Flux Isérois

 

Citoyens de Grenoble contre l'austérité en Grèce et en Europe

Mon, 11 Dec 2017 21:49:32 +0100

Le récit du convoi solidaire de novembre

Le convoi de tous les dangers par ·  

Digne d’un polar !

Jamais convoi solidaire en Grèce n’a été aussi périlleux :
– barrage policier,
– filatures très visibles,
– pressions diverses,
– propagande médiatique,
– accusations délirantes,
– menaces fascistes explicites,
– plusieurs de nos lieux solidaires en grandes difficultés,
– l’un d’entre eux sur le point de mettre la clé sous la porte,
– attaque incendiaire néo-nazie sur un autre,
– inondations dramatiques,
– programme sans cesse chamboulé,
– six membres du convoi blessés par des policiers durant une manif,
– un autre arrêté et poursuivi en Justice puis libéré,
– un autre encore hospitalisé puis rapatrié en France…

On vous avait prévenus de longue date : ce convoi allait être plus politique que les précédents. Période importante. Météo moins clémente. Manif anniversaire. Nous savions également qu’après notre convoi très remarqué du printemps (26 fourgons), sous le feu malveillant des médias grecs, la surveillance du pouvoir et la haine des néo-nazis, nous serions probablement attendus. Sur les réseaux sociaux, début novembre, des fascistes cherchaient à savoir notre date exacte d’arrivée. Le pouvoir était également aux aguets. Qu’importe. Nous savions que ce serait compliqué et nous avions clairement prévenu nos candidats au voyage.

Contrairement au printemps, aucun enfant n’était admis dans le convoi, excepté Achille que nous avions prévu de laisser chez une parente à Athènes dès notre arrivée. Mais celle-ci, bien désolée, se décommanda au dernier moment, ajoutant une épreuve de plus durant le séjour : un petit gars de 8 ans avec nous dans ce qui allait devenir une véritable tempête.

Avec notre collectif Anepos, parallèlement à nos films solidaires, c’était la dixième fois depuis 2012 que nous coordonnions un transport de matériel vers nos lieux autogérés en Grèce, parfois très modestement avec de simples voitures, et c’était la quatrième fois durant l’année 2017 :
– 7 véhicules en janvier, dont 3 pour Athènes ;
– 26 fourgons en mars-avril (record absolu) ;
– 3 en août-septembre ;
– 16 véhicules en novembre-décembre, dont 15 fourgons et une voiture.

Au sens fort du mot convoi, c’était la deuxième fois seulement qu’on dépassait la quinzaine de véhicules et la trentaine de convoyeurs. Pour la plupart, nous venions du sud de la France : Bordeaux, Marseille et, surtout, les environs du Tarn (5 fourgons sur 16). D’autres nous avaient rejoint depuis la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Limoges, la Bourgogne ou encore la Savoie, la Suisse et la Belgique. La moyenne d’âge était un peu plus élevée qu’à l’habitude et 18 convoyeurs sur 33 étaient déjà partis avec nous.

Seul regret : malgré notre appel pressant dans les réseaux antifascistes, plusieurs de nos camarades motivés avaient finalement du reporter leur départ. Nous n’étions donc qu’un quart des convoyeurs vraiment expérimentés dans ce domaine, alors que nous aurions souhaités être une bonne moitié dans ce profil, vu les circonstances délicates.

Cependant, le courage n’a pas manqué, personne dans le groupe n’a jeté l’éponge dans l’épreuve et, au final, dans des circonstances très difficiles, non sans quelques tensions inévitables, nous avons réussi à remplir tous nos objectifs, et plus encore, en participant également à la solidarité avec les sinistrés des inondations mortelles de l’ouest athénien.

Nous avons également battu le record absolu de soutien financier jamais apporté en convoi : 22 897 euros apportés contre 19 280 euros au printemps. Une somme répartie, à la suite de notre assemblée sur le ferry, entre 32 actions solidaires, principalement dans le quartier rebelle d’Exarcheia, mais aussi ailleurs à Athènes, ainsi qu’au Pirée, en Crète, à Lesbos ou encore à Thessalonique.

Une aide répartie, comme à l’habitude, environ à 50/50 entre précaires grecs et réfugiés/migrants, sans oublier le soutien aux camarades réprimés, poursuivis ou incarcérés.

Croulant sous les dettes, L’autre humain, fameux réseau de 17 cuisines sociales gratuites et autogérées, avait prévu de quitter avant la date du 15 décembre son lieu de vie spacieux dont la location n’était plus possible. Mais la solidarité de quelques dizaines d’ouvriers dans une usine voisine a finalement permis de rassembler un quart de la somme nécessaire. Alors, nous avons fait le reste, effaçant la totalité des dettes et assurant plusieurs mois de loyer d’avance.

Côté matériel, nous avons apporté une tonne et demi de lait infantile, plus de 10 000 couches, des soins et de la nourriture pour les bébés, des produits ménagers et d’hygiène, des fournitures médicales, des photocopieurs et des ordinateurs, de l’alimentation générale (nous avons aussi acheté un peu de frais sur place) et, bien sûr, des jouets très attendus, souvent accompagnés de messages, affiches, autocollants, ainsi que des dessins transmis par les écoles de Port-St-Louis dans les Bouches-du-Rhône. Valeur totale du chargement : environ 70 000 euros.

