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Etat d'Exception

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Mon, 25 Sep 2017 18:31:29 +0200

« Une amère déception » Edward Said sur sa rencontre avec Sartre, de Beauvoir et Foucault

En 1979, Edward Said a été invité en France par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir pour participer à une conférence sur la paix au Moyen-Orient. C’était juste après les accords de Camp David – qui ont mis fin à la guerre entre l’Egypte et Israël – que l’auteur de L’Orientalisme et fervent défenseur du peuple palestinien a été invité aux côtés d’autres éminents penseurs.

Said ne tarissait pas d’éloges sur Sartre quand il racontait cet épisode dans la London Review of Books :

« Il n’a jamais été condescendant ou évasif, même s’il lui arrivait de se tromper et d’exagérer. Presque tout ce qu’il a écrit est intéressant par sa pure audace, sa liberté (même sa liberté d’être verbeux) et sa générosité d’esprit. »

Mais en dépit de son admiration pour Sartre et de Beauvoir, Said a été déçu de sa rencontre avec ses héros intellectuels. En arrivant en France, Said a reçu une note mystérieuse l’informant que, pour des raisons de sécurité, le débat devait avoir lieu dans la maison de Michel Foucault.

En arrivant, Said a rencontré de Beauvoir, qui argumentait contre le chador, un vêtement porté par les femmes iraniennes et qui ne laisse entrevoir que le visage.

« De Beauvoir était déjà là dans son fameux turban, parlant à qui voudrait bien l’écouter de son prochain voyage à Téhéran avec Kate Millett, où elles prévoyaient de manifester contre le chador ; cette idée m’est immédiatement apparue comme paternaliste et stupide, et bien que j’étais impatient d’entendre ce que de Beauvoir avait à dire, je me suis également rendu compte qu’elle était tout à fait vaniteuse et inapte à discuter à ce moment-là. D’ailleurs, elle est partie une heure plus tard (juste avant l’arrivée de Sartre) et n’est jamais réapparue. »

30 ans plus tard, le point de discorde entre Said et de Beauvoir est toujours très controversé après les assauts occidentaux sur les hijab, niqab, burqa et autres vêtements musulmans traditionnels. La défense du port de ces vêtements, assumée par des intellectuelles comme Saba Mahmood et Lila Abu-Lughod, est souvent profondément influencée par le travail de Said sur les conceptions occidentales racistes vis-à-vis de l’Orient.

Said poursuit :

« De Beauvoir avait été une sérieuse déception, sortant de la pièce dans un nuage de babillage opiniâtre sur l’islam et le voile des femmes. À l’époque, je ne regrettais pas son absence; plus tard, j’étais convaincu qu’elle aurait animé les choses. La présence de Sartre, ou ce qu’il en était, était étrangement passive, peu impressionnante et sans affect. Il n’a absolument rien dit pendant des heures. Au déjeuner, il s’est assis en face de moi, l’air abattu et restant totalement impassible, l’œuf et la mayonnaise dégoulinant malheureusement sur son visage. J’ai essayé de lui faire la conversation, mais ça n’a rien donné. Il était peut-être sourd, mais je n’en suis pas certain. En tout cas, il m’a semblé être une pâle version de ce qu’il était avant, sa laideur proverbiale, sa pipe et ses vêtements indescriptibles pendus sur lui comme tant d’accessoires sur une scène déserte. »

Mais la grande déception de Said tenait au soutien indéfectible de Sartre, de Beauvoir et même Foucault à l’Etat d’Israël.

Foucault « m’a très vite précisé qu’il n’avait aucune contribution à faire au séminaire et qu’il partirait directement pour sa séance quotidienne de recherche à la Bibliothèque Nationale », raconte Said. « J’ai été ravi de voir mon livre Beginnings sur ses étagères, qui débordaient d’une masse de matériaux soigneusement arrangée, y compris des journaux et des revues. ».

Mais Said était déconcerté par Sartre, dont la position de soutien du peuple algérien n’était pas assez profonde pour invoquer un sentiment d’indignation semblable pour le sort des Palestiniens.

« Sartre m’a sidéré plus que tout car je n’arrivais simplement pas à oublier sa position sur l’Algérie, qui, en tant que Français, devait être plus difficile à tenir qu’une position critique vis-à-vis d’Israël. J’avais tort, évidemment. »

Plus tard, Sartre allait présenter des commentaires dont Said soupçonnait qu’ils avaient été écrits par un-e de ses collègues. Il raconte, en outre :

