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Flux Isérois
Rouge Midi

Tue, 17 Apr 2018 17:27:54 +0200

Pour quelques dollars de plus !

Cette fois, l’Observatoire des Droits de l’Homme syrien qui, depuis 2011, a donné toute sorte d’informations sur les exactions de l’horrible dictateur Bachar Al Assad contre son peuple à partir de son arrière boutique de Londres n’a pas relayé l’attaque au gaz de Douma ce 7 avril 2018. Ni le Croissant Rouge syrien ni la coordination de l’ONU en Syrie, présents tous deux dans la Ghouta orientale, n’ont été en mesure de confirmer l’existence de victimes d’une intoxication aux armes chimiques.

Seuls les Casques Blancs, primés par le cinématographe mondial d’Hollywood qui a reconnu là l’un des siens, ont diffusé des images de corps amoncelés et d’enfants dénudés avec un masque censé délivrer de l’oxygène en guise d’assistance ventilatoire [1]. Ils ont également fourni le film de la dévastation d’un appartement au toit défoncé par la chute d’un obus intact gisant dans un lit qui n’a pas souffert de dommages de la part d’une masse atterrie brutalement sur lui. [2]
Il semble que dans ce cas, la mise en scène a choisi de présenter les effets de gaz suffocants non neurotoxiques. Ceux-ci sont doués d’un fort pouvoir rémanent, les symptômes cliniques qu’ils produisent sont difficiles à mimer et ils obligent de plus à une protection drastique des sauveteurs, jusque là négligée dans la post production des Casques Blancs. Le chlore et autres agents vésicants génèrent des risques de mort immédiate mais aussi des effets retardés de plusieurs heures redoutables liés à l’œdème résultant des brûlures de l’arbre respiratoire et des alvéoles pulmonaires. [3]

Le 7 avril, il aurait été dénombré 48 morts parmi les 500 personnes atteintes par les armes chimiques. La sincérité d’une telle allégation doit être mesurée à l’enquête sur le devenir des 452 personnes rescapées. Les observations diligentées par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques devra s’y intéresser et exposer publiquement et de manière argumentée leur devenir. Plusieurs jours plus tard, les gaz même si plus denses que l’air prétendument utilisés auront été dispersés mais les lésions et séquelles inévitables des désordres anatomiques induits sont identifiables longtemps après.

L’opération faux drapeau prévue et non prévenue

Quelques arguments militent en faveur d’une infiltration des agents de la propagande djihado-occidentales par le renseignement syrien et russe. Au cours du mois de mars, le gouvernement russe a annoncé être au courant d’une préparation en cours d’une provocation sous forme d’attaque chimique sous faux drapeau. Des citoyens syriens et des membres du personnel de l’hôpital de Douma témoignent de l’irruption d’inconnus dans la ville faisant irruption dans l’établissement munis de caméras et arrosant d’eau des personnes présentes. Ici [4] à partir de la troisième minute. Des médecins du seul hôpital de la ville attestent n’avoir reçu aucun patient atteint d’une intoxication à des gaz toxiques.

La manipulation.

Les Occidentaux comptent sur l’effet d’horreur déclenchée par l’évocation ‘gaz et armes chimiques’ et liée dans la construction d’un inconscient collectif autour de l’extermination nazie, toujours mise en avant dans les mass medias et les programmes scolaires comme la quintessence du Mal. Un tel effet de sidération n’a jamais obtenu avec les agents exfoliants fabriqués par Monsanto et délivrés par les bombardiers américains sur le Vietnam, tuant des civils par centaines de milliers et détruisant la végétation et stérilisant les sols pour des siècles. Ni avec l’usage d‘armes chimiques encore plus sophistiquées et non identifiées à Gaza en ce moment pour réprimer une population qui se révolte contre sa situation d’assiégée sous blocus. [5]
Pas plus le phosphore blanc étasunien à Fallouja en 2004 [6] ni l’israélien à Gaza en 2009 [7]
n’ont ému en leur temps la communauté internationale de la même manière.

Propagande, l’ascension.

