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Franceinfo - Les Titres

Mon, 23 Jul 2018 08:20:22 +0200

Affaire Benalla : ces questions brûlantes auxquelles Gérard Collomb devra répondre devant l'Assemblée

Le ministre de l'Intérieur est le premier à être entendu par la commission d'enquête de l'Assemblée.

Le premier flic de France est en première ligne. Pris lui aussi dans le tourbillon de l'affaire Benalla, Gérard Collomb va passer à partir de 10 heures, lundi 23 juillet, sur le grill de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. Il devra répondre à des "questions très nombreuses et d'une très grande gravité", selon le corapporteur, Guillaume Larrivé (LR).

>> Affaire Benalla : suivez en direct l'audition de Gérard Collomb avec franceinfo

Voici les interrogations autour de celui que Le Monde présente comme étant "tout désigné pour devenir le fusible de cette extravagante affaire".

Quand Gérard Collomb a-t-il été informé de l'affaire ? Et par qui ?

Chargé de mission à l'Elysée et en première ligne dans le dispositif de sécurité entourant Emmanuel Macron, Alexandre Benalla a été filmé en train de frapper et malmener des manifestants rassemblés dans le 5e arrondissement à l'occasion des défilés du 1er-Mai, à Paris.

>> Vous n'avez rien suivi à l'affaire Benalla ? Nous vous résumons tout dans un article

Le ministre de l'Intérieur était au courant de ces agissements dès le 2 mai. La place Beauvau, qui se mure dans un quasi-mutisme, l'a confirmé au Monde durant le week-end. Les oppositions dénoncent les "mensonges" du ministre et plusieurs personnalités, à droite comme à gauche, de Nicolas Dupont-Aignan à Jean-Luc Mélenchon, ont demandé la démission de Gérard Collomb.

Qui a, par ailleurs, informé le ministre des violences commises place de la Contrescarpe ? La préfecture de police de Paris ? L'Elysée, qui a rapidement été mis au courant ? Un autre canal ? Dans un milieu censé être très hiérarchisé, la question a son importance.

Pourquoi n'a-t-il pas réagi plus tôt ?

Au Sénat jeudi, le ministre a dit avoir saisi la "police des polices" pour faire la lumière sur cette affaire. Une décision qui intervient plus de deux mois après les faits. Or, selon l'article 40 du Code de procédure pénale, le procureur de la République aurait dû être saisi pour ces faits mais aucun membre de l'exécutif ne l'a fait, ce qui fait dire à l'opposition que le pouvoir a cherché à étouffer l'affaire.

"Il a dissimul(é) (...) cette information à la représentation nationale et à la justice", s'est ainsi offusqué l'ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon (Générations). "On a laissé ces images tourner sur les réseaux sociaux. Cela est préjudiciable pour l'image de la police", déplore de son côté Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergies, interrogé par l'AFP.

"On vit dans un système hiérarchisé. Ce n'est pas au ministre de l'Intérieur d'engager des poursuites contre un collaborateur du président", tempère toutefois le responsable syndical. 

Pourquoi Alexandre Benalla était-il présent le 1er mai ?

Alexandre Benalla était censé n'être qu'un "observateur" sur une opération de maintien de l'ordre, il a fini par se promener avec brassard policier, radio de police et casque sur la tête avant de s'en prendre à des manifestants, en compagnie de Vincent Crase, un salarié de La République en marche.

Qui a validé leur présence sur cette manifestation ? La préfecture de police. Mais à quel niveau ? Le ministère de l'Intérieur était-il au courant ? D'où vient le matériel policier détenu par Alexandre Benalla ? Pourquoi le major de police de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police n'est-il pas intervenu pour empêcher ces agissements, alors qu'il était ce jour-là le "référent" du chargé de mission ?

Mediapart (article réservé aux abonnés) a également fait état de la présence d'Alexandre Benalla au débriefing de la manifestation du 1er mai qui s'était soldée par de spectaculaires violences commises par des activistes du "Black Bloc". "Il est régulièrement sur des dispositifs opérationnels et semble piloter différentes choses", s'étrangle David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). 

