2017 12:20:07 +0100

Victoire pour les « barbouilleurs de bidons »

En septembre 2016 et en mars 2017, des Faucheurs volontaires ont détérioré des bidons de Roundup dans plusieurs magasins ariégeois afin de les rendre invendables.

Une action illégale qu’ils ont revendiquée, souhaitant ouvrir le débat sur la nocivité de ce produit classé « cancérigène probable » par l’Organisation mondiale de la santé. Les Faucheurs ont souligné que les méthodes d’évaluation de ces produits étaient « dépassées » : le fait que seul le glyphosate soit évalué est en soi problématique. Le Roundup, c’est du glyphosate, accompagné de nombreuses autres molécules chimiques, réunis sous le terme de « co-formulants ». En effet les co-formulants posent eux aussi des questions sanitaires et environnementales.

L’évaluation du glyphosate devant les juges
Jugés à Foix les 17 et 18 août, pour « destruction de biens d’autrui en réunion », une vingtaine de militants risquaient jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000   euros d’amende. Mais, demandées par l’avocat de la défense, soutenues par la Procureure, et acceptées par le président du tribunal, quatre questions préjudicielles sur la conformité du règlement européen 1107/2009 – qui concerne la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques – avec le principe de précaution seront posées à la Cour de justice de l’Union européenne. Ces questions portent sur la validité des méthodes d’évaluation des pesticides, plus précisément sur le fait que seul le principe actif est analysé, et non le mélange avec les « co-formulants ». Les questions portent également sur l’absence d’analyses suffisantes du produit commercialisé, et sur l’indépendance de l’évaluation, réalisée par les fabricants. La Cour européenne devra émettre un avis juridique d’ici douze à dix-huit mois. D’ici là, le procès est suspendu : les faucheurs restent prévenus, mais les juges devront tenir compte de cet avis. Cette jurisprudence sera valable pour l’ensemble des États membres de l’UE et s’appliquera à tous les pesticides autorisés sur la base de la même réglementation. Mission réussie pour les Faucheurs : le débat français deviendra, à l’issue du procès, européen.

Christophe Noisette, Inf’ogm
www.infogm.org

admin

Mon, 30 Oct 2017 15:25:43 +0100

La voiture électrique, ou l’externalisation de la pollution

Dans une publicité radiophonique, une actrice se vantait récemment de sauver la planète parce qu’elle roulait en voiture électrique. Bien que tournée sur le ton de la dérision, cette publicité résume la communication trompeuse autour de ces véhicules, vendus comme parfaitement propres.

Nicolas Hulot l’a annoncée comme une révolution : l’interdiction, à partir de 2040, de la vente des véhicules essence et diesel. Anne Hidalgo, la maire de Paris, compte aller plus vite, à l’instar de quatre-vingt-dix autres grandes villes mondiales : la capitale sera débarrassée des moteurs thermiques d’ici à 2030. C’est qu’il y a urgence : le dérèglement climatique n’en est plus au stade de l’hypothèse. En France, la pollution atmosphérique serait par ailleurs responsable de près de 50 000 morts par an – et dix fois plus au niveau européen. Or, selon l’Ademe (1), le secteur des transports représente 35 % des émissions de CO2, dont les deux tiers émanent des voitures particulières. Ce même secteur est responsable de plus de la moitié des émissions d’oxyde d’azote. La mobilité de demain, celle des humains et des marchandises, s’articulera-t-elle autour des transports collectifs les moins polluants ? Même nos responsables politiques n’osent plus trop le promettre, vu l’allure à laquelle ferment les gares SNCF et s’écroule le fret ferroviaire.