Tout ce qui a été demandé puis collecté a été transmis, sans exception, malgré les embûches, sans intermédiaire ni aucun frais, directement au mouvement social qui résiste en Grèce et organise l’entraide dans l’autogestion. C’était un défi cette fois, comme vous allez le voir en photos. Un défi relevé par mes 32 compagnons de voyage. Grand merci à elles, à eux d’avoir tenu bon dans l’adversité, chacun à sa façon. Même si ce ne fut pas toujours simple pour moi aussi, je leur tire mon chapeau, et Maud également.

Je n’en dis pas plus : les photos qui suivent vont vous résumer ce que nous avons traversé, durant ce dernier convoi solidaire de l’année, de mi-novembre à aujourd’hui, dans un tourbillon d’événements et une succession d’épreuves.

Merci à vous tou-te-s de votre soutien.

La suite au printemps. On en reparle en janvier.

Solidairement,

Yannis Youlountas

La suite ici, en images :
http://blogyy.net/2017/12/11/le-convoi-de-tous-les-dangers/
(récit, bilan, vidéos et photos, comme toujours libres d’usage)

christine

Mon, 11 Dec 2017 21:06:41 +0100

16 décembre Tou-te-s à Menton

Le collectif de Grenoble soutient l’appel du CIIP de Grenoble

A Menton, le 16 décembre, de l’air, ouvrons la frontière !

Nous manifesterons contre leurs 40 000 kilomètres de murs, aussi longs que le tour de la Terre, contre leurs frontières érigées soi disant pour protéger à la fois du terrorisme et de tous ceux et de toutes celles qui cherchent refuge, des « murs anti migrants » comme le dit cyniquement le gouvernement britannique en parlant de celui de Calais !

Les frontières de la honte !

Le renforcement des frontières visent à matérialiser le rejet définitif de tous ceux et toutes celles qui fuient le chaos du monde. Misères, dictatures, et dérèglements climatiques ne sont pas des catastrophes « naturelles », elles sont le résultat des politiques néo coloniales de pillages économiques, de mises à sac des sociétés en Afrique, en Asie, au Moyen Orient, de la destruction des États par les guerres conduites par les gouvernements impérialistes occidentaux dont la France.

L’Union Européenne joue pleinement son rôle dans la construction d’une forteresse dorée protégée des plus pauvres. Ses dirigeants, c’est à dire les chefs des 28 États qui la composent, tentent d’unifier au maximum leurs politiques anti-migratoires autour d’un seul axe : bloquer le plus loin et le plus fermement possible les migrants qui, au prix de périples d’une extrême violence, parviennent quand même aux portes de l’Europe. L’UE cherche une cohérence politique commune pour que plus jamais, l’Espagne ne régularise massivement des étrangers, que l’Allemagne n’accueille 800 000 migrants, ou l’Italie ne crée une « Mare Nostra ». Pour arriver à ses fins, au mépris de toute morale, l’UE n’hésite pas à financer l’encampement des migrants en signant des accords iniques, comme les millions d’euros distribués au gouvernement turc depuis 2016 pour « parquer » des migrants.
D’autres accords sont en cours de conclusion avec le Maroc ou la Libye, au moment même où Macron crie au crime contre l’humanité dans ce pays, en découvrant (vraiment ?) le commerce des humains qui s’y déploie ! La Libye dont les structures ont été totalement détruites notamment par la guerre privée pourrie menée par Sarkozy !

Un règlement européen en négociation, qui s’imposera de droit à tous les États européens comme une frontière législative commune, prévoit le renvoi des personnes qui demandent l’asile dans des « pays tiers sûrs », ou des « morceaux de territoires sûrs ». Des régions du Soudan ou d’Afghanistan, voire de Libye à terme, pourraient être considérées comme sûres ! Le gouvernement français toujours à la pointe de l’horreur, travaille déjà sur un projet de loi anti immigration pour 2018

Tous sur la frontière italienne le 16 décembre

Les accords de Schengen ont été suspendus temporairement depuis novembre 2015 pour permettre les contrôles aux frontières dans toute l’espace Schengen. Ainsi à la frontière franco italienne, les CRS et policiers de la PAF contrôlent systématiquement les personnes « d’apparence migrante » (!). Depuis le 13 novembre 2015, la libre circulation est vraiment supprimée. Et avec elle, un autre droit : celui de pouvoir déposer une demande d’asile.

D’après Eurostat, en 2016, 54 500 personnes ont été empêchées de rentrer sur le territoire français, elles seraient 90 000 cette année.
Chaque jour 100 à 150 personnes sont refoulées à la frontière italienne au motif qu’elles n’avaient pas de titre valide d’entrée sur le territoire. Elles ont été retenues quelques heures ou toute une nuit dans des algécos et au premier étage de la gare de Garavan. Des mineurs, des majeurs souvent afghans, soudanais et érythréens y ont été entreposés sans lits, sans matelas, sans nourriture avant d’être renvoyés dans un train pour Vintimille.
Ce sont des lieux et des procédures qui n’ont aucune existence légale. Juste une simple décision d’un préfet et des « petits arrangements » avec les autorité italiennes !

Ouvrons les frontières !

Des procédures qui n’existent pas pour des personnes dont les États, ici français et italiens, dénient tout simplement le droit à la vie ! Par tout cela, nous sommes révoltés et nous voulons mettre en actes notre colère pour que ça change vraiment maintenant ! Nous serons nombreux près de la frontière, plusieurs manifestations vont s’y dérouler sous des formes différentes, à Névache, au pied du col de l’échelle, à Briançon. Toutes dénonceront ce monde empoisonné par un système économique profondément injuste, inégalitaire et cynique, destructeur des personnes, de leur humanité et de la planète. Ils diront leur volonté, aux côtés et avec de nombreuses personnes qui cherchent refuge, de résister à l’oppression subie, d’inventer un monde solidaire. Parce que c’est notre droit, notre liberté et notre devoir communs.