Il n'est diplômé en rien mais semble avoir accès à tout. Qui l'a mandaté pour ça ?David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationaleà l'AFP

Après le ministre de l'Intérieur attendu à 10 heures, le préfet de police Michel Delpuech sera auditionné à partir de 14 heures.

Quelle est la place d'Alexandre Benalla à l'Elysée ?

L'ex-chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence de la République, qui accompagnait régulièrement Emmanuel Macron sur ses déplacements (y compris après sa mise à pied de 15 jours, au vu de photos de presse), paraissait aussi avoir une forte influence sur la sécurité à l'Élysée.

Problème : c'est précisément la mission du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), une structure réunissant le Service de la protection (SDLP), dépendant de la Police nationale, et des militaires du GIGN. Le GSPR est dirigé par un colonel de gendarmerie.

BFMTV indiquait ce week-end qu'une réorganisation de la sécurité de l'Elysée était dans les tuyaux pour fin 2018, avec la création d'une Direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR) composée de trois entités. Selon la chaîne d'information, Alexandre Benalla était pressenti pour occuper une place prépondérante dans ce dispositif directement piloté par la présidence.

Mon, 23 Jul 2018 07:31:48 +0200

Affaire Benalla : Gérard Collomb entendu ce lundi à l'Assemblée, on vous explique le rôle de la commission d'enquête qui l'auditionne

Les députés de l'opposition ont obtenu que la commission des lois de l'Assemblée nationale se transforme en commission d'enquête. Elle disposera d'un mois pour tenter d'éclaircir le rôle ambigu d'Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai. 

La réforme constitutionnelle éclipsée par l'affaire Benalla. Depuis les révélations sur le "monsieur sécurité" d'Emmanuel Macron, l'hémicycle de l'Assemblée nationale a totalement délaissé l'examen de ce projet pour débattre de ce que certains dans l'opposition qualifient de "scandale d'Etat". Les députés se sont mis d'accord, jeudi 19 juillet, pour doter la commission des lois des pouvoirs d'enquête sur cette affaire. Ses auditions commencent ce lundi 23 juillet, avec le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, à 10 heures et le préfet de police, Michel Delpuech, à 14 heures. Voici ce qu'il faut savoir sur les pouvoirs de cette commission d'enquête.

>> L'article à lire pour comprendre l'affaire Alexandre Benalla

Comment s'organise cette commission ? 

Habituellement, une commission d'enquête ne peut être lancée qu'à l'initiative d'un ou plusieurs députés, pour une durée de six mois maximum au Palais Bourbon. Mais celle mise en place dans l'affaire Benalla est un peu particulière, car une telle commission ne peut habituellement pas être créée lors d'une session extraordinaire de l'Assemblée, comme c'est le cas actuellement. 

Comme l'explique Mediapart (article abonnés), à l'issue d'une "réunion à huis-clos" avec le président de l'Assemblée, François de Rugy, les présidents de groupes ont obtenu, jeudi, que la commission des lois soit dotée de prérogatives d'enquête. La proposition a été faite par le député socialiste des Landes Boris Vallaud, qui a exhumé une ordonnance du 17 novembre 1958 permettant cette procédure. L'utilité ? "Gagner du temps" et ne pas attendre une nouvelle session parlementaire, résume Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et président du groupe UDI, Agir et Indépendants à l'Assemblée, à franceinfo. 

Ce sont donc les membres permanents de la commission des lois, présidée par la députée La République en marche (LREM) Yaël Braun-Pivet, qui sont chargés de l'enquête, en parallèle de celle lancée par les sénateurs. Cette commission est composée de 45 élus de la majorité (39 LREM et 6 MoDem), ainsi que de 13 députés du groupe LR, cinq de l'UDI, quatre de la Nouvelle Gauche, deux de la Gauche démocratique et républicaine, deux de la France insoumise et deux non-inscrits.

A quoi va-t-elle servir ?

