Flux Isérois

 

Le Crieur de la Villeneuve - Journal participatif de la Villeneuve de Grenoble

Mon, 15 Jan 2018 11:01:13 +0100

Parlons hip-hop !

Inégalités, discriminations : quelle place pour le hip-hop ?

Samedi 11 novembre, le collectif Mix’Art s’est réuni à La Villeneuve dans le cadre de leur festival Demain, c’est bien ! Par manque de soleil, la « Bloc Party » n’a pas eu lieu. Cependant, cela n’a pas découragé une vingtaine de personnes de se réunir salle 150 pour un débat sur les inégalités face au hip-hop et sur les discriminations subies dans les quartiers populaires.

Avec des intervenants venus du Nord de la France pour comparer leurs expériences, les habitants se sont  exprimés sur les difficultés d’accès aux équipements culturels pour les jeunes ou d’accès aux subventions pour le rap et le hip-hop, ou encore sur les questions d’auto-organisation des jeunes pour porter leurs projets. Une belle porte d’entrée pour discuter des inégalités raciales, genrées ou territoriales.

Déborah Mougin

Mon, 15 Jan 2018 10:45:43 +0100

Le Barathym recrute un chargé d’animation et de développement de la vie associative

Le café-restaurant associatif Le Barathym, installé au Patio, recrute un « chargé d’animation et de développement de la vie associative ».

La fiche de poste est disponible ci-dessous :

fiche_poste_barathym

Les candidatures sont à envoyer à l’adresse bureaubarathym@gmail.com avant le 20 janvier.

Benjamin Bultel

Thu, 11 Jan 2018 13:50:58 +0100

Coup de projecteur sur Kiap

Présente sur le quartier depuis 25 ans, l’association KIAP est engagée dans le sport et favorise les échange dans le quartier. Son local, tenu par des bénévoles, sert de lieu d’accueil pour toutes les personnes souhaitant boire un thé ou parler de sport.

Taekwondo, aéroboxing, zen, yoga, jujitsu… Créée en 1992, l’association KIAP propose toutes ces activités. Avec seulement un salarié (une embauche en contrat aidé a été gelée, voir l’article Fin de partie pour les contrats aidés), l’association fonctionne surtout grâce aux 24 bénévoles engagés sur l’année pour faire tourner les différentes activités sportives et le lieu d’accueil, situé allée du Verderet. Brahim Wazizi, le directeur de la structure, explique : « À ses débuts, KIAP n’avait pas de lieu d’accueil. Le local était juste un endroit où les sportifs pouvaient se rencontrer ; en 2003, pendant la canicule, nous avons ouvert ce lieu pour distribuer de l’eau aux personnes qui en avaient besoin. Depuis, c’est devenu un lieu ouvert à tous, intergénérationnel, où les jeunes et les moins jeunes jouent aux cartes ou organisent des soirées. »

Dans le lieu d’accueil, ouvert tous les soirs, une vingtaine de personnes jouent aux cartes et aux dominos. Parmi eux, Houcine, Omar et Ramoula. Les deux premiers sont bénévoles depuis cinq ans à KIAP, Ramoula depuis 20 ans. Un engagement en faveur du sport et des jeunes : « On a envie d’offrir aux jeunes ce qu’on n’a pas eu quand on était gamin », à savoir un accès au sport et aux structures, à un prix abordable. Des jeunes viennent pour discuter de leurs problèmes, avoir les conseils des anciens : « Il y a énormément de potentiel chez les jeunes qui viennent nous voir ; il faut leur donner des possibilités d’évolution, dans le quartier comme à l’extérieur. »

« Certains de nos bénévoles devraient recevoir la légion d’honneur »

Omar est un ancien passionné de football ; il est devenu bénévole quand il a pris sa retraite. Après 40 années passées à vivre dans le quartier, il témoigne : « KIAP est une des seules associations qui dure ici ; elle est respectée des jeunes, puisque tout le monde a fait du sport avec nous, ou connaît quelqu’un qui y est allé : un frère, une cousine, un ami. »

Les trois responsables déplorent « un soutien insuffisant de la nouvelle municipalité » : il manque du matériel pour bricoler, de nouveaux appareils pour équiper la salle de sport ; la télé présente dans le local a été payée par les bénévoles et beaucoup font des dons ou pratiquent la récup’ pour l’association. En effet, bien que la mairie soutienne toujours l’association, la subvention pour l’année 2016 a été réduite presque de moitié par rapport aux années précédentes.