Avec la Cisem et d’autres organisations, associations, partis, avec de nombreux collectifs unitaires locaux, répondant à l’appel de l’association Roya solidaires, du collectif solidarité migrants 06 et de la coordination sans papiers 75, nous irons manifester à Menton Garavan. Pour l’ouverture des frontières, le droit d’aller et venir, de se fixer où nous voulons, pour la fin de la criminalisation des migrants et des personnes solidaires. Et nous lutterons jusqu’à ce que nous gagnions !

Il reste encore des places dans le car, on peut encore s’inscrire au CIIP

source http://www.ciip.fr/spip.php?article1451

christine

Thu, 07 Dec 2017 23:51:29 +0100

CR réunion collectif du 4 décembre 2017

Réunion du collectif « Citoyens de Grenoble contre l’austérité en Grèce et en Europe » du 4/12/2017

Présents : Christine, Liliane, Georges, Mattheos, Jean-Michel, Max

Excusées : Marie-Claude, Béatrice, Lucienne

1) Retour sur la visite de Mattheos aux VIOME fin juillet

Les médicaments ont été remis au centre médical ouvrier qui travaille en collaboration avec un autre dispensaire de Thessalonique.

Les VIOME ont perdu en justice quant à leur demande de pouvoir garder les terrains et les locaux où ils travaillent. Il ne leur est pas possible non plus d’utiliser le nom officiellement.

La vente militante marche plutôt bien, beaucoup de commandes viennent de l’étranger.

Ils ont recommencé à produire de la colle pour carrelage, activité qu’ils avaient avant la mise en faillite de la société.

Ils préparaient la visite en Argentine d’une entreprise autogérée dont certains membres étaient venus à Thessalonique il y a quelques temps.

Statut des travailleurs (entre 25 et 30) : les nouveaux sont déclarés tandis que les anciens ne le sont pas car ils attendent encore des indemnités qui leur sont dues.

Jusqu’à maintenant lors de la mise aux enchères des terrains ils avaient bénéficié du blocage de la vente par des manifestants qui envahissaient le tribunal mais sont-ils concernés par la mise aux enchères via internet (procédure imposée par la troïka) fin novembre ?

2) Premier bilan du convoi solidaire parti vers la Grèce en Novembre :

Pour l’instant peu de retours sur la façon dont la distribution s’est passée en Grèce. La seule chose que l’on sait c’est que cela a été assez compliqué : problèmes avec les autorités et avec Aube Dorée.

De notre côté, même si ce que nous avons récolté n’a pas été ridicule, environ 4 à 5 m3 nous n’avons pas eu beaucoup de donateurs et pas d’associations relais comme lors du convoi précédent. Il apparaît indispensable qu’il y ait des commerces partenaires qui soient des lieux de dépôts permanents.

Le côté politique de ce convoi que nous voulions porter localement n’a pas pu être mis en évidence . Il faudrait adosser la collecte à une soirée pour rappeler la situation dramatique en Grèce occasionnée par la mise en place des politiques d’austérité imposées par l’Eurogroupe.

3) Prochaines actions

Le Film « Sur la route d’Exarcheia » (en présence de la réalisatrice) sera projeté le mardi 6 mars 2018 à la Maison des associations de Grenoble. Ce film a été tourné lors du convoi de mars 2017. Ce sera l’occasion de visualiser cette action soutenue par le collectif de Grenoble, de rappeler ses actions et objectifs et de relancer un appel à soutien aux dispensaires grecs. L’organisation de la soirée sera préparée lors de la prochaine réunion du collectif.

Les pistes pour le reste de l’année 2018 :
le film AGORA de Yorgos AVGEROPOULOS, il est bien fait, mais a l’inconvénient de se terminer sur les images de l’arrivée d’Alexis Tsipras et l’espoir qu’il suscitait or on sait depuis ce qui s’est passé. Pas de réponse reçue sur les modalités de diffusion.

– 3ème film de Yannis Youlontas, pas encore sorti, sera proposé avec la présence du réalisateur. Pourquoi pas lors du festival de Lumbin s’il est prêt.

Pièce de théâtre  » Alexis et Yanis » : nous n’avons pas eu de réponse du TSMB suite à notre message au sujet de la fiche technique qui n’est pas si compliquée. Nécessitera de trouver un autre théatre.

– film du CADTM : l’Audit, enquête sur la dette grecque de Maxime Kouvaras avec débat

– relancer une soirée migrants en Grèce et en France

– concert avec un groupe de repetiko (musique grecque), les Black Loukoum

– commande groupée de produits VIOME

– participation à un prochain convoi solidaire vers la Grèce

4) Partenariat avec le buech : le collectif propose de donner les informations sur une des soirées organisées pour Grenoble exemple film + intervenants afin que le groupe du Buech la reprenne à son compte .

5) Prochaine réunion du collectif

Lundi 22 janvier 2018 de 17h à 19h salle 200 de la Maison des associations de Grenoble

christine

Thu, 07 Dec 2017 23:30:07 +0100

Asymétries La rubrique de Panagiotis Grigoriou

Panagiotis  Grigoriou est Ethnologue et historien, chroniqueur, analyste, initiateur d’un concept de tourisme alternatif  et solidaire en Grèce. Le regard de l’historien et de l’anthropologue sur l’actualité et le vécu de la crise grecque.

Dans cette rubrique il évoque notamment la colère que suscite la mise aux enchères électroniques de biens, procédé mis en place à la demande de la troika pour contrer les actions militantes devant les tribunaux . Il rappelle aussi  ce Putsch (dont personne ne parle) qui vise à mettre fin à l’existence de la République de Chypre.

Asymétries

 

Pluies et vents. Dans l’ancien temps nous croyions préparer Noël. La semaine dernière, les administrateurs coloniaux de la Troïka étaient de leur déplacement habituel à Athènes, afin de recevoir les ministrions locaux à l’hôtel Hilton. Histoire surtout de surveiller l’exacte poursuite du programme d’anéantissement de leur proie. 2018, sera l’année où le processus de déshellénisation de l’économie, (et) qui passe autant par la saisie des biens privés et publics des Grecs, s’accélérera. Les para-ministres à Tsipras sourient sans cesse devant les cameras, et les Grecs les haïssent. Oui, la haine, c’est-à-dire, la disparition absolue du geste politique.

La vente aux enchères, désormais électroniques des biens immobiliers saisis par les banques et par le “fisc grec” ont ainsi pu reprendre, une exigence… historique et insistante de la Troïka. Les médias rapportent que plus de 18.000 biens seront liquidés, rien que dans un premier temps. Il faut préciser que ceux qui perdent leurs biens (le plus souvent, appartements et maisons sous forme de résidences principales), ils n’auront pas le droit à les “racheter” au 5% de leur valeur (en passant par un arrangement avec “leurs” banques par exemple), ni en règle générale, les autres citoyens du pays. Car les acquéreurs (ceux seulement autorisés à “acheter” ces biens au 5% de leur valeur), sont exclusivement issus de ces fameux funds étrangers, ou dans certains cas leurs associés grecs, triés sur le volet.

En effet, tout nous laisse penser que 2018 sera l’année où le processus de déshellénisation de l’économie (saisie des biens privés et publics des Grecs comprise), s’accélérera. Les biens publics et privés passeront ainsi progressivement aux mains des nouveaux propriétaires du pays. On touche alors à l’épine dorsale économique et symbolique de la société grecque, car perdre son bien immobilier dans un pays où ce n’est guère (et à juste titre) l’État qui est historiquement considéré comme l’ultime protecteur, mais son propre toit, comme autant sa propre structure familiale. En même temps, c’est ce même processus qui fera des travailleurs grecs, les esclaves des patrons restants au pays, voire, de ceux de la probable prochaine et future industrie allemande ou autre, à moins que la robotisation en décide autrement (et cela) plus tôt que prévu.

Les résidences secondaires des Grecs près des côtes et sur les îles, deviendront avec le temps les résidences quasi-principales des retraités Européens, tandis que les résidences principales des Grecs déjà saisies seront perdues à jamais. Ainsi, et c’est dès lors et autant perceptible, certaines activités liées à la mer, le tourisme, le secteur agricole entre autres, sont déjà en phase de passer également sous contrôle étranger. On nous dira peut-être que “tel est alors le résultat d’une faillite globale, d’une dette publique et privée alors énormes qui plus est sous le… soleil brûlant de la globalisation”, raisonnement intentionnellement simplifié et réducteur, car il constitue autant un élément essentiel dans la guerre psychologique et en somme asymétrique que la Grèce, ou bien d’autres pays, peuples et sociétés, subissent et subiront.

On sait donc, qu’à travers ce processus certains Grecs en profiteront du butin, d’ailleurs, sans la moindre vergogne d’après nos observations. Ces mêmes gens en profitent déjà en tant que conseillers, liquidateurs (à l’instar de la société Qualco appartenant au cousin Orestis, du ministre des Finances Tsakalotos par exemple) et collaborateurs aux multiples cabinets d’avocats spécialisés, engagés sur place par les funds acquéreurs, pour ainsi… liquider le travail final avec l’aimable participation des institutions grecques, censées protéger les citoyens (forces de l’ordre, Justice, notaires). Il faut préciser que la loi dite “loi Katséli”, du nom de la ministre d’alors, au début des mémoranda, qui protégeait la résidence principale des saisies est largement amendée pour devenir pratiquement inopérante.

Nous avons ainsi l’impression que si ce “gouvernement” n’est pas renversé, si les citoyens ne réagissent pas… ou si une guerre civile n’éclate pas (pour ainsi imaginer un scenario terrible et extrême), finalement, une certaine croissance économique, celle tant évoquée par nos ministrions, pourrait enfin se concrétiser. Naturellement… la classe moyenne grecque sera entièrement détruite bien avant, et les Grecs n’en profiteront guère de ce retour à la croissance, hormis cette nouvelle “élite” en gestation, d’ailleurs en partie liée aux anciennes castes du népotisme politico-financier et pour tout dire mafieux… au pays des Éphialtès sans cesse renouvelés.

Les Grecs n’en profiteront guère de ce retour à la croissance, ni des investissements qui finiront alors par arriver, puisque les biens publics et privés ne seront plus grecs. Ainsi, certains capitaux arrivent déjà, par exemple pour acquérir des appartements et d’immeubles proposés par lots. Et cette nouvelle “élite”, elle habitera dans de quartiers de plus en plus protégés, éloignée des… plébéiens et des migrants, à l’image d’autres pays aux Amériques et en Asie, et ainsi, nous pouvons même parier que l’économie de la colonie finira par dégager des “excédents” à répétition. Comme le dirait sans doute Racine en son temps: “Et pour nous rendre heureux, perdons les misérables”, c’est toute une… méthode.