« Bien sûr, Sartre avait quelque chose pour nous : un texte préparé sur deux pages dactylographiées qui – j’écris entièrement sur la base d’un souvenir vieux de vingt ans – a loué le courage d’Anouar al-Sadate dans les platitudes les plus banales imaginables. Je ne me souviens pas qu’autant de mots aient été prononcés à propos des Palestiniens, du territoire ou du passé douloureux. Certes, aucune référence n’a été faite au colonialisme de peuplement israélien, semblable à bien des égards à la pratique française en Algérie […]. J’étais anéanti de découvrir que ce héros intellectuel avait succombé dans ses dernières années à un mentor si réactionnaire, et que sur la question de la Palestine l’ancien guerrier et défenseur des opprimés n’avait rien à offrir de plus que l’éloge journalistique le plus conventionnel pour un leader égyptien déjà largement célébré. Durant le reste de la journée, Sartre reprit son silence, et la discussion s’est poursuivie comme auparavant. Je me suis souvenu d’une histoire apocryphe selon laquelle, vingt ans plus tôt, Sartre s’était rendu à Rome pour rencontrer Fanon (alors mourant de leucémie) et l’avait sermonné sur les événements en Algérie durant – c’est ce qu’on racontait – 16 heures d’affilée, jusqu’à ce que Simone le fasse partir. Disparu pour toujours, ce Sartre-là. »

Frantz Fanon était ami avec Sartre et de Beauvoir, et Sartre avait écrit la préface des Damnés de la terre de Fanon.

« Tout ce que je sais, c’est que plus vieux, il semblait à peu près le même que celui qu’il avait été un peu plus jeune: une amère déception pour tous les Arabes (non-algériens) qui l’ont admiré », a conclu Said.

Eugene Wolters

Sat, 23 Sep 2017 09:11:16 +0200

Qui a tué à Bentalha ? Algérie : chronique d’un massacre annoncé

Introduction – En quête de vérité

26 septembre 1997. Trois jours après le massacre. Me voici, seul, debout, appuyé sur mes béquilles, un fusil à l’épaule, devant l’immeuble où habite ma mère, à Baraki. Le lieutenant de la Sécurité militaire vient de me raccompagner en voiture. C’est lui qui m’avait dit, il y a à peine une semaine, lorsque je m’étais rendu à la caserne de Baraki accompagné de deux voisins pour demander pour la énième fois où étaient nos armes : « J’en ai marre de vous voir ici, ne venez plus, je vous convoquerai en temps utile ! ». Et il avait lancé des insultes à mes compagnons. Il est bien plus discret maintenant.

Je me sens lourd, très lourd, comme si un poids invisible me clouait sur place. Les mots que les militaires de la caserne m’ont lancés en me remettant ce fusil à pompe ressurgissent et retentissent dans ma tête comme si on frappe du pilon : « Va, va chasser le hallouf, le sanglier. Va attraper les terroristes ! »

Je ne ressens plus rien. C’est le vide autour de moi, le vide en moi.

Et puis lentement, très lentement, je reprends conscience, je regarde autour de moi et je vois les jeunes adossés aux murs qui m’observent. Aucun ne s’approche, aucun ne m’interpelle, comme s’ils sentaient que je ne suis plus de ce monde… Je replonge dans mon délire.

« Va où tes pieds te porteront et venge-toi », m’ont-ils dit ! Mais où peuvent-ils m’emmener ces pieds meurtris, comment peuvent-ils porter ce corps épuisé, brisé ? Ces armes qu’ils ont refusé de nous donner avant le massacre, ces armes qui nous auraient permis de résister aux égorgeurs et de sauver des vies, ils nous les donnent maintenant, quelques heures seulement après nous avoir fait massacrer à Bentalha ! à nous, qui n’avons plus qu’un seul désir : tuer.

Toute la région est en effervescence. Depuis des semaines, ces terroristes dont personne ne sait d’où ils viennent et où ils disparaissent une fois leur tâche accomplie, font irruption dans nos quartiers, massacrent des centaines d’innocents, de préférence des femmes et des enfants, les découpent en morceaux, les jettent par le balcon, les grillent dans le four, les clouent aux murs, sans état d’âme.

Quelle est cette folie barbare qui déferle sur nous ? Qu’avons-nous fait pour subir ces tornades de sauvages ? N’y a-t-il personne qui puisse arrêter ces monstres ?

Nous savions ce qui allait nous frapper. Nous le pressentions. Mais où aller ? Où serions-nous protégés ? Où que ce soit, dans les environs d’Alger, nous avions l’impression d’être condamnés. A part Hydra, peut-être, le quartier des généraux, des intouchables.

Mais ce n’est pas vrai que nous n’avons rien entrepris. Le fait déjà de rester à Bentalha, de relever ce défi, est un acte de courage et de résistance. Encore aurait-il fallu que les autorités nous soutiennent… Depuis toutes ces années de guerre, de feu et de sang, d’horreur et d’angoisse, elles nous ont abandonnés, livrés en pâture aux égorgeurs…

Au début, en 1992, pour quelques-uns d’entre nous, il y avait encore une cause qui semblait justifier cette guerre. Mais plus tard, nous n’avons plus rien compris… Si ce n’est que l’enjeu nous dépassait, que nous étions les otages d’obscures luttes de clans et de rapports de force où nous n’étions que de misérables figurants.

