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Le site du journal Le Postillon

Thu, 21 Jun 2018 14:39:58 +0200

Nongirac 2020

En mai, on va fêter un gros cinquantenaire : la fin de la carrière de journaliste d’Alain Carignon. Connu par la suite pour une brillante carrière dans la corruption municipale, le jeune Carignon, 19 ans en 1968, écrivait pour l’Essor de l’Isère, un hebdomadaire catholique. C’est même lui qui « couvrait » les manifestations de mai 1968, tout en étant par ailleurs responsable de l’Union des jeunes pour le progrès, les jeunes gaullistes. Si certaines articles étaient marqués de son vrai patronyme, d’autres avaient pour signature « Nongirac ». Lu à l’envers, ça donne.... Carignon. Alors que le repris de justesse tente un énième retour pour les municipales de 2020, le cabinet de consulting du Postillon ne peut que lui conseiller de reprendre son pseudo : peut-être que ça pourra tromper quelques gogos.

Le Postillon

Thu, 21 Jun 2018 14:39:09 +0200

Colas-Roy : le menteur qui récidive

Les lecteurs du Postillon s’en souviennent : Jean-Charles Colas-Roy est un fieffé menteur. Interrogé sur le recours aux prud’hommes qu’il avait déposé contre son ancienne société, le nouveau député de la deuxième circonscription de l’Isère avait complètement nié. « Non, je ne suis pas aux prud’hommes » nous avait assuré le macroniste, alors qu’on disposait de documents attestant de l’inverse (voir Le Postillon n°42). Sur un tout autre sujet, il a également enchaîné les contre-vérités. Colas-Roy était pourtant fier d’être le rapporteur de la loi visant à interdire la production d’hydrocarbures et à « sortir la France des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) ». Selon le néo-député, la France avait « envoyé un signal fort au monde » grâce à cette loi votée le 19 décembre dernier. Elle prévoit « d’amorcer la sortie progressive de la production d’hydrocarbures », en « n’attribuant plus de nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures dès maintenant et en ne prolongeant pas les concessions existantes au-delà de 2040 ». Mais en fait, pas du tout ! « La loi “emblématique” défendue par Jean-Charles Colas-Roy fait pschitt », révèle Place Gre’net (14/03/2018). En janvier et février, plus d’une dizaine de décrets autorisant ou prolongeant l’extension de concessions de mines d’hydrocarbures conventionnels ont été signés en France. « Les industriels, au premier rang desquels les Canadiens IPC Petroleum et Vermilion, se frottent les mains, analyse Place Gre’net. Le 2 février, les deux plus gros producteurs d’hydrocarbures en France ont obtenu de nouvelles concessions. Et tant pis pour les belles résolutions, les coups de menton et la petite leçon faite au monde… »

