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www.6mois.fr

Mon, 15 Jan 2018 08:20:00 +0100

Une chorale pour une forêt

Un groupe de militants écologistes circule dans le village de Bialowieza, en Pologne, pour chanter le Noël orthodoxe. Ils espèrent nouer des liens avec les habitants et les sensibiliser à leur cause : la défense de la forêt de Bialowieza, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. L’abattage d’arbres y est interdit par la Commission européenne. Pourtant, depuis le printemps 2016, le gouvernement polonais a autorisé l’exploitation de la zone.


Cette photo est extraite d’un reportage d’Andrea Mantovani.
Voir son site : https://mantovaniandrea.com/

Mantovani*Andrea

Fri, 12 Jan 2018 17:40:40 +0100

LES PATRONNES

« Arrivée à Mexico City pour un reportage, j’ai l’air d’une mule avec tous mes sacs à dos quand je m’engouffre dans le métro. On est au mois de mai et la chaleur est écrasante. Épuisée, j’accepte volontiers le coup de main d’une jeune Mexicaine. Alors qu’on porte mes affaires, elle me raconte l’histoire d’un petit groupe de femmes dans l’État de Veracruz appelées Las Patronas (les patronnes).

Rassemblées autour de la figure d’une certaine Norma Romero, ces bénévoles nourrissent tous les jours depuis plus de vingt ans les migrants qui entreprennent le voyage à bord de La Bestia, un réseau de trains de marchandises qui traversent l’Amérique centrale pour rejoindre les Etats-Unis. Je prends contact avec elles.

Après quatorze heures de bus, j’arrive dans le village de La Patrona, près d’Amatlán de Los Reyes, dans l’Etat de Veracruz. L’aube se lève à peine. La voie ferrée est toute proche. Dans une ancienne usine d’huile transformée en refuge, les patronas dorment encore. C’est Norma qui m’accueille, surprise de me voir là si tôt. Durant les premiers jours, je laisse mon Nikon de côté et les aide, comme si j’étais l’une des leurs.

Cliquez sur l’image pour agrandir : La Bestia vient de klaxonner au loin. Sur la photo, au bord de la voie, Roberta, une des sœurs de Norma, se tient prête. Toute la journée, voisines, sœurs et cousines ont préparé des sacs de nourriture et récolté de l’eau. Roberta sait qu’elle n’a que quelques brefs instants pour les distribuer aux migrants sud-américains accrochés au train en marche. À l’approche du tortillard, elle crie « Comida ! » (nourriture) pour alerter les voyageurs affamés. Le « train de la mort » se rapproche mais ne s’arrête pas. Honduriens, Guatémalthèques et Salvadoriens attrapent à la volée les sacs de riz, de haricots ou de pain.

Je suis admirative devant le courage et la détermination de ces femmes. Leur mission accomplie, les patronas retournent au refuge se préparer pour le prochain passage de La Bestia. Elles ignorent quand le train surgira de nouveau, il n’y pas d’horaire précis. Une seule certitude : le train passe trois fois par jour. »

Propos recueillis par Clara Hesse

Elipe*Mahé

Mon, 08 Jan 2018 13:10:36 +0100

Exposition et rencontre à Aixe-sur-Vienne

RENCONTRE-DÉBAT
MERCREDI 31 JANVIER 2018 À 19H A AIXE-SUR-VIENNE


Le photographe Pablo Chignard a suivi pendant douze ans l’histoire de Mathieu, un éleveur de vaches charolaises qui tente de vivre comme un "paysan d’autrefois", loin de l’agriculture intensive.

Son reportage est exposé durant tout le mois de janvier à la librairie Le Temps de Vivre, à Aixe-sur-Vienne.

Une soirée-rencontre autour de ce récit est prévue le mercredi 31 janvier à 19h, animée par François Cibot, éditeur de la revue 6Mois.


Mercredi 31 janvier 2018
Café-librairie Le Temps de Vivre
18 place Aymard Fayard
87770 Aixe-sur-Vienne
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Mon, 08 Jan 2018 09:54:33 +0100

Festival en Colombie

Une jeune fille participe au concours de Reine du festival paysan « El Pato », à Guayabal, en Colombie. Elle attend son tour pour l’épreuve de danse du Barcino, une tradition folklorique.
Les habitants de la région célébrent pour la première fois leur festival depuis les accords de paix signés entre le gouvernement et les FARC.


Cette photo est extraite d’un reportage de Nadège Mazars.

Voir son site : www.nadegemazars.com

Mazars*Nadège

Thu, 04 Jan 2018 10:00:00 +0100

LE YÉMEN SOUS ESCORTE

« Je suis franco-espagnole. Un peu américaine aussi. Et dans mon cœur : yéménite. Tous les ans, depuis dix ans, je m’envole vers ce morceau de terre situé à la pointe de la péninsule arabique. Dès mon premier voyage, j’ai été fascinée par ce pays sous documenté. Il a tant d’histoires à raconter. Plus j’y retourne, plus je m’attache. Et quand il souffre, c’est un peu comme si un membre de ma famille vivait un moment difficile.

En juillet 2017, j’entreprends une traversée d’une semaine dans ce Yémen, désormais en guerre, hyper difficile d’accès. Je ne peux y rentrer qu’avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Arrivés à Aden, nous remontons le pays, traversons des centaines de check-points jusqu’à notre destination finale : Sanaa, la capitale.

Cliquez sur l’image pour agrandir : À mi-parcours, la ligne de front : Taïz, où j’ai pris cette photo. La ville est complètement détruite. Entre les ruines, des pick-up transportent des hommes lourdement armés. Toutes les forces en conflit sont présentes sur la même zone géographique et ont été prévenues de notre arrivée. Séparatistes du sud, partisans du gouvernement, et même des membres d’Al-Qaida au Yémen… tous souhaitent nous escorter.

Qui passe avant qui ? Comment ne pas vexer un groupe armé ? La situation est explosive. Des mobylettes filent plein gaz et font des zigzags. Autour de nous, des hommes aux uniformes différents, coiffés de bérets et de turbans crient en arabe. Des pneus crissent. Toutes les trente secondes je me demande si c’est normal ou si les choses vont partir en vrille. À chaque mètre, la tension monte d’un cran. Ça limite mon champ d’action. À chacune de mes tentatives, on m’ordonne de remonter à bord. Je ne discute pas. Notre percée risquée s’achève enfin. Frustrée, je regarde s’éloigner ce qu’il reste de Taïz. L’important, c’est d’y être passée, même 5 minutes. »

Propos recueillis par Clara Hesse

Martin Chico*Catalina