L’attaque dans la nuit du 13 au 14 avril de la Syrie par la coalition des Usa et de ses vassaux britanniques et français est venue couronner celle de montée médiatique irrésistible contre le camp syrien et ses alliés. Le mois de mars a été marqué par les condamnations de la Russie dans l’affaire Skripal, dont le père, la fille ainsi que leur chat et leurs deux hamsters ont fait les frais. Les humains ont survécu à l’ingestion de moules contaminées par des saxitoxines [8] mais pas les animaux domestiques qui ont dépéri dans leur résidence mise sous scellés. Puis vint à point nommé le relais occasionné par les trois obus de chlore largués depuis des hélicoptères de l’armée arabe syrienne. Celle-ci était en voie d’achever la libération totale de la Ghouta orientale des mercenaires qui l’occupaient depuis 2012 [9] et la soumettaient à une économie de pénurie et de contrebande.

La montée de la propagande et l’agencement des scénarios ont encadré le long périple du successeur auto-désigné au trône du troisième royaume des Séoud en Ocident.

Du bruit.

La démonstration de force, menée depuis les bases étasuniennes dans ses quasi-colonies arabes du Golfe, s’est limitée à détruire des sites inoccupés et n’a pas fait de victimes humaines en dehors de quelques blessés.
Elle a pris un soin extrême à ne toucher aucune cible russe.
Elle a démontré l’efficacité de vieux systèmes anti-missiles soviétiques utilisés par l’armée syrienne avec un taux d’efficacité de 71 missiles détruits sur 101.
Elle se devait de punir le succès des forces syriennes qui ont chassé les mercenaires à l’Ouest de Damas, leurs bandes sont désormais cantonnées à Idlib.

Les trois pays concernés par les ventes d’armes aux pays arabes du Golfe ont offert ce spectacle comme garantie de leur engagement en faveur des pétro-monarques de moins en moins enclins à croire en l’efficacité de leur arsenal. Ils se sont ridiculisés. Mais en jouant ainsi leur piètre numéro, ils espèrent maintenir l’atmosphère de tension nécessaire à leur funeste commerce. Ils appliquent ainsi leur doctrine en adéquation avec leurs objectifs et leurs moyens, pas de conflagration mondiale, mais conflits régionaux de moyenne à faible intensité toujours en cours.
En attendant la chute du dollar, beaucoup de pays périphériques risquent encore de souffrir de cette confrontation entre une Eurasie en montée de puissance irrépressible et cet Occident fané et sans crédit, sinon celui du mensonge et de la tromperie terriblement difficiles à contrer tant leurs peuples sont ‘zombifiés’.

Badia Benjelloun

Dr Benjelloun

Mon, 09 Apr 2018 01:01:31 +0200

La CGT, le syndicalisme et le politique

Et l’on reparle même de la charte d’Amiens ce texte de 1906 certains voulant le jeter à la poubelle, d’autres en faisant une lecture quasi religieuse et d’autres encore une interprétation actuelle qui les arrange et donc peu rigoureuse…
Il semble donc important d’y revenir au moment où la bataille engagée concerne un choix politique de société.

La Charte d’Amiens

Il faut d’abord savoir que ce texte adopté lors du congrès de la CGT en 1906 est un texte de compromis.

En effet la CGT s’est créée en France plus tard que dans d’autres pays industrialisés à cause de la loi Le Chapelier édictée plus de 100 ans avant, en pleine révolution française, par une bourgeoisie qui avait peur que le peuple s’organise pour prendre le pouvoir et lui interdisant toute organisation des travailleurs. Ce retard a paradoxalement permis à la CGT française de bénéficier de l’expérience du syndicalisme existant dans les autres pays du monde où il y avait et il y a encore, inscrit dans les statuts, un lien organique entre le syndicat et le parti social-démocrate. Ainsi quand on adhère à l’AFL-CIO aux USA, au TUC britannique, au DGB allemand…une partie de la cotisation finance le parti.

Le congrès d’Amiens vit l’affrontement de deux courants. Celui emmené par les partisans de Jules Guesde [1] prônant la reprise du schéma en cours alors dans le monde et donc de fait l’alignement du syndicat sur le parti et l’autre courant prônant l’indépendance totale vis-à-vis de toute force extérieure. La charte votée à Amiens est issue de ce compromis où les partisans de l’indépendance ont eu gain de cause alors que le premier courant a pu se féliciter du fait que le texte affirme le caractère révolutionnaire de la CGT en revendiquant « l’expropriation capitaliste ». Depuis 1906 la CGT s’est toujours référée à ce texte jusque dans ses statuts et à la notion de « double besogne » qu’il exprime : défense quotidienne des salarié-e-s et lutte pour la transformation sociale.

Faire dire à ce texte qu’il interdit toute relation de la CGT avec le politique ou qu’au contraire il l’enchaîne à lui est une bien curieuse lecture ! Dans son histoire la CGT, justement en fidélité à ce texte, a pu intervenir en toute indépendance sur le champ politique. Elle l’a fait entre autres dans la résistance et en participant à la construction du programme du CNR au point qu’Ambroise Croizat a déclaré que sans la CGT il n’aurait pas pu mettre en place la sécurité sociale, elle l’a fait au moment des guerres coloniales quand d’autres centrales au nom de l’apolitisme se taisaient dans un silence complice…etc.

Il est tout à son honneur qu’elle continue à le faire aujourd’hui quand les gouvernements publient leurs lois anti-migrants ou quand il s’agit de la paix et de la solidarité internationale deux questions où les organisations de la CGT se retrouvent souvent bien seules en tant qu’organisations syndicales. Quand les choix du gouvernement Macron sont des choix de société qui veulent soumettre le monde du travail à la loi des multinationales, l’intérêt bien compris des salarié-e-s est bien celui d’impulser la « double besogne » de notre temps en s’alliant, chaque fois qu’elle le juge nécessaire, à toutes les forces syndicales, politiques, associatives qui ont en commun le rejet du capitalisme prédateur que l’on veut nous imposer.

Depuis des années le pouvoir non seulement a non seulement une grande responsabilité dans la décrédibilisation du politique, mais il s’est en plus attaché à dénier aux syndicalistes le droit de s’y intéresser alors que celui-ci conditionne l’aboutissement pérenne des revendications du monde du travail. Des syndicalistes, y compris dans les rangs d’organisations de lutte, au nom d’une lecture tronquée de la charte d’Amiens, ont voulu que la CGT elle aussi s’en désintéresse. Cela s’est bien vu au moment du débat sur la constitution européenne et heureusement que majoritairement les organisations de la CGT ne se sont pas laissées entraînées sur ce terrain [2]. Les syndicalistes, parce qu’ils sont au premier rang de l’animation des luttes, doivent s’intéresser au politique pour au moins deux raisons :
- En tant que moyen de répondre durablement aux aspirations du monde du travail
- En tant que moyen d’alimenter leur réflexion sur la nature des propositions à mettre en œuvre.

On a vu dans le monde des révolutions sociales être détournées par la classe dominante à son profit justement par manque de conscience politique des animateurs de la lutte. Si les syndicalistes ne veulent pas se faire déposséder de leur combat et de son contenu, ils doivent se mêler de tout ce qui les regarde, le politique en faisant grandement partie.

Dans ces conditions quel peut être le rôle du politique ? Soutenir ? Oui bien sûr. Mais pas seulement. Il doit, en s’appuyant sur les luttes et les revendications, proposer toutes initiatives de nature à renforcer le rapport de forces et la conscience de la possibilité de changement, qu’il s’agisse d’initiatives d’actions ou de propositions de solutions politiques.

Il n’y a pas deux forces, le syndical et le politique qui marcheraient côte-à-côte de temps en temps, voire qui s’opposeraient, mais un même mouvement social dont les différentes branches doivent se nourrir l’une l’autre.
Les plus grandes conquêtes de l’histoire sociale ont été celles où l’on a vu se conjuguer luttes sociales et pouvoir politique à l’écoute de ses luttes et se nourrissant d’elles. Quand telle organisation politique propose une action elle est dans son rôle. Au syndicat de voir en toute indépendance si cela apporte un plus au mouvement social, si cela ajoute à la dynamique de rassemblement.

Pour nous ANC, il y a un lien dialectique entre le syndical et le politique.
- Pour le syndical rompre ce lien serait se limiter à la défense quotidienne pied à pied, certes nécessaire, mais insuffisante pour à elle seule impulser le changement de société.
- Pour le politique cela serait se condamner à être hors sol, ne pas prendre en compte ce qui monte dans les luttes.