Nous avons pourtant essayé d’être acteurs. Nous voulions prendre notre destin en main. On nous l’a refusé. Nous n’avons pas été protégés et nous n’avons pu nous défendre nous-mêmes. Nous en avons payé le prix : plus de 400 morts et plus de 100 blessés pour le seul massacre de Bentalha !

Je parle aujourd’hui au passé, comme si ce cauchemar avait cessé. Malheureusement, en cet été 2000, de pauvres innocents se font toujours massacrer en Algérie, des enfants, des femmes, des vieillards sont à la merci des mêmes tueurs qu’en cette nuit du 22 septembre 1997.

Il a fallu que je quite Bentalha. Il a fallu que je quitte l’Algérie. Je me retrouve exilé, espérant reconstruire un avenir tout en étant hanté par ce passé, hanté par ces visages d’enfants massacrés.

Je suis parti d’Algérie en février 1998 et je me suis juré de contribuer à faire la lumière sur ce qui s’est déroulé à Bentalha, mais aussi à d’autres endroits. J’ai décidé de lutter contre la désinformation ici, en France, et là-bas, en Algérie, orchestrés par les officines des services spéciaux des deux pays. En Algérie déjà, nous avons exigé une enquête nationale sur le massacre. Nous avons obtenu une fin de non-recevoir : « Vous avez soutenu les terroristes ? A vous d’assumer maintenant ! ». En réponse à ce mensonge, à ce mépris, nous, les survivants, les familles de victimes, nous avons décidé d’ « assumer » à notre manière : contre vents et marées, nous cherchons les responsables.

Nous refusons les injonctions de ceux qui se prétendent défenseurs des droits de l’homme et qui interdisent de poser la question : « Qui tue ? ». Ceux-là nous ont trahis. Ils ont même eu l’audace de venir dans les villages martyrs pour nous tuer une seconde fois.

Ce qu’on va lire est le récit de six ans de ma vie à Bentalha. Et celui d’une nuit où nous avons plongé dans l’enfer. Six ans et une nuit qui ont bouleversé mon existence. Ceci est mon modeste témoignage. D’autres que moi raconteront aussi leur histoire et, un jour, nous saurons la vérité. Toute la vérité.

Je tiens à remercier ici tous ceux ou celles qui, dès mon arrivée en France, m’ont soutenu et réappris à vivre, à aimer de nouveau et à reconstruire. Je pense que ce qui m’a sauvé, c’est de savoir qu’il existe encore des gens simples, formidables, sans autre souci que de combattre le mal avec leur bonté. A tous ceux-là, je dis merci.

Souvent, je pense à ceux que j’ai laissé derrière moi, ces millions de compatriotes méprisés et abandonnés par les autorités dès le début des événements, contraints d’être acteurs ou témoins d’une guerre qui n’était pas la leur. A tous ceux qui n’ont pas eu la chance, comme moi, d’obtenir un visa. Je me demande comment ils vivent, ou survivent. Et je n’oublie pas que je suis devenu, par rapport à eux, un privilégié.

Je rends enfin hommage à mes voisins et aux autres qui se sont sacrifiés pour sauver des vies humaines. A toutes les victimes, quelles qu’elles soient, et aux familles de disparus. C’est pour eux, d’abord, que je me battrai jusqu’au bout pour obtenir que les crimes de responsables, généraux ou terroristes, soient un jour jugés par un tribunal international.

Paris, 30 juillet 2000

Nesroulah Yous

Mon, 18 Sep 2017 12:43:11 +0200

Procès de Houssam : le racisme institutionnel dans tous ses états

Pour s’être opposé – avec d’autres – à une rafle policière de réfugié-es, Houssam el-Assami, membre du Collectif La Chapelle Debout (le Collectif), sera jugé le 21 septembre 2017 à Paris pour « rébellion » et « violence volontaire sur agent dépositaire de l’autorité publique ».

Houssam est poursuivi parce que les institutions elles-mêmes poursuivent une politique abjecte. Et comme il serait mal venu de faire le procès de cette politique ou de ces institutions, on préfère punir celles et ceux qui s’y opposent. Nous ne sommes plus à une honte près.
Communiqué Houssam

L’ « outrage et rébellion » : un scandale permanent

Comme Cédric Hérou ou Pierre-Alain Mannoni, Houssam sera jugé pour délit de solidarité avec les exilé-es. Une qualification si ouvertement politique n’existe évidemment pas en droit français. Dans un tribunal, la criminalisation de l’opposition avance aujourd’hui sous le masque du droit commun, de l’ordinaire, du quotidien.

L’heure n’est plus aux cours martiales et aux juridictions d’exception. L’ « outrage et rébellion » suffit. Cette infraction scélérate permet chaque jour aux tribunaux français de punir de manière quasi industrielle les pauvres, les immigré-es et tout ce qui y ressemble. Un contrôle d’identité, fut-ce le cinquième de la journée, et vous voilà avec une rébellion sur le dos.