"Le but n’est pas de faire justice à la place des juges", résume Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle gauche, à franceinfo. "L'objectif est d'établir la vérité des faits", "a priori et a posteriori" des évènements, sans "faire une enquête judiciaire", a insisté la députée LREM Yaël Braun-Pivet, corapporteure avec Guillaume Larrivé (LR) de la commission à l'Assemblée. L'avis de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a été sollicité pour fixer le champ des investigations, comme le prévoit une ordonnance de 1958.

Quand on fait une commission d’enquête à l’Assemblée nationale, c’est pour identifier si oui ou non il y a eu des dysfonctionnements dans nos institutions.Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle gaucheà franceinfo

Pour Jean-Christophe Lagarde, membre permanent de la commission des lois, "le but est de savoir tout ce qui s’est passé le 1er mai avec Benalla et pourquoi il n'a pas été écarté de l'Elysée après le tabassage des manifestants". "Nous allons fonctionner comme une enquête policière classique, en entendant toutes les parties prenantes de l'affaire", précise le député à franceinfo. "Nous devons être éclairés, nous ne pouvons pas rester dans le brouillard, il est indispensable de savoir ce qui est arrivé le 1er mai", explique David Habib, député socialiste et membre de la commission d'enquête au Figaro

Mais les membres de la commission vont devoir être efficaces car ils ne disposent que d'un mois pour produire leur rapport : "Moi, ça me paraît trop court", lâche Jean-Christophe Lagarde. Et de préciser : "Ca ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir les principales auditions d’ici mi-août, mais couvrir l'ensemble des événements du 1er mai me semble compliqué"

Comme pour ses précédentes enquêtes sur Lactalis et la sûreté des infrastructures nucléaires, la commission des lois rendra un rapport qui jouira, sans doute, d'une forte visibilité médiatique. Ses conclusions ne seront, toutefois, pas contraignantes, comme le rappelle Le Monde, qui expliaue : "Les commissions d’enquête sont souvent bien trop encadrées par le pouvoir en place pour pouvoir réellement aboutir à quelque chose de tangible." En cas de découverte de faits délictueux, elle pourra tout de même transmettre les informations recueillies au ministère de la Justice ou saisir directement le parquet.

Qui va être auditionné ? 

La commission des lois dispose d'importants pouvoirs et peut convoquer toute personne qu'elle estime liée à l'enquête. Les personnes sollicitées doivent se rendre à leur convocation, si besoin contraintes par huissier ou par la force publique. Elles sont entendues sous serment, et doivent respecter le secret professionnel. Les sanctions prévues en cas de faux témoignage ou de subornation de témoin sont applicables. Fait exceptionnel, un pneumologue, Michel Aubier, a été condamné début juin à six mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour avoir menti, en 2015, sur ses liens avec Total, devant une commission d'enquête du Sénat consacrée à la pollution de l'air.

Le fait de parler sous serment est une contrainte forte : il n’y a pas d’autres procédures comme celle-ci, hors procédure judiciaire.Jean-Christophe Lagardeà franceinfo

Sur l'agenda de la commission figure pour l'instant le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, auditionné ce lundi, quelques heures avant le préfet de police, Michel Delpuech. Mais d'autres personnalités sont attendues : chaque groupe parlementaire a fourni la liste des personnes qu'ils souhaitent voir auditionnées. "Tout le monde veut entendre Alexandre Benalla et Vincent Crase, affirme Jean-Christophe Lagarde, mais la majorité s'oppose à certaines auditions."

La présidente de la commission, Yaël Braun-Pivet, a proposé d'auditionner un certain nombre de responsables policiers ainsi que le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, et le responsable du Groupe de sécurité de la présidence de la République, le colonel Lionel Lavergne. Pas assez pour le corapporteur Guillaume Larrivé, qui souhaite également l'audition de responsables LREM, comme son délégué général, Christophe Castaner, et de plusieurs cadres de l'Elysée, notamment le secrétaire général Alexis Kohler, et le porte-parole, Bruno Roger-Petit.

