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Mediacités

Wed, 17 Jan 2018 07:56:23 +0100

Poubelles lyonnaises : les effets pervers de la privatisation

"Si je gagne au loto, je monte mon quai de déchargement de déchets. Puis, je me prends une manade [un troupeau] de taureaux dans le Sud... Comme Nicollin ! » Au cœur du port Edouard-Herriot de Lyon, Fred se sent comme un poisson dans l’eau. Chauffeur de camion-poubelle pour la Métropole, il vide chaque jour, ici, à l’usine d’incinération de Gerland, ses tonnes d’ordures ménagères collectées dans les rues de l’agglomération. Les déchets sont brûlés et leur combustion valorisée pour le chauffage urbain, l’électricité ou l’entretien de la voirie sous forme de mâchefers. « Derrière nous, ce sont les cendres. Elles sont nettoyées. Puis, elles serviront pour les routes, pour la couche juste en dessous du goudron », montre Fred, au pied de l’incinérateur.

Le temps d’un après-midi d’hiver, Fred a guidé Mediacités dans son univers. Un monde peuplé d’hommes, de détritus et de poubelles, où se croisent ripeurs (les éboueurs à l’arrière des camions qui ramassent et vident les bacs), politiciens et entrepreneurs du déchet. Des géants mondiaux, comme Veolia et Suez, aux sociétés plus « familiales » tel Pizzorno ou Nicollin. Des « semi » de 38 tonnes « d’OM » (pour ordures ménagères) sur le quai de transfert de Givors, jusqu’aux « ballottins » de plastique du centre de tri de Saint-Fons. Un monde à ciel ouvert, dur et physique. « On se sent un peu libres, mais c’est aussi un métier difficile, confie Fred, de nombreuses années de chauffeur au compteur. Quand tôt le matin, dans mon rétro, je vois . . .

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Mathieu Martinière (texte) et Alberto Campi (photos) / We Report

Wed, 17 Jan 2018 07:52:40 +0100

Pizzorno, roitelet sulfureux des ordures de Lyon

Il est 5 heures 40 dans les rues de Lyon. Entre Charpennes et le parc de la Tête d’Or, les gyrophares allumés dans la nuit noire, un camion-poubelle flambant neuf de 19 tonnes a commencé sa ronde. A son bord, un chauffeur et deux ripeurs en chasuble jaune fluo, qui descendent, ramassent, vident les bacs gris et remontent, chacun d’un côté, à l’arrière de leur benne roulante. Sur le semi, s’affichent sur fond rouge les lettres du Grand Lyon, avec ce slogan : « La Métropole s’engage pour la qualité de l’air ». À y regarder de plus près, un second logo, bien plus discret, est collé sur la porte du camion : trois petits dauphins bleus, symboles de l’entreprise Pizzorno Environnement.

Ce nom ne vous dit peut-être rien ? Depuis mai 2017, Pizzorno est pourtant le premier opérateur privé de la Métropole de Lyon pour la collecte des déchets ménagers. Lors du dernier marché, qui court jusqu’en 2024, la société varoise qui a établi son antenne locale à Vénissieux, a raflé les 3ème, 6ème et 8ème arrondissements de Lyon, mais aussi Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Bron, pour un appel d’offres d’une valeur totale de 77,5 millions d’euros. Arrivée à Lyon en 2007 sur le marché du nettoiement, l’entreprise s’est petit à petit implantée dans la Métropole, au point de détrôner Suez, le numéro deux mondial de la gestion de l’eau et des déchets, qui avait fait de la collecte lyonnaise une chasse gardée. Méconnue du grand public, la petite entreprise des ordures qui monte traîne derrière elle son lot de casseroles plus ou moins reluisantes . . .

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Mathieu Martinière (We Report) et Nicolas Barriquand

Tue, 16 Jan 2018 12:04:59 +0100

A Toulouse, la tour de la discorde

Verra-t-il bien le jour ? Si oui, quand ? Dévoilé en mars 2017 par le maire Jean-Luc Moudenc lors du Marché international des professionnels de l'immobilier (Mipim) de Cannes, le projet de gratte-ciel qui doit s'élever au dessus de la gare Matabiau à Toulouse, sur le site de l'ancien tri postal, n'en finit pas de faire couler de l'encre. La livraison de l'édifice est annoncée pour la fin de l'année 2022. Le terrain, appartenant à SNCF Immobilier, doit être acquis par la Compagnie de Phalsbourg - qui ne souhaite pas communiquer le prix d'achat - en janvier et la demande de permis de construire sera déposée dans le courant du premier semestre 2018. « Compte tenu du caractère exceptionnel du bâtiment, qui implique beaucoup de contraintes techniques, et des éventuels recours, difficile de savoir quand on aura le feu vert pour construire », estime Mathieu Boncour, responsable des relations institutionnelles au sein de la Compagnie de Phalsbourg. Le promoteur n'ignore pas que les opposants espèrent faire capoter le programme. La tour d'Occitanie est encore loin d'être sortie de terre.