Sauf à prouver que vous étiez inanimé-e au moment des faits, il est très difficile de convaincre un juge que vous ne vous êtes pas opposé-e à votre interpellation. Plus celle-ci est violente, plus vous augmentez vos chances d’être poursuivi-e. C’est comme ça que les policiers se couvrent et que certains arrondissent leurs fins de mois, grâce aux dommages-intérêts que l’interpellé-e sera condamné-e à leur payer.

Les rafles en procès

Le procès de Houssam est une accumulation de scandales. Celui de l’ « outrage et rébellion », bien sûr. Celui surtout des rafles, ces gigantesques contrôles au faciès pratiqués à l’abri des regards, c’est-à-dire tôt le matin. Comme ce 30 septembre 2016, jour où Houssam a été arrêté avenue de Flandre à Paris.

C’était, note le Collectif, une des trente rafles parisiennes qui ont eu lieu entre le 31 juillet et le 12 décembre 2016. Ce jour-là, beaucoup ont été frappé-es et 11 personnes ont été embarqué-es au commissariat et se sont vues notifier une Obligation de quitter le territoire français ; certain-es ont été emmenées dans un Centre de rétention administrative (CRA).

Le Black PowerHoussam, quant à lui, a fait 27h de garde-à-vue. Avant cette interpellation, il avait déjà été molesté à plusieurs reprises, arrêté deux fois, et un procès s’était même soldé par une relaxe. Il sait par expérience que « Quand on met toutes ses forces à défier le système raciste, on ne peut s’attendre en même temps à ce que ce système vous récompense ou même vous traite correctement[1]. »

Comme toutes les personnes qui pratiquent l’activisme oppositionnel, Houssam connait les risques et les assume. Lui et ses soutiens comptent bien profiter de la fenêtre médiatique qui s’ouvre à l’occasion de ce procès pour l’élargir à la question des rafles. Pour faire du procès de Houssam celui précisément des rafles.

Une mécanique répressive perverse

Les membres du Collectif ont conscience du décalage qui existe entre l’attention (toute relative) accordée à un militant poursuivi, et le désintérêt (presque total) de l’opinion pour le sort des exilé-es. C’est là que la logique perverse des procès intentés aux activistes joue à plein. Comment trouver le moyen de dénoncer tout à la fois la situation de « moindre droit[2] » dans laquelle se trouve Houssam, et la négation presque totale des droits des exilé-es ?

Tout en refusant de se positionner en personnes différentes des exilé-es, les activistes savent bien que cette différence existe. Que la préférence nationale n’est pas une lubie du Front national, mais une expérience quotidienne produite par la logique même de l’Etat-nation, avec ses frontières, sa police, et le privilège accordé aux nationaux sur les non-nationaux.

En dépit des intimidations qu’ils subissent, les militants ne peuvent s’apitoyer sur leur sort quand ils connaissent celui réservé aux exilé-es, harcelé-es par la police, parqués dans des CRA, balloté-es d’un centre à l’autre, malmené-es par la préfecture, et au bout de cet enfer une expulsion parfois vers une mort certaine en Syrie, au Soudan ou en Afghanistan.

Alors même si son activisme l’expose à la répression, Houssam sait que les premières victimes de l’état d’urgence sont les exilé-es, à qui on interdit de se regrouper ne serait-ce que pour dormir dans la rue. Il sait comment les rafles et le harcèlement policier finissent par créer des « autres », comment des mesures d’exception définissent une population d’exception.

Casser les liens entre les exilé-es et la population

Malgré l’asymétrie de la situation et le traitement abject fait aux exilé-es, les risques encourus par Houssam n’en sont pas moins réels. D’autant que sur la question des exilé-es, le statut de Houssam au sein du champ militant est disons-le, hybride.

Déjà parce qu’il est arabe et parfaitement arabophone. Mais il se distingue aussi par son discours et ses pratiques politiques. Il parle volontiers de rafles, de déportations, de chasses à l’homme menées par les policiers. Il défend en outre certains modes d’organisation plutôt que d’autres et préfère rendre la parole aux exilé-es et les considérer en acteurs politiques.

Et c’est bien parce qu’il est arabe et arabophone que Houssam est visé par la répression. Pourquoi l’arrêter lui au milieu d’une vingtaine d’autres activistes ? Et pourquoi le poursuivre lui particulièrement en justice ? Sans doute parce que les autorités savent qu’il est un maillon essentiel – parfois le seul – entre les gens des campements de rue et la population française.

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Photo prise le 30 septembre 2016, jour de l’interpellation de Houssam avenue de Flandre à Paris

Houssam est l’un de ceux qui empêche que la violence exercée contre les exilé-es se fasse à huis-clos. Nous pouvons empêcher à notre tour qu’il soit jugé dans l’indifférence générale et condamné pour ses activités politiques. Nous pouvons le faire ne serait-ce qu’en partageant cette publication et surtout celles du Collectif. En parlant autour de nous de cette affaire, en nous rendant à l’audience dont l’échéance approche à grands pas (voir infos plus bas).