On a peur que les députés LREM limitent les auditions aux personnes qui leur semblent aptes à venir apporter les bons éléments de langage et éviter que, des contradictions, naisse la vérité.un député socialisteà franceinfo

Autre point de désaccord de la commission d'enquête : la nécessité, ou non, du huis-clos pour la totalité des auditions. La majorité souhaitait, en effet, que seule l'intervention de Gérard Collomb soit publique. Une proposition qui a suscité un tollé au sein de l'opposition. Guillaume Larrivé, corapporteur de la commission a ainsi vivement défendu la retransmission télévisée des débats au nom d'une "exigence démocratique". 

Le groupe majoritaire LREM a finalement accepté la publicité des autres auditions à venir, avec des exceptions en particulier sur les questions de "sûreté de l'Etat". La majorité "fait tout pour verrouiller les auditions et protéger l'exécutif", s'agace Jean-Christophe Lagarde. 

Quels sont les principaux sujets qui vont être abordés ? 

Le témoignage de Gérard Collomb, mis au courant de l'affaire dès le 2 mai, est particulièrement attendu dans ce dossier très délicat pour le gouvernement. "On va notamment essayer de savoir pourquoi il a dit, cette semaine au Sénat, qu’il allait faire ouvrir une enquête à l’IGPN alors qu’il l'avait déjà fait au mois de mai et l'avait classée sans suite", annonce Jean-Christophe Lagarde. 

"On va chercher à comprendre comment Alexandre Benalla a pu obtenir un casque de police ainsi qu’un brassard, s’il était mandaté par quelqu’un, s'il a eu l’autorisation du ministère de l’Intérieur, et si oui, pourquoi ?" résume la présidente du groupe Nouvelle gauche, Valérie Rabault. 

Pourquoi Alexandre Benalla était-il présent le 1er mai ? Beauvau était-il au courant ? Qui a informé le ministre des violences commises place de la Contrescarpe ? La préfecture de police de Paris ? L'Elysée qui a rapidement été mis au courant ? Un autre canal ? Dans un milieu censé être très hiérarchisé, la question a son importance. Pourquoi l'exécutif pas réagi plus tôt ? Selon l'article 40 du code de procédure pénale, le procureur de la République aurait dû être saisi pour ces faits mais aucun membre de l'exécutif ne l'a fait, ce qui fait dire à l'opposition que le pouvoir a cherché à étouffer l'affaire. Autant de questions qui attendent le ministre de l'Intérieur.

Mon, 23 Jul 2018 06:34:41 +0200

DIRECT. Affaire Benalla : Macron est "extrêmement déterminé à ce que la vérité puisse être établie", assure Benjamin Griveaux

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #BENALLA

09h27 : Quel agenda pour l'Assemblée nationale ? Après une paralysie totale pour le projet de révision constitutionnelle (de jeudi soir à hier matin), les présidents de groupes se réunissent ce midi selon LCP.

09h22 : Le rapport de l'IGPN, la police des polices, devrait être remis à la fin de la semaine, annonce François de Rugy, le président de l'Assemblée nationale.

09h18 : Certains membres de l'opposition souhaitent que le président de la République soit entendu par la commission d'enquête parlementaire. Si Emmanuel Macron ne peut pas être convoqué durant son mandat devant un juge ou une autorité administrative, rien n'interdit dans la Constitution sa convocation devant le Parlement, comme l'explique Dominique Rousseau, professeur de droit public, à franceinfo.

09h23 : Que faisait Alexandre Benalla, conseiller du président de la République dans le bus des Bleus qui a défilé sur les Champs-Elysées, lundi dernier ? Selon Christophe Castaner, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, interviewé sur BFMTV, il "s'occupait des bagages".

(MAXPPP)

08h47 : Le comportement d'Alexandre Benalla est "totalement scandaleux" et l'ex-conseiller d'Emmanuel Macron "mérite des sanctions", estime ce matin, Christophe Castaner, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, invité de BFMTV.

08h32 : Le ministre de l'Intérieur est le premier à être entendu par la commission d'enquête de l'Assemblée au sujet de l'affaire Alexandre Benalla. A quelles questions Gérard Collomb va-t-il faire face ? Franceinfo les détaille dans cet article.

08h14 : Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, invité ce matin de RTL, dénonce "un comportement choquant, inacceptable et qui doit conduire à des réorganisations" et il assure qu'Emmanuel Macron est "déterminé à ce que la vérité puisse être établie."

