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Observatoire des inégalités

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Tue, 21 Nov 2017 17:22:00 +0100

La jeunesse face aux inégalités

Destinée à un public professionnel très large, cette journée ne nécessite pas de pré-requis spécifiques.

Lieu : Paris (à préciser)

Formation animée par Nina Schmidt, cheffe de projet jeunes à l’Observatoire des inégalités.


Axes de travail

(sous réserve de changements)

La jeunesse en France : qui est-elle ?

La jeunesse est un objet plus complexe à saisir qu’on ne le dit. Elle est composée de populations hétéroclites selon l’âge, le milieu social, le lieu de résidence. En même temps, les jeunes sont face à des difficultés communes d’insertion, de logement, de santé, etc. Nous nous demanderons comment définir la jeunesse : qui sont les jeunes ? Quel âge ont-ils ? Quelle part de la population représentent-ils ? « La » jeunesse existe-t-elle ou existe-t-il « des » jeunesses ? Ensuite, nous dresserons un état des lieux des difficultés que les jeunes rencontrent ainsi que des jeunesses particulièrement en difficulté.

Les jeunes et l’insertion professionnelle

De l’école à l’emploi, les trajectoires des jeunes sont marquées socialement. Quoi de commun entre l’étudiant dont le studio parisien est financé par les parents et celui qui travaille comme intérimaire dans le bâtiment dès 15 ans ? La France est l’un des pays où le milieu social influe le plus sur les résultats scolaires avec des effets directs en matière d’insertion professionnelle.

Autonomie et pauvreté des jeunes

La crise est violente pour les jeunes adultes. Une partie de la jeunesse, la moins qualifiée, connaît des difficultés considérables dans la vie de tous les jours. Qui sont les jeunes concernés ? Quelles sont les conditions de l’autonomie quand on est jeune et pauvre ? Quelles sont les conséquences de la pauvreté chez les jeunes sur leurs conditions de vie ?

Que faire ? Quelles politiques ?

La possibilité de poursuivre des études et les perspectives professionnelles qui en découlent, reposent pour beaucoup sur les ressources des familles. C’est ainsi que les inégalités se maintiennent et se reproduisent entre ceux qui accèderont à une formation supérieure et aux carrières qui s’ensuivent, et les autres qui en sont exclus. On s’interrogera sur les politiques sociales en matière d’éducation, de logement, de soins, dont bénéficient plus ou moins directement les jeunes. On questionnera la nécessité de mettre en œuvre des politiques spécifiquement dédiées aux jeunes via les missions locales, les écoles de la deuxième chance, une garantie jeunes, etc.


Contact et préinscription

Anne Brunner
Observatoire des inégalités
info-formation@inegalites.fr
02 47 44 63 08


Louis Maurin

Tue, 19 Sep 2017 09:47:24 +0200

Le site de l'Observatoire des inégalités fait peau neuve

Le site internet de l’Observatoire des inégalités fait peau neuve. Notre équipe, associée à Julien Villalard pour le développement, et à Corinne Véron-Durand d’anandita.studio pour le design, a consacré plusieurs mois à imaginer, réaliser, tester ce nouveau site. Notre logo a été redessiné par Serge Monnin. Nous sommes heureux de vous le présenter.

Comment donner un accès simple à plus de 1 200 articles et 1 000 tableaux et graphiques, régulièrement mis à jour ? Créé en 2003, le site de l’Observatoire des inégalités dresse un état des lieux des inégalités le plus complet possible dans de nombreux domaines (revenus, emplois, femmes et hommes, etc.). Pour donner accès à ces informations au plus large public possible, une refonte en profondeur de la navigation était devenue indispensable.

Pour simplifier la navigation, le menu principal donne accès aux articles et données de l’Observatoire des inégalités classés par « thème » (revenus, éducation, emploi, conditions de vie, catégories sociales, femmes et hommes, âges et générations, Français et étrangers, etc.). Pour explorer ces grands thèmes, des filtres vous permettent d’approfondir vos recherches par sous-thème et par type d’article (données, analysées, points de vue, etc.).