Avec la perte de temps, d’énergie et d’argent pour préparer la défense, nous savons que ce procès constitue un test pour Houssam, pour son Collectif, pour tous les soutiens des exilé-es. Un test pour savoir si la population de ce pays est suffisamment atone et amorphe pour qu’on puisse monter encore d’un cran dans la violence exercée contre les réfugié-es.

Nous parlons souvent de racisme institutionnel. Avec le traitement réservé aux exilé-es et ce procès, nous sommes en plein dedans.

#RelaxePourHoussam

Rafik Chekkat

Wed, 13 Sep 2017 09:05:05 +0200

Pratiques fanoniennes en Afrique du Sud : de Steve Biko à Abahlali baseMjondolo

Avant-propos

Richard Pithouse nous a parlé pour la première fois de Frantz Fanon quand nous subissions des arrestations, après notre premier barrage routier [en 2005]. Il a dit que Fanon avait écrit que chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. Fanon a découvert ce que nous avions découvert au sein de notre génération : si vous tenez à la victoire, si vous tenez à réussir à humaniser le monde, même un peu, alors votre lutte doit être une politique vivante. Elle doit appartenir et être façonnée – dans la pensée et dans l’action – par des hommes et des femmes ordinaires. Si n’importe quelle grand-mère ne comprend pas votre politique, alors vous êtes sur la voie d’un autre système hiérarchisé. Vous courez également le risque de vous retrouver livré-es à vous-mêmes face à la répression.

Toute lutte doit commencer au point où les gens qui ont décidé de se rebeller se trouvent, avec les ressources dont ils disposent, sur la base des expériences qu’ils ont eu, face aux limites et dangers qu’ils rencontrent, et avec la compréhension qu’ils ont. Parce que le monde est toujours en mouvement, chaque lutte doit commencer d’elle-même. Mais quand un combat se déplace et grandit, vous découvrez de nouveaux amis, et aussi de nouveaux ancêtres de lutte. Nous avons commencé notre lutte en en sachant beaucoup sur Nelson Mandela, sur Steve Biko, sur Inkosi Bhambatha, sur les femmes de Cato Manor, sur les syndicats et le Front Démocratique Uni (UDF). Nous nous sommes senti-es très proches de certain-es de ces ancêtres de notre lutte. Beaucoup de nos camarades étaient dans les syndicats ou l’UDF, certain-es sont les enfants des femmes de Cato Manor ; un petit-fils de Bhambatha est l’un de nos membres respectés les plus âgés, et nous avons ressenti un lien fort avec Biko à travers l’évêque Rubin Phillip.

Mais nous ne savions rien à propos de Paulo Freire ou de Frantz Fanon, quand nous avons commencé notre lutte. Cela, nous l’avons appris sur le chemin. Nous avons aussi rencontré beaucoup de nouveaux amis. Nigel Gibson est l’un d’eux. Il a participé à nos discussions, bien que souvent de loin, et il a résisté avec nous à l’extérieur du poste de police de Sydenham.

Nous avons souvent dit que la lutte est une école. Le premier point de l’apprentissage est de penser à ce que les gens font de leur situation, de leur lutte et de la manière dont cette lutte est perçue. Mais il y a aussi un apprentissage qui vient de la solidarité que la lutte expérimente, une fois qu’elle est en mouvement.

Nous avons appris à tracer une distinction claire entre les formes de gauchisme qui acceptent que tout le monde puisse réfléchir, et qui sont prêtes à faire un bout de chemin avec les pauvres, et les formes de gauchisme qui pensent que seuls les militants de la classe moyenne, le plus souvent des universitaires ou des membres d’ONG, peuvent réfléchir, et qui exigent que les pauvres leur obéissent. Nous avons appelé ce second type de gauche, la gauche régressive. Elle peut dire les choses différemment quand elle s’adresse à l’Etat, quand il s’agit de la Banque mondiale ou de la politique de Croissance d’Emploi et de Redistribution (Growth, Employment and Redistribution). Mais quand il s’agit de la façon dont ils se conduisent avec nous, nous ne voyons aucune différence entre la manière dont ils se comportent, et celle dont l’État se comporte. La tendance à traiter notre insistance sur l’autonomie de notre mouvement comme criminelle, est la même. La tendance à coopter des individus et calomnier des mouvements, est la même. Le désir de gâcher tout mouvement qu’ils ne peuvent pas diriger, est le même.