Et encore, un réaménagement de la dette grecque deviendra sans doute enfin évident aux yeux des nouveaux maîtres du pays, une manière aussi à faire payer pour le supposé redémarrage de l’économie grecque les citoyens des autres pays de la funeste Union européenne, étant donné que depuis 2012, les banques privées françaises et allemandes ont été sauvées… de la dette grecque (tel a été entre autres le but du “jeu”, et non-pas le “sauvetage de la Grèce”, d’après même les déclarations récentes d’un certain Jeroen Dijsselbloem sur le départ).

Cette nouvelle situation est déjà passablement acquise, les salaires pratiqués sont divisés par quatre comparés à ceux de l’avant 2010, les Conventions collectives sont abolies, et depuis la semaine dernière, les administrateurs coloniaux de la Troïka élargie, ont (entre autres mesures et en passant par le doublement du montant des contraventions liées au code de la route) enfin… obtenu des pantins Tsiprosaures, la restriction considérable du droit de grève des salariés, rien que par la modification du processus décisionnel au sein des entreprises et encore, en rendant illégale toute grève initié uniquement par les centrales syndicales et non pas par les syndicats au sein de l’entreprise au cas par cas.

Les Grecs auront déjà compris que “leurs” centrales syndicales auront parfaitement incarné le rôle de soupape à la cocotte-minute sociale durant surtout les premières années de l’Occupation (troïkanne). Cela, après avoir organisé entre 2010 et 2013, de nombreuses grèves et de manifestations très disparates, le plus souvent dans la désunion réellement existante car programmée, le tout, derrière un langage historico-révolutionnaire. Ces “syndicats”, au demeurant financés également par les fonds de l’Union européenne, peuvent désormais disparaître après mission accomplie, depuis en réalité plus de trente ans de réformisme, et leurs récentes manifestations d’une journée à Athènes et à Thessalonique ne changeront d’ailleurs plus la situation.

Au même moment… de la fin des grèves, après ceux qui manifestent leur ultime colère dans les salles d’audience après la saisie et la mise aux enchères de leurs biens, il y a également ces habitants de Mandra (après les inondations subies de novembre dernier), ayant fait irruption en pleine séance du Conseil Régional sous la présidence de la très Syriziste Rena Doúrou ; les altercations ont été encore bien animées.

Et pour nous rendre heureux, perdons les misérables… et leurs pays avec. En Grèce, il y règne désormais une ambiance de colère sourde, de haine, comme de désespoir. S’y ajoute à ce contexte, le si triste théâtre d’ombres des événements régionaux et internationaux, et que nous percevons désormais clairement.

Dans un débat public auquel j’ai assisté récemment à Athènes, il était question de la liquidation en cours de la République de Chypre, ainsi voulue par les puissances maritimes (États-Unis et Grande Bretagne avec l’aimable collaboration de l’ONU et de l’UE). Un processus (presque) sans précédant, dont il a été question ici sur ce blog en décembre 2016 (trois articles consacrés à la pseudo-pacification de Chypre en cours via les “négociations” à Genève, décembre 2016-janvier 2017).

L’actualité de ce débat avait été motivée par la récente publication de l’essai de l’analyste en géopolitique et journaliste Dimitris Konstantakópoulos, consacrée à ce sujet. Parmi les participants à ce débat, Dimitris Belandís, juriste, avocat et membre démissionnaire du Comité central SYRIZA en juillet 2015, il a notamment insisté sur la parfaite anticonstitutionnalité des faits qui se déroulent sous nos yeux, comme sur la violation flagrante de la Charte de l’ONU, et ce n’est qu’un début.

Rappelons rapidement que ce Putsch (dont personne ne parle) est en plein développement (depuis 2016), il vise à mettre fin à l’existence de la République de Chypre, sous prétexte de trouver une “solution” au problème Chypriote. Sans façon, il s’agit du ‘plan Annan’ (ONU 2004) réchauffé, et il faut ici rappeler que la surreprésentation politique de la population chypriote turque par rapport à son poids démographique (18% avant l’invasion de l’armée turque en 1974 et l’occupation de la partie Nord de l’île), prévue par ce plan Annan, fut l’un des motifs de rejet de la part des Chypriotes grecs lors du référendum de 2004.

En cas d’application, ce plan créera une entité bien étrange, une tératogenèse de plus, semblable à aucun autre état dans le monde (sauf probablement la Bosnie ou le Timor oriental). Le plan prévoit la création (dans une île relativement petite) de diverses chambres, Parlements et Sénats, avec un système de vetos continus, qui garantira des emplois à de milliers d’avocats et l’impossibilité de ce nouvel ‘État’ de fonctionner.

Le nouvel État ne disposera pas d’armée propre, mais d’une sorte de police internationale pour discipliner les habitants. Ce projet constitue une violation majeure de toutes les dispositions importantes de la Charte des Nations Unies, du droit européen, international et constitutionnel. Ce monstre juridique puise sa légitimité… d’abord dans sa propre logique, et cette logique prétend résoudre le conflit entre la majorité et la minorité à Chypre pour transformer un État indépendant, souverain et démocratique, en une sorte de protectorat postmoderne.

Les exécutants, Alexis Tsipras et surtout Nikos Anastasiádis (Président Chypriote) sont depuis janvier 2017 “fortement invités” à signer cet accord. Comme à Chypre il y a déjà de nombreuses réactions qui rejettent cette “Confédération”, le Coup d’État consiste à doter de ce premier accord (qui n’a pas pour l’instant abouti) d’une valeur juridique (ce que le Président Anastasiádis n’a pourtant pas car il s’agit de la dissolution de l’État qu’il préside), le tout, en évitant et en court-circuitant la tenue d’un nécessaire referendum à Chypre.

