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Europe Direct Grenoble

Wed, 17 Jan 2018 17:32:58 +0100

« Lignes de Partage », le film que chaque grenoblois-e devrait voir !

Une rencontre-projection autour du film « Lignes de Partage » du réalisateur grenoblois Thierry Mennessier aura lieu le 1er février à 19h45 au cinéma Le Club de Grenoble. Ce long métrage, qui retrace le quotidien d’hommes et de femmes en attente d’un statut de réfugié ou d’un titre de séjour à Grenoble, sera suivi d’une conférence-débat à la Maison de l’international le 13 février sur la question des migrations en Europe.

En 2018, les migrations restent un sujet d’actualité qui touche tous les territoires. C’est pourquoi, la Ville de Grenoble via sa Plateforme migrants et son Centre Europe Direct de Grenoble (CIED) continue de sensibiliser les Grenoblois de tout âge à cette thématique. A ce titre le CIED, en partenariat avec le Collectif Migrants en Isère et les Etats Généraux Nationaux des Migrations, organise une projection-rencontre le 1er février au Cinéma le Club à Grenoble. Ce long-métrage raconte, en mots et en images, le quotidien de ces migrants issus de divers horizons qui luttent pour retrouver une identité dans notre ville. Ce film, soutenu dès son tournage par la Ville de Grenoble, permet de découvrir une autre facette de la ville, d’appréhender les problèmes, mais également les solutions qui existent pour l’accueil des migrants à Grenoble.

Une première séance à 13h45, réservée aux scolaires, sera suivie d’une séance ouverte au grand public à 19h45 (tarif unique de 5€).Par la suite, une rencontre avec le réalisateur permettra d’aborder la question du quotidien des migrants à Grenoble ainsi que les espoirs, craintes et désirs qui les animent.

Des extraits de ce film avaient déjà été mis en valeur dans le cadre du projet « Migrations en images-une perspective européenne » réalisé par des Centres d’information Europe Direct de plusieurs villes européennes. Ce projet, ayant pour but de sensibiliser chaque citoyen européen aux conséquences des migrations dans leur ville au travers de récits de vie de migrants imagés, avait permis au CIED de Grenoble de présenter une partie du travail de Thierry Mennessier dans une vidéo d’une dizaine de minutes.

Pour approfondir la thématique des migrations en Europe, la Maison de l’international, via le CIED de Grenoble,vous propose une conférence-débat intitulée «L’Europe face au défi des migrations,où en est-on en 2018 ? », le 13 Février, à 18h30. Cette rencontre organisée en partenariat avec l’Université Populaire Européenne de Grenoble (UPEG) et l’association étudiante « GEM en débat », sera menée par M. Bartlomiej Barcik, conseiller technique au cabinet du Maire de Grenoble, en charge des questions sociales, et doctorant à l’Université Grenoble –Alpes, ainsi que par Dorian Guinard, Maitre de conférence à l’IEP de Grenoble et juge assesseur du HCR à la Cour nationale du droit d’asile.

Pour revoir la vidéo « Migrations en images – Perspectives grenobloises » : http://www.europedirectgrenoble.eu/

Laure Boni

Wed, 10 Jan 2018 14:35:50 +0100

Agenda européen : tous les grands événements à suivre en 2018

2017 a été marquée par une succession d’élections majeures : France, Allemagne, Royaume-Uni ou encore Catalogne. Quant à 2019, l’année sera évidemment animée par les élections européennes, point d’orgue de la vie politique de l’UE.

Et en 2018 ? Des élections en Italie à la COP24 en Pologne, en passant bien sûr par les conventions démocratiques et la Coupe du monde de football, Toute l’Europe dresse la liste des événements européens à ne pas manquer.

2018, Année européenne du patrimoine culturel

Architecture, théâtre, musique… En Europe, l’année 2018 sera assurément placée sous le signe du patrimoine. C’est en effet ce thème que l’Union européenne a souhaité mettre à l’honneur, à l’occasion de la 34ème « année européenne ». Mot d’ordre de ces éditions : sensibiliser l’opinion publique et attirer l’attention des gouvernements nationaux sur certains thèmes spécifiques d’intérêt général.

L’Année européenne du patrimoine aura ainsi pour principal objectif de promouvoir le patrimoine comme « élément central de la diversité culturelle et du dialogue interculturel, ainsi que de sensibiliser les citoyens européens à l’importance économique et sociale du patrimoine de leur continent« . A cette occasion, de nombreux projets seront organisés dans les différents Etats membres, et complétés par des actions transnationales financées par l’UE.

1er semestre : Présidence bulgare de l’UE

Depuis le 1er janvier 2018, c’est la Bulgarie qui assure pour la première fois la présidence tournante du Conseil de l’UE, et ce, durant les six premiers mois de l’année. Le pays, membre de l’UE depuis 2007, succède ainsi à l’Estonie. Pendant cette période, les membres du gouvernement bulgare devront présider les réunions des formations du Conseil auxquelles ils appartiennent, exception faite du Conseil des affaires étrangères. C’est par exemple le ministre bulgare du Travail qui assurera la présidence des Conseils « Emploi, politique sociale, santé et consommateurs ». Par ailleurs, les membres du gouvernement bulgare représenteront le Conseil de l’UE dans les autres institutions.

La présidence bulgare s’est fixé quatre priorités : l’avenir des jeunes en Europe, la sécurité et la stabilité, l’économie numérique et les Balkans occidentaux. Concernant cette dernière priorité, l’ambition de Sofia est de proposer une liste de mesures concrètes pour chacun de ces six pays candidats. Une problématique qui concerne particulièrement ce pays puisqu’il partage ses frontières avec la Serbie et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM). Un sommet UE-Balkans est prévu au mois de mai.

Janvier : Début de la 2e phase de négociations sur le Brexit

Après six mois de difficiles discussions sur les modalités du divorce, les Vingt-Sept ont finalement accepté, lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre, de passer à la seconde phase des négociations. Celles-ci porteront sur la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE. Dans un premier temps, à partir de la fin du mois de janvier, les négociations devraient commencer afin de régler les modalités de la période de transition qui devrait suivre le Brexit effectif. Un accord sur les dispositions du divorce est attendu pour le Conseil européen des 18 et 19 octobre 2018. Puis à partir du 29 mars 2019, jour du retrait officiel du Royaume-Uni de l’Union européenne, les négociations relatives au futur accord commercial entre les deux rives de la Manche commencera.

1er trimestre : Formation du gouvernement allemand

Au cours des premières semaines de l’année 2018 devrait intervenir la formation du prochain gouvernement allemand. Celle-ci est en suspens depuis les élections législatives du 24 septembre dernier car si le centre-droit (CDU-CSU) conduit par Angela Merkel est arrