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Solidaires Étudiant-e-s Grenoble

Wed, 14 Feb 2018 18:13:54 +0100

Lettre ouverte à la Présidente de la COMUE Madame Lise DUMASY et au Président de l’UGA Monsieur Patrick LÉVY

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Madame la présidente de notre communauté universitaire, Monsieur le président de l’université,
Madame Dumasy, Monsieur Lévy,

Nous vous adressons cette lettre suite à une agression subie par un militant.

Dimanche 4 février au soir, lors d’un collage d’affiches organisé par les organisations étudiantes et de jeunesses, portant sur la réforme défendue par la ministre Frédérique Vidal, un étudiant a été victime d’un assaut de la part des forces de « sécurité » du campus. Les voitures des gardes, phares éteints, ont foncé sur des militant·e·s, entraînant la fuite de ces dernièr·e·s. L’un d’eux dans la peur et la précipitation a chuté : la voiture s’est arrêté brutalement à très grande proximité de l’étudiant au sol. Les gardes l’ont maintenu par terre, exigeant de lui qu’il décline son identité avant de lui ordonner de s’en aller. Ouvert à la jambe, aux bras et aux mains, il fut emmené rapidement consulter un médecin où ces blessures furent constatées.

Pendant que les gardes intimident les militant·e·s, le bâtiment Stendhal subit tranquillement des cambriolages. La compagnie de sécurité n’est pas aussi zélée lorsqu’il s’agit de protéger les bâtiments du service public.
Ce n’est pas la première fois qu’une affaire de ce genre se produit. Durant la période de mobilisation des étudiant·e·s et des personnels contre la loi Travail, les gardes de sécurité avaient déjà agressé physiquement des représentants syndicaux étudiants de l’UNEF et de Solidaires. Ainsi au vu des faits et de ces actes disproportionnés de violence, nous vous exprimons franchement et avec quelque peu de colère, nos revendications :

1/ Nous vous demandons solennellement de condamner publiquement les agissements des gardes de sécurité. Un traitement de criminel réservé à des étudiant·e·s qui souhaitent simplement informer sur les réformes en cours n’est pas acceptable.

2/ De prendre des mesures concrètes pour que les auteurs de ces violences, salariés d’une entreprise de sécurité privée, soient sanctionnés et que de tels agissements ne se reproduisent plus. Que les personnels et les étudiant·e·s qui collent et donnent de leur temps dans l’intérêt de tou·te·s les membres de notre université ne soient plus réprimé·e·s.

3/ Une nouvelle fois et avec insistance de prendre des mesures pour construire en nombre suffisant des zones d’affichages libres en extérieur, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Ce qui permettrait de régler simplement et sans heurt le problème des dégradations dû aux collages pourtant nécessaires afin que les étudiant·e·s soient correctement informé·e·s.

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Solidaires-Étudiant-e-s Grenoble

Mon, 05 Feb 2018 15:45:19 +0100

Analyse : réforme de la licence

Le « Plan Étudiants » annoncé par la ministre Frédérique VIDAL est un dispositif complexe qui va être mis en place sur plusieurs années. Seulement certains aspects font actuellement l’objet de discussions et de projets de lois, notamment sur l’entrée à l’université ou la réforme du Baccalauréat.
L’analyse que nous proposons ci-dessous est donc susceptible d’être modifiée au fil des informations que nous récolterons.
Ce texte reprend le travail de la commission « Enseignement Supérieur et Recherche » de la Fédération Solidaires Étudiant-e-s.

Texte d’analyse sur la réforme de la Licence à l’université

Contenu

I/ Contrat de réussite pédagogique

Le gouvernement compte contractualisé le lien entre l’étudiant·e et son établissement via l’instauration de contrat dit « de réussite pédagogique ». Ces contrats mis en place avec la sélection en licence contiendra : la durée de la licence qui pourra varier de 2 à 4 ans, les différentes obligations pour la valider comme le type d’Unité d’Enseignement (UE) à valider, l’obligation de passer des certifications payantes (tests TOEFL, TOEIC ou autre) ou la présence de notes éliminatoires.

Cette individualisation des parcours va diminuer les droits des étudiant·e·s en retirant l’interdiction de note éliminatoire ou le principe de la compensation entre UE, actuellement régie nationalement par l’arrêté licence de 2011 [1].

II/ Modularisation

Actuellement les licences sont des diplômes se faisant en 3 ans et nécessitant 180 crédits ECTS. L’idée du gouvernement est de supprimer la première obligation. Seul le nombre de crédits ECTS conditionnera l’obtention du diplôme.

Les étudiant·e·s auront à choisir un certain nombre d’UE chaque semestre. L’inscription ne se fera plus pour tout le semestre ou tout le parcours mais pour chaque UE. Et ceux qui n’auraient pas les « attendus » (ou pré-requis) pour s’inscrire dans certaines UE se verront proposés des UE dites « de remises de niveau »[2].