Et ce n’est pas un hasard si nous nous reconnaissons dans les propos du dirigeant du SACP, le parti communiste sud-africain : « ils n’arriveront pas comme en Europe à créer ici un gouffre entre le syndicat et le parti ».

C’est forte de ses convictions que, partie prenante du mouvement social et se nourrissant de lui, l’ANC continuera à proposer des issues politiques allant dans le sens de la paix, de la justice, du progrès social et du changement de société nécessaires pour répondre aux aspirations et revendications que les luttes font émerger.

Charles Hoareau
Président de l’ANC

Charles Hoareau

Thu, 05 Apr 2018 09:04:17 +0200

ELIOR restauration : Une jeune contre-offensive.

Qui a prétendu que les jeunes travailleurs ne savaient pas s’organiser ?
Une jeune section syndicale menée par des jeunes, autant déterminés que solidaires. N’ayant pas froid aux yeux, ils ont mené leur (première) grève comme des militants de longue date. Ils ont arpenté la galerie marchande de la gare St Charles toute la journée en bloquant l’accès au Monop’Daily, au Meet and Go et au Phileas, 3 boutiques gérées par le groupe ELIOR.
Leur travail est loin de pouvoir être négligé, car cette grève a eu aussi un impact dans le service de restauration à bord des TGV en partance de Marseille gare St Charles.

Ils ont rencontré les voyageurs à qui ils ont dénoncé leurs conditions de travail au quotidien, des horaires très flexible avec des modifications moins de 24h avant la prise de poste, un sous-effectif qui les oblige à multiplier leurs taches de travail, un management agressif et discriminatoire, des salaires qui ne leur permettent pas de subvenir à leurs besoins.
D’où leurs légitimes revendications :
- De meilleures conditions de travail.
- Des embauches.
- La fin du management agressif et des propos racistes.
- Des augmentations de salaire.
Les voyageurs ont été touchés et ont massivement soutenu ce mouvement de grève.

Les soutiens ont été nombreux ! Les militants CGT de l’Union Locale et Départementale, de la J.C, le comité chômeur et les camarades de l’ANC 13.

Elior au CAC 40

Le Groupe Elior c’est quoi ?
Un groupe présent dans plus d’une quinzaine de pays dans le monde, 127 000 salariés, 5,5 millions de clients, un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards d’euros en 2017, en progression de 526 millions d’euros depuis 2016.
Côté en bourse depuis janvier 2014, le Groupe Elior a les moyens de garantir de bonnes conditions de travail à ses salariés. En octobre 2016, Elior Group lance sa stratégie RES (Responsabilité Sociétale des Entreprise) baptisée "Elior Group Positive Foodprint Plan". Le Groupe s’engage autour des 4 objectifs de développement durable sur lesquels il estime pouvoir avoir le plus d’effet d’ici 2025 :
- les enjeux de santé publique liés à une mauvaise alimentation
- les problèmes environnementaux causés par l’agriculture
- la progression du gaspillage alimentaire
-  le besoin d’emplois décents. (sic !)

C’est exactement ce que réclament les salariés du buffet de la Gare St Charles du Groupe Elior.
Le groupe compte-t-il attendre 2025 pour améliorer les conditions de travail des employé-e-s ?
La réponse est claire pour nous ! c’est NON !!!
Les salariés sont bien décidés à obtenir ce qu’ils désirent et nous continuerons à les soutenir dans toutes les actions qu’ils mèneront.

Dans une multinationale de cette taille cette surexploitation n’est possible que parce que la SNCF externalise la restauration collective des trains et des quais et que les salarié-e-s n’ont aucun contrôle sur la gestion.

C’est ce que nous disons avec nos tracts (bien accueillis) sur la nationalisation et sur les services publics. Sur ces points les discussions allaient bon…train ! Et ce n’est pas fini

2e Round

Lundi 2 avril, il y a eu une rencontre suite à la grève des jeunes camarades, la direction Elior mettant en avant l’urgence de la situation (pensez-vous, c’est une première)
Les salarié-e-s ont été reçus par… le DRH Europe SVP. Comme dit Nordine un responsable CGT du commerce 13 « du jamais vu, tellement ils avaient les chocottes, et un jour férié !!! »
Les salariés(es) sont restés intransigeants sur leurs revendications.
Concernant l’attitude du directeur du site, ainsi que celle d’un manager, le DRH leur a dit qu’il n’en revenait pas de tous les témoignages et a condamné les propos tenus par le directeur et son adjoint.

