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Mon, 25 Sep 2017 18:57:18 +0200

"Il s'écoute trop et raconte des conneries" : les pigistes de Radio France humiliés

Chaque année, Radio France organise une épreuve interne pour recruter de nouveaux CDD. Et chaque année, les candidats reçoivent leurs résultats par mail. Mais en ce mois de septembre 2017, les résultats étaient accompagnés des commentaires humiliants du jury sur les candidats. Une grossière erreur dénoncée par le SNJ de Radio France, qui fait écho au fichage des salariés de France Télévisions en 2014.

nouveau media

Site du SNJ Radio France, 25 septembre 2017

En ouvrant leurs mails, les candidats du "planning", une épreuve organisée deux fois par an par Radio France pour recruter des CDD (parmi les journalistes sortis d'écoles un an plus tôt), ont dû être surpris : en plus du résultat de l'épreuve à laquelle ils avaient participé, ils ont pu découvrir les commentaires du jury, composé de cinq rédacteurs en chef de stations nationales et de trois autres issus de stations locales. Et certains ont eu la main lourde au moment de commenter la performance des jeunes journalistes. "Il s'écoute trop et raconte des conneries", "Débit un peu désinvolte et limite poissonnière", "A une voix du vendeur de supermarché", "Il serait pas mal en démonstrateur à Auchan ou DJ au Macumba", ou encore "Tchoupi fait du journalisme", détaille le site du SNJ de RadioFrance, qui révèle l'info. Et qui s'interroge : "Comment retourner bosser après ça? Comment garder un minimum de confiance en soi? Comment repasser une nouvelle sélection? Plusieurs pigistes sont laminés".

Le "Planning" n'est pas n'importe quelle épreuve dans l'éco-système de Radio France. Il permet à de jeunes journalistes pigistes de décrocher des CDD successifs et de pouvoir travailler dans toutes les stations du groupe avec, à terme, des chances d'être embauché en CDI. Difficile donc d'y échapper. Pour le SNJ, une réforme du concours est "indispensable et urgente". "Comment est-ce possible que l’« entretien» qui nous avait été présenté comme une manière de préparer les futurs CDD aux recrutements à venir, soit devenu une épreuve notée? Est-ce pour ajouter une dose supplémentaire de subjectivité et d’injustice à une sélection qui n’en manquait déjà pas?", se demande le SNJ, qui s'interroge aussi sur l'opportunité de laisser les rédacteurs en chef noter leurs propres pigistes.

Cette "affaire" en rappelle, dans une certaine mesure, une autre : le fichage, en 2014, de certains salariés de France Télévisions. Fin août, le syndicat FO avait obtenu des fiches "d'évaluation de performance et de potentiel" des journalistes du groupe, avec le système de notation suivant : I pour "insuffisant", C pour "conforme aux attentes" et B pour "au-delà des attentes". Un système de notation ignoré par les salariés eux-mêmes, fichés avec des appréciations (déjà) très tranchées : "n'assure que très partiellement ses missions", "ne sait pas mettre en place une organisation", "n'est pas reconnu comme facteur de motivation pour son entourage"ou encore"approche et traitement inefficace de la complexité et des aléas". A l'époque, Mediapart avait mené sa propre enquête, et conclu que les 39 fiches concernaient des journalistes de France 3 Auvergne, mais que ce système avait vocation à être appliqué à l'ensemble du groupe. La direction de France TV s'était alors défendue en affirmant que la pratique était le fait de managers locaux, et seulement locaux. Et la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, avait tenté de minimiser (et de clore) l'affaire sur France Inter : "Nous avons décidé de stopper ce système car il n'avait pas été discuté avec les partenaires sociaux".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Exemple de fiche d'évaluation


Mon, 25 Sep 2017 18:53:15 +0200

Laurent Baffie soulève la jupe de Nolwenn Leroy : le CSA ouvre une enquête

Le geste de Laurent Baffie, qui a soulevé la jupe de Nolwenn Leroy dans Salut Les Terriens sur C8 ce samedi soir, a déclenché une vague d'indignation sur Twitter, et l'ouverture d'une enquête auprès du CSA. Preuve que les agressions sexistes sont de moins en moins tolérées à la télévision.

Laurent Baffie qui soulève la jupe de Nolwenn Leroy dans Salut Les Terriens, et c'est un tollé sur les réseaux sociaux. Dans l'émission diffusée samedi soir sur C8, alors que la chanteuse est en train de répondre à une question, Baffie, assis à côté d'elle, entreprend de soulever légèrement sa jupe. "C'est pour l'audimat. Faut du cul, faut du cul!", lâche-t-il. La jeune femme rit et précise qu'"elle laisse faire" car elle "le connai[t] et c'est [son] ami". Mais remet néanmoins sa jupe en place et retient la main de Baffie dans les siennes. Quant à l'animateur Thierry Ardisson, après avoir abondé dans le sens de Baffie ("c''est pour l'audience"), il finit par protester : "c'est une jeune maman !"