150 mètres de haut, 40 étages, 30 000 mètres carrés de superficie regroupant hôtel, commerces, bureaux et logements : la tour d'Occitanie ne manque pas d'ambition. Le budget global de la construction donne lui aussi le vertige : il s'élève à 130 millions d'euros ! Le pedigree des promoteurs et architectes est présenté comme un garant de la réussite du projet. La Compagnie de Phalsbourg est un opérateur français majeur du secteur. Daniel Libeskind, architecte américain impliqué dans la reconstruction du World trade center de New York, apporte une touche de prestige international et le cabinet . . .

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Emmanuel Riondé

Fri, 12 Jan 2018 16:45:35 +0100

Lactalis, roi de la dissimulation

Opaque. Depuis le début du scandale du lait infantile contaminé, le même adjectif revient pour qualifier le géant de l’agroalimentaire Lactalis, présidé par Emmanuel Besnier. Une culture – un culte – du secret profondément enracinée au sein du groupe de Laval, en Mayenne : à la lumière des dossiers passés du laitier, force est de constater que l’entreprise de la famille Besnier entretient un art certain de la dissimulation.
Craon : petits arrangement (déjà) avec la règlementation
L’usine Célia de Craon est au cœur de ses déboires actuels, mais ce n’est pas la première fois qu’elle cause des tourments à Lactalis. Acheté par le groupe en 2006, le site s’est équipé en 2012 d’une seconde tour de séchage pour produire de la poudre de lait. Celle-ci domine les environs de la bourgade du sud de la Mayenne et les embaume certains jours d’une odeur de vanille. Problème : Lactalis l’a construite un peu vite. L’entreprise entame les travaux (en mars 2012) sans prendre la peine d’attendre les résultats d’une enquête publique, pourtant obligatoire. Or ceux-ci s’avèrent défavorables, en raison notamment de la destruction d’une mare.

Rien de crucial en matière de sécurité alimentaire, mais la méthode témoigne de l’habitude qu’a le groupe de s’affranchir des règles administratives et d’une sorte de sentiment de toute puissance dans son fief mayennais. Lactalis « place les autorités administratives devant le fait accompli », déplore alors le commissaire enquêteur. La justice a d’ailleurs fini par lui donner raison. En juin 2016, le tribunal administratif de Nantes annulait ainsi le renouvellement de l . . .

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Nicolas Barriquand, avec Benjamin Peyrel

Fri, 12 Jan 2018 08:27:42 +0100

A Lille, le combat inégal entre « ville dense » et espaces verts

Lille, Capitale verte de l’Europe en 2021 ? Martine Aubry a, en tout cas, l’intention de déposer cet automne la candidature de sa ville à un prix qui a honoré Nantes en 2013. « Ne rigolez pas, a-t-elle demandé aux journalistes lors de son bilan de mi-mandat. Ce prix concerne l’ensemble de la politique durable et on veut faire de Lille une ville durable. » Problème, cette ambition risque de se heurter à un autre défi : celui de loger une population toujours plus nombreuse.

Ce 29 septembre 2017, le maire décide d’emmener les journalistes faire un tour de la ville pour découvrir toutes les réalisations de sa première moitié de mandat. A travers les vitres du bus, les caméras filment des nouveaux logements et des équipements de Lille-Sud, Moulins, Fives... Beaucoup de grands ensembles. Peu d’espaces verts. Et pour cause ! « La clef de voûte, c’est l’habitat et l’accès au logement », déclare Martine Aubry. Sa priorité, ce n’est pas le droit à la nature mais le droit au logement. « Nous avons construit 13 500 logements lors du dernier mandat. Notre objectif, pour ce mandat, est de 10 000. Nous en sommes aujourd’hui à 6 656. »

Historiquement minérale, la capitale des Flandres ne compte que 13,5 m2 d’espaces verts publics par habitant selon le rapport 2017 "Lille, une ville durable". C’est peu comparé à la moyenne des 50 plus grandes villes de France qui s'établit à 48 m2, selon une enquête de l’UNEP (Union Nationale des Entreprises du Paysage). Refusant de communiquer sur les villes mal classées, l’UNEP . . .

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Laurie Moniez