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Sat, 18 Nov 2017 03:35:13 +0100

En Suède, Emmanuel Macron fait l’éloge du dialogue social

De passage en Suède, le président de la République s’est exprimé sur le « modèle social » local, dont il voit une source d’inspiration pour la France.

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Emmanuel Macron au volant d’un camion de Renault Truck, proriété du constructeur Volvo.

En visite en Suède, vendredi 17 novembre, pour assister au sommet social européen, Emmanuel Macron a profité de sa présence à Göteborg pour se rendre au siège social du constructeur Volvo, propriétaire de Renault Trucks. Le président français a également signé avec le premier ministre suédois, Stefan Löfven, un partenariat sur l’innovation et les solutions vertes. Il a fait, à cette occasion, les louanges du modèle social suédois et des réformes entreprises par le pays, qui dispose aujourd’hui de l’une des économies les plus compétitives d’Europe.

Au cœur de ce modèle : le consensus entre les partenaires sociaux, dont Emmanuel Macron veut s’inspirer en France, pour faire avancer les réformes. Fini le temps où les syndicats et le patronat, à qui on ne demandait de se prononcer que sur « ces choses accessoires », avaient « le luxe de ne jamais pouvoir se mettre d’accord ou de ne pas être en charge du réel ».

Lui au contraire veut « faire émerger dans le monde syndical et le monde patronal une volonté et une capacité à penser les défis de la mondialisation et les équilibres dans lesquels nous vivons », ce qui exige précise-t-il de « sortir des guerres de position ».

Responsabiliser les partenaires sociaux

C’est dans cet esprit qu’il envisage la réforme du marché du travail et les ordonnance : « Elles vont donner plus de grain à moudre au dialogue social et responsabiliser davantage les partenaires sociaux au niveau des branches et des entreprises, là où la loi avant décidait pour eux, permettant aux partenaires sociaux de n’être jamais d’accord entre eux. » Même chose pour la réforme de l’apprentissage professionnel, que le chef de l’Etat souhaite mettre en place au niveau des branches.

Un bon dialogue social, lance le président, n’est « pas un dialogue où, à un moment, un camp sort vainqueur », mais un dialogue « où de bons accords locaux, décentralisés, ont été trouvés et...

Fri, 17 Nov 2017 21:59:03 +0100

Affaire Grégory : Jacqueline Jacob défend son « alibi inattaquable »

Mise en examen, avec son époux, pour l’enlèvement et la séquestration suivis de la mort de son petit-neveu en 1984, elle a été entendue pour la première fois.

Les scellés de l’affaire Grégory, du nom du jeune garçon retrouvé mort, pieds et poings liés, dans la Vologne, en 1984.

Celle qui avait invoqué son droit de se taire lors des premiers interrogatoires en juin, a été entendue par la présidente de la chambre de l’instruction de Dijon, Claire Barbier, chargée du dossier.

« Jacqueline Jacob a un alibi inattaquable pour le jour des faits (…), c’est le point essentiel de ce dossier », a martelé MFrédéric Berna, l’un de ses conseils, à la sortie de l’audition. L’avocat a ajouté que sa cliente était avec son mari « au travail le 16 octobre 1984 [jour de la mort de l’enfant] de 14 h 30 à 21 heures (…), c’est prouvé par des témoins et par des éléments objectifs du dossier ».

Jacqueline Jacob « a répondu à l’intégralité des questions qui lui étaient posées », a poursuivi MBerna, précisant que « d’autres auditions » étaient à prévoir. « Ce dossier est titanesque, on ne peut pas tout faire en une après-midi avec une femme qui a 73 ans ; pour elle, c’est très éprouvant », a-t-il justifié.

Lire aussi :   Les obsédés de l’affaire Grégory

  • Quels soupçons pèsent sur les Jacob ?

Les époux Jacob sont soupçonnés d’avoir été les « corbeaux » de l’affaire, auteurs de plusieurs lettres anonymes très bien renseignées, et d’être impliqués dans le rapt et la mort de Grégory, dans le cadre d’un « acte collectif », qu’ils contestent.