07h50 : Alors que Gérard Collomb doit être auditionné à partir de 10 heures, comment s'organise la commission d'enquête parlementaire ? A quoi va-t-elle servir ? Quels sont les principaux sujets qui vont être abordés ? Franceinfo répond à vos questions.

07h14 : "Ce que j'attends, c'est qu'une enquête très complète puisse établir qui sont les responsables"

David Le Bars explique à franceinfo son souhait de comprendre comment Alexandre Benalla a pu intervenir au sein de plusieurs services d'ordre.

06h57 : "Tout le monde s'interroge pour savoir si le président de la République est entouré par des barbouzes."

Au micro de franceinfo, l'élu qui va participer tout à l'heure aux auditions du ministre de l'Intérieur et du préfet de police de Paris explique les questions qu'il leur posera. Retrouvez ici son interview.

06h30 : Sans surprise, vos journaux consacrent encore ce matin leurs unes à l'affaire Benalla, alors que la commission d'enquête de l'Assemblée débute ce matin ses travaux. C'est Gérard Collomb qui sera sur le grill dès 10 heures, ce matin.

06h09 : Bonjour @Olivier ! Vous pourrez la suivre en direct, en images et en son, sur franceinfo :)

07h00 : Bonjour ! Pouvez vous me dire où sera diffusé le témoignage de Gérard Collomb pour s'expliquer dans le cadre de l'affaire Benalla s'il vous plaît ? Merci et bonne journée :)

Sun, 22 Jul 2018 22:23:06 +0200

VIDEO. Affaire Benalla : Gérard Collomb très attendu

Coup de théâtre dans l'hémicycle. Après trois jours de pression dans l'opposition sur fond d'affaire Benalla, le gouvernement s'est rendu à l'évidence et a suspendu l'examen du projet de loi constitutionnelle dimanche 22 juillet. Première victoire de l'opposition. "Le gouvernement a pris la seule sage décision devant une fuite pareille (plus de ministre des relations avec le parlement, plus de Premier ministre, le président muet...)" a détaillé Christian Jacob (LR).

La majorité, elle, se range du côté de l'exécutif. Lundi 23 juillet, à 10 heures précises, Gérard Collomb sera auditionné sous serment par la commission parlementaire composée notamment d'Éric Ciotti (LR), Gilbert Collard (RN) et Danièle Obono (FI). Les parlementaires ne comptent éluder aucune question. Après le calme, le palais Bourbon s'attend donc à une nouvelle journée extrêmement agitée.

Le JT

Les autres sujets du JT

Sun, 22 Jul 2018 10:05:21 +0200

L'article à lire pour comprendre l'affaire Alexandre Benalla

L'ancien "monsieur sécurité" d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a été identifié par "Le Monde" en train de commettre des violences contre des manifestants, le 1er mai 2018. Depuis, l'opposition dénonce un "scandale d'Etat", accentué par le silence du président de la République. 

A chaque jour son rebondissement. Les cinq suspects de l'affaire Alexandre Benalla – l'ancien chargé de mission à l'Elysée,  un employé de La République en marche et trois hauts gradés de la police ont été mis en examen, dimanche 22 juillet. L'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, mis en cause pour avoir frappé deux manifestants lors des manifestations du 1er-Mai, avait dans un premier temps été simplement suspendu quinze jours, avant d'être finalement licencié une fois l'affaire ébruitée dans la presse. Si vous n'avez pas suivi toutes les révélations, voici notre récapitulatif.

>> Affaire Benalla : suivez les premières auditions à l'Assemblée dans notre direct

Qui est Alexandre Benalla ?

L'homme de 26 ans était "chargé de mission" à l'Elysée, adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron, qu'il accompagnait aussi bien sur ses déplacements publics que lors d'escapades privées.

