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Europe Solidaire Sans Frontières

Mon, 18 Jun 2018 01:54:31 +0200

En Afrique du Sud, des “Fourmis Rouges” contre les squatteurs

Les Fourmis Rouges sont une société de sécurité privée spécialisée dans l’expulsion des “envahisseurs clandestins” des immeubles des grandes villes et des terrains des bidonvilles. Dénoncées pour leur violence, ces brigades de plusieurs centaines d’hommes témoignent des fractures de l’illusoire “nation arc-en-ciel”.

Red Ants (“Fourmis Rouges”) est une société de sécurité privée spécialisée dans l’expulsion des “envahisseurs clandestins”. Deux à trois fois par semaine, un convoi de camions quitte une ferme de la province de Gauteng [où se trouvent Johannesburg et Pretoria] avec plusieurs centaines d’hommes dirigés par des “officiers” armés de fusils et de pistolets.

Cette société fait régulièrement la une des journaux sud-africains, accusée de crimes allant du vol au meurtre. Mais, si elle est violemment dénoncée par les défenseurs des droits humains, l’attitude du public à son égard est plus ambivalente. Ses membres eux-mêmes sont très soudés et extrêmement fidèles à leurs employeurs. “On forme une famille. On prend soin les uns des autres. […] On a construit une communauté”, explique Johan Bosch, l’agriculteur qui a fondé l’entreprise.

Pénurie de logements décents

L’une des séquelles les plus graves du régime de l’apartheid [pouvoir ségrégationniste de la minorité blanche] qui a gouverné l’Afrique du Sud pendant près de cinquante ans est le manque de logements décents. Familles, travailleurs itinérants et immigrés, étudiants et sans-abri paient des intermédiaires pour pouvoir s’installer sur des terrains vagues à la périphérie de Pretoria et de Johannesburg ou dans des immeubles désaffectés du centre-ville. Invoquant leur devoir de faire respecter la loi, les autorités locales ne font guère preuve de compassion à leur égard. Les principales forces auxquelles elles font appel sont la police et, pour les expulsions, les Fourmis Rouges.

https://www.youtube.com/watch?v=Nh8SAu3WCUs&feature=youtu.be

Construite dans les années 1930, l’immeuble Fattis Mansions était naguère une résidence prisée du quartier des affaires de Johannesburg, mais, de la fin des années 1980 au début de la décennie suivante, les habitants les plus aisés – blancs en majorité – ont déserté le centre-ville [au moment de la fin de l’apartheid], et des centaines d’immeubles ont été occupés par des pauvres venus des campagnes environnantes. À cette époque, les 400 résidents se partageaient trois robinets, ils n’avaient ni toilettes ni électricité. Aujourd’hui, la municipalité fait régulièrement expulser les “bâtiments squattés”, souvent avec le concours des Fourmis Rouges.

Les expulseurs, souvent eux-mêmes des squatteurs

L’opération, assurée par quelque 600 hommes, commence au petit matin, sans préavis. Les sirènes de police résonnent dans les rues désertes. Après avoir franchi l’entrée, les Fourmis Rouges empruntent les escaliers rouillés et les couloirs crasseux. Ils ne rencontrent aucune résistance. Les revendeurs de drogue, chefs de gangs et marchands de sommeil sont partis. Ordures, meubles et matelas s’entassent dans la rue.

Les Fourmis Rouges accompagnent leur travail de chants interprétés à voix basse mais avec détermination. Les enfants sont conduits à l’extérieur, suivis par des mères bouleversées, serrant contre elles des sacs en plastique contenant les quelques affaires qu’elles ont pu sauver. Les adultes savaient à quoi s’attendre, mais pour les plus jeunes c’est comme si le ciel leur tombait sur la tête.