L’accusation a notamment évoqué des expertises graphologiques récentes sur une lettre manuscrite anonyme reçue en 1983 par le père du garçonnet, Jean-Marie Villemin, qualifiées de « confondantes » à l’égard de Mme Jacob, qui de son côté « nie fermement » en être l’auteure, selon son avocat.

L’arrestation des époux Jacob, jamais inquiétés auparavant, avait relancé cette affaire, qui reste un mystère depuis la mort du petit garçon de 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne. Brièvement écroués en juin, ils ont depuis l’obligation de résider séparément et loin de leur domicile, situé dans les Vosges.

Lire aussi :   Qui sont Marcel et Jacqueline Jacob, mis en examen dans l’affaire Grégory ?

  • Que répondent les Villemin ?

L’alibi des Jacob est balayé par Me Thierry Moser, avocat historique des parents Villemin : ce « n’est qu’un rideau de fumée, (…) la suite de l’instruction le démontrera ».

L’avocat estime que « la juxtaposition, l’addition des éléments » contre le couple pourrait justifier « un renvoi devant la cour d’assises » mais que l’enquête devrait encore durer, peut-être jusqu’en 2019. « J’ai de la patience et j’ai confiance dans les investigations. »

  • Quelles suites judiciaires ?

Jacqueline Jacob espère désormais pouvoir rentrer chez elle : une demande en ce sens sera examinée lundi par la chambre de l’instruction de Dijon, qui a refusé, fin octobre, de modifier le contrôle judiciaire du couple, évoquant notamment un risque de concertation.

« Lundi, je solliciterai un débat public », a souligné son conseil Me Berna. Une demande à laquelle le parquet général s’opposera si elle venait à se concrétiser.

Celui-ci s’opposera également à la modification du contrôle judiciaire de Mme Jacob, au motif que « les investigations se poursuivent » et que « Marcel Jacob n’a pas encore été entendu », a annoncé le procureur général, Jean-Jacques Bosc, vendredi soir.

Marcel Jacob, dont une première audition a été reportée, doit être entendu le 4 décembre, avant de demander à son tour de rentrer chez lui. La défense du couple prévoit aussi de demander la nullité des mises en examen, et s’est pourvue en cassation après le refus de la chambre de l’instruction d’assouplir le contrôle judiciaire.

Fri, 17 Nov 2017 20:44:41 +0100

Altice : le titre perd 12 %, Patrick Drahi écrit aux salariés

Dans deux missives envoyées vendredi, le milliardaire a voulu montrer à ses salariés qu’il a la situation bien en main.

Patrick Drahi, le 7 novembre 2017.

La chute de l’action Altice s’est poursuivie, vendredi 17 novembre. En fin de séance, elle perdait 12 %, à 8,10 euros, soit un plongeon de 64,7 % depuis un plus haut en juin. Le mea culpa de Patrick Drahi devant les investisseurs à Barcelone, mercredi 15 novembre, où l’homme d’affaires leur a promis de mieux s’occuper des clients de SFR et de se concentrer sur le désendettement de son groupe, n’a pas encore porté ses fruits.

Soucieux de montrer qu’il a la situation bien en main, le milliardaire, qui s’était rendu la veille au siège du groupe, a écrit vendredi deux missives à ses salariés, la première à ceux de SFR, la seconde, à la branche médias, qui coiffe notamment BFM, RMC, et la production cinéma.

« Malgré la chute du cours de Bourse, le groupe bénéficie d’une véritable stabilité financière. Notre dette est sécurisée à 85 % à taux fixe et le premier remboursement majeur n’arrivera qu’en 2022. Donc, clairement, si les taux remontaient ou si les agences revoyaient la notation de notre dette, cela n’aurait strictement aucun impact pour l’entreprise dans les cinq prochaines années », a-t-il expliqué à tous.