Fanon croyait que tout le monde peut réfléchir. Il croyait que le rôle de l’intellectuel qui avait reçu une formation universitaire était d’être au cœur des luttes du peuple, et d’être au cœur des discussions au sein des luttes du peuple. Il ne fait aucun doute que Fanon aurait reconnu les intellectuels du bidonville (shack intellectuals) dans notre mouvement. Il aurait discuté et débattu avec nous d’égal à égal. Fanon croyait que la démocratie était le règne du peuple et non celui des experts. Il ne pensait pas que la démocratie consistait juste à voter tous les cinq ans. Il la voyait comme une pratique quotidienne du peuple. C’était un philosophe qui voulait être au sein des mouvements qui développaient, exprimaient et renforçaient la volonté du peuple. Clairement, nous pouvons le revendiquer comme l’un des nombreux ancêtres de notre propre lutte.

Les gens viennent à notre mouvement depuis différentes traditions politiques et expériences sociales. Certain-es viennent de l’African National Congress (ANC) et certains de l’Inkatha Freedom Party (IFP) ou du Minority Front (MF). Amener toutes ces personnes au sein de notre politique vivante, au sein de l’Abahlalisme (Abahlalism), n’est possible que si nous faisons deux choses. Tout d’abord, nous devons commencer à partir des vies ordinaires des gens, et agir à partir de là. Tout le monde peut reconnaître la logique qui veut que si les gens n’ont pas d’eau, ils ont besoin d’eau. Deuxièmement, nous devons discuter en permanence le sens plus général de notre lutte.

C’était relativement facile à faire dans les premiers jours du mouvement. Après avoir fait face à une répression sévère, c’est devenu plus difficile. Quand des camarades sont en prison, dorment dans des lieux de fortune avec uniquement de l’eau dans leur estomac et du pain pour leurs enfants, craignant pour leur vie et la sécurité de leurs foyers, il devient difficile de discuter du sens de notre politique.

Fanon discutait philosophie en plein milieu de la guerre d’Algérie. Il s’agit là d’une source d’inspiration. La leçon à en tirer est que nous devons continuer à réfléchir et à discuter, même au milieu d’une crise. Le coût qui consisterait à ne pas répondre à ce défi est trop élevé. Lorsque nous répondons à la répression, cette réponse devrait inclure non seulement le fait d’assurer la sécurité de nos membres, le soutien et la justice pour les personnes en prison, le maintien des structures de l’organisation et la mobilisation de la solidarité. Elle doit également inclure une discussion continue sur notre mouvement, l’Abahlalisme.

Notre pratique politique quotidienne est notre humble tentative de continuer la lutte pour remplir l’aspiration à la liberté et à la justice, sur lesquelles des gens comme Biko et Fanon ont écrit. Biko et Fanon croyaient tous deux en la liberté individuelle et la libération collective. L’un des problèmes majeurs de notre société, est que la libération a été privatisée. De la base de la société jusqu’au sommet, il y a des gens qui pensent et disent même que la libération consiste à devenir riche.

La puissance de notre organisation advient quand nous rejetons cette compréhension individualiste de la libération et acceptons une responsabilité collective de la société, de l’échelon familial, à celui des quartiers, des villes et de la société tout entière. Une société juste, démocratique et progressiste, dans laquelle tout le monde peut participer à la prise de décision, et où la terre et la richesse sont partagées, ne peut pas être construite par l’initiative individualiste.

Une personne ne peut être épanouie en s’isolant d’autres personnes, ou sans de justes et égales relations avec d’autres personnes de son entourage. Certaines personnes croient qu’elles peuvent raffermir leur humanité avec les choses qu’elles achètent, mais ce n’est qu’une illusion. Lorsqu’un homme riche conduit sa voiture pour sortir de sa communauté fortifiée, il sait dans son cœur qu’il n’est pas meilleur homme que l’agent de sécurité au portail. Les gens ont peur d’accepter la réalité de l’égalité, car elle est incompatible avec la privatisation de la libération.

Une fois qu’il est admis qu’une personne ne peut être une personne à part entière qu’en relation avec d’autres, et que tous les autres sont des êtres humains et doivent donc compter, il devient clair que tous les droits des personnes doivent être protégés, et qu’ils doivent avoir la possibilité de profiter de la vie. Cela nécessite de l’action, une réelle action dans le monde.

Il est illusoire de penser que nous pouvons nous démarquer des collectivités qui nous ont faites. C’est le pouvoir du système politique de parti et de l’argent qui construit les murs fortifiés des riches. Ce sont les mêmes murs qui divisent les riches et les pauvres. Les politiques partisanes, les politiques ethniques, et les frontières nous séparent également. Ces murs ne nous divisent pas seulement physiquement, ils sont aussi là pour nous enseigner que la libération a été privatisée, et que le succès consiste à se trouver soi-même et sa famille du bon côté de la barrière. Ce sont ces murs qui reproduisent l’individualisme et font qu’il est difficile pour des militant-es de s’organiser collectivement. Par conséquent, notre tâche la plus urgente, la mission que notre génération partage avec les générations précédentes, est de souligner le fait qu’une personne est une personne peu importe où elle se trouve. Et ce, indépendamment de son origine, sa couleur de peau, son sexe, sa religion, croyance, âge et statut socio-économique. Un véritable mouvement, avec de réels membres engagés dans une véritable lutte, doit négocier tout le temps, et des compromis doivent parfois être faits. Mais ce sont des compromis tactiques. Lorsque nous discutons philosophie dans notre université, nous réalisons la valeur de la distinction entre tactique et principes. Un principe ne peut jamais faire l’objet d’un compromis et il ne faut jamais transiger sur le principe selon lequel tous les gens sont égaux, et que tout le monde doit compter.