Qui sont ces hommes en rouge  ? Ils sont originaires d’anciennes petites villes minières, de villages de montagne brûlés par le soleil, de Soweto ou d’autres banlieues misérables de Johannesburg. La plupart sont jeunes et n’ont aucun diplôme. Certains ont des antécédents judiciaires. Tous sont pauvres. Ils reçoivent l’équivalent de 10 dollars [8,5 euros] par jour et un peu de nourriture. Beaucoup sont eux-mêmes des squatteurs.

“Le travail, c’est le travail”

L’un d’eux est venu du Mozambique voisin pour se faire embaucher sur des chantiers, mais il a eu du mal à trouver un emploi. “Ma femme me poussait à travailler […] alors j’ai accepté”, confie-t-il en haussant ses épaules étroites. Un autre explique qu’il a des frères et sœurs et qu’il doit travailler pour les nourrir et les envoyer à l’école : “Personne n’aime faire ça […]. Mais je vais à l’église tous les dimanches pour prier pour mon salut et je sais que le Seigneur me protège, même ici.” Tous se disent désolés pour les squatteurs mais affirment que “le travail, c’est le travail”.

https://www.youtube.com/watch?v=FgBLn5uC-vk&feature=youtu.be

Leurs équipes sont dirigées par des hommes plus âgés, dont le passé est étroitement lié à l’histoire complexe et mouvementée du pays. Pendant la guerre froide, l’un d’eux a combattu en Angola au sein des forces de défense sud-africaines [du gouvernement de l’apartheid]. Un autre, un ancien policier de Soweto dont la famille s’est beaucoup impliquée dans la lutte contre l’apartheid, raconte que sa carrière a pris fin quand il a commencé à dénoncer la corruption. Ce travail lui rappelle le temps où il travaillait dans la police, mais il avoue souffrir d’insomnie chronique.

Avec ses 650 hommes équipés de pieds-de-biche et de boucliers, Sikhumbuzo Dlamini progresse cette fois-ci dans un camp de squatteurs installé à la périphérie de Pretoria, la capitale administrative du pays. “On gagne toujours. On doit gagner […], on est en terre ennemie, loin de chez nous”, souligne-t-il.

Un pays morcelé

Récemment, un dérapage a suscité une nouvelle avalanche de critiques. Les Fourmis Rouges avaient été appelées à Lanesia, une banlieue du sud-est de Johannesburg, pour libérer un terrain sur lequel un centre commercial devait être construit. L’opération a débuté aux premières heures du jour, mais les occupants ont riposté à l’aide de machettes, de cailloux et de bâtons. Quand les Fourmis Rouges, interrompant leur mission, se sont retirées, deux squatteurs étaient à terre : l’un, blessé à la tête, agonisait, l’autre était mort. Sous un arbre, recroquevillée sur une chaise en plastique qu’elle avait réussi à emporter avec elle, la femme qui venait de perdre son mari sanglotait. Ces violences ont donné lieu à une enquête des autorités, mais les Fourmis Rouges ont affirmé n’avoir rien à se reprocher.

Il arrive que des membres des Fourmis Rouges soient eux-mêmes blessés, voire tués. Kervin Woods est mort sous les balles de squatteurs dans la banlieue de Lenasia South. La société a rapporté qu’il avait été frappé à coups de couteau et de tournevis alors même qu’il gisait au sol. Les squatteurs s’apprêtaient à brûler son cadavre quand les Fourmis Rouges ont tiré pour disperser la foule.

L’Afrique du Sud est un pays morcelé. On la surnomme “nation arc-en-ciel” en référence à sa diversité, mais, dans un arc-en-ciel, les couleurs sont distinctes. La plus grande division du pays est de nature économique. Les Fourmis Rouges sont aux avant-postes d’un conflit entre ceux qui possèdent de la terre et ceux qui n’en ont pas, entre les nantis et les déshérités, entre les gagnants et les perdants d’un des pays les plus inégalitaires. Pendant leurs missions, leurs membres font partie du premier camp, mais, une fois leur travail accompli, ils réintègrent le second.


Jason Burke

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BURKE Jason

Mon, 18 Jun 2018 01:37:32 +0200

Rice Becomes Less Nutritious If There's More Carbon Dioxide in the Air

Rice could produce fewer proteins, vitamins and minerals essential for humans in response to rising carbon dioxide concentrations that are implicated in global warming, new research assessments from 10 countries that consume the most rice has shown.

The findings not only confirm previously reported declines in protein, iron and zinc levels but also offer additional information on consistent declines in vitamins B1, B2,B5, and B9 and – conversely – an increase in vitamin E in rice produced under higher carbon dioxide conditions.

And they add to the general concern over global warming impacting food and nutritional security. Up to one billion people are already deemed ‘food insecure’, the report observes. For example, estimates show an overall decline of 20-40% in harvests of staple cereals such as rice and corn in tropical and sub-tropical regions by 2100.

Reduction in vitamins

Rice supplies approximately a quarter of all global calories, and is the staple source of calories and nutrition for low- and lower-middle–income Asian countries.

As of 2013, approximately 600 million individuals across Bangladesh, Cambodia, Indonesia, Laos, Myanmar and Vietnam depend on rice for more than half of their dietary energy and protein.

The scientists’ evaluation spread over multiple years, locations and widely-grown rice varieties, at both current (ambient) carbon dioxide levels and under the levels anticipated in 2100 (568-590 micromoles per mol). They assessed how rice’s nutritional components changed with carbon dioxide levels. The scientists also assessed the socioeconomic impact of these changes for the 10 highest rice-consuming countries in terms of the GDP per capita.

The results showed that cultivated rice varieties grown under field conditions of higher anticipated carbon dioxide levels showed a ‘significant’ decline, averaging a 10.3% fall in proteins, and similarly ‘significant’ reductions in iron and zinc at 8% and 5%, resp.

The scientists also found significant reduction in vitamins B1 (thiamine) at 17%, B2 (riboflavin) at 16.6%, B5 (pantothenic acid) at 12.7% and B9 (folate) at 30.3%. This is the first time we have such quantitative patterns to work with.

“The nutritional data reported here for elevated carbon dioxide confirm that deficits in protein, zinc, and iron may occur even among genetically diverse rice lines grown in different countries,” the authors write in their paper.

Dependence on one crop

“Nine major micronutrients are already missing in the rice and wheat we eat today” in India, according to Rajeswari Raina, a professor at Shiv Nadar University and former principal scientist at the National Institute for Science, Technology and Development Studies, New Delhi. “The carbon dioxide-induced changes will be more widespread.”

Add to that the fact that most rice-eating regions in India except in the coastal areas are traditionally protein-starved, and poor women who eat less rice, proteins and fewer vegetables will be the worst-hit in India, Raina told The Wire.

Policymakers have historically responded to such problem as less nutritious cereals through fortification programmes. However, Raina believes India should “bring back the range of its other cereals – maize, millets and minor cereals” instead. They are hardier and can withstand dry conditions and water deficits better. Such a move would also introduce a measure of diversity instead of relying on one crop.

Several food policy experts have recommended similar changes in food production to make up for nutritional deficiencies. For example, a 2017 paper observed that “volume-focused production policies should be complemented by stronger efforts to secure nutrition rich production, i.e. evaluating and selecting crop varieties, fish and livestock based on their nutritional content.”

This requires that we develop new ways to measure the nutritional yields of crops and production systems.

The new study does note that one can’t assume that dietary patterns will remain unchanged in the future. As economies improve, people start diversifying to protein from fish, dairy and meat, and adopt more western-style foods.

In Japan, rice accounted for 62% of the total food energy consumption in 1959. By 1976, it had fallen to 40%. In the last few years, the fraction has been hovering around 20%. In South Korea, the amount of rice consumed per person has almost halved since 1975.

Mitigating strategies

In 2015, the Planetary Health Alliance had analysed the effects of elevated carbon dioxide levels on six crops: rice, wheat, maize, soybean, sorghum and field peas. Its director Samuel Myers, a scientist at the Harvard T.H. Chan School of Public Health, Massachusetts, clarified to The Wirethat the effect (of shifting nutritional content) “is not due to global warming” and that “it is a direct effect of elevated carbon dioxide on crop nutrients, independent of climate.”

More carbon dioxide in the air also drives global warming.

For Myers, the latest findings are important because they corroborate his team’s previous findings – that rice cultivars grown at higher carbon dioxide concentrations, expected to kick in in the next 50-75 years, have lower amounts of zinc, iron and protein. “It is very valuable to have this validation of our earlier findings using similar techniques,” he said.

The new study additionally provides new data on vitamins B and E, and adds “to our understanding of the nutritional impacts of rising carbon dioxide.”

He also said it’s important that India and other rice-consuming countries like it monitor nutrient intake, redouble efforts to increase dietary diversity and ensure that people are consuming adequate amounts of zinc, iron and protein.

Several strategies beyond diversifying nutritious diets include breeding crops higher in these nutrients, changes in subsidy patterns to encourage diets toward nutrient rich foods, fortifying of foods with important nutrients, and, “of course, at the most fundamental level, redoubling our efforts to reduce global carbon dioxide emissions.”

T.V. Padma is a freelance science journalist.


T.V. Padma

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PADMA T.V.

Mon, 18 Jun 2018 01:30:53 +0200

Sterlite Workers: 'Anil Agarwal Can't Undo Our Pain. Where Do We Go From Here?'

Thoothukudi: On the outskirts of this coastal city in Tamil Nadu, 34-year-old Karthiban has gone into a deep depression. Sitting crouched on a stone slab, frantically chewing fingernails on his left hand, he says: “I tried. I tried to live. But I needed to die, and dying is better than living without my right hand”.

Karthiban got injured in 2017 while working at Sterlite’s copper plant here. After working for four years in the plant, his medical expenses were covered by ESI (Employees’ State Insurance) payments, but his long wait for a pension of Rs 5,000 that he is entitled to, continues. The amount is a pittance compared with his loss, but even that is nowhere in sight. “After losing my hand, I still haven’t received any compensation. I waited and repeatedly asked the company. They would tell me to come later, over and over again,” he says. To add to his woes, Karthiban’s wife, who also worked at the factory, is now without a job after the Tamil Nadu government ordered the plant’s closure on May 28.

The state government ordered the factory, owned by London-based Vedanta Resources, to permanently shut down following last week’s police firing in which 13 people protesting against environmental pollution health hazards caused by Sterlite’s copper plant were killed. The protests had been reportedly going on for the past three months.

There is a deafening silence on the streets and little celebration, as the plant’s closure announcement has changed everything for workers. A total of 3,500 workers may be laid off while another 30,000-40,000 people work for it indirectly, in ancillary units of one kind or another, will also be affected.

Karthiban is one among many injured workers who have not yet received compensation from Sterlite. But some settlements for families whose breadwinners have died in the factory premises go up to lakhs of rupees, and are settled unofficially, claims Adhisaya Kumar, a lawyer who has been fighting cases on behalf of Sterlite workers.

A general view shows Sterlite Industries Ltd’s copper plant, a unit of London-based Vedanta Resources, in Tuticorin, in Tamil Nadu April 5, 2013. Credit: Reuters/Stringer/Files

‘Action dropped’

Kumar filed an RTI with the sub-inspector of police at the SIPCOT police station in Tuticorin, seeking information on the number of deaths and injuries in the plant between 2006 and 2010. What he received as a reply came as a shock to him. As per the RTI reply, 20 deaths were reported and FIRs filed by the local police, but two words repeatedly stood out in each case – “Action dropped”. “Why was action dropped, we don’t completely know. But what we have heard is that these cases get settled unofficially,” he says.

A security guard stands in front of the main gate of Sterlite Industries Ltd’s copper plant in Tuticorin. Credit: Reuters

Prosecution is an option in the case of industrial accidents, especially a major one where the consequences are so obvious that the government official concerned has to take cognisance. Though negligence is almost certainly indicated in Karthiban’s case, and of many other injured workers, these cases were never pursued.