« Les perturbations boursières ne doivent pas nous éloigner de notre objectif quotidien : servir nos clients pour vos collègues des télécoms, et pour vous, continuer de faire ce que vous faites, aussi bien que vous le faites, au sein de vos chaînes, stations ou titres. »

Se concentrer sur les clients

L’homme d’affaires a également eu à cœur d’éclaircir le rôle d’Alain Weill, dont la définition a varié depuis sa nomination comme PDG de SFR, le 9 novembre. Après l’avoir présenté comme patron à la fois des branches médias et télécoms, Patrick Drahi est revenu en arrière à Barcelone, assurant aux investisseurs que ce professionnel des médias, qui a fondé BFMTV, aujourd’hui propriété d’Altice, n’était pas chargé de l’activité télécoms.

Les 10 000 salariés de SFR sont désormais sous la direction d’Armando Pereira, cofondateur d’Altice et vieux complice de Patrick Drahi. Le Portugais, dont les qualités techniques sont reconnues, est également décrié pour des méthodes de management brutales. Depuis son retour, en septembre, il s’est d’ailleurs employé à faire partir plusieurs dirigeants de l’opérateur.

« J’ai demandé à Alain de devenir PDG du groupe SFR. Il forme avec Armando, en charge de l’activité télécom, un binôme très complémentaire. (…) Alain est un ami et un partenaire », a écrit Patrick Drahi, confirmant qu’Alain Weill, s’il est désormais un porte-parole pour le groupe, était simplement chargé « des activités médias ».

Après avoir été loin des troupes pendant trois ans, M. Drahi, qui avait racheté SFR à l’occasion d’un magnifique coup de poker, a voulu montrer aux salariés de l’opérateur au carré rouge et blanc qu’il se rapprochait désormais du pilotage opérationnel.

« J’ouvre une ligne directe avec plus de 1 000 managers de l’entreprise pour que chaque semaine, nous puissions, avec Armando, Alain, l’ensemble du Comex et les équipes, avoir une totale connaissance de la situation, prendre les bonnes décisions rapidement et régler concrètement les problèmes. »

En ligne avec le discours qu’il a tenu cette semaine aux investisseurs, Patrick Drahi a demandé aux troupes de se concentrer principalement sur les clients en faisant remonter leurs « difficultés », et en leur « améliorant [la] vie ». Depuis 2014, SFR a perdu des centaines de milliers de clients, alors que, à l’origine, Patrick Drahi souhaitait en gagner 6 millions en trois ou quatre ans. « Nous reviendrons nous adresser à vous tous dans les prochains mois », a conclu l’homme d’affaires, qui a signé ses missives d’un simple « Patrick ».

Fri, 17 Nov 2017 19:56:07 +0100

A GE Hydro Grenoble, « l’angoisse et la démotivation » dans l’attente du plan social

Le site est menacé de perdre 345 postes sur 800 à l’issue d’un plan social, dont les négociations sont en cours. Les salariés sont abasourdis.

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Le couperet est tombé juste avant le départ en vacances, en juillet. Le conglomérat américain General Electric (GE) a annoncé un plan social prévoyant la suppression de 345 postes sur les 800 que compte son site grenoblois, GE Hydro, spécialisé dans la conception et la fabrication de turbines de pointe pour les barrages. « La grosse claque », se souvient Paul [le prénom a été modifié], soudeur à l’atelier mécanique de grosses turbines, trente ans de métier et déjà un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) à son actif dans une autre multinationale.

Il a passé les vacances à se « demander ce qu’il allait devenir », à une dizaine d’années de la retraite. Sur le site, tous s’attendaient bien à « quelque chose », reconnaît le gaillard, bleu de chauffe, bottes de sécurité et casquette GE. Il évoque la compétitivité du marché, les « difficultés de la boîte »... « mais pas 345... », dit-il, encore sous le choc du volume de postes menacés et de « la brutalité » de l’annonce du PSE. Celui-ci suscite une profonde incompréhension parmi les 800 cadres, techniciens, ingénieurs et ouvriers que compte le site.

Les postes supprimés ne sont pas encore officiellement connus. Mais tout le monde sait plus ou moins « lesquels vont sauter ». De la chaîne d’approvisionnement aux équipes de gestion de projet et à la R&D, l’ensemble des services est touché. L’atelier mécanique dans lequel travaille Paul est amené à disparaître entièrement. Les sous-traitants sont eux aussi menacés indirectement.

Un rachat autorisé par Emmanuel Macron

A travers les grilles qui ceignent le site, on aperçoit, collées aux fenêtres, des affiches barrées de croix rouge, avec inscrit « Mon poste est supprimé ». L’usine centenaire n’en est pas à son premier plan social. Elle faisait partie de la branche énergie d’Alstom, fleuron industriel français, jusqu’à son rachat en 2015 par GE, avec l’autorisation d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie.

Les salariés y voient la raison du « silence » dans ce dossier du chef de l’Etat et de son ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, alors que leur entreprise incarne le secteur des énergies renouvelables. L’annonce du plan social a aussi été un choc pour Grenoble, l’hydroélectricité étant un pilier de l’histoire industrielle de la ville. Sur le parvis de la mairie, la bannière des salariés demeure accrochée, rappelant le soutien à leur côté du maire EELV, Eric Piolle.

La colère a grandi parmi les salariés, pourtant peu versés dans la contestation : en octobre, certains ont fait grève pour la première fois et ont bloqué le site neuf jours durant. Depuis, ce sont des assemblées générales quotidiennes, des ateliers de réflexion, des manifestations… Une mobilisation qui a aussi permis d’attirer les médias et des responsables politiques de premier plan.

« On est capable de livrer un produit unique clé en main. C’est ça qu’ils sont en train de briser » 

Dans l’usine, « l’ambiance en a pris un sacré coup », dit Paul, qui raconte « l’angoisse de l’avenir, la démotivation ». Surtout, ce sentiment d’un « gâchis » pour ces salariés si fiers de leur savoir-faire. Paul a d’autant plus « mal au cœur » de ne pas pouvoir y finir sa carrière qu’il a le sentiment d’avoir « réappris son métier de soudeur ici ».

«Ce qui fait notre force, c’est qu’on maîtrise chaque étape de la chaîne de production, on est capable de livrer un produit unique clé en main. C’est ça qu’ils sont en train de briser en nous enlevant des maillons pour les faire partir à l’étranger», regrette Fanch, ingénieur au bureau d’études des turbines, 45 ans, dont vingt de site. Derrière ce PSE, les syndicats voient en effet « un plan de délocalisation qui ne dit pas son nom », ce que la direction dément, arguant vouloir seulement « redimensionner l’entreprise pour qu’elle soit à nouveau compétitive ».

Compétitivité, réactivité, qualité…

Le poste de Fanch n’est pas visé, mais son inquiétude est tout aussi forte. Impossible de se projeter sur un site avec la moitié de ses collègues en moins, « on sera condamné », dit l’ingénieur. D’autant que supprimer autant de postes ne réglera pas les problèmes structurels, juge-t-il. « Comment gagner en compétitivité avec moitié moins ? On va perdre en qualité, en réactivité… », anticipe-t-il. Il voit déjà des collègues hydrauliciens démissionner. Lui ne veut pas s’y résoudre, du moins pas encore. «Je veux encore croire que la boîte peut être sauvée».

Se « battre jusqu’au bout, tête baissée », c’est aussi la volonté de Rémi, qui travaille au service logistique. Et qu’importe si son poste risque d’y passer. Ce « bébé Neyrpic » — comme il se surnomme, en référence au premier nom de l’usine, qu’il connaît depuis l’enfance —, s’inquiète moins pour son propre avenir que pour celui du site : « A 36 ans, je devrais pouvoir retrouver du travail plus facilement que mes collègues en fin de carrière. »

« Derrière ce PSE, on ne voit pas de projet industriel ni de perspective viable »

Pour l’heure, il est déterminé à soutenir les syndicats pour tenter de sauver des emplois et pérenniser ce site, où il venait voir son père chaudronnier fabriquer des turbines… Lundi, il faisait partie du bus de salariés montés à Bercy pour soutenir les syndicats reçus au cabinet de Benjamin Griveaux, pour la troisième fois. Les négociations se jouent aussi là, les syndicats appelant le gouvernement à faire pression sur GE.