Le menu principal donne également accès directement à nos outils pour mesurer et comprendre les inégalités : questions clés, méthodologie, lexique, comparateur des salaires et des patrimoines pour se situer, etc.

Enfin, la présentation de nos publications est simplifiée et permet de commander les ouvrages de l’Observatoire des inégalités : Que faire contre les inégalités ? et le Rapport sur les inégalités en France, édition 2017.

Plus clair, plus accessible

Donner accès à l’information sur les inégalités, c’est aussi repenser la lisibilité des textes et des données chiffrées. Avec un design au goût du jour, plus aéré, la lecture est plus confortable, y compris sur tablette et smartphone.

Depuis la création de l’Observatoire des inégalités, nous ne cessons d’essayer de rendre notre message le plus lisible possible. Notre site internet est au cœur de nos activités : il offre gratuitement une information chiffrée et analysée sur les inégalités à toutes les personnes qui veulent comprendre et agir pour un monde plus juste. Environ 300 000 personnes le visitent chaque mois et plus de 15 000 abonnés reçoivent la lettre d’information mensuelle gratuite.

Ce travail n’est permis que par le soutien sans faille de centaines de donateurs qui chaque année, nous permettent de produire nos informations. Nous les en remercions chaleureusement.

Anne Brunner

Fri, 15 Sep 2017 19:00:00 +0200

Les inégalités de niveau de vie continuent d'augmenter

Si l’on prend comme point de comparaison le début des années 1970, les inégalités de revenus ont baissé. Depuis une vingtaine d’années, changement de cap : les inégalités repartent à la hausse. Dans un premier temps, les niveaux de vie des très riches se sont envolés. Puis, à partir de la fin des années 2000 les revenus des plus pauvres ont baissé. Le jugement que l’on peut porter sur les inégalités de revenus dépend de l’échelle de temps et de l’instrument de mesure que l’on utilise.

L’évolution depuis 40 ans

Selon le rapport entre la limite des niveaux de vie des plus riches et des plus pauvres

L’outil le plus souvent utilisé pour mesurer les inégalités de revenus est appelé « rapport interdécile   », rapport entre le niveau de vie   minimum des 10 % les plus riches (ce qui s’appelle un décile, le neuvième) et le niveau de vie   maximum des 10 % les plus pauvres (le premier décile) [1]. Tout cela, après impôts directs et prestations sociales, pour une personne seule.

Avec cet outil, et si on observe les choses depuis les années 1970, la diminution des inégalités est nette : en 1970, les plus modestes avaient un niveau de vie   maximum 4,6 fois moins élevé que les 10 % les plus riches. En 2015, ce rapport est de 3,5. La baisse des inégalités de revenus a été continue des années 1970 au début des années 1990. Depuis, ce rapport stagne aux alentours de 3,5 avec un pic à 3,6 en 2011.


Revenus après impôts directs et prestations sociales. Lecture : en 2015, le niveau de vie minimum des 10 % les plus riches était 3,5 fois supérieur au niveau de vie le plus élevé des 10 % les plus pauvres.
      

Selon l’indice de Gini  

L’indice de Gini   est un autre outil de mesure des inégalités de revenus. Il les décrit mieux que le rapport précédent car il tient compte de l’ensemble des revenus de la population, des plus faibles aux plus élevés. Le rapport interdécile   ne donne aucune information sur les revenus moyens ou extrêmes notamment. Si quelques très hauts revenus (parmi les 5 % les plus riches par exemple) s’envolent, le rapport interdécile   ne bouge pas alors que l’indice de Gini   en tient compte. Plus cet indice est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité. Plus il tend vers un, plus l’inégalité est forte. Comme le rapport interdécile  , l’indice de Gini   montre que la situation s’est nettement améliorée entre les années 1970 et le début des années 1990 puis qu’elle s’est inversée. L’indice de Gini   est remonté, avec un sommet en 2011.

Les inégalités de revenus n’explosent pas, notamment parce que notre système de protection sociale limite le creusement des écarts. Les hausses d’impôts de 2011 à 2013 ont également contribué à réduire les inégalités de niveaux de vie. Reste le changement de tendance : notre pays, comme bien d’autres, ne marche plus vers l’égalité en matière de revenus. La hausse des inégalités est réelle depuis le milieu des années 1990 même si elle reste globalement modérée.