Lorsque nous nous organisons au sein de l’Abahlali, nous n’encourageons pas l’adhésion individuelle. Afin d’encourager la culture de la collectivité, Abahlali rappelle à tous ses membres l’importance de leurs familles et de leurs quartiers. Ainsi, lorsqu’on adhère au mouvement, on prend la responsabilité d’encourager les autres à se joindre au mouvement. Sauf à construire un mouvement de masse, la réalité est que c’est toujours la famille de quelqu’un, les voisins de quelqu’un dans un quartier particulier, qui affrontent en premier des moments difficiles d’expulsions, d’inondations, d’incendies de bidonvilles, de crimes, de descentes de police, de brutalités policières, d’arrestations et de mort. Nous avons le devoir de nous occuper les uns des autres. Nous encourageons tout le monde à prendre cette obligation au sérieux, et en même temps, nous précisons que nos dirigeants n’ont pas toujours les réponses et que notre lutte n’est pas dans nos bureaux. Notre lutte, comme notre force, est dans nos communautés unies. Mais sans une culture de la collectivité, ce pouvoir ne sera jamais effectif.

Nous soulignons toujours à nos membres qu’Abahlali ne luttera pas pour eux, mais seulement avec eux. Il n’y a rien pour la communauté sans des individus et des familles engagés, et il n’y a rien pour des individus et des familles sans des communautés unies et fortes. Cette forme de militantisme laisse, dès le début, beaucoup de responsabilités à un campement particulier. Cette forme de lutte signifie que parfois, le mouvement peut être fort tandis qu’un campement est faible. Mais elle signifie également que la force du mouvement ne se situe pas à sa direction. Elle est dans les communautés et son sort est tenu dans les mains de membres ordinaires. Quelle que soit la force du mouvement, elle provient de ce mode d’organisation.

Lorsque nous recevons des invitations pour que le mouvement élise des délégués afin de représenter Abahlali quelque part, c’est l’assemblée générale qui décide s’il est ou non dans le meilleur intérêt du mouvement d’accepter cette invitation. S’il est convenu qu’un délégué doive être envoyé, c’est l’assemblée qui décide qui doit être délégué. Cela contribue à éliminer le problème qui consiste à avoir les mêmes visages qui représentent le mouvement tout le temps, et aide beaucoup de gens à acquérir de nouvelles compétences. Cela contribue à promouvoir le collectivisme. Nous sommes conscient-es du danger qui consiste à envoyer les mêmes personnes pour représenter le mouvement tout le temps. Il s’agit notamment du risque de cooptation (les individus se détachant du reste du groupe à mesure qu’ils deviennent populaires), et des possibilités de corruption. Cette culture de la collectivité contribue à construire une société responsable – une société où aucun de nous ne profitera de la vie tant que tous les autres ne seront pas libres.

Il est indispensable de lutter localement pour faire une réelle différence dans le monde, et pour construire de vrais mouvements. Le local doit toujours être la voie vers le global. Lorsque nous nous rencontrons au niveau global, nous devrions nous rencontrer en tant que représentants élus, mandatés et non permanents, de fortes luttes locales.

Notre lutte continue.

Nous sommes reconnaissants à Nigel Gibson de mettre le travail d’intellectuels célèbres en conversation avec celui des intellectuels des bidonvilles.

S’bu Zikode

Abahlali baseMjondolo

S'bu Zikode

Mon, 11 Sep 2017 09:35:34 +0200

#LaChapelleDebout – Ils veulent juger Houssam, nous ferons le procès des rafles !

Hier on a raflé

29 septembre 2016. 23h19. Avenue de Flandre face au centre médical.

Comme depuis des mois, ce qui deviendra la Brigade Anti Rafle informe des exilé.es de la venue de la police le lendemain. On remplit des papiers calaisiens « que faire en cas d’arrestation » et on échange des numéros de téléphone. Quelques OQTF sont récoltées. On cherche des avocats pour faire appel.

30 septembre 2016. Rafle n°19, 6h47. Avenue de Flandre. Entre la bouche de métro et l’arrêt de bus.

On rassemble les affaires. Il faut fuir avant qu’ils débarquent.