As per section 1A regarding liability under the Fatal Accidents Act, 1855, whenever the death of a person shall be caused by wrongful act, neglect or default, the party injured is entitled to maintain an action and recover damages. The party who would have been liable if death had not ensued, shall be liable to an action or suit for damages also. But this is hardly followed in the Sterlite plant, as the FIRs filed hang in the air.

Bhakiyaraj, 40, a former factory inspector, confirms Kumar’s claim that settlements done by the company outside the books is the preferred route. “It is like a panchayat, where there is an actual team from the company that comes down and tries to get people to drop charges and pays them a lump sum. This has been happening for years,” he says.

Bhakiyaraj also points out that migrant workers from North India bear the brunt of unsafe working conditions, losing their limbs or arms to dangerous procedures in the plant. “They (the company’s management) see them (migrant workers) as disposable, and think that they won’t create a ruckus,” he says.

‘Company settlements’

Caught in this politics of ‘company settlements’ is Madhav, a 25-year-old from Bihar, who had migrated to work at the plant. “I am leaving,” he says in a video he last recorded before he went back to his home state. “I am leaving with no money. My life has fallen apart, and I hope this video reaches the people it needs to,” he says, dangling his injured hand in front of the camera. Madhav was promised compensation but received none. “I want everyone to know that for the hard work I have done, I never received anything. Nobody cares about me,” he is seen as saying in the video.

In 2007, the Norwegian Council of Ethics had blacklisted Vedanta and advised the Norwegian Government Pension Fund to divest Vedanta stocks, and not invest in the company as it was found violating established norms on human rights, worker safety and environmental compliance. In February 2015 and 2016, Vedanta had written to the council asking for a review of the 2007 decision.

However, on March 9, 2017, the Council of Ethics said: “In 2016, the council performed a particularly thorough assessment of Vedanta Resources, which has been excluded since 2007, but concluded that grounds for exclusion continue to exist.”

Police personnel tackle the agitators demanding the closure of Vedanta’s Sterlite Copper unit on May 22, when the protest entered the 100th day. Police firing later killed 13 protestors. Credit: PTI

On the other side, there are some workers who have lost their jobs and are relieved. Muthupandi sits on the floor of his house in Pandarampatti village and explains his stance. “I lost my job, so what? So many people have lost their lives to this movement. This is nothing for me,” he says. Muthupandi and other workers were asked a few days before the protest to sign a sheet endorsing the Sterlite copper plant in opposition to the protesters and submit it to the collectorate. He vehemently refused. “The plant is very unsafe for us to work in and we all know that. Deep down in my heart, I know that there is a conflict. I’m working for the same company that is polluting the air I breathe. But given the opportunity, I can easily say that this company means nothing to me if shutting it down ensures good health for my future generation,” says Muthupandi.

Thirty-year-old Malathi, who also used to work at the Sterlite plant, is non-plussed after the closure. “I will get my job back. This sealing and shutting down is only temporary,” she says. She believes the government has done this in order to make sure that the families of the deceased allow the post-mortem to go ahead and pacify them.

However, 40-year-old Mary is cynical and suspicious of the entire situation. She is clear that this is not the time for celebration. “The factory is going to shut and open and shut and open. What is the point? We don’t trust the government, and we don’t trust the police. Anil Agarwal (founder and chairman of Vedanta, which owns Sterlite) can’t undo our pain. Where do we go from here?”


Divya Karthikeyan

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KARTHIKEYAN Divya

Mon, 18 Jun 2018 01:09:13 +0200

La gauche grec face à la révolution syrienne

Un petit événement assez important vient d’avoir lieu en Grèce : un meeting de soutien à la révolution syrienne, coforganisé par une partie de la gauche radicale et anticapitaliste.