Depuis le début des années 2000

Depuis 2003, le niveau de vie   moyen [2] des 10 % les plus pauvres ne progresse plus, alors que, jusqu’au début des années 2000, la tendance était à l’augmentation. Sur la période, le niveau de vie   moyen des 10 % les plus pauvres a évolué en dents de scie [3]. En 2015, il est au même niveau que dix ans plus tôt, en 2005. Cette stagnation globale masque des périodes de progrès et de vaches maigres. La baisse notable que nous avions soulignée entre 2008 et 2012 s’est heureusement interrompue et le niveau de vie   moyen des 10 % les plus pauvres a progressé depuis. Si on fait abstraction des effets conjoncturels, depuis le début des années 2000, ce niveau de vie   stagne.


L’évolution du niveau de vie   moyen des 10 % les plus aisés est marquée par une progression quasiment ininterrompue entre 2003 et 2011, d’autant plus étonnante que la France a connu un profond ralentissement économique. Au cours de cette période, le niveau de vie   moyen mensuel des 10 % les plus riches a augmenté de 678 euros. Entre 2011 et 2013, il a diminué très nettement, sous l’effet notamment des hausses d’impôts : - 434 euros en deux ans. Depuis 2013, il est reparti à la hausse, avec un gain de 112 euros en deux ans. De 2003 à 2015, le gain est net : + 356 euros mensuels. Ce n’est plus l’euphorie de la fin des années 2000, mais les gains demeurent notables et contrastent avec la stagnation du niveau de vie   des 10 % les plus pauvres.


L’écart de revenu entre les riches et les pauvres augmente

En douze ans (de 2003 à 2015), le niveau de vie   mensuel moyen des plus riches a progressé de 356 euros quand celui des plus pauvres n’a gagné que 6 euros (après inflation). L’écart entre le niveau de vie   mensuel moyen des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres s’est fortement accru entre 2003 et 2011, du fait de la hausse des revenus des plus riches. De 3 700 euros par mois en 2003, l’écart est passé à près de 4 400 euros en 2011. Il a diminué ensuite pour passer sous la barre des 4 000 euros en 2013. Cette baisse est en partie due aux hausses d’impôts qui ont touché les plus aisés. Depuis 2014, l’écart a repris sa progression, principalement sous l’effet d’une hausse du niveau de vie   des plus riches. En 2015, chaque mois les 10 % les plus favorisés disposent en moyenne d’environ 4 000 euros de plus après impôts à dépenser, que les 10 % les plus modestes.


Les commentaires sur l’évolution des inégalités de revenus sont souvent erronés. En effet, ils ne tiennent pas compte des ruptures de séries de 2010 et 2012 qui faussent les comparaisons. L’Observatoire des inégalités est le seul organisme à publier des séries qui tiennent compte des changements de méthode de l’Insee. Les exagérations sont nombreuses, entre ceux qui veulent absolument montrer que les écarts se réduisent ou, inversement, qu’ils explosent, alors que ni l’un ni l’autre n’est vrai. Le modèle social français (grâce aux systèmes de retraites et aux prestations sociales notamment) amortit les chocs même s’il n’empêche pas la stagnation du niveau de vie   des plus pauvres. Nous soulignons de longue date la situation dans laquelle se trouvent les catégories populaires, qui génère de fortes tensions.

Comment évoluent les inégalités depuis 2015 ?

Il est difficile de préjuger de l’évolution des inégalités depuis 2015, date à laquelle s’arrêtent les données de l’Insee sur les revenus. Le niveau de vie   des catégories aisées a repris sa progression depuis 2013 et on voit mal ce qui aurait pu l’interrompre depuis. Les revenus financiers notamment sont en hausse et les politiques fiscales sont redevenues plus favorables aux plus aisés. En bas de l’échelle, la baisse du chômage a un effet favorable, qui se traduit par une diminution du nombre d’allocataires de minima sociaux. Mais les politiques de baisse des allocations logement ou de suppression des contrats aidés vont avoir un effet inverse très direct. Cette situation laisse présager le retour de fortes tensions autour du partage de la richesse dans un contexte de stagnation des revenus pour les couches moyennes.