Le geste de l'humoriste a aussitôt déclenché de nombreuses réactions d'indignation sur Twitter, dont celle du journaliste du groupe Mondadori Antoine Bayet.

Selon France Info, le CSA aurait reçu 51 signalements concernant cette séquence, et a ouvert une enquête.

Du côté de Salut Les Terriens, si l'on s'indigne, c'est moins du geste de Baffie que des réactions outrées. "Je trouve cela incroyable ! C’est Orwell ! On rêve!", a réagi auprès de TV Mag Thierry Ardisson, qui remet en cause le CSA. "Je suis un citoyen français qui répond aux lois de mon pays. Si une association de lutte contre le remonté de jupe m’attaque, très bien. Mais, moi, le CSA, je ne reconnais pas cette juridiction intermédiaire ! Le truc coûte 40 millions d’euros par an à la collectivité nationale, au...

Mon, 25 Sep 2017 09:25:51 +0200

Medias : et si ça bougeait (enfin) ?

Jeu-concours du week-end : cette Une de (ci-dessus à gauche) est-elle désobligeante pour Mélenchon ?

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Libé Un long tweetclash dominical a opposé, sur mon réseau social préféré, notre chroniqueur André Gunthert, au directeur du journal dans lequel je chronique aussi chaque semaine, Johan Hufnagel. En substance, (je résume pour ceux qui ont préféré jouir de l'été indien), Gunthert reproche à Libé de démolir le projet de media autonome, dont des proches de Mélenchon devraient annoncer la création cette semaine. Personne ne me demandant mon avis, je le donne tout de même : oui, en réussissant le prodige d'associer références louisquatorziennes (le titre) et mussoliniennes (la contre-plongée), cette couverture exprime, pour le moins, une certaine...défiance par rapport au projet de media Insoumis. Oui, il est bien possible que cette défiance soit motivée par l'appréhension, consciente ou inconsciente, de voir apparaitre un concurrent. Elle ne reflète d'ailleurs pas l'intérieur du journal, nettement plus mesuré sur le sujet.

Sous la controverse, la question de l'autonomie des medias. Autonomie par rapport au politique, autonomie par rapport au capital : un media dirigé par des proches de Mélenchon (même s'ils protestent de leur totale indépendance) est-il moins crédible qu'un media appartenant à un des milliardaires qui se partagent le paysage français ? Les Insoumis ne sont pas les premiers à répondre par la négative. Depuis son élection, Macron (qui adresse étrangement aux medias le même reproche de superficialité que Mélenchon) a montré la voie, en diffusant en direct de...

Sun, 24 Sep 2017 19:43:56 +0200

Rassemblement Insoumis : le surprenant comptage "off" de la préfecture

Drôle de com' pour la préfecture de police de Paris. Le rassemblement organisé par La France Insoumise samedi 23 septembre pour protester contre le "coup d’État social" du gouvernement aurait rassemblé 150 000 personnes selon Jean-Luc Mélenchon, et... cinq fois moins, soit 30 000 selon la police. Un chiffre que l'on retrouve dans de nombreux médias depuis samedi 18 heures : l'AFP,Reuters, BFMTV, LCI, Le Figaro, Le Monde, Libération, Ouest-France, Le Point...

Buzzfeed mélenchon préfeture

Sauf que, comme l'ont relevé notamment les Desintox de Libération, Le Lab d'Europe 1 et Buzzfeed, ce chiffre de la préfecture est plus que surprenant. Pour une raison : "la préfecture de police de Paris a habituellement pour consigne de ne compter aucun rassemblement politique", rappelle le journaliste David Perrotin sur Buzzfeed, et ce par souci de neutralité. D'ailleurs, le service Desintox explique de son côté sur Twitter que "hier [vendredi, ndlr] la préfecture nous confirme qu'elle ne donnera pas de chiffres, car la manif est un rassemblement politique".

Mais samedi, revirement total : le chiffre de 30 000 personnes est communiqué. Contactée par plusieurs journalistes, la préfecture de police a expliqué qu'il s'agissait d'un "off". "On l'a communiqué en off, en le sourçant police, à titre indicatif", rapporte Désintox, citant la préfecture de police de Paris, qui reconnaît ne pas faire ce genre d'estimations "off" pour d'autres rassemblements politiques du même genre. Même son de cloche du côté de Buzzfeed et du Lab. Interrogée sur la raison du décompte, la préfecture aurait évoqué le calibrage du "dispositif de sécurité".

