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Reporterre, le quotidien de l 'écologie

Tue, 16 Jan 2018 20:30:00 +0100

Rencontre autour du livre « Bure, la bataille du nucléaire », à Confort-Meilars (Finistère)

Confort-Meilars, mardi 16 janvier 2018, « Bure, la bataille du nucléaire » des militants de Bure dans la Meuse viennent témoigner à la Salle des associations (près de la Forge) à 20H30.

“Au cours de cette soirée, ils nous présenteront :

  • le livre « Bure la bataille du nucléaire », paru au Seuil dans la collection Reporterre
  • l’historique et l’actualité de leur lutte dans la Meuse contre le projet d’enfouissement de déchets radioactifs
  • leur projet d’un réseau national de soutien à leur combat..

Nous souhaitons que cette soirée soit l’occasion :

  • d’un échange sur les stratégies de mobilisation contre le lobby nucléaire et l’anesthésie des consciences,
  • d’ouvrir des perspectives d’actions adaptées.

Avec nos souhaits, en ce début d’année, pour une société démocratique, solidaire et écologiste !”

Les associations et collectifs signataires :

Alerte à l’Ouest, Baie de Douarnenez Environnement, On Y est, Plogoff Mémoire d’une Lutte et Sortir du nucléaire Cornouaille.

Source : Courriel à Reporterre


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Tue, 16 Jan 2018 10:21:01 +0100

Reporterre sur France inter : Pêche électrique et mensonges européens


Le Parlement européen doit décider mardi 16 janvier de l’autorisation de la pêche électrrique. Déjà largement pratiquée par les Pays-Bas, cette pratique a des effets écologiques dévastateurs. Analyse d’un dossier dans lequel la Commission européenne n’a pas hésité à mentir.

Écouter ici :

La Science de l’environnement, dans « La Tête au carré », avec Reporterre, animé lundi 15 janvier par Mathieu Vidard, avec Axel Villard, Hervé Kempf, et Claire Nouvian, de l’association Bloom.

Photo : Bloom


Reporterre, tous les lundi à 14 h 05 sur France Inter, dans l’émission « La Tête au carré », animée par Mathieu Vidard.

« L’actualité de toutes les sciences dans tous les domaines de la recherche.
Éclectisme, vulgarisation et pédagogie, sciences dures du vivant ou humaines : Mathieu Vidard s’intéresse à toutes les observations et les expérimentations du monde par le biais des sciences. »

À écouter sur France Inter, dont voici la carte des fréquences FM, selon le lieu où vous habitez.


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Lire aussi : Les pêcheurs parlent : « La pêche électrique, ce n’est plus de la pêche, c’est de la destruction »

Hervé Kempf (Reporterre)

Tue, 16 Jan 2018 10:05:45 +0100

312 défenseurs de l'environnement et des droits humains ont été assassinés en 2017

D’après le dernier rapport de Front Line Defenders sorti début janvier 2018, 312 défenseurs des droits humains et environnementaux (DDHE) ont été tués en 2017, dans 27 pays. Plus des deux tiers d’entre eux défendaient les droits fonciers, environnementaux et autochtones, presque toujours dans le contexte de mégaprojets, d’industries extractives et de grandes entreprises. Malgré cette violence, ils sont plus nombreux que jamais à se battre, sur des thèmes de plus en plus variés, dans de plus en plus de pays. 80 % des meurtres ont eu lieu dans quatre pays seulement : le Brésil, la Colombie, le Mexique et les Philippines.

Les luttes commencent presque toujours dans le contexte de mégaprojets de l’industrie extractive, de l’agriculture industrielle ou touristique (écotourisme factice bien souvent) et d’autres projets de grandes entreprises. Il s’agit pour les militants de défendre des terres et les droits que les peuples autochtones ont sur elles. Dans le meilleur des cas, les gouvernements et les forces de sécurité se contentent de ne pas réagir aux menaces et aux attaques subies par les défenseurs des droits de l’homme. Dans les pires situations pour les défenseurs des droits, les forces de sécurité de l’État sont elles-mêmes responsables des massacres.