Avertissement : l’Observatoire des inégalités a recalculé l’ensemble des séries de l’Insee pour tenir compte des changements méthodologiques apportés par l’Insee en 2010 et 2012.

Photo / © Gina Sanders - Fotolia

Louis Maurin

Tue, 12 Sep 2017 18:00:00 +0200

Neuf millions de pauvres, un chiffre exagéré

La France compte 8,9 millions de pauvres selon les données 2015 de l’Insee. Comment est-ce possible, dans l’un des pays les plus riches au monde ? A quoi correspondent ces chiffres largement utilisés dans le débat public sans se préoccuper de la méthode de calcul ?

Jusqu’en 2008, le seuil de pauvreté le plus souvent utilisé était équivalent à la moitié du niveau de vie   médian  , celui qui partage en deux la population, autant gagne davantage, autant gagne moins. Depuis 2008, l’Insee utilise la définition européenne de la pauvreté, c’est-à-dire le seuil à 60 % du niveau de vie   médian  . Ce saut de 50 à 60 % change tout : il fait augmenter le seuil de pauvreté mensuel de 846 à 1 015 euros (pour une personne seule), le nombre de personnes concernées de 5 à 8,9 millions et le taux de pauvreté de 8 à 14,2 % (données 2015).

Afficher un chiffre élevé de pauvres permet de frapper les consciences et d’appeler à la solidarité. La statistique joue un rôle important dans le débat public et peut influencer les politiques mises en œuvre dans un pays où la misère côtoie la grande richesse. Cette pratique, qui souvent part d’une intention louable tant la pauvreté heurte nos valeurs, est risquée. Pour le comprendre, il faut entrer dans la machine à calculer de la pauvreté, ce que personne ne fait jamais : il est tout à fait étonnant de voir comment les commentateurs utilisent la donnée publique comme allant de soi.

Expliquons-nous. Le seuil de pauvreté désormais utilisé est équivalent à 60 % du revenu médian  . Ce revenu est de 1 692 euros mensuels pour un célibataire en 2015. Le seuil est donc de 1 015 euros pour une personne seule (60 % de 1 692). En dessous de ce seuil, une personne est considérée comme pauvre.
Poursuivons. Selon l’Insee, ce même seuil est de 1 523 euros pour un couple sans enfant et de 2 132 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. À ces niveaux de vie, on touche environ le double du revenu de solidarité active. On est très éloigné des publics qui ont recours aux associations caritatives. En définitive, le seuil de pauvreté à 60 % prend en compte des situations sociales qui vont de ce que l’on appelait il y a quelques années le « quart monde » aux milieux sociaux très modestes.

Effets pervers

À force d’élargir le concept de pauvreté, celui-ci change de sens. Ce qui a deux effets pervers.

Premièrement, il attise les discours qui relativisent l’importance du phénomène : « Le pauvre qui vit dans un HLM, qui a sa télé, son portable et les aides sociales est-il vraiment pauvre ? ». Un discours répandu chez les personnes âgées qui ont connu des périodes où les revenus étaient beaucoup moins élevés : le seuil de pauvreté en 2015 équivaut – une fois l’inflation déduite – au revenu médian   des années 1970. Les pauvres d’aujourd’hui qui se situent au niveau du seuil disposent quasiment du niveau de vie   des classes moyennes de cette époque.

Deuxièmement, cette conception élargie de la pauvreté alimente la critique du modèle social français. Comment se fait-il qu’on en soit là alors que l’État dépense autant ? De quoi changer de perspective : « Si les pauvres en sont là, c’est qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait et que la société, à force d’aides, ne les « incite » pas assez à reprendre le travail ». C’est le même type de raisonnement qui conduit à baisser les aides au logement qui au fond bénéficieraient aux propriétaires : arrêtons de trop en faire.