Pour toutes les personnes présentes, il est évident que KIAP doit survivre et continuer à se développer. Elle contribue à faire retomber les tensions dans le quartier, en offrant aux jeunes des possibilités d’écoute et d’activités sportives.

Déborah Mougin

Mon, 08 Jan 2018 11:45:23 +0100

Ciné-Villeneuve présente Los Hongos

Ciné-Villeneuve présente en projection, lundi 22 janvier, à 20 heures, à la salle polyvalente des Baladins, le film Los Hongos, d’Oscar Ruiz Navia. Thèmes abordés, synopsis, avis, Ciné-Villeneuve vous raconte tout sur le film.

Le film

On connaît mal le cinéma colombien et Los Hongos (les champignons en espagnol), chronique entre documentaire et fiction permet de réparer cette lacune. Oscar Ruiz Navia y transporte le spectateur à Cali, sa ville natale sur les traces de deux jeunes graffeurs avides de liberté.

Ce qu’en dit l’auteur (extrait d’un entretien avec le réalisateur par le site Critikat.com)

Le réalisateur Oscar Ruiz Navia, en 2015. (photo : Wikimedia Commons)

Le réalisateur Oscar Ruiz Navia, en 2015. (photo : Wikimedia Commons)

Oscar Ruiz Navia : « J’aime toujours travailler sur le fil du rasoir, avec des éléments que je maîtrise, et d’autres pas. Ceci fait partie du processus de recherche autour de mes films ces dernières années, que ce soit pour Los Hongos, La Barra ou mon court métrage Solecito. Ici, je suis parti d’une idée très générale : je voulais faire un film sur la vie, sûrement parce que la mort était très présente dans mon existence à ce moment-là. Ma grand-mère venait de mourir, mes parents avaient divorcé, et mon foyer avait disparu. J’ai alors décidé de créer un univers avec deux adolescents issus de classes différents, mais animés par la même passion : le street art. C’était la façon dont je voulais mettre en scène mes souvenirs et mes désirs. Je suis alors rentré dans une phase de casting qui a duré un an et demi. J’ai réalisé des entretiens avec environ 700 jeunes, et toutes ces rencontres ont nourri le scénario. Et puis j’ai choisi les deux jeunes qui me semblaient les plus proches de ce que je ressentais, tout en adaptant le scénario à leur personnalité. En ce qui concerne les lieux de tournage, j’ai effectué des recherches pendant plusieurs mois, même si la plupart sont des endroits que je connais. Par exemple, le quartier où vit Calvin, c’est le mien. Il est parfois difficile de travailler de cette manière, car tout est toujours très incertain. Mais c’est ce que j’aime le plus au cinéma : ne pas chercher le confort, aller vers la difficulté, ce qui vous pousse finalement à exprimer les choses les plus honnêtes possibles (avec toutes les erreurs que cela implique également). »

Le synopsis

Dans la journée, Ras est ouvrier dans le bâtiment. Tous les soirs après le travail, il tague des graffitis sur les murs de son quartier de Cali (Colombie). Ras n’a pas dormi depuis longtemps et commence à rêvasser en plein jour. Quand il vole plusieurs pots de peinture pour finir une immense fresque murale, il est renvoyé. Sans le sou, il arpente la ville à la recherche de Calvin, son ami graffeur qui fait des études d’art et veille avec amour sur sa grand-mère.

Scénario : César Acevedo
Musique : Sebastian Escofett
Photographie : Sofia Oggioni Hatty
Montage : Felipe Guerrero

Le réalisateur

Oscar Ruiz Navia, né en 1982, est un producteur, réalisateur et scénariste colombien. Il est considéré comme l’une des figures du renouveau cinématographique colombien.