La plupart des investisseurs internationaux et leurs sociétés mères, dont le financement et le soutien ont permis de lancer ces projets, ne tiennent pas compte des droits des communautés locales et omettent de les consulter au stade de la planification des projets, même s’ils devraient légalement le faire, ce qui augmente le risque de confrontation.

Impunité des assassins et diversification des menaces

Front Line Defenders [1] estime à plus de 3.500, le nombre de défenseurs assassinés depuis la Déclaration de l’ONU sur les défenseurs des droits de l’homme, signée en 1998, qui fait de leur protection une priorité.

Moins de 12 % des meurtres ont donné lieu à l’arrestation de suspects. L’impunité pour les actes de violence contre les défenseurs des droits humains et environnementaux les encourage, a déclaré Front Line Defenders, tout comme un manque chronique de protection pour ceux qui sont reconnus en danger. Parmi les cas pour lesquels des données sur les menaces ont été recueillies, 84 % des défenseurs assassinés avaient reçu au moins une menace de mort ciblée avant leur assassinat. La faible réaction des gouvernements et de la communauté internationale ne permet pas d’espérer que cela change à court terme.

Les défenseurs des droits environnementaux et humains mettent leur vie en danger en défiant les dictateurs, les multinationales destructrices, les conservateurs religieux et les régimes oppressifs, qui développent contre eux une stratégie de diffamation, de criminalisation et de violence orchestrée et coordonnée, pour intimider, marginaliser et museler ces militants pacifiques.

Quelques bonnes nouvelles, néanmoins

Une nouvelle ère semble s’être ouverte en Gambie, après les élections, fin 2016, qui ont conduit Adama Barrow au pouvoir. Les défenseurs des droits environnementaux et humains du pays signalent que le nouveau président a considérablement élargi l’espace de la liberté d’expression, après les 23 ans du règne autoritaire de Yahya Jammeh.

Autre signe encourageant, en janvier, une cour d’appel canadienne a autorisé un groupe de sept défenseurs des droits environnementaux et humains guatémaltèques à intenter une action contre Tahoe Resources, une société minière canadienne qui avait violemment réprimé leur manifestation pacifique contre la mine d’argent Escobal. Ce précédent pourrait forcer les sociétés minières canadiennes à améliorer leurs normes en matière de droits de l’homme, en particulier en ce qui concerne le respect de ceux qui protestent contre l’impact destructeur de l’exploitation minière.

En mai, la Cour suprême taïwanaise a statué que les couples de même sexe avaient le droit de se marier sous la constitution de Taiwan, ce qui en fait le premier pays asiatique à autoriser le mariage gay. Les organisations taïwanaises pour les droits de l’homme ont joué un rôle crucial dans cette décision.

L’Ouzbékistan, l’un des pays les plus répressifs d’Asie, a annoncé la libération anticipée de plusieurs défenseurs des droits environnementaux et humains qui avaient passé de nombreuses années en prison. Azam Farmonov, Ganihon Mamathanov et Salizhon Abdurakhmanov ont été libérés de prison alors que le journaliste Jamshid Karimov a pu sortir d’une prison psychiatrique.

Autre étape positive, après de nombreuses années d’isolement international, le gouvernement ouzbek a invité le Haut Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, qui s’est rendu dans le pays en mai. Des invitations ont été envoyées aussi à des représentants d’ONG internationales. Mais, malgré ces développements prometteurs, de nouvelles arrestations de journalistes sont intervenues fin 2017.


Encore un assassinat - au Pérou

The Guardian rapporte que, le soir du 30 décembre 2017, José Napoleón Tarrillo Astonitas, 50 ans, a été attaqué, chez lui, par quatre hommes. Sa femme, Flor Vallejos, a déclaré à la police qu’il avait été attaché par les mains et les pieds, battu avec un bâton et étranglé avec un câble électrique, elle-même ayant été recouverte d’une couverture et obligée d’écouter les cris de son mari.

Les assaillants lui ont dit qu’ils avaient été payés pour le tuer, a déclaré Vallejos à une station de radio nationale. Un chef de la police locale a déclaré qu’une enquête sur un meurtre avait été ouverte et que les assassins étaient pourchassés.