Des batteries polluantes
Le discours se porte donc de plus en plus sur le développement des véhicules électriques. Ils sont présentés comme « propres », tant sur le plan de la pollution atmosphérique que sonore. Ce n’est pas dit, mais ils présentent un autre « intérêt » : celui de sauver l’économie mondiale de l’automobile en se contentant de la faire évoluer, et donc de ne pas trop froisser les très puissants lobbies de la route. Alors, grâce à des subventions publiques, on remplace toutes nos vieilles bagnoles par des jolies voitures électriques, tout le monde est content et le problème est réglé ?
En réalité, l’intérêt écologique du véhicule électrique est loin d’être évident. Précisons d’abord que, compte tenu de leur faible autonomie et de leur fonctionnement, les voitures électriques ne peuvent être utiles qu’en ville où, dans 80 % des cas, un véhicule parcourt moins de 60 km par jour, à faible vitesse. Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de modifier les modes de déplacement, puisque 70 % des émissions de gaz à effet de serre émanent des villes et qu’on prévoit que, dans moins de vingt ans, 90 % de la population française sera urbaine. Balayons désormais l’idée même du « véhicule propre », qui est un parfait non-sens : tout véhicule nécessite de l’énergie et des matières premières lors de sa construction et provoque, de ce fait, une pollution.
Or, première mauvaise surprise pour le véhicule électrique : sa fabrication émet plus de gaz à effet de serre que celle d’une voiture thermique. « En gros, une voiture électrique en elle-même répond aux même techniques de fabrication qu’une autre, détaille Nicolas Meilhan, consultant en stratégie spécialisé sur les secteurs du transport et de l’énergie. Mais la fabrication de sa batterie, en revanche, consomme autant d’énergie que la fabrication de la voiture. Donc, les émissions doublent. Ça, c’est pour une petite batterie, de 24 KWh. Pour une batterie plus importante de 50 KWh, celle vers laquelle s’orientent les constructeurs, vous multipliez les émissions par trois. »

Le lobby nucléaire favorable à la voiture électrique
Selon l’Ademe, il faudrait donc parcourir au moins 50 000 km pour que la voiture électrique devienne plus propre que son ancêtre thermique. Dans le meilleur des cas… « En première approximation, la voiture électrique, avec le mix mondial de production d’électricité actuel, n’a aucun impact positif sur le CO2 », tranche Nicolas Meilhan. Pour remplir les batteries, il faut bien en effet produire de l’électricité. Et à plus de 40 %, celle-ci est issue de centrales à charbon. L’intérêt pour les citadins est donc le suivant : externaliser leur pollution à la campagne. Pour leurs poumons et leur santé, c’est mieux – et c’est à prendre en considération –, mais à l’échelle globale, on ne fait que déplacer le problème des émissions carbone. On ne répond donc pas à la nécessité d’une transition. D’autant que, « même si la part du charbon baisse dans les années à venir, il y a de fortes probabilités pour que ces gains soient perdus en raison de l’augmentation de la taille des batteries », prévoit Nicolas Meilhan.
En France, le problème est un peu différent, puisque les trois quarts de l’électricité proviennent de l’énergie nucléaire. Associé de Carbone 4, un cabinet de conseil sur la transition énergétique, Jean-Marc Jancovici s’est amusé à faire le calcul : quels impacts aurait le passage de l’ensemble de nos véhicules, particuliers et professionnels, sur la consommation d’électricité ? « Il faudrait augmenter la production française d’un gros 30 % », estime-t-il  (2). La Sfen – Société française de l’énergie nucléaire – voit d’un bon œil le développement des véhicules électriques, mais prévient : cela « n’a de sens que dans un mix électrique bas carbone ». Ou quand le lobby nucléaire met le pied dans la portière.

Nicolas Bérard
…………………………………………………………
1 – Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.
2 – Lors de l’émission Le Téléphone sonne, sur France Inter, le 17 octobre.

Cet article fait parti du dossier du numéro 124 – Novembre 2017 : Energies renouvelables, les questions qui fâchent en vente ici. 

admin

Mon, 30 Oct 2017 15:15:32 +0100

Que veut-on vraiment pour l’agriculture bio en France ?