Par conséquent les UE seront grandement indépendantes entre elles, possiblement sans lien : 2 étudiant·e·s licenciés de la même filière auront eu des enseignements très différents.

Cela a pour conséquence la destruction des maquettes de formation actuelles. En effet, jusqu’à maintenant les équipes pédagogiques concevaient dans chaque établissement l’architecture des diplômes. Cette architecture permettait que les UE est un lien entre elles et de garantir une progression continue sur les trois ans. Avec la modularisation, l’atteinte d’un niveau global en fin de Licence n’est plus garanti.

III/ Innovations pédagogiques

De plus les Universités sont encouragées à faire de la prétendue « innovation pédagogique ». Nous auront donc droit à des MOOCs (Massive Open Online Course, des cours en ligne tout simplement), des classes inversées, de la pédagogie par projet, de l’apprentissage par résolution de problème ou d’autres intitulés obscures.

– Les MOOCs sont des cours filmés. Pour évaluer les étudiants, on a recours soit aux QCM, évaluations très critiquables car ne laissant place à aucune pensée critique ou maîtrise de raisonnement, soit l’évaluation par les pairs qui consistent à être évalué par d’autres étudiant·e·s, supposant qu’aucune qualification n’est nécessaire pour évaluer un travail.

Avec ces méthodes, presque plus besoin d’enseignement·e·s, et tant pis pour l’aide et l’approfondissement qu’ils apportent aux étudiant·e·s.

– La classe inversée consiste à penser que tout le contenu de cours magistral peut-être travailler à la maison par l’étudiant·e. L’étudiant·e travaille ensuite les exercices en TD. Cela part du postulat qu’un·e étudiant·e est complètement passif en cours magistral, ce qui est loin d’être vrai. Chaque étudiant·e a ses propres méthodes d’acquisition de la connaissance. De plus, demander à travailler le cours à partir d’Internet suppose un égal accès à l’informatique qui n’est pas vérifié actuellement (nombreux sont les problèmes de connexion en chambres CROUS par exemple).

– La pédagogie par projet est une méthode d’apprentissage directement issue du monde de l’entreprise. Cela consiste à demander aux étudiant·e·s une réalisation concrète sur un travail de plusieurs mois. L’objectif est surtout de développer des compétences en « travail en équipe » ou « gestion de projet », plutôt que d’élargir les connaissances des étudiant·e·s dans leur domaine d’études.

– L’apprentissage par problème (APP) consiste à confronter les étudiant·e·s à des problèmes, prétendument issus de cas concrets. Le modèle classique du cours magistral avec exercice en TD est supprimé. Les étudiant·e·s ne disposent plus des connaissances académiques au préalable de la résolution, mais doivent les acquérir par eux-mêmes pendant la séance.

Certaines de ces méthodes d’apprentissage peuvent sembler intéressantes puisqu’elles proposent de redonner aux étudiant·e·s des rôles actifs et moteurs dans les cours. Cependant, le risque est fort qu’ils soient trop souvent livrés à eux-mêmes et ne progressent pas, faute d’accompagnement. Ces méthodes questionnent aussi sur la logique financière des Universités qui auraient moins d’enseignants·e·s à embaucher [3].

Elles ont d’ailleurs déjà cours dans certains établissements comme les écoles d’ingénieur·es, où elles subissent les critiques acerbes de la part des enseignant·e·s et des étudiant·e·s.

Conséquences

I/ Pertes de droits étudiants

L’ensemble des mesures annoncées va entraîner une perte importante des droits étudiants.

1) Fin de la compensation

La modularisation des licences va entraîner la fin de la compensation. Actuellement la compensation entre UE au sein d’un semestre, et entre semestre au sein d’une année, repose sur le fait qu’un semestre vaut 30 crédits ECTS [4]. En instaurant des licences modulables, il est impossible de créer un système homogène cadré par le futur arrêté licence. La ministre a annoncé que le principe de la compensation sera examiné lors des concertations à propos de ce futur arrêté [5].

Il apparaît donc le risque d’avoir un règlement définis selon les universités voire selon les composantes aux termes des négociations. Ceci mettant en péril la règle nationale garantissant une égalité de traitement pour tou·te·s les étudiant·e·s du territoire français.

2) Moins de droit pour les boursier·e·s

Avec la réforme, ce sera e contrat pédagogique passé entre l’étudiant·e et l’établissement qui ouvrira le droit aux bourses sur critères sociaux. Ainsi, le contrat pédagogique différant d’un·e étudiant·e à l’autre, les critères différeront aussi. Il pourra y être intégré des conditions relatives aux absences, aux examens et à la validation de certaines UE, alors que c’était des arrêtés ministériels ou les règlements des études qui régissaient cela jusqu’à aujourd’hui.