>> Du service d'ordre du PS au premier cercle de Macron : l'ascension express d'Alexandre Benalla, ce collaborateur de l'Elysée qui a frappé un manifestant

Sa carrière a débuté par un passage au service d'ordre du PS, où il a été garde du corps de Martine Aubry durant la campagne pour la primaire de la gauche de 2012. D'après les témoignages de ses collègues, le jeune homme ne fait alors pas particulièrement parler de lui. A l'issue du scrutin interne, il devient membre du service d'ordre de François Hollande, pour assurer sa protection lors de la campagne. La même année, il a ensuite brièvement officié comme chauffeur d'Arnaud Montebourg à Bercy, mais l'ancien ministre assure au Monde qu'il s'est séparé de lui "au bout d'une semaine" "Il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite."

Martine Aubry en campagne pour la primaire socialiste, accompagnée d\'Alexandre Benalla (à sa gauche, à droite sur la photo), le 9 octobre 2011 à Paris.
Martine Aubry en campagne pour la primaire socialiste, accompagnée d'Alexandre Benalla (à sa gauche, à droite sur la photo), le 9 octobre 2011 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Entre 2012 et 2015, il intègre le groupe Velours, une société de sécurité et de management des risques fondée par d'anciens policiers. Réserviste à la gendarmerie, il poursuit en parallèle des études de droit et obtient un master 2, avant d'arriver auprès d'Emmanuel Macron fin 2016, au moment du lancement de sa campagne présidentielle. "Il travaillait surtout sur la sécurisation des meetings et il était assez pro, je n'ai jamais été témoin d'un souci particulier", confie un membre de la campagne à franceinfo.

Comme le montrent plusieurs clichés réunis par franceinfo, l'homme s'est révélé rapidement omniprésent aux côtés du candidat. On le voit ici maintenir la foule à distance lorsqu'Emmanuel Macron s'était rendu à l'usine Whirlpool d'Amiens (Somme), lors de l'entre-deux-tours. Il l'a ensuite suivi à l'Elysée.

Le 26 avril 2017, à l\'usine Whirlpool d\'Amiens (Somme) menacée de fermeture, Emmanuel Macron est accueilli par des huées et des chants au son de \"Marine, présidente !\". A ses côtés, Alexandre Benalla est là pour assurer sa sécurité. 
Le 26 avril 2017, à l'usine Whirlpool d'Amiens (Somme) menacée de fermeture, Emmanuel Macron est accueilli par des huées et des chants au son de "Marine, présidente !". A ses côtés, Alexandre Benalla est là pour assurer sa sécurité.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

Quel est le point de départ de l’affaire ?

Mercredi 18 juillet, Le Monde publie un article accompagné d'une vidéo montrant le collaborateur d'Emmanuel Macron en train de frapper un jeune homme à terre, en marge des cortèges du 1er-Mai. Entouré de plusieurs CRS, il le traîne au sol et le frappe à plusieurs reprises. La scène, filmée par un militant de La France insoumise, se déroule sur la touristique place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. On entend un témoin crier : "Regardez bien sa tête ! Il l’a tabassé par terre !" en désignant Alexandre Benalla.

Voir la vidéo

>> VIDEO. On a décrypté la vidéo de l’agression d’un manifestant par Alexandre Benalla

D'autres images, mises en avant sur Twitter le lendemain, jeudi 19 juillet, montrent le début de la scène. On voit Alexandre Benalla faire reculer une jeune femme contre un mur avant de la forcer à s'asseoir, quelques secondes avant de s'en prendre au manifestant.

Que faisait-il aux manifestations du 1er-Mai ?

Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, a expliqué au Monde avoir reçu "deux jours" avant les rassemblements du 1er-Mai, une demande d'Alexandre Benalla pour obtenir l'autorisation "de participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation". Celle-ci lui a été accordée, à condition que le chargé de mission n'y assiste qu'en tant que simple observateur.

Contactée par franceinfo, la préfecture de police confirme accueillir occasionnellement "des personnes extérieures à [ses] services lors d'opérations de maintien de l'ordre, pour de courtes durées". En général, "des journalistes, des chercheurs, ou des magistrats en formation""Il est, en revanche, assez rare que ce soit un membre de ministère ou de l’Elysée, même si ce n’est pas une hérésie", commente cependant Patrice Ribeiro, du syndicat de police Synergie-officiers, dans Le Monde.