7h19

Les camions arrivent. Tout le monde n’a pas eu le temps de partir. Certain.es espèrent être hébergé.es ailleurs qu’en commissariats, d’autres abritent leurs affaires dans une cour d’immeuble, tout n’est pas transportable et il y a aussi la fatigue. Deux rafles ont déjà été empêchées et ça se sait. Parce que la rue est à tout le monde, des résistant.es refusent de partir et s’alignent le long de la chaussée. Les CRS piétinent quelques tentes et donnent des coups de pieds. « Restons groupés », « en quel langue faut-il parler ? ». Houssam rappelle en criant une dernière fois en arabe ce minimum à faire valoir face à la police : « Médecin-Traducteur-Avocat !!! ».

Les matraques commencent à faire leur travail. Tout ce qui n’est pas bleu sera frappé.

Houssam se fait jeter à terre et stranguler. Amina, tchadienne, enceinte, s’interpose.

Bilan : 11 personnes emmenées au commissariat rue Aubrac pour OQTF, prise d’empreintes, et pour certain.es, l’attente d’un départ en CRA. Houssam sera embarqué au commissariat Erik Satie pour une garde-à-vue de 27h, qui s’ensuivra de poursuites pour « violences contre agent dépositaire de l’autorité publique » et « outrage et rébellion ». Le médecin constatera l’incapacité temporaire de travail suite à l’interpellation.

Parce qu’il est arabophone, il avait plus de chances d’être arrêté, parce qu’il est arabe, ce n’était pas la première fois, parce qu’il est francophone, il a eu à entendre les insultes racistes proférées par les flics contre lui et contre les éxilé.es.

Aujourd’hui, avenue de Flandre, on a grillagé les terrains de jeux qui ont pris possession du trottoir et on dort entre les échangeurs d’autoroute aux portes de Paris ou dans les squares. Et la chasse aux femmes, aux hommes et aux mineur.es continuent, que ce soit à Paris, sur le champ miné de grenades qu’est Calais ou à Vintimille. Les rafles ont juste changé de mode opératoire : elles ne font plus dans la démonstration de force, car elles tiennent la rue de façon ordinaire, elles ciblent de manière individuelle et minutieuse.

Aujourd’hui, on poursuit et on bâillonne

Ce procès doit être l’occasion de dire « rafle », car se taire c’est la banaliser. Visibiliser c’est dire, afin de faire violence à des discours publics qui se targuent encore d’ « humanité » et pour faire irruption dans un espace politique qui s’emploie à la ségrégation quotidienne.

Mais il doit surtout être l’occasion de parler des multiples décisions de justice rendues à la Cour Nationale du Droit d’Asile, au Tribunal Administratif ou aux audiences des centres de rétention. Ce sont ces procédures et ces décisions qui doivent faire l’objet de mobilisations politiques. C’est de cette justice, rendue à huis clos, dont nous voulons parler. Ce sont celles et ceux qui jugent et assignent, depuis leurs sièges ou derrière leurs bureaux, avec la complicité des avocat.es, qu’il nous faudra juger.

Car, si on laisse la parole aux personnes solidaires inculpées, elles sont bien les seules à l’avoir. Quand verrons-nous enfin des exilé.es débouté.es de l’asile invité.es au micro des radios publiques ? Quand lirons-nous une tribune écrite par un collectif d’exilé.es publiée dans la presse ? La visibilité est plus que sélective, elle fait de l’ombre. Au pays des Lumières, on n’éclaire bien que ce qui est bien blanc.

Nous déclarons avoir été et continuer à être aux côtés des personnes dont l’Etat et la « solidarité » para-institutionnelle font au quotidien « des délinquants». Cela ne nous confère aucun statut, aucun titre et nos privilèges n’en sont pas lésés. L’illégalité ne doit donner aucune légitimité à parler pour ou faire à la place de.

Nous sommes avec les raflables et les déportables, celles et ceux qui sont trié.es et se jeté.es, dont on dit « ça », c’est illégal. Ce « ça » que l’Etat français assigne à résidence pour l’emprisonner pour le dégager plus confortablement ; ce « ça » dont personne ne fait des prisonniers politiques faute de symbolique contestataire. Ce « ça », ces migrant.es, sont un marché public au même titre que les détenu.es ou les sans-abri, on s’y exerce au management du superflu comme aux discours humanistes bon teint.

C’est pour cela que nous étions présent.es, les un.es et les autres, à titre individuel ou collectif, avec ou sans papiers, français ou pas, ce 30 septembre 2016 lors de l’une des 30 rafles parisiennes qui ont eu lieu entre le 31 juillet et le 12 décembre 2016, que nous le sommes dans la rue ou les foyers, les centres de rétention ou les PRADHA (Programme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile), à la frontière ou dans les aéroports.

C’est pour cela que nous vous demandons de venir soutenir Houssam El Assimi, poursuivi comme d’autres pour sa présence, le jeudi 21 septembre 2017, à 9h au TGI de Paris, 17ème Chambre 4 Boulevard du Palais, 75001 métro Cité.

Mail : collectif.lachapelle.debout@gmail.com
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Collectif La Chapelle Debout