Actuellement un·e étudiant·e· en licence a droit à 5 années de bourses au maximum et 2 pour une même année de licence. Si ce système perdure, un·e étudiant·e qui fait sa licence en 4 ans ne pourra redoubler qu’une seule fois (contre 2 redoublements sur 3 ans pour l’instant). De plus, aucune précisions n’est apportée au sujet des réorientations : le contrat pédagogique étant modifié, l’étudiant·e conservera-t-il les bourses ?

3) Diminution de la qualité de l’enseignement

Les « innovations pédagogiques » vont conduire à une diminution de la présence des enseignant·e·s auprès des étudiant·e·s. Cela provoquera à un suivi de moindre qualité du travail des étudiant·e·s, ainsi que de nombreuses suppressions de postes d’enseignants·e·s. Ceci, alors qu’aucune mesure n’est prise pour limiter le nombre maximum d’étudiant·e·s par groupe, pour garantir de bonnes conditions d’études.

II/ Perte de droits pour les salarié·e·s

Le diplôme de licence est un diplôme de niveau II [6] reconnu par les conventions collectives, ouvrant donc accès à certains types de postes ou à la montée dans la grille salariale. De même, une licence permettait de prétendre au concours de la fonction publique de catégorie A. Avec des licences individualisées et modularisées, ces droits collectifs risquent de disparaître.

Pire, avec le remplacement de la notion de « qualifications » par celle de « compétences », les diplômes passeront d’une logique de reconnaissance collective à une celle d’une valorisation individuelle sur le « marché du travail ».

Cela entraînera par conséquent une baisse globale des droits des salarié·e·s que ça soit du public ou du privé. Par exemple, une licence en 2 ans n’aura pas la même valeur qu’une licence en 4 ans aux yeux de l’employeur.

III/ Concurrence entre les Universités

Ce Plan Étudiants signifiera la fin du cadre nationale de la licence. Les différents parcours prévus laissent à présager des licences à différentes vitesses [7]. En effet les appels à projets dans le cadre des Programmes d’Investissement d’Avenir préconise plusieurs niveau de licence [8] :

– Des licences « d’excellence » : permettant d’accéder à un bac +5 et +8

– Des licences dites « professionnalisantes » qui enverront directement l’étudiant·e sur le marché du travail sans possibilité de continuer ses études

– Et enfin des licences « fourre-tout » (notamment de « remises à niveau ») qui permettront au gouvernement de continuer à affirmer que l’Enseignement Supérieur est accessible à tou·te·s, mais qui offriront un diplôme de piètre valeur sur le marché du travail aux diplomé·e·s

Vu la situation d’austérité budgétaire touchant actuellement l’Enseignement Supérieur, inutile de préciser que l’argent ira principalement au sein des filières d’excellence. De même, les cursus étant de moins en moins définis au niveau national, les licences n’auront pas la même valeur entre les différentes universités.

[1] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024457754

[2] http://snesup.fr/article/pre-requis-parcours-individualises-professionnalisation-une-universite-emancipatrice-pour

[3] https://www.alternatives-economiques.fr/sophie-orange-plan-etudiants-comporte-risques/00081691

[4] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=B5078076A49A8F02346315C4

B87C4117.tplgfr38s_3idArticle=LEGIARTI000028556215&cidTexte=LEGITEXT000024465664&dateTexte=20171212

[5] http://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/universite-vers-la-fin-du-systeme-de-compensation.html

[6] http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2009/04/cir_260.pdf

[7] http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article7909

[8] http://www.agence-nationale-recherche.fr/fileadmin/aap/2018/aap-ia-ncu2-2018.pdf

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Solidaires-Étudiant-e-s Grenoble

Mon, 05 Feb 2018 15:19:59 +0100

Communiqué : communication sexiste d’une soirée étudiante

Vous trouverez ci-dessous notre communiqué de presse concernant la promotion sexiste d’une soirée initialement organisée par le BDE (bureau des étudiants) de l’école Polytech Grenoble, ce mercredi 7/02.

Envoyé à la presse et à l’Université Grenoble Alpes ce lundi 5/02 au matin, l’image et l’intitulé de l’événement Facebook ont été modifiées par le BDE dans les heures qui ont suivi, et finalement la soirée a été totalement annulée dans l’après-midi.

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Fri, 26 Jan 2018 22:38:10 +0100

Tract : suppression de la compensation

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Fri, 26 Jan 2018 22:03:00 +0100

Communiqué : la fin de la compensation entre les UE ?

Vous trouverez ci-dessous l’expression de notre Fédération Solidaires Étudiant-es, sur l’une des mesures du « Plan Étudiants » ou le projet de loi relative à l’orientation et la réussite de étudiants.

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Comment faire face à cette réforme qui détruit le diplôme du BAC, instaure la sélection à l’entrée de la fac et pénalise les étudiants précaires ?

Rendez-vous mercredi 31/01 à 12h en Galerie des Amphis de l’UGA
pour une Assemblée Générale !

Et le lendemain, le 1/02, une journée d’action nationale aura lieu !
(plus d’informations prochainement)

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