Désintox manif préfecture

Mais comme le pointe Désintox, il y a une différence entre effectuer un décompte, et le transmettre aux médias, dans un "off" qui n'a pas grand sens. Pourquoi ce chiffre a-t-il été rendu public ? A cette question, la préfecture n'a pas répondu aux journalistes l'ayant contactée. Le communiqué officiel de la préfecture, lui, ne mentionne aucun chiffre de participation.

Ce n'est pas la première fois que des chiffres de la police circulent sur des rassemblements politiques. En 2013, relève ainsi notamment Buzzfeed, "la préfecture avait aussi dérogé à sa règle pour annoncer 30 000 participants à une manifestation organisée par... le même Mélenchon". Ce jour-là, le 5 mais 2013, la préfecture avait assuré sur Twitter, qu'elle ne fournirait pas de chiffre officiel de participation... avant d'opérer un revirement sans réelle explication.

Le Lab, de son côté, note que lors du rassemblement organisé par François Fillon en mars dernier, pour mobiliser ses soutiens, "aucun chiffré estampillé «préfecture» n'avait été donné". A noter qu'à l'époque, BFMTV avait cité une "source policière" lui ayant avancé le chiffre de 35 000 à 40 000 personnes. D'autres médias avaient repris l'information de BFMTV en renvoyant à la chaîne d'info, mais aucun chiffre officiel n'avait été transmis.


Sun, 24 Sep 2017 09:37:22 +0200

Triche carte scolaire : un parent d'élève répond à Libération

"On est toujours le pauvre de quelqu’un" : dans une lettre publiée jeudi soir sur le site de Libération, un parent d’élève a pris la plume pour répondre au rédacteur en chef adjoint et chef d’édition du quotidien Michel Becquembois, auteur d’un article publié en début de semaine épinglant ses "amis qui trichent avec la carte scolaire".

Libération

Dans ce billet coup de gueule malgré tout bienveillant, le journaliste s’inquiétait de voir ses proches "globalement blancs, favorisés, progressistes, tolérants, qui votent à gauche malgré nos déceptions" qui, à l’arrivée de leurs enfants en 6e, "font un autre choix que le collège de secteur". Pour quelles raisons ? "Parce que la mixité scolaire", écrit-il, "ça va bien à la maternelle et à la primaire. Mais au collège, fini de rigoler, on retrouve ses semblables". Et de raconter les astuces de contournement de la carte scolaire, comme mettre son nom sur une boîte aux lettres dans un autre quartier, ou inscrire son enfant dans une classe musique, après lui avoir trouvé "un fulgurant intérêt pour la clarinette".

Ces propos ont, sans surprise, fait réagir un parent d’élève, nommé Pierre-Marie Lasbleis. Dans sa réponse au billet qu’il qualifie d’"adresse un peu donneuse de leçons", il tente d’expliquer que cette triche à la carte scolaire est plus complexe que décrite par le journaliste. Lui-même, à l’heure d’avoir un enfant, a quitté Paris pour la banlieue en raison des prix des loyers parisiens prohibitifs. Il a ensuite décidé d’inscrire son fils dans une classe musique, non pas en Seine-Saint-Denis, son département, mais à Paris.

"Un vrai chagrin"

Au-delà des spécificités propres à son fils qui l’ont poussé à faire ce choix, il évoque son "angoisse" du "déclassement", "la peur que nos enfants ne retrouvent pas notre position", mais aussi sa "foi, celle qu’un petit nombre de filières scolaires peut leur garantir d’y échapper, et que notre rôle de parent est de leur donner le plus de chances d’y accéder". Avant d’ajouter : "j’éprouve […] un vrai chagrin de voir mes idéaux de méritocratie républicaine ainsi bousculés et surtout le morcellement de notre société de plus en plus endogame. […] L’entrée en 6e est un rendez-vous intime pour chaque parent avec ses peurs reptiliennes, ses représentations cachées plus ou moins assumées, et ce qu’il projette sur ses enfants. C’est un moment de vérité où on n’a d’autres possibilités que de choisir un camp, une appartenance. Cela peut être un déchirement. Cela l’a été pour moi."

Cette triche à la carte scolaire, cette peur du déclassement, et finalement cette stratégie de l’entre-soi, sont le sujet de notre émission de la semaine avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot et l’adjoint à la Maire de Paris en charge du logement Ian Brossat. Sur la question scolaire, pour endiguer la fuite des bons élèves et favoriser de nouveau la mixité, Brossat a soutenu la fusion de deux collèges du 18earrondissement de Paris, l’un huppé, l’autre populaire. Une expérience trop récente pour disposer d’un bilan. Quant à cette triche, selon l’adjoint à la Maire, elle est l’œuvre des familles les plus riches, qui ont les ressources pour contourner la carte scolaire, quand les familles les moins aisées décident de mettre leurs enfants dans un établissement privé.

Pour voir l’intégralité de l’émission, c’est ici >>