Une réponse doit être donnée le 8 avril sur les conditions de travail et d’ores et déjà le DRH a reconnu « le flicage des salariées avec les caméras ainsi que de nombreuses incohérences de direction ». La suite est donc encore à venir et on peut compter sur la vigilance des salarié-e-s aujourd’hui syndiqué-e-s à la CGT qui les soutient.

Boualem

Wed, 04 Apr 2018 09:59:01 +0200

Services publics : il faut y revenir !

Services publics : il faut y revenir !

Les personnels de santé, les cheminots, les salarié-e-s de l’énergie, les fonctionnaires sont en lutte et ils ont raison !
Dans leur action ils convergent avec celles et ceux du commerce, de la chimie, de l’agroalimentaire et de tant d’autres professions en lutte pour l’emploi et donc pour l’avenir de la jeunesse et du pays tout entier.

En ce qui concerne les services publics l’enjeu est double : pour la nation et pour les citoyens et les citoyennes qui la composent.

- En effet quelle peut être la souveraineté du peuple d’un pays si ce dernier ne maitrise pas sa monnaie, ses banques, ses transports, son énergie, son système de santé et d’éducation, les grands moyens de production et d’échange ?
- Pour la population, sans services publics, c’est-à-dire sans l’ensemble des moyens qui lui permettent d’exercer ou de faire valoir ses droits fondamentaux d’hommes et de femmes libres dans notre mode d’organisation de société qui s’appelle la République, comment avoir accès au droit ?

Depuis le tournant libéral de 1983, tous les gouvernements n’ont eu de cesse de s’attaquer aux services publics sous divers prétextes avec un record de privatisations (ce qui est un comble !) sous le gouvernement de gauche plurielle de Jospin, 1997 marquant la coupure de la SNCF en deux et l’ouverture à la concurrence d’EDF-GDF.
Pour quel résultat ? Une dégradation du service rendu, une augmentation des tarifs, une précarisation des conditions de travail et du statut du personnel et (ce qui est un autre comble !) une dégradation y compris financière des entreprises concernées et dont on nous dit maintenant qu’elles s’en sortiront mieux grâce à plus de casse et plus de concurrence…

Il faut en finir avec cette logique et celles et ceux qui disent nous comprendre et nous soutenir ne doivent plus tergiverser : il faut rompre avec les termes abscons de « mixité public-privé » ou de « pôle public » dont pourraient faire partie des entreprises privées (et donc dont les décisions nous échapperaient puisqu’aujourd’hui en France un employeur peut décider seul ce qui, dans le cas de multinationales met en cause la souveraineté du peuple et qu’au mieux nous avons un pouvoir consultatif qu’on nous rogne régulièrement), bref il faut en revenir à des services publics détenus à 100% par la nation.

- Avec des directions élues
- Des choix de gestion pris en commun avec la population
- Un personnel respecté et dont la professionnalité est prise compte
- Des droits fondamentaux des usagers et des usagères réaffirmés

En clair une nation toute entière qui voit le social non comme un fardeau mais comme une condition indispensable pour un progrès économique partagé.

Non aux privatisations qui nous privent de tout,

Vive les services publics gérés par le public !

Rouges Vifs 13

Tue, 03 Apr 2018 16:40:23 +0200

Crimes d'Etat et faux grossiers.

Dans la cédraie du Moyen Atlas, après avoir croisé les singes magots qui vous auront délesté de vos provisions, le guide de moyenne montagne pourra vous conduire à l’ancienne chasse de Hassan II près d’Ifrane. Une fois arrivé sur la terrasse en rondins à partir de laquelle le roi et ses hôtes tiraient le gibier, il est aisé de comprendre que le sanglier conduit devant les fusils par les rabatteurs n’a aucune chance d’échapper aux tirs. La cible est mobile mais c’est tout un troupeau qui emprunte l’étroit couloir aménagé pour la distraction royale si bien qu’un beau tableau de chasse s’obtient sans déployer une adresse particulière.