Comme un boomerang, la conception extensive de la pauvreté risque de se retourner contre tous ceux qui luttent sur le terrain pour améliorer la situation des plus démunis, et qui sont choqués par la situation actuelle. Plutôt que de multiplier les instruments destinés à réduire les effets de la pauvreté, un débat mériterait d’être mené sur la réalité de la pauvreté aujourd’hui.

Être pauvre, c’est quoi ?

Concrètement, être pauvre aujourd’hui, c’est manquer de quoi ? En France, 6 % des ménages ne peuvent maintenir leur logement à bonne température, 17 % ont un logement bruyant et 28 % ne peut pas se payer une semaine de vacances au moins une fois dans l’année (Insee, données 2012). Il faut aussi considérer les coûts du logement : avec 1 000 euros, on ne vit pas de la même façon à Paris qu’à Aurillac. On pourrait s’interroger aussi sur la pauvreté scolaire. Le système éducatif français reproduit en grande partie les inégalités entre les milieux sociaux. Contrairement au discours ambiant, le nombre de ceux qui sortent de l’école sans qualification se réduit nettement [1], mais les exigences de notre société en matière de qualifications s’accroissent.

Du point de vue des revenus stricto sensu, il faudrait distinguer la population pauvre des catégories les plus modestes. C’est pourquoi l’Observatoire des inégalités publie les différents seuils, mais utilise dans ses analyses, quand il c’est possible, le seuil à 50 %. Derrière ce débat se profile une façon de comprendre la société. Il en est de même avec les inégalités en général, les travailleurs pauvres ou la fracture sociale, que certains voient « exploser » en France. Exagérer un phénomène social, même avec la meilleure volonté du monde, n’aide pas à le résoudre, bien au contraire. Cela peut galvaniser les troupes des convaincus mais certainement pas mobiliser plus largement. Et au final, c’est le modèle social français qui en pâtit.

Définir les contours de la pauvreté ne doit pas pour autant conduire à minimiser le phénomène en se concentrant sur une poignée d’exclus. On remarquera au passage que l’exagération de la pauvreté a souvent pour pendant une conception restrictive de la richesse aux 1 % les plus aisés pour se dédouaner d’une solidarité plus large [2]. Au seuil à 50 % du niveau de vie   médian   - seuil plus restrictif - notre pays compte déjà cinq millions de pauvres. Un niveau suffisant pour justifier tous les appels à la solidarité.

Louis Maurin

Évolution du nombre de personnes pauvres
Unité : milliers
Seuil à 40 %
Seuil à 50 %
Seuil à 60 %
1970-5 7858 649
1975-5 1948 491
1979-4 3597 235
1984-4 1547 848
1990-3 7517 848
19962 1964 7048 295
19972 1734 5838 156
19981 8374 4017 985
19991 7064 2487 855
20001 7454 3067 949
20011 6734 1197 867
20021 5063 8737 602
20031 6594 2167 686
20041 6274 0287 487
20052 0834 4147 876
20062 0334 3307 939
20072 0214 4268 149
20082 0764 4167 947
20092 1894 6598 289
2010 2 2944 9168 739
20112 3655 1048 954
20122 4745 2318 760
20132 1524 9178 563
20142 2694 9648 732
2015-5 0208 875

Données non disponibles de 1970 à 1990 et en 2015 pour le seuil à 40 %. Données recalculées pour tenir compte des modifications méthodologiques de l'Insee. France métropolitaine.
Source : Insee - © Observatoire des inégalités

Photo / © pucci raf - Fotolia

Louis Maurin

Tue, 12 Sep 2017 18:00:00 +0200

Les seuils de pauvreté en France

Un individu est considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels après impôts et prestations sociales sont inférieurs soit à 846 euros soit à 1 015 euros (Insee, données 2015), selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie   médian  ). De 2009 à 2014, le seuil de pauvreté a diminué du fait de la baisse du niveau de vie   médian   [1]. Le seuil à 60 % a perdu 14 euros et le seuil à 50 %, 12 euros. En 2015, après ces cinq années de baisse, les seuils de pauvreté se redressent de quelques euros par mois, sans retrouver toutefois le niveau de 2008.