Le Postillon

Thu, 21 Jun 2018 14:32:09 +0200

Silence imposé suite à un incident à la Villeneuve

Sabrine habite à la Villeneuve et a un fils scolarisé en CE1/CE2 dans l’école des Trembles. École où il y a eu, le 26 janvier dernier un « incident loin d’être anodin ». « Le soir, mon fils me raconte qu’en allant au gymnase, ils ont croisé un individu armé, avec fusil sur l’épaule et un couteau dans la main ». Au début Sabrine ne croit pas son fils : le lendemain elle en parle à la maîtresse qui lui confirme les faits et lui raconte la suite. « Il pleuvait, alors pour protéger les enfants et les inviter à rejoindre rapidement le gymnase, la maîtresse leur a dit “vite, vite, il pleut !”. Une fois dans le gymnase, elle a averti la police. » Sabrine est choquée de cet « incident », et surtout du silence qui l’entoure. La presse n’en parle pas, et il n’y a aucune communication officielle de l’éducation nationale dessus. « C’est comme s’il ne s’était rien passé, comme si c’était normal que nos enfants puissent croiser un individu lourdement armé dans le quartier en plein après-midi. Une psychologue scolaire a quand même été envoyée pour parler de ça avec les élèves, mais nous on aurait pu ne pas être au courant. L’académie a même donné la consigne de ne pas en parler aux parents, pour “ne pas générer d’inquiétude supplémentaire chez les autres enfants”. » Avec d’autres parents, elle envoie mi-février un courrier au préfet et aux élus de la ville. Seule l’élue de secteur lui répond... pour lui dire qu’elle a transmis son courrier à l’élue en charge de la sécurité. Depuis un mois et demi, aucune autre réponse. « La Villeneuve est souvent caricaturée dans les médias, qui ne parlent que des fait-divers. Il y a plein de belles choses qui s’y passent, et on n’en parle pas assez. Mais faut-il pour autant passer sous silence des incidents graves ? Comment en parler à nos enfants ? Nous refusons que nos enfants grandissent dans la violence et que celle-ci soit banalisée par sa récurrence et le silence qui lui est opposé. » Ce positionnement nous a pas mal questionnés au Postillon, où on se méfie également de la trop grande place prises par les faits-divers dans l’univers médiatique. Mais faut-il néanmoins se taire sur ce genre d’événements pour ne pas faire monter une psychose ? « Si un tel incident s’était produit au centre-ville, c’est sûr qu’il y aurait eu de la communication dessus. Là c’est comme si c’était normal, vu qu’on est à la Villeneuve... C’est ça le plus choquant. »

Le Postillon

Thu, 21 Jun 2018 14:30:59 +0200

Un campus policé ?

À quand l’ouverture d’un master en maintien de l’ordre ? Ces derniers temps, on voit de plus en plus les flics sur le campus, par exemple pour protéger les conseils d’administration de l’université Grenoble-Alpes (UGA), au grand dam des syndicalistes (communiqué du 16/02/2018) : « La décision de la présidence de l’Université de recourir systématiquement aux forces de l’ordre tranche singulièrement avec ses déclarations d’ouverture, de dialogue et de défense de la démocratie (…). Nous n’avons rien à craindre d’étudiants qui demandent que le débat s’engage (….) » Mais la police a également fait parler d’elle en expulsant violemment des étudiants protestant contre la tenue d’un colloque sur Frontex (agence de contrôle des frontières européennes). Sans sommation, les flics ont chargé et blessé une dizaine de personnes, dont quatre ont fini à l’hôpital. Alors que le président de l’UGA se défend d’avoir demandé l’intervention des forces de l’ordre (une lettre – publiée sur le site lundi matin - prouve le contraire), des étudiants et enseignants demandent l’ouverture d’une enquête sur cette opération sanglante. Et qui rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, le campus avait été pendant quelques jours complètement interdit à la police. C’était l’époque des « émeutes du campus » : en juin 1970, les flics ont voulu investir le campus pour interpeller trois militants. Non seulement ils ne les ont pas trouvés, mais en plus ils se sont pris une « journée des tuiles » sur la tête, des étudiants les canardant depuis le premier étage du restaurant Barnave. Volodia Shahshahani, un ancien membre de la gauche prolétarienne, a raconté cet épisode dans une interview aux Renseignements généreux (disponible sur leur site) : « C’est parti dans tous les sens, la peur changeait de camp. C’est incroyable l’inventivité qui s’est aussitôt dégagée. Des étudiants ont commencé à siphonner des voitures pour fabriquer des cocktails molotov artisanaux. Les filles des résidences universitaires Berlioz, en face de Barnave, ont commencé à jeter le mobilier de leur chambre, les lits, les armoires, sur les flics en dessous. Les flics se sont alors divisés en deux groupes, probablement pour donner l’assaut à Barnave : grossière erreur. Nous sommes sortis d’un coup, en masse, à l’assaut d’un des deux groupes de CRS. Les affrontements ont commencé dans ce qui était un terrain vague entre les résidences Berlioz et Ouest. Nous avions maintenant le nombre ; les flics ont fui en pagaille. Plusieurs étaient ensanglantés, les chemises déchirées, et des pistolets confisqués pour l’occasion. Les bus de CRS démarraient en catastrophe, oubliant certains de leurs occupants ». Les jours d’après des « barricades de plus de cinq mètres » empêchaient les flics de rentrer sur le campus jusqu’à l’organisation d’une « barricade-boum » un samedi soir : « Il y avait des hauts-parleurs partout, un mélange sonore d’explosions et de musique. Un coup tu dansais, un autre coup tu partais « au front » balancer ton cock sur les CRS qui balançaient des lacrymos, tu revenais te restaurer, etc. Sur le coup, dans les temps morts, je pensais au Viridiana de Bunuel, les sauvages font la révolution dans la fête... Pour l’intendance ce n’était pas compliqué, on avait vidé les réserves des restaurants universitaires. Au fur et à mesure que la nuit avançait, les flics ont été pris entre deux feux, car les jeunes des quartiers qui n’avaient pas réussi à entrer dans le campus pour la barricade-boum, les assaillaient depuis St Martin d’Hères ». Quarante-huit ans plus tard, quelques tags lors de l’occupation de la présidence de l’UGA le 3 avril sont considérés comme des « dégradations insupportables »....