Quatre mois déjà que celles-ci durent. La direction fait valoir le nécessaire redimensionnement du site et ses objectifs de retour à la compétitivité sur un marché mondial de l’hydroélectricité très concurrentiel. De son côté, l’intersyndicale conteste les arguments économiques sur lesquels se fonde le PSE et appelle à réduire le nombre de suppressions de poste, à améliorer les conditions de départ et à réfléchir à l’avenir du site, qui lui semble condamné en l’état.

Lire aussi l’analyse:   GE Hydro Grenoble sous pression sur le marché des barrages hydrauliques

« Ce qui nous désespère, c’est qu’on a l’impression d’un pansement sur une jambe de bois : derrière ce PSE, on ne voit pas de projet industriel ni de perspective viable », dit un cadre, résumant le sentiment général. Grégory Vauclin, délégué CFE-CGC, ne voit « toujours pas d’avancée significative ». Il dénonce un « semblant de négociations où tout est déjà plié », tant sur le volume des postes que sur les conditions de départ, qu’il juge « minimalistes et insultantes, au vu des moyens de GE ».

En attendant « la date fatidique » de la fin des négociations et l’envoi des premières lettres de licenciement, les nuits de Paul restent agitées. Et les journées sont longues, « la boule au ventre ». « On est suspendu aux annonces, mais rien n’est signé », déplore-t-il. Difficile d’imaginer l’avenir tant qu’il ne connaîtra pas le détail des conditions de départ. Il espère qu’une entreprise voudra bien de lui pour les quelques années qu’il lui reste à travailler. Et qu’il ne devra pas partir trop loin, au risque de ne plus pouvoir aller chercher ses enfants à l’école.

Fri, 17 Nov 2017 18:52:37 +0100

Comprendre les élections régionales catalanes en quatre questions

Les élections régionales du 21 décembre en Catalogne ont été convoquées par Madrid pour apaiser la situation politique de la région, déchirée entre indépendantistes et unionistes.

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Les partis politiques catalans ont jusqu’à samedi 18 novembre pour transmettre la liste de leurs candidats aux élections régionales du 21 décembre, les quatrièmes en sept ans. Convoqué par Madrid après la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre, ce scrutin est un défi pour toutes les forces politiques en présence, et pourrait mobiliser les Catalans de façon inédite.

Lire aussi :   Indépendance de la Catalogne : résumé de la crise entre Madrid et Barcelone

  • Comment les élections régionales fonctionnent-elles ?

Comme en France, il existe en Espagne différents échelons administratifs et politiques : les municipalités, les provinces, les communautés autonomes et l’Etat.

Les élections régionales permettent aux dix-sept communautés autonomes espagnoles de désigner leur parlement régional et, indirectement, leur exécutif. Elles ont normalement lieu tous les quatre ans, mais la Catalogne – comme certaines autres communautés autonomes – a la possibilité de convoquer des élections anticipées : ce fut notamment le cas en 2012, 2015 et 2017.

Le vote s’organise par provinces – quatre en Catalogne – selon un mode de scrutin proportionnel qui permet de désigner 135 députés. Selon Hubert Peres, professeur de science politique à l’université de Montpellier (Hérault) et spécialiste de l’Espagne, « ce système est favorable aux partis nationalistes catalans ».

En effet, le nombre de députés n’est pas exactement proportionnel à la population des provinces, et celles où le vote indépendantiste est fort sont surreprésentées. « La province de Barcelone, qui représente environ 75 % de la population catalane et où le vote nationaliste est moins important, ne désigne que 62 % des députés », précise M. Peres.

  • Traditionnellement, les Catalans se mobilisent-ils pour les élections régionales ?

Malgré l’importance du sentiment nationaliste catalan, les élections régionales ont longtemps été bien moins mobilisatrices que les élections générales, qui permettent de désigner les députés et les sénateurs. Jusqu’aux élections générales de 2011 et aux élections régionales de 2012, les Catalans votaient bien plus massivement pour les premières que pour les secondes.