>> Trois questions sur le rôle d'"observateur" occupé par Alexandre Benalla lors du 1er-Mai

Avait-il le droit d'intervenir ainsi ?

Alexandre Benalla est visiblement allé largement au-delà du rôle qui lui était dévolu. "Il est clair qu’il a outrepassé ses fonctions d’observateur", a déclaré le Premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 19 juillet, au Sénat. Interrogé par franceinfo, le secrétaire général de l’Unsa-police, Philippe Capon, confirme que ces fameux observateurs n'ont, en aucune manière, l'autorisation de participer directement aux opérations de maintien de l'ordre. "Il frappe violemment et utilise des moyens d’interventions qui sont normalement complètement à proscrire dans ce type de situation", pointe-t-il. 

Les observateurs ne sont qu'observateurs, c'est tout. Ils observent.la préfecture de police à franceinfo

Et si l'homme de 26 ans était autorisé à porter un casque à visière par mesure de sécurité, le brassard marqué police et le talkie-walkie, qu'on le voit arborer sur des vidéos tournées auparavant, ne sont pas prévus pour de simples observateurs. "Même si ça été autorisé, ça reste pour moi un délit. Se faire passer pour un policier, c’est un délit", a affirmé Denis Jacob, secrétaire général du syndicat de police Alternatives CFDT sur Europe 1.

Etait-ce la première fois qu'Alexandre Benalla faisait parler de lui ?

Ce proche d'Emmanuel Macron s'était déjà fait remarquer pour des méthodes parfois brutales comme le montre cette vidéo.

Le 16 novembre 2016 à Bobigny (Seine-Saint-Denis), Alexandre Benalla avait ainsi expulsé manu militari un militant communiste venu poser une question au candidat Macron, le jour de l'annonce de sa candidature. "Lorsqu'ils m'ont attrapé, j'ai crié car je ne comprenais pas pourquoi je n'étais pas autorisé à entrer dans la salle. Ils m'ont ensuite emmené dans un couloir et c'est là qu'ils m'ont frappé" avait confié le jeune homme à Buzzfeed News qui avait révélé la scène

Le 4 mars 2017, lors d'un meeting d'Emmanuel Macron à Caen (Calvados) Alexandre Benalla s'en était pris cette fois à un journaliste de la chaîne Public Sénat, qu'il avait ceinturé et poussé sur 50 mètres, tout en lui arrachant son accréditation presse. "Un précédent qui aurait dû alerter", affirme la chaîne.

>> VIDEO. Affaire Benalla : avant les violences du 1er-Mai, les dérapages en série du collaborateur d'Emmanuel Macron

A-t-il été sanctionné ?

Le 2 mai, au lendemain des faits, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, visionne les vidéos et reconnaît immédiatement Alexandre Benalla. Il le convoque et affirme avoir aussitôt prévenu le président de la République, en déplacement en Australie. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, est également mis au courant le jour même, comme l'a révélé France Inter.

Devant Patrick Strzoda, Alexandre Benalla reconnaît être l'homme sur les vidéos. Le directeur de cabinet rédige alors un courrier dans lequel il annonce sa suspension temporaire, du 4 au 19 mai. Bruno Roget-Petit, porte-parole de la présidence, a indiqué jeudi 19 juillet à la presse que l'homme avait été relevé de ses fonctions "en matière d'organisation de la sécurité des déplacements". Mais de récentes photos du défilé du 14-Juillet, le montrant aux côtés du président, semblent contredire cette version. 

Il y a encore quelques jours, Alexandre Benalla escortait le couple présidentiel, Emmanuel et Brigitte Macron, lors du défile militaire, place de la Concorde, le 14 juillet 2018. 
Il y a encore quelques jours, Alexandre Benalla escortait le couple présidentiel, Emmanuel et Brigitte Macron, lors du défile militaire, place de la Concorde, le 14 juillet 2018.  (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Vendredi 20 juillet, après la divulgation de l'affaire dans la presse, l'Elysée annonce finalement engagé une "procédure de licenciement" à son encontre. "Il a été porté à la connaissance de la présidence de la République des faits nouveaux, qui sont constitutifs d'une faute commise, et qui font l'objet d'une procédure judiciaire", indique le Palais. Ce jour-là, Alexandre Benalla est placé en garde à vue.