La demande est forte, il faut laisser jouer le marché pour arriver à des prix permettant de justes rémunérations » : c’est par cette idée – que lui a soufflée le secrétaire général de la FNSEA Jérôme Despey – que Stéphane Travert, actuel ministre de l’Agriculture, a justifié en septembre l’abandon du soutien de l’État au financement des aides au maintien de l’agriculture biologique. Le sort de celle-ci résulterait dès lors du seul arbitrage des conseils régionaux. Si l’idée d’arriver à de justes rémunérations apparaît louable, l’argument du marché apparaît en revanche comme une grosse ficelle. En effet, une majorité des agriculteurs de notre pays tire une part plus qu’importante de leur revenu des subsides de la politique agricole commune (PAC). En 2015, alors que 91 % des exploitations bénéficiaient au moins d’une subvention, 53 % des exploitations présentaient un résultat courant avant impôt négatif, niveau ramené à 15 % après subventions (1). Alors pourquoi viser ainsi l’agriculture bio ? Est-ce que cela coûte trop cher ? Est-ce inefficace ?

Patrimoine environnemental
Jusqu’alors, les aides à l’agriculture bio représentaient environ 160 millions d’euros par an (sur la période 2015-2020), à rapporter aux 9 milliards du budget total de la PAC sur la période. Pour la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), plutôt que d’annoncer une baisse du soutien aux agriculteurs bio, il aurait au contraire été bienvenu de renforcer les moyens financiers afin de montrer l’importance des enjeux portés par cette filière, tant du point de vue écologique que du point de vue social.
De fait, ces aides se justifient tout d’abord au regard d’arguments techniques, celui des rendements, qui sont généralement inférieurs en agriculture bio, en particulier lors des phases de conversion. Mais, même dans l’hypothèse où les rendements atteints seraient comparables à ceux en agriculture conventionnelle, ce qui peut être rendu possible par la recherche d’économies d’échelle, l’utilisation de processus plus intensifs, une mécanisation accrue (objectifs par ailleurs dénoncés comme participant d’une dérive bio business et d’une « conventionalisation » de la bio), il reste un argument majeur pour légitimer la pérennisation des aides dans le temps : celui de la contribution positive de cette agriculture à la préservation du patrimoine environnemental. Que vaut cette contribution à l’écologie  ? Le gouvernement semble avoir tranché sans avoir entendu l’appel des organisations montées au créneau pour réclamer des moyens à la hauteur des ambitions.
1 – Agreste Primeur n°342-décembre 2016.