Son importance s’explique du fait que, ce qui domine en Grèce jusqu’ici ce sont deux tendances pas si opposées que cela sur le fond :

  • D’un côté, le soutien affirmé du gouvernement Tsipras au gouvernement israélien,
  • De l’autre un positionnement campiste bien ancré dans la plus grande partie de la gauche grecque, encore renforcé dans une logique simpliste par le soutien de Tsipras à Netanyahu et donc à ses alliés internationaux.

Il faut donc d’abord rappeler la politique pro-israélienne qu’appliquent désormais Tsipras et la direction de Syriza, comme on vient de le constater avec la rencontre des premiers ministres de Chypre, d’Israël et de Grèce, pour des accords économiques et industriels, avec entre autres la volonté (par ailleurs très peu écologique) que l’exploitation d’hydrocarbures dans la partie orientale de la Méditerranée soit aux mains exclusives de ces 3 pays et de l’Égypte. Certes, Tsipras a rappelé qu’il était partisan de la solution de l’État palestinien à côté de celui d’Israël, mais il a surtout insisté sur l’objectif commun : « que nous assurions la prospérité, la stabilité et la coopération entre nos pays mais aussi avec les pays voisins et les peuples de la région ». Au moment où l’armée israélienne massacre des dizaines de palestiniens sur la frontière de Gaza, Tsipras a osé dire cela, tout en se réjouissant après cette quatrième rencontre tripartite des avancées de cette coopération… et cela pendant qu’en Grèce se tenaient des manifestations pour protester contre les crimes de l’armée israélienne et la politique de pyromane régional de Netanyahu !

Assad ami des Grecs ?

Ce qui est sûr, c’est que la politique de Tsipras, avec d’un côté la poursuite des mémorandums et de l’autre le soutien de fait à Netanyahu, ne peut que renforcer la tendance campiste qui sévit gravement dans la gauche grecque, subissant quoi qu’elle dise l’influence du KKE (PC grec). Car au-delà du KKE, l’Unité Populaire (LAE) et même des organisations anarchistes (eh oui !) baignent dans un mélange d’idéologie nationaliste et campiste, où tout ce qui semble contrer l’impérialisme occidental prend une allure sympathique, même les pires dictatures. Même la coalition anticapitaliste Antarsya n’ose pas prendre une position claire… Le schéma est simple, et fonctionne : Trump et Netanyahu sont nos ennemis, leurs ennemis sont donc nos amis ! Et du coup, la position majoritaire à gauche en Grèce, c’est un soutien de fait ou assumé à Assad et à ses protecteurs russes et iraniens, ce qui s’est traduit récemment par plusieurs manifestations contre les seules agressions impérialistes de Trump et ses complices contre le peuple syrien… Cerise sur le gâteau : le boucher syrien vient d’accorder un entretien à un journal connu de la droite grecque, Kathimerini. Assad y parle notamment de ses adversaires turc et français, arguments en béton pour renforcer un sentiment anti-impérialiste qui cache mal son fond nationaliste !

C’est dans ce contexte de confusion extrême, de danger du renforcement du racisme contre les réfugiés (pourquoi des Syriens devraient fuir la Syrie de « l’anti-impérialiste » Assad… ?), que s’est produit un événement fort bienvenu pour avancer des éléments de clarification à gauche par rapport au Proche Orient : un meeting sur la Syrie avec Joseph Daher. Autour de ce meeting, notre camarade a eu aussi des entretiens, que ce soit pour un long article dans Efimerida ton Syntakton (Quotidien des Rédacteurs, un des principaux journaux grecs) ou un entretien dans Babylonia, revue en ligne [1].