Napo, c’était son surnom, s’opposait aux trafiquants qui avaient pris possession de certaines parties de la réserve écologique de Chaparrí, défrichant les terres et semant des récoltes. La réserve est riche en faune rare, avec notamment des ours à lunettes, comme l’ours Paddington.

Vallejos a déclaré que son mari avait reçu des menaces de mort, venant de membres de sa communauté pour son opposition à la déforestation et destructions dans la réserve privée.

« Il a encore été menacé deux jours avant d’être tué » dit aussi Juan Carrasco, membre de la communauté agricole de Muchik Santa Catalina de Chongoyape, dans la région de Lambayeque au nord du Pérou, « mais c’était un homme courageux qui ne perdait pas son sang-froid. Il disait que nous devions organiser notre propre patrouille pour expulser les envahisseurs parce que les autorités ne feraient rien ! »

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Photos :
. chapô : Des paysans colombiens constatant la destruction de la forêt primaire dans le territoire collectif de Caño Manso, en 2017. © Comision Interreclesial Justicia y Paz

Elisabeth Schneiter (Reporterre)

Tue, 16 Jan 2018 09:52:43 +0100

Red ! des dessins et des spectacles musicaux

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Tue, 16 Jan 2018 09:38:27 +0100

Voie sur berge à Paris : rétablissons les faits

Frédéric Héran est économiste, urbaniste et maître de conférences à l’université de Lille 1. Spécialiste des transports urbains, il a notamment écrit Le retour de la bicyclette.

Frédéric Héran.

Le dernier rapport du Comité régional de suivi et d’évaluation des impacts de la piétonnisation des trois kilomètres de voies sur berge rive droite à Paris, publié fin octobre, est un petit chef-d’œuvre de manipulation des données, des concepts autant que des analyses effectuées. Le lecteur non spécialiste ne peut pas déceler les graves omissions, les phrases tendancieuses et les raisonnements erronés qui pullulent dans le texte. Le lecteur pressé qui se contente de lire les trois pages des « Conclusions du Comité » ne risque pas non plus de découvrir que le corps du rapport — 75 pages et les annexes — est plus nuancé et affirme même parfois le contraire. Quelques exemples.

Tout le rapport oublie d’abord de préciser le contexte. Selon les deux sources disponibles et concordantes — les enquêtes et les comptages —, la circulation automobile dans Paris intra muros a connu un sommet vers 1990 et recule depuis lors. En vingt-cinq ans, elle a chuté de 45 % sans affecter pour autant l’économie parisienne [1]. Entre 1991 et 2001, la baisse a été de 15 %. Pour empêcher le stationnement illicite sur les trottoirs et les places, Jacques Chirac (maire de 1977 à 1995) a multiplié les potelets, ce qui a fini par gêner les automobilistes. Mais qui se plaindrait aujourd’hui de cette reconquête des espaces publics ? Pour favoriser l’essor du vélo, freiner l’usage de l’automobile et lutter déjà contre la pollution, Jean Tibéri (maire de 1995 à 2001) a lancé un plan vélo fin janvier 1996, réalisé 180 kilomètres d’aménagements cyclables sur les artères en prenant de la place à la voiture, débuté une politique de création de zones 30 et lancé le projet de tramway sur les boulevards des Maréchaux.

Toutes les métropoles occidentales sont engagées dans ce type de politique

C’est donc clairement la droite qui a commencé à réduire le trafic. La gauche, arrivée à la mairie en 2001, n’a fait que poursuivre cette politique, sous les mandatures de Bertrand Delanoë (2001-2014), puis d’Anne Hidalgo. La fermeture d’une portion de la voie sur berge rive droite n’est donc qu’un des nombreux projets qui se succèdent depuis vingt ans visant à faire refluer le trafic, avec à chaque fois un impact semblable. La capitale est loin d’être isolée dans cette volonté : toutes les métropoles de France et du monde occidental sont engagées peu ou prou dans ce type de politique et toujours pour les mêmes raisons : réduire la pollution, le bruit, les accidents et la consommation d’espace de la voiture et des deux-roues motorisés, d’abord dans les centres-villes, là où la pression est la plus forte et le nombre d’habitants concernés le plus élevé, et en même temps promouvoir les modes alternatifs que sont la marche, le vélo et les transports publics.