Mathieu Béraud,  des Économistes atterrés

admin

Mon, 30 Oct 2017 13:41:14 +0100

Le bal des imprimeurs

« Mensuel de critique et d’expérimentations sociales » basé à Marseille, CQFD (1) raconte dans son numéro d’octobre comment il s’est retrouvé « au coeur d’un conflit social. On vous explique : les exemplaires de CQFD sont imprimés depuis trois ans à l’imprimerie Marseille Offset Print (MOP), à Vitrolles. Mais ses 60 salariés (et 27 intérimaires) sont entrés en conflit avec leur proprio, le groupe Riccobono. » Riccobono ? Une entreprise familiale, comme on dit, fondée en 1900 à Draguignan par Adrien Riccobono, et dirigée par Guillaume, 5e patron du nom. Mais aussi un groupe à l’appétit aiguisé, qui possède dix imprimeries, des journaux et magazines régionaux, et se verrait bien « exporter son savoir-faire à l’international ».
En rachetant des ateliers un peu partout en France, le groupe a permis aux journaux de décentraliser leur impression, ce qui leur a évité des frais et des délais de transport. Il était là, aussi, quand les grands quotidiens en perte de vitesse se sont débarrassés de leurs imprimeries.
Le Monde, Libération, Le Figaro, Aujourd’hui en France, La Croix, 20 Minutes, Métro, L’Équipe, Le Canard Enchaîné, Le Journal du Dimanche… Riccobono a le quasi-monopole sur la presse nationale, et louche sur les journaux régionaux. La logique est implacable : plus il imprime de journaux, plus ses économies d’échelle sont importantes, plus il peut investir dans les techniques de pointe et baisser ses tarifs. Son argumentaire n’oublie pas la « performance environnementale » avec l’impression sans séchage, et même sans eau dans son imprimerie la plus moderne.
À L’âge de faire, quand un commercial de Riccobono est venu nous démarcher, il faut avouer que son devis a titillé notre (maigre) sens des affaires. Le tarif était inférieur à celui que pratique notre imprimerie, ce qui signifiait de précieuses économies dans un budget aussi serré que le nôtre. Mais nous travaillons depuis près de dix ans avec Roto Centre, une entreprise indépendante de 46 salariés. Lâcher un fournisseur de confiance parce qu’un plus gros que lui est plus « compétitif »… On ne le sentait pas.
La suite des événements nous a confortés dans cette voie. Roto Centre, basée près d’Orléans, fait face au déclin des journaux d’annonces, sa spécialité. Le gérant pensait conforter l’entreprise en acquérant une autre imprimerie plus petite en Picardie, mais il a connu des revers comme le rachat du journal 20 minutes Lille par le groupe belge Rossel, qui a sa propre imprimerie et lui a retiré ce contrat. En redressement judiciaire, l’entreprise va licencier plusieurs salariés. MOP, l’imprimerie de Vitrolles, est elle aussi en redressement ; elle a même failli être liquidée. Mais pas pour les mêmes raisons… Riccobono a une holding au Luxembourg dont dépendent l’immobilier, les machines, la trésorerie, et qui récupère les bénéfices de ses imprimeries françaises. CQFD cite un syndicaliste de MOP : « L’une de nos machines, utilisée depuis 2003, coûte 3,9 millions d’euros. Mais elle appartient en fait à la holding, à qui nous payons un loyer exorbitant – au total, 17 millions d’euros en 14 ans. » Riccobono a beau jeu, alors, de dire que son site de Vitrolles ne remplit pas ses objectifs !
On parle beaucoup de l’indépendance de la presse, en oubliant souvent ces acteurs sans qui les journaux papier n’existeraient pas : les imprimeurs. En Argentine, parmi les 367 entreprises récupérées et autogérées par les travailleurs, les imprimeries constituent le 3e secteur d’activité (9,5 % des emplois, soit plus de 1 500 personnes) (2). De quoi faire réfléchir.
1 – Ce qu’il faut détruire.

admin

Wed, 25 Oct 2017 15:45:49 +0200

Transition énergétique : les questions qui fâchent

La transition énergétique, nous y sommes tous favorables. Mais est-ce si simple qu’on nous l’explique parfois ? Quels sont les fausses bonnes pistes et les principaux dangers qui rôdent autour de cette transition ? Dans ce dossier, nous aborderons donc la transition énergétique sans esquiver les questions qui fâchent.

Transition énergétique - Les questions qui fâchent1/ Bicimaquinas : des p’tits vélos en Bolivie
3 / Profession libraire à roulettes
4 / Hydrocarbures :  « l’exploitation ne va pas cesser après 2040 »
5 / Petite entreprise : à fond dans les toisons
/ Cinéma : Doc sur Nuit Debout – L’assemblée
10 / Reportage à Bure : le quotidien d’une zone occupée
12 / 13 / La carte des résistances à Bure
14 / 15 / LES ACTUALITÉS
États généraux de l’alimentation /Immigration : le gouvernement veut taper fort / Big Brother progresse
16 / Allemagne – Camp climat : les écolos vont au charbon
17 / Géobiologie ou Feng Shui : l’influence des ondes sur notre santé
20 / Fiche pratique : nichoir en vannerie

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