Sauf que Chypre et Grèce sont ces deux pays davantage épuisés par la Troïka, aux populations fatiguées, à la psychologie suffisamment “travaillée” par l’ingénierie sociale, et cela en accélérée depuis l’installation de l’austérité… en tant que régime politique. Le livre de Konstantakópoulos, ainsi que le débat conduisent alors à l’évidence, celle que les Grecs reconnaissent à présent et cependant sans pouvoir réagir: Sous ces programmes de la Troïka, s’y loge de fait un implacable agenda géopolitique.

C’est exactement cet aspect des réalités que Dimitris Belandís a également illustré, en précisant au passage son point de vue politique: “SYRIZA, ce n’est pas la gauche”, c’est vrai mais désormais, c’est même accessoire, pour ne pas dire insignifiant que de démystifier la teneur politique exacte de SYRIZA de Tsipras, ou de la Nouvelle Démocratie de Mitsotakis, nous n’en sommes plus là… pour ne pas dire, nous ne sommes plus.

Ce que la gauche (avant même la société grecque) n’avait pas saisi (ou n’a pas voulu comprendre), c’est qu’il ne s’agissait pas seulement d’une austérité financieriste et néolibérale (ou ordolibérale) dont il fut et il est d’ailleurs toujours question, et cela, bien dès le début du processus. Il faut remarquer que la dite austérité infligée à la Grèce l’a privé du 27% de son PIB en sept ans (ce qui dépasse la proportion du PIB français perdu durant la Première guerre mondiale par exemple), et que cette même saignée n’a pas été imposée à d’autres pays troïkanisés, comme le Portugal.

En réalité, cet affaiblissement alors complet de la Grèce (habitants, richesses, institutions, culture, démographie, capacité de réaction comme de renouvèlement/remplacement démocratique de sa classe politique), ne relève plus de la simple “correction néolibérale”, car ce processus, après huit années de totalitarisme troïkan, prive désormais les Grecs du noyau dur et central de leur souveraineté, en même temps qu’il les prive de leurs biens publics et privés, et in fine, il les prive de leur régime démocratique. On comprend désormais, combien ces indépendances, grecque (depuis 1830) et chypriote (depuis 1960) qui n’ont d’ailleurs jamais été entièrement admises par les puissances “gérantes” maritimes et occidentales (Grande Bretagne et États-Unis), eh bien, elles devraient désormais s’effacer complètement.

Tel est donc l’agenda réel et géopolitique de l’austérité, et non pas seulement une affaire de lutte des classes, hélas. C’est d’autant vrai dans la mesure où la géopolitique actuelle des élites de la globalisation financieriste devient essentiellement celle du chaos, et non-pas celle de la stabilité, y compris en Europe. Les derniers accords passés entre le pantin Tsipras et les États-Unis sur le renforcement accéléré du rôle des bases militaires étatsuniennes en Crète (et bientôt au nord de la Grèce), dont leur armement potentiellement nucléaire (sans parler des accords tenus secrets que même les députés cosmétiques du “Parlement” grec ignorent autant que nous), ne présagent rient de très apaisant dans un futur alors aux faits très probablement imminents.

Nous voilà donc à la fin d’un processus et autant au début d’un autre, le tout, dans un contexte de guerre asymétrique, de guerre larvée, de guerre même à venir, impliquant les puissances maritimes occidentales, l’Iran, voire, la Russie et la Chine. On comprend donc mieux. La… préparation Tsipras (et de Tsipras) est justement celle qui fait passer la Grèce dans la phase-II du programme d’anéantissement, la phase-I étant celle allant de 2010 (et de la marionnette initiale de Papandréou) à 2015. On se souviendra de l’arrivée de SYRIZA au pouvoir pour prétendument mettre fin aux mémoranda, à travers l’idée globale “de la dignité retrouvée, de l’espoir qui revient et du triomphe de la démocratie”. Pauvres citoyens.

Le choc fut comme prévu énorme, et le deuil n’en finit plus. Depuis ce crime du siècle, ainsi commis par les escrocs Syrizistes (telle est en tout cas l’avis de la majorité des Grecs), les citoyens ainsi lamentablement trompés se méfient alors de l’ensemble de “leur” personnel politique et médiatique. Le climat devient plus délétère que jamais, les services secrets (et moins secrets) des puissances étrangères contrôlent les médias, autant que certains barons locaux du népotisme de la politiques comme de l’économie, dont SYRIZA et son allié des “Grecs Indépendants” devenant ainsi les nouveaux champions en la matière. Pendant ce temps, la marionnette Mitsotakis attendra son heure à la minute près, c’est-à-dire, au moment où Washington, Berlin et Bruxelles jugeront que le pantin Tsipras ne sera plus utilisable. Récemment (il y a deux semaines), un scandale politico-financier et diplomatique a éclaté depuis que tout le monde a appris qu’un certain matériel militaire (des munitions), était en phase d’être vendu par la Grèce à l’Arabie Saoudite. Dans la foulée, un certain Papadópoulos (inconnu du grand public), et proche du ministre de la Défense Kamménos (chef du parti allié à SYRIZA des “Grecs Indépendants”), est présenté comme étant le présumé entremetteur dans cette affaire (et toujours bien rémunéré pour ses services). D’après l’affaire telle que les médias ont voulu la présenter, Papadópoulos aurait mal rempli son rôle, et la vente a finalement été gelée, voire annulée, tenant finalement compte (pour les apparences), de la guerre que l’Arabie Saoudite livre en ce moment au Yémen.