Le Postillon

Thu, 21 Jun 2018 14:28:39 +0200

Villard-Bonnot, terre maudite ?

Triple peine à Villard-Bonnot. Nos lecteurs se souviennent que certains habitants de ce village du Grésivaudan doivent déjà subir les nuisances de Terralys. Cette filiale de Suez environnement est spécialiste du compostage industriel, ce qui amène un certain nombre de mouches et de la puanteur dans tout le voisinage, et notamment chez les Bony, des gens du voyage habitant à moins de cent mètres de l’usine (voir Le Postillon n°42 et 43). Suite à la réunion que nous avions relatée, la préfecture vient d’ailleurs de mettre en place le « jury d’odeurs » annoncé, dans le but de soi-disant « objectiver » les mauvaises odeurs que tout le monde sent depuis des années. Ce machin va durer pendant une année, et permet surtout à la préfecture de gagner du temps. Ce même jour, la sous-préfète avait également promis qu’une réunion serait organisée au mois de novembre 2017 pour discuter de la situation des Bony... Cinq mois plus tard, toujours rien : « on pète les plombs, on n’en peut plus de ce mépris », nous explique sobrement Marie Bony.
Bref, il y a donc cette usine de compostage industriel. Et puis dans la même zone, il y a un projet d’installer la société Safimet qui veut y implanter une « unité de transit de déchets dangereux ». Son but est de récupérer des métaux précieux dans toutes sortes de déchets (bijoux, traitements de surfaces, industrie pharmaceutique, électronique), en utilisant notamment un four à fonte et un broyeur-tamiseur, qui risquent de rejeter beaucoup de poussières toxiques.
Enfin, toujours au même endroit les habitants viennent dernièrement d’apprendre qu’une déchetterie industrielle – filiale de Suez là aussi – serait également en projet. « On a la scoumoune à Villard-Bonnot », déplore Abdel, membre du « collectif des habitants de Villard-Bonnot pour une meilleure qualité de vie ». « Pendant ce temps-là, de l’autre côte de la vallée, à Crolles, ils construisent des éco-quartiers... » C’est pas nouveau, mais c’est toujours aussi vrai : il y a d’un côté la rive droite du Grésivaudan, avec ses communes parmi les plus riches du coin et ses centres de haute technologie, et puis de l’autre la rive gauche, avec ses papeteries abandonnées et ses projets de déchetterie. Tiens, ça pourrait faire un bon long sujet, ça : que les personnes qui auraient envie d’en causer nous contactent.

Le Postillon