Il a été mis en examen dimanche pour "violences en réunion", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".

>> Pourquoi l'affaire Alexandre Benalla est explosive pour Emmanuel Macron et le gouvernement

Qui sont les autres personnnes citées dans cette affaire ? 

Un autre proche du pouvoir est concerné. Vincent Crase, gendarme réserviste, apparaît lui aussi sur les images filmées le 1er mai dernier, à Paris. Il a été placé en garde à vue, vendredi, pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public" et "usurpation de fonctions". Employé de La République en marche, il a été mis à pied pendant 15 jours, avec suspension de salaire. "Il a été mis également fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République", avait indiqué le porte-parole de l’Elysée, jeudi.

Outre l'accusation de "violences en réunion", Vincent Crase a été mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique" et "port prohibé d'une arme de catégorie B".

Trois fonctionnaires de policiers ont également été placés en garde à vue samedi 21 juillet. Ces gradés – un commissaire, un commandant et un contrôleur général commandant –  sont soupçonnés d'avoir copié des extraits d'images de caméras de vidéosurveillance, qui appartiennent à la préfecture de police de Paris, et de les avoir transmises à Alexandre Benalla. Ils ont été suspendus à titre conservatoire vendredi et le ministre de l'Intérieur a "condamné lourdement" leurs agissements. 

Ils ont été mis en examen pour "détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "violation du secret professionnel".

Que va-t-il se passer à présent ? 

Tous mis en examen dimanche, les cinq principaux protagonistes de l'affaire ont été placés sous contrôle judiciaire. Celui-ci leur interdit d'exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et d'entrer en contact les uns avec les autres. L'enquête a été confiée à un juge d'instruction.

En parallèle, l'Assemblée nationale a également lancé une commission d'enquête, réclamée par la quasi-totalité des parlementaires de l'opposition. Aussitôt révélée, l'affaire a déclenché de vives réactions politiques, à l'image de Jean-Luc Mélenchon qui la compare au "Watergate", et bloquant de fait l'examen du projet de révision constitutionnelle, suspendu dimanche. La commission des lois veut notamment tirer au clair "la nature et le cadre institutionnel de la mission qu'il assumait au nom de l'Etat en collaboration avec les forces de sécurité" le 1er mai, écrit dans un communiqué la commission présidée par Philippe Bas (LR).

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, sera entendu lundi, à 10 heures, par cette commission, avant l'audition, à 14 heures, du préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

J'ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Mercredi 18 juillet, Le Monde a révélé l'identité d'un homme filmé en train de frapper un manifestant, dans le quartier latin, à Paris, en marge des manifestations du 1er-Mai. Il s'agit d'Alexandre Benalla, un proche collaborateur d'Emmanuel Macron depuis sa campagne, chargé d'assurer sa sécurité. Sur cette vidéo, et sur les autres mises en lignes depuis, l'homme, censé n'être qu'un simple "observateur", porte un badge marqué "police" et dispose d'un talkie-wakie.

L'affaire a vivement fait réagir au sein de l'opposition, qui dénonce notamment la réaction de l'Elysée, jugée trop légère : Alexandre Benalla avait en effet simplement écopé de 15 jours de suspension après les faits. Sous pression, l'Elysée a finalement annoncé vendredi son licenciement. Au total, cinq personnes ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire dans cet affaire : l'ancien chargé de mission ; Vincent Crase, un gendarme réserviste employé de LREM, également présent le 1er-Mai ; et trois autres fonctionnaires de police, soupçonnés d'avoir transmis des images de vidéosurveillance à Alexandre Benalla.

Emmanuel Macron a pour l'instant refusé de s'exprimer sur le sujet. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, sera auditionné lundi matin par la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Le gouvernement a suspendu l'examen au Palais Bourbon du projet de révision constitutionnelle, bloqué de fait depuis la révélation de l'affaire.