Entre 1970 et 2009, le seuil de pauvreté à 50 % avait doublé de 400 à 850 euros (en euros constants, une fois l’inflation déduite). Cette évolution est due à l’utilisation d’une définition relative de la pauvreté : le seuil de pauvreté dépend de la richesse de notre société. En dépit du ralentissement de la croissance à partir des années 1970, la France a continué à s’enrichir. Le seuil de pauvreté d’aujourd’hui, mesuré à 50 % du niveau de vie   médian  , est équivalent au niveau de vie   médian   de 1970. Une partie des pauvres d’aujourd’hui dispose de niveaux de vie proches de ceux des classes moyennes de l’époque.

Depuis la fin des années 2000, la crise est telle que le niveau de vie   médian   a baissé plusieurs années consécutives, ce qui n’était jamais arrivé depuis les années 1970. Le seuil de pauvreté, calculé en proportion, a lui aussi baissé [2]. Un certain nombre de pauvres de 2009 ne sont plus considérés comme tels aujourd’hui, alors que leurs revenus n’ont pas bougé.

Que s’est-il passé depuis 2015 ? Probablement pas grand chose. La modestie de la reprise économique, et notamment des hausses de salaires, laisse penser que le niveau de vie   médian   a peu évolué, même si le chômage commence à baisser. Il en est logiquement de même pour les seuils de pauvreté.


Avertissement : l’Insee ayant introduit des ruptures de série en 2010 et 2012, nous avons recalculé les seuils en tenant compte de ces ruptures pour permettre les comparaisons dans le temps, impossibles sinon. Nos données diffèrent donc légèrement de celles diffusées par l’Insee.

Les seuils de pauvreté selon le type de ménage

Pour tenir compte de la composition des ménages, on élève le seuil de pauvreté en fonction du nombre de personnes du foyer. Vivre avec 1 015 euros ne représente pas la même chose pour une personne seule que pour une famille avec des enfants. L’Insee utilise pour cela un système de parts. Le premier adulte vaut une part entière, toutes les personnes de plus de 14 ans qui vivent dans le logement comptent pour une demi-part et les moins de 14 ans pour 0,3 part. Si chacun ne compte pas pour une part entière, c’est qu’à plusieurs, on fait des économies : pas besoin d’une cuisine ou d’une salle de bain par personne. Selon l’Insee, un couple avec deux enfants en bas âge est pauvre si ses ressources ne dépassent pas 1 777 euros (seuil à 50 %, données 2015) ou 2 132 euros (à 60 % du niveau de vie   médian  ).


Seuils de pauvreté mensuels selon le type de ménage
Unité : euros 2015
Seuil à 60 %
Seuil à 50 %
Seuil à 40 %
Personnes seules1015846677
Familles monop. avec un enfant de - de 14 ans13201100880
Couples sans enfant152312691016
Couples avec deux enfants de - de 14 ans213217771422
Couples avec deux enfants de + de 14 ans253821151693

France métropolitaine.
Source : Insee - Données 2015 - © Observatoire des inégalités

Définir le seuil de pauvreté
En France et en Europe, le seuil de pauvreté est fixé de façon relative [3]. On considère comme pauvre une personne dont les revenus sont inférieurs à un certain pourcentage du niveau de vie   dit ’médian  ’. Le niveau de vie   médian   est celui qui partage la population en deux, autant gagne moins, autant gagne davantage. Ce pourcentage est de plus en plus souvent fixé à 60 % du revenu médian  , alors que jusqu’en 2008, le seuil à 50 % était le plus couramment utilisé en France. Aucun seuil n’est plus objectif qu’un autre. Il s’agit d’une convention statistique. On peut tout aussi bien opter pour un seuil à 40 % ou à 70 %. L’Observatoire des inégalités publie les différents seuils mais utilise le plus souvent le seuil à 50 % dans ses analyses.

Pour en savoir plus :
- 600 000 pauvres de plus en France en dix ans

- Qui sont les pauvres en France ?

- Pauvreté et précarité en chiffres

Photo / © Kara - Fotolia



Louis Maurin, Valérie Schneider