Aux élections générales, la moyenne de la participation s’élevait, jusqu’alors, à 70 %, avec un minimum de 65,2 % en 2011. Pour les élections régionales, la moyenne se situait dix points au-dessous, à peine à 60 %. Mais la tendance s’inverse clairement en 2012.

« La polarisation du débat autour de la possibilité d’un référendum d’indépendance de la Catalogne a fait prendre conscience aux Catalans de l’importance de ces élections régionales », assure Hubert Peres, pour qui la participation sera un enjeu majeur le 21 décembre. « Un regain de participation serait favorable aux anti-indépendantistes, ajoute-t-il. Ils se mobilisent traditionnellement moins pour les élections régionales, mais ils ont compris que le résultat de ces élections pourrait avoir pour conséquence, à terme, une réelle indépendance de la Catalogne. »

Lire aussi :   A Barcelone, Mariano Rajoy tente de mobiliser la « majorité silencieuse »

  • Quelles sont les principales forces politiques en Catalogne ?

Dans le camp des anti-indépendantistes, on retrouve notamment les partis nationaux traditionnels : le Parti des socialistes catalans (PCS, fédération catalane du Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE) et le Parti populaire (PP). Le premier a longtemps été une force politique importante en Catalogne, tandis que le second, fréquemment associé au franquisme par les Catalans, enregistre habituellement de faibles résultats dans la région (entre 5 % et 13 % des voix).

Mais c’est le parti centriste Ciudadanos qui représente la première force d’opposition. Créé en 2006 en réaction aux mouvements indépendantistes, il a enregistré une impressionnante progression de voix en 2015.

Face à eux, le camp indépendantiste balaye le champ politique de gauche à droite. A gauche, Candidatures d’unité populaire (CUP), parti indépendantiste d’extrême gauche qui s’est présenté aux élections régionales pour la première fois en 2012 ; et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), parti du vice-président destitué, Oriol Junqueras, qui se revendique aujourd’hui premier parti nationaliste en Catalogne.

A droite, on trouve notamment le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT), qui a remplacé le parti Convergence démocratique catalane (CDC) en 2016. Dirigé par Artur Mas, qui avait promis aux Catalans le référendum d’autodétermination, il est le premier parti catalan depuis 1977. Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, appartient à cette formation.

En 2015, la ERC et la CDC – notamment – forment une liste commune, Junts pel Si (Ensemble pour le oui), qui arrive en tête des élections régionales. Alliés à la CUP, ils parviennent à obtenir la majorité absolue en sièges.

Lire aussi :   Catalogne : pas de coalition pour les principaux partis séparatistes

  • Les Catalans ont-ils toujours voté pour des partis indépendantistes ?

Au niveau national, non. Jusqu’en 2011, le Parti socialiste catalan arrivait largement en tête des élections générales, alors même qu’une coalition nationaliste présentait des candidats. Cette dernière n’a devancé les socialistes qu’en 2011. Mais, en 2015, la coalition menée par Podemos – qui s’oppose à une déclaration d’indépendance unilatérale, mais plaide pour une réforme de la Constitution – est arrivée largement en tête des élections générales, suivie par la gauche républicaine ERC.

Les résultats régionaux, en revanche, sont très différents. La coalition nationaliste de centre droit Convergence et union (CiU), formée par la CDC (devenue PDeCAT) et l’Union démocratique de Catalogne (UDC), a dirigé la Catalogne de 1980 à 2003, puis à nouveau de 2010 à 2015, année où elle a été dissoute.

Lire aussi :   Barcelone : autonomie, indépendance ou « connectaunomie » ?

Mais « cette coalition a longtemps été plus autonomiste qu’indépendantiste », assure Hubert Peres. La CDC n’a entamé son virage indépendantiste qu’en 2012, ce qui a conduit à sa rupture avec son allié l’UDC, nationaliste beaucoup plus modéré.

« Les seuls à ne jamais avoir varié leur position au sujet de l’indépendance, c’est l’ERC », explique l’universitaire. Pour lui, ce parti a refusé de présenter une liste commune avec le PDeCAT, car il entend occuper le premier plan de la future coalition indépendantiste – nécessaire de toute façon si les nationalistes veulent gouverner.