La bande-annonce

Benjamin Bultel

Fri, 05 Jan 2018 11:26:49 +0100

Que reste-t-il du passé colonial en France ?

Vendredi 13 octobre, c’est la question qui a rassemblé une soixantaine de personnes à la salle polyvalente des Baladins. Une soirée qui a inauguré le nouveau cycle de l’Université populaire de la Villeneuve sur la mémoire de la colonisation. Huit témoins se sont succédé pour livrer leur histoire, entre récits et tabous.

Il est 18 heures et les équipes de Villeneuve Debout, d’Alter Egaux, de Modus Operandi et de la Régie de quartier s’attèlent aux derniers préparatifs. Les premiers arrivés aident à passer un coup de balai. Des tables sont disposées partout dans la salle et les petites choses à grignoter rappellent que la soirée risque d’être longue. Ce soir, tous les âges sont réunis, des têtes blondes et des plus grisonnantes. Une fois que tout le monde a pris place, Jouda Bardi de la Régie de quartier prend la parole : « Ce soir, on a fait le choix de démarrer par la petite histoire, par des histoires personnelles avant de rentrer dans ce qu’on appelle la grande Histoire. »

« J’ai 20 ans et je ne peux pas parler de la guerre d’Algérie avec ma copine »

Avant de se lancer dans son récit, il faut allumer une bougie. Au fil d’une flamme que les témoins ravivent, les souvenirs s’égrènent et l’auditoire entend parler du Sénégal un peu, du Cameroun, des Antilles, de la Tunisie et de l’Algérie, beaucoup. Le comédien villeneuvois Ali Djilali anime les prises de parole et les mots de ceux qui ne peuvent, ou qui ne veulent, pas être présents.

Parmi les lettres lues, il y a le récit d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, née en Algérie, et dont les grands-pères ont fait la guerre :« Je me disais c’est clair, il y a eu les colonisateurs, il y a eu les Algériens qui étaient victimes et voilà. La fin quoi. (…) Et puis j’ai vu Ce que le jour doit à la nuit [réalisé par Alexandre Arcady et inspiré du roman de Yasmina Khadra, ndlr], et ça m’a ouvert une porte que je ne pensais jamais ouvrir. (…) Avec les copines on en parle de la guerre d’Algérie, mais on ne rentre pas dans les détails parce que… moi mon grand-père c’était un moudjahid [combattant pour l’indépendance, ndlr], mais j’ai des copines, leurs grands-pères étaient avec la France, donc ça c’est super compliqué. (…) J’ai une copine, elle ne sait pas qu’on est au courant et on ne dit pas qu’on est au courant, parce que c’est un peu la dénoncer. C’est à ce niveau-là ! »

Au cours de la soirée, les langues ont envie de se délier dans l’assistance, de réagir aux différents témoignages mais le temps n’est pas au débat. Lorsque Jouda Bardi invite le public à échanger en petits groupes, Salem Mokadem tente de prendre la parole. D’après lui, les histoires des Algériens qui ont été colonisés ne sont jamais relayées, et la frustration est grande. Salem est arrivé en France après l’indépendance. Avant de partir, il a passé ses étés à s’échiner le dos dans les champs algériens d’un colon italien. « 17 heures à faucher les blés, payé 100 anciens francs », se remémore-t-il. À sa table, les trois femmes assises à ses côtés l’écoutent, « bien sûr que vivre sans rancœur, dans le pardon c’est mieux, mais quand il n’y a pas de reconnaissance comment apaiser les esprits ? », s’interroge l’une d’entre elles.

Passer par le ressenti est l’objectif de cette première séance du cycle sur le passé colonial de la France proposé par l’Université populaire, puis viendront les conférences pour une approche historique des faits.

À 21 heures, la soirée touche à sa fin, mais les occasions de débattre sur le sujet vont être nombreuses en novembre.

Retrouvez le programme en détail sur le site du Crieur.

Marie-Amélie Marchal