Succès du meeting Révolution et contre-révolution en Syrie

Le 26 avril a donc eu lieu ce meeting autour d’une intervention sur l’histoire récente en Syrie faite par notre camarade de la IVe Internationale, Joseph Daher. Différentes organisations et associations ont coorganisé la réunion : Initiative anarcho-syndicaliste Rocinante, Mouvement Antiautoritaire (AK), Réseau pour les Droits sociaux et politiques, Réseau pour la Gauche Radicale, Organisation de jeunesse de la gauche radicale (ONRA), site elaliberta.gr [2]. Le meeting, qui se tenait à la faculté d’économie (ASOEΕ), a été un beau succès en réunissant plus de 250 personnes et en se voulant comme initiative unitaire de soutien à la révolution syrienne engagée en 2011. Les organisations grecques s’intéressant particulièrement aux aspects suivants : les formes d’auto-organisation à la base et les comités locaux élus ou de coordination dans les zones libérées, les luttes des femmes et des minorités pour leurs droits et les libertés.

Et le meeting était placé sous le signe de la solidarité : aujourd’hui encore, un peuple révolutionnaire a besoin de notre solidarité, qui devrait être évidente face aux multiples répressions, celle d’Assad et de ses alliés, celle des États-Unis et de ses alliés, celle des forces djihadistes. Un point fort de la part des organisations, c’est leur refus de laisser croire que les évènements en Syrie ne seraient que le simple jeu entre différents impérialismes : l’élément central, c’est la lutte du peuple syrien ! Mais là aussi, il faut condamner la position méprisante existant dans la gauche grecque selon laquelle c’est la lutte du peuple syrien qui permet l’intervention des États-Unis, contre laquelle il faut défendre Assad !

Dans son intervention, notre camarade Joseph Daher est revenu sur le pouvoir dictatorial d’Assad, sur la révolte populaire de 2011, sur Rojava. Il a aussi mis en avant plusieurs points clés :

  • Souhait d’un appel des forces progressistes à la fin de la guerre, celle-ci ne faisant que servir les forces contre révolutionnaires de tout côté ;
  • Rejet indispensable de toute tentative de légaliser le pouvoir d’Assad ;
  • Froit au retour pour tous les réfugiés, droit à des dédommagements pour les biens anéantis ;
  • Procès d’Assad et ses alliés pour leurs crimes, même chose pour les forces fondamentalistes et les différentes forces armées.

Il a enfin appelé à un Front Unique sur la base des principes de la révolution syrienne : démocratie, justice sociale, égalité, non au sectarisme et au racisme.

Un meeting qui en appelle d’autres

Ce meeting constitue un pas important pour renforcer la solidarité en Grèce avec la révolution syrienne, face à toute la confusion qui règne ici quant à la situation au Proche Orient. Il est donc tout à l’honneur des différentes organisations invitantes d’avoir coorganisé cet événement, politiquement très pertinent. Les camarades de la minorité de OKDE-Spartakos [3]
ont participé activement à la préparation et à l’organisation de cette initiative autour de notre camarade syrien. Le succès de ce meeting, on peut le mesurer, d’ailleurs, dans les paroles d’un camarade syrien –plusieurs réfugiés étaient présents – qui a salué cette soirée, en soulignant qu’il s’agissait du premier meeting en Grèce en soutien à la révolution syrienne.


Tassos Anastassiadis et Christos Ionas

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ANASTASSIADIS Tassos, IONAS Christos

Mon, 18 Jun 2018 01:09:09 +0200

Vietnam. Colère de la rue contre des décisions gouvernementales

Une vague de manifestations, un événement rare au Vietnam, témoigne de l’ire de nombre de Vietnamiens au sujet des nouvelles zones économiques spéciales et d’une loi renforçant le contrôle des réseaux sociaux.

Une série de manifestations secoue depuis le week-end dernier plusieurs villes du Vietnam. Un événement rare dans ce pays communiste où les rassemblements sont très contrôlés. Les manifestants contestent un projet de loi sur les zones économiques spéciales. Ces zones accueillent des entreprises aux capitaux étrangers, dont un nombre important d’usines chinoises.