Dans les conclusions, le Comité affirme (en gras) : « Aucun phénomène d’évaporation du trafic (…) n’a pu être observé ou établi plus d’un an après la fermeture de la voie. » Une lecture rapide laisse entendre qu’il n’y a pas eu d’évaporation du trafic. C’est ce qu’a compris l’AFP (Agence France presse) qui conclut à « une absence d’évaporation du trafic ». Pas du tout, cette phrase signifie en fait qu’il est impossible d’établir s’il y a eu, oui ou non, évaporation du trafic, faute d’étude avant / après, explique plus loin le corps du rapport.

La voie sur berge rive gauche lors d’une ouverture aux piétons.

Cette expression d’« évaporation du trafic » peut paraître au profane assez étrange. Le phénomène est pourtant parfaitement décrit et analysé, à travers des dizaines d’études de cas, dans la littérature anglo-saxonne. Qu’entend-on par là ? Il est important de le comprendre, car la mairie de Paris invoque cet argument pour justifier sa politique et c’est en effet l’existence de ce phénomène qui permet de réduire progressivement la circulation.

Quand une voirie est fermée, les automobilistes cherchent à utiliser d’autres voies, à partir plus tôt ou plus tard pour éviter les embouteillages, ou à changer de mode de déplacement en prenant les transports publics ou le vélo. Une fois tous ces reports décomptés, on constate — ce n’est donc pas une théorie — que certains automobilistes semblent s’être « évaporés ». Ils ont dû changer de destination en s’organisant autrement ou ont peut-être même renoncé à se déplacer. Il n’y a évidemment aucune raison pour qu’il n’en soit pas de même à Paris, comme partout ailleurs. Le rapport montre une méconnaissance manifeste du phénomène, qu’il ne prend visiblement pas au sérieux.

Pourquoi tant d’erreurs et omissions et même de manipulations, qui visent presque toutes à déconsidérer le projet de la Ville 

Il est clair que la piétonnisation des voies sur berge n’est qu’une étape dans une pacification progressive de la ville et une reconquête des espaces publics. L’objectif n’est pas de réduire la pollution ou le bruit dans tout Paris, en quelques mois, avec une seule mesure localisée : c’est impossible et absurde. Mesurer avec un luxe de détails les impacts de cette seule mesure n’a aucun sens, sans même signaler d’ailleurs que la région Île-de-France est en pleine reprise économique, ce qui peut expliquer en partie les bouchons. Le but des équipes municipales successives est de réussir à long terme une « transition écomobile » grâce à une politique de déplacements globale conduisant à un nouvel équilibre entre l’ensemble des modes de déplacement, avec priorité aux piétons, puis aux cyclistes, aux bus et enfin aux seuls usages nécessaires des véhicules motorisés pour les livraisons, les secours, les taxis, les handicapés, les artisans… Et c’est cette politique qu’il faudra évaluer le moment venu, à l’approche des élections munici­pales.

Enfin, comment peut-il exister un tel décalage entre les conclusions et le corps du rapport ? Pourquoi tant d’erreurs et omissions et même de manipulations, qui visent presque toutes à déconsidérer le projet de la Ville ? Le Comité a manifestement instrumentalisé l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France en l’obligeant à réaliser une étude qui n’a pas de sens. Cette agence d’urbanisme de renom international, aux équipes talentu­euses, n’a pas à servir les desseins politiques à court terme des dirigeants de la région, qu’ils soient de droite comme de gauche.


Pour aller plus loin, lire l’analyse complète de Frédéric Héran.

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Photos :
. chapô : les voies sur berge parisiennes réservées aux cyclistes et aux piétons. Wikimedia (Pline/CC BY-SA 3.0)
. portrait : Frédéric Héran
. rive gauche : Wikimedia (Pline/CC BY-SA 3.0)

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.