La mince bande de Gaza est le corridor au bout duquel les Palestiniens ont reçu des salves de mitraillettes tenues par des soldats postés sur une hauteur d’où ils ne pouvaient pas manquer leurs victimes. Les snipers en tuant 15 jeunes gens et en en blessant plus de 1000 n’ont accompli aucun exploit ce vendredi 29 mars 2018. 30 000 Gazaouis manifestaient sans arme la Journée de la Terre comme le font les Palestiniens depuis des décennies, demandant que se concrétise enfin le droit de retourner chez eux pour les réfugiés, ils sont près de 7,5 millions en 2017. [1]

Les agences de presse (AFP et Reuters) ont titré « affrontements », « heurts » pour ce qui a été un exercice de tir pour recrues débutantes sur une population sans armes. Le chef du gouvernement du régime sioniste s’est félicité de l’exécution parfaite du programme prévu avec atteinte du nombre de morts prescrits. Une armée morale se doit d’obéir aux ordres et de remplir les objectifs fixés, quinze à seize personnes assassinées était la moisson assignée.

Israël est l’un des pays les plus impopulaires selon un sondage de la BBC effectué en 2013 [2]. En cinq ans, le taux d’opinions favorables n’a pu faire que chuter. La dernière tuerie couronnée par le cynisme du premier ministre va renforcer la tendance. Mal aimé à l’extérieur, il l’est aussi par ses propres citoyens. Plus d’un tiers le quitteraient [3] s’ils en avaient les moyens ! Vivre par la guerre et pour la guerre, agresser les pays voisins, perpétuer une occupation militaire abjecte, créer l’insécurité pour mieux la vendre, une fois disparue la génération des pionniers, n’est plus une perspective enthousiasmante.

Le chantage à l’antisémitisme n’est plus une arme efficace, les efforts désespérés du CRIF et de l’AIPAC sont de plus en plus pitoyables. Mais quel aveu de faiblesse dans cette violence criminelle revendiquée et perpétrée au vu et au su du monde transi devant la supériorité supposée et de moins en moins fondée de son armée d’occupation et de ses services de renseignements et de psy-ops !
Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni d’urgence reste coi. La poussée d’urticaire de solidarité islamique d’Erdogan a vite cédé sous les remontrances moqueuses de Netanyahu.

Israël a armé au moins sept groupes différents d’opposants à Assad [4] dont Jabha al Nusra [5] autre nom d’Al Qaïda. Il a perdu la partie engagée. Mohamed Ben Salmane vient de déclarer [6] lors de sa tournée aux Usa que le camp occidental auquel appartiennent Les Bédouins du Nadjd et l’entité sioniste admet que le Président de la République arabe syrienne ne sera pas démis.
Il faut que « la seule démocratie » du Proche Orient soit déstabilisée dans sa certitude de son pouvoir de nuisance pour coup sur coup faire des erreurs grossières de communication.

L’affirmation, fuite contrôlée( ?), par le journal koweitien Al Jarida que deux avions furtifs israéliens ont survolé à très haute altitude la Syrie, l’Irak pour effectuer une mission de reconnaissance au dessus de l’Iran tient d’une plaisanterie [7] qui n’abuse personne. Elle a été aussitôt démentie par qui de droit, le Ministère de la Défense russe déclare impossible de tromper les radars et les systèmes de défense antiaérienne installés en Syrie. [8]

Une deuxième vantardise flagrante proférée par le régime militaro-théocratique et ethnique a été répercutée par tous les medias. [9] Israël reconnaît plus de dix ans après avoir détruit un réacteur nucléaire construit avec l’aide de la Corée du Nord dans le désert syrien. Gareth Porter avait montré que le Mossad a été trompé par un leurre mis en place par la Syrie. [10]

La qualité de la propagande israélienne, même si celle-ci n’était destinée qu’à un usage interne, est en baisse en congruence avec toute celle régurgitée ces deux dernières décennies pour étayer des guerres, encore des guerres et des tensions. La dernière qui sans doute fera date par sa cocasserie légèrement indigeste est celle de l’empoisonnement par un mélange neurotoxique d’un ancien espion russe, agent double, impropre à un quelconque usage. Réputé foudroyant, le poison aurait agi avec plus de deux heures de délai et n’a eu aucun effet sur les personnes qui se sont approchées de la victime.

Badia Benjelloun
2 avril 2018

Dr Benjelloun