“Près de 100 personnes ont déjà été arrêtées, note le quotidien de Hong Kong The South China Morning Post, mais mercredi des manifestants se sont à nouveau réunis dans la zone industrielle de Tan Huong, dans la province méridionale de Tiên Giang, brandissant des banderoles avec des slogans ‘J’aime ma patrie – ne cédons pas notre terre à la Chine’.”

Les manifestants dénoncent un projet de loi sur les zones économiques spéciales qui porterait la durée de la location des terrains à 99 ans, contre 70 actuellement.

Facebook et Google sous contrôle

“Les manifestations antichinoises – les pires au Vietnam depuis 2014 – ont commencé le 9 juin dans l’usine de fabrication de chaussures Pou Yuen à Ho Chi Minh-Ville, où les manifestants ont contesté le projet du gouvernement de mettre en place trois zones économiques spéciales”, précise le journal.

En 2014, le saccage de plusieurs usines, dans une vague de manifestations antichinoises, avait causé la mort de deux personnes.

La colère contre le gouvernement est aussi alimentée par la nouvelle loi sur la cybersécurité, précise The South China Morning Post.

Cette loi adoptée par les parlementaires le 12 juin exige désormais que les entreprises étrangères de technologie, “notamment Facebook et Google, ouvrent des bureaux au Vietnam et conservent les données personnelles ‘importantes’ des internautes”, détaille The South East Asia Globe.

Le texte contraint également les réseaux sociaux à “enlever de leur site tout contenu offensant” dès réception d’une notification de la part des autorités vietnamiennes.

Jusqu’ici, Google et Facebook opéraient au Vietnam depuis leurs bureaux de Singapour.

Disparition d’un espace de liberté

Le blogueur Anh Chí dénonce sur son compte Twitter cette nouvelle législation, indiquant qu’elle restreint encore plus la liberté des internautes.

Facebook et Twitter offraient jusqu’à présent un espace d’expression libre. Un contraste saisissant face aux contrôles de l’ensemble des titres de la presse vietnamienne par les autorités politiques.

Anh Chí a été arrêté et demeure sous surveillance policière pour des messages critiquant la politique du Parti communiste vietnamien :

No safe space for us to express our opinion anymore.
https://www.voanews.com/a/Vietnam-cybersecurity/4434967.html …

— Anh Chí (@AnhChiVN) 9:03 PM - Jun 12, 2018 · Hanoi, Vietnam

Dans un autre tweet, le blogueur relaie les résultats d’un sondage qui indique que 94 % des personnes interrogées sont contre le nouveau texte.

Despite of the will of Vietnamese people, rubber stamp Parliament of Vietnam voted to pass the #Cybersecurity law in order to use it as a legislative tool to silence any critical voice.

— Anh Chí (@AnhChiVN) 2:08 PM - Jun 12, 2018 · Hanoi, Vietnam

“Malgré la volonté du peuple vietnamien, la chambre d’enregistrement qu’est le Parlement vietnamien a adopté la loi sur la cybersécurité. Une législation qui servira d’outil pour faire taire toutes les voix critiques”, écrit-il.

Vu de Chine, les réseaux sociaux attisent la colère

Le journal ultranationaliste de Pékin Huanqiu Shibao tisse d’ailleurs un lien entre les manifestations antichinoises et l’absence jusqu’ici de contrôle des réseaux sociaux, regrettant que “la capacité technologique vietnamienne de contrôle d’Internet soit limitée ; ainsi, les réseaux sociaux occidentaux comme Facebook fonctionnent dans le pays”.

Il déplore que “l’opposition profite d’Internet pour les mobilisations et la communication politique”.

Car, précise le journal, “la durée de location des terres dans les zones spéciales est encadrée par la loi vietnamienne, c’est une question typique de la législation économique. Même s’il existe différents points de vue, il est possible de discuter par des moyens légaux en respectant la loi vietnamienne”.

Le gouvernement a décidé de reporter à octobre l’examen du texte sur les zones économiques spéciales.

En 2017, plusieurs blogueurs ont été condamnés à des peines de prisons pour des messages postés sur Facebook.


Courrier International

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