Aussitôt, “l’opposition” (Nouvelle Démocratie) et essentiellement le clan Mitsotakis, ont présenté au “Parlement” de nombreux documents compromettants, et cependant classés confidentiels, les services secrets grecs (?) et étrangers s’y seraient ainsi mêlés… pour que l’affaire puisse relever ensuite de l’imbroglio total. Sauf qu’il y a sans doute d’autres affaires en cours, beaucoup plus graves et que les Grecs ne devraient point les connaître… avant sans doute un nouvel fait accompli.

Nos eaux sont agitées et elles sont saumâtres. C’est aussi pour cette raison que l’association (Think Tank) “a/simmetrie” (“Asymétries”) m’a fait l’honneur en m’invitant en tant qu’intervenant au colloque qu’elle vient d’organiser sous le patronage de l’Université des Abruzzes à Pescara (Italie du Sud), tenu le 2 et le 3 de ce décembre, sous le thème: “Europe, Globalisation et Austérité – Quel rôle pour l’Italie – Davantage d’Italie ?”. Je tiens à remercier d’ailleurs publiquement “a/simmetrie”, son initiateur, le professeur d’économie à l’Université de Pescara Alberto Bagnai, ainsi que l’Université des Abruzzes pour cette invitation, pour son accueil, et autant, pour la prise en charge de la réalisation matérielle de mon voyage, sans laquelle il ne serait d’ailleurs pas possible.

Et je parle de voyage et non pas de déplacement, car sa particularité fut qu’il a été réalisé par la route (800 km en A/R entre Athènes et Pescara), et par bateau, entre Patras et Ancône, délaissant volontairement le… sacrosaint avion, comme c’est le plus souvent le cas en pareils déplacements. Ce voyage alors ainsi voulu, avait été l’occasion de constater certains faits, de sentir combien depuis la Grèce, le voyage en Italie (et bien au-delà) demeure un voyage autant dans le temps géopolitique et ainsi crisique. L’Italie et la Grèce ne se trouvent pas dans le même cycle à travers leurs situations respectives, c’est évident.

Ces voyages laissent aussi la porte entrouverte pour apercevoir certaines saignées de notre modernité (ce que l’aseptisation de l’avion et des aéroports ne permettent plus), lorsque par exemple, on observe au départ du port de Patras et alors “à chaud”, ces tentatives désespérées des migrants pour se cacher entre les essieux et les marchandises des camions. Les camionneurs inquiets veillent sur leurs engins, les policiers et les vigiles… travaillent, les passeurs devraient aussi s’y trouver quelque part tout de même. Voyager par la route, c’est aussi une manière de constater enfin, combien les autoroutes italiennes sont toujours si bien fréquentées, tandis que celles de Grèce se sont vidées depuis 2010. Puis, il y a en Italie ces préparatifs de Noël, les publicités, et l’ambiance qui font penser à la Grèce des années de l’avant-crise, certaines publicités italiennes sont depuis longtemps devenues… disons intenables chez les Grecs.

Durant le colloque, j’ai été interviewé par le professeur Alberto Bagnai devant le public averti et curieux des affaires grecques, sur la situation du pays, et j’ai insisté sur certains faits alors évidents, s’agissant bien désormais de la phase-I, et de la phase-II dans “l’affaire grecque”.

J’ai insisté notamment sur ce calendrier bien précis de l’austérité, dissimulant hélas fort bien son agenda géopolitique, et sur la neutralisation (et canalisation) des réactions populaires, sur la mise à mort de la démocratie, entre autres et par exemple, en faisant adopter par le “Parlement” le texte du mémorandum Tsipras (août 2015), long de 7.500 pages que la Troïka a imposé. Un texte rédigé il faut préciser, en langue anglaise et seulement partiellement traduit en grec… d’ailleurs de manière automatique, texte pourtant affectant pratiquement tous les secteurs de l’activité, de la démocratie, des droits, comme de la vie des Grecs que les députés n’auront d’ailleurs pas lu. “De toute manière et humainement, nous n’avions guère le temps de le lire”, comme l’avaient déclaré certains ministres Syrizistes à la presse en 2015.

Les asymétries économiques dont, s’avèrent tôt ou tard dissimuler des asymétries géopolitiques, et pour aller jusqu’au fond du raisonnement, j’ai démontré qu’au bout du compte, le peuple grec est en train de subir une forme de guerre et d’agression alors asymétriques. C’est ainsi et pour tout dire toute la crainte des amis Italiens (ceux dont les yeux et les oreilles sont déjà ouverts en tout cas), que leur pays puisse “accepter” finalement sa future vassalisation troïkanne, faisant ainsi suite au dosage d’austérité que le pays de Garibaldi doit déjà supporter. Certes, la géopolitique liée à l’Italie n’est guère comparable à celle de la Grèce ou de Chypre, sauf que le raisonnement (irrationnel) de base (austérité, métadémocratie, vassalisation) semble ainsi immuable, indépendamment des pays concernés.

Au bout du processus dont l’euro constitue d’ailleurs une pièce maitresse, c’est la mort de la démocratie, c’est la mort de l’économie maitrisée sur un territoire donné par les citoyens, et c’est autant la fin de toute maîtrise du temps (du futur) et ainsi la défaite de tout espoir, à moins de briser et alors la totalité de la… coquille (entre autres européiste). C’est pour cette raison que je ne crois guère à “une autre Europe possible”, et encore moins au “Plan-B” à son propos, c’est triste à dire peut-être, ou à faire admettre, mais c’est alors ainsi.

Sinon, ce voyage a été l’occasion pour moi que de sortir du cadre psycho-mortel de la Grèce actuelle et ce n’est pas rien, puis, de voir comme on dit un peu de pays… avant peut-être qu’il ne soit plus du tout possible.

Les derniers beaux jours (météorologiques) de novembre et de son ouzo sur les plages d’Athènes sont bien loin, et de retour au pays, j’ai retrouvé nos appartements désespérément froids car sans chauffage central depuis 2012, puis, nos animaux que les voisins ont bien voulu garder durant… l’expédition et… observation participante en Italie.

Pluies et alors vents. Dans l’ancien temps on croyait même préparer Noël, sauf que chaque illusion peut ainsi connaître sa fin. De retour en Grèce, on se sent comme de nouveau englué dans une mélasse qui entrave la réflexion, qui empoisonne le moindre petit bonheur quotidien, et qui rend par la même occasion, toute vision des humains comme des paysages, comme obscurcie par un voile de deuil.

Cependant, j’ai pu raconter à notre grande Mimi et surtout à notre petit Hermès, dit le Trismégiste (et déjà… vieux de ses quatre mois), qu’en Italie aussi, il y a des animaux parfois adespotes (sans maître). Mission donc accomplie… géopolitique ou pas. Retour au pays et aux difficultés encore pour passer l’hiver ! Pauvre blog… dans l’exacte splendeur de sa survie…

* Photo de couverture: Alberto Bagnai (à gauche) et Panagiótis Grigoríou au colloque de A-Simmetrie. Italie, Pescara le 3 décembre 2017

christine

Thu, 07 Dec 2017 22:47:06 +0100

Grèce. Il faut mettre les demandeurs d’asile en sécurité avant l’arrivée de l’hiver

Le gouvernement grec, avec le soutien des dirigeants de l’Union européenne (UE), doit agir maintenant, avant le début de l’hiver, et mettre fin à la politique de la Grèce qui cherche à endiguer le flux des réfugiés, ont déclaré 12 organisations humanitaires et de défense des droits humains à l’occasion du lancement de leur campagne le 1er décembre 2017.

Ces organisations ont entamé le compte à rebours jusqu’au 1er jour officiel de l’hiver, le 21 décembre 2017. Elles ont déclaré que le Premier ministre Alexis Tsipras, avec l’appui des dirigeants de l’UE, doit transférer immédiatement les demandeurs d’asile sur le continent, vers des conditions meilleures, et prendre des mesures concrètes d’ici au 21 décembre pour qu’aucun ne reste dehors dans le froid.

Au 1er décembre, les « hotspots » (centres d’enregistrement) de Lesbos, Chios, Samos, Leros et Kos accueillaient 7 400 personnes de plus que leur capacité initiale : soit 12 981 personnes dans des centres dont la capacité ne dépasse pas 5 576 places. Des milliers d’entre elles, dont des femmes seules, des femmes chefs de famille et de très jeunes enfants, vivent sous des tentes d’été, la plupart dormant sur le sol, et sont exposées au froid, à l’humidité et à la pluie, au fur et à mesure que les conditions météorologiques se dégradent. Certaines femmes sont contraintes de partager les tentes et les conteneurs avec des hommes n’ayant aucun lien de parenté avec elles, ce qui met en danger leur vie privée et leur sécurité. L’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux services de santé est insuffisant.

Ce sera le deuxième hiver que les demandeurs d’asile doivent passer sur les îles dans des centres inadaptés depuis l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie en mars 2016. L’hiver dernier, trois hommes sont morts sur l’île de Lesbos en six jours, entre le 24 et le 30 janvier. Bien que la cause de ces décès n’ait pas fait l’objet d’une déclaration officielle, ils ont été attribués à un empoisonnement au monoxyde de carbone dû aux appareils de chauffage improvisés que les réfugiés utilisent pour chauffer leurs tentes glacées. Fin 2016, une explosion sans doute causée par une bonbonne de gaz a tué une femme kurde et sa petite-fille, toute jeune, qui dormaient aussi sous une tente à Lesbos.

Les responsables européens et grecs invoquent l’accord UE-Turquie pour justifier la politique visant à contenir les réfugiés et les migrants. Cette politique, mise en place dans le cadre de l’accord, contraint les demandeurs d’asile arrivant sur les îles grecques à y rester jusqu’à ce qu’ils obtiennent une réponse à leur demande, sans prendre en compte le nombre de places disponibles ni l’accès adéquat aux services. Toutefois, forcer les demandeurs d’asile à vivre dans des conditions qui violent leurs droits et nuisent à leur bien-être, leur santé et leur dignité, ne peut se justifier, ont déclaré les organisations. Certains, arrivés sur les îles aux premiers jours de l’accord, y sont bloqués depuis 20 mois.

Dans le cadre de leur campagne, les organisations s’unissent pour dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles vivent les demandeurs d’asile pris au piège sur les îles, demander aux citoyens européens de s’impliquer, suivre la réponse du gouvernement grec et des dirigeants de l’UE et en informer les populations.

Organisations participant à la campagne :

Amnesty International, Caritas Hellas, Conseil grec pour les réfugiés, Help Refugees, Human Rights Watch, Comité international de secours, Service jésuite des réfugiés, Oxfam, Praksis, Commission espagnole pour les réfugiés (CEAR), Solidarity Now, Terre des Hommes

https://www.amnesty.fr/presse/grce-il-faut-mettre-les-demandeurs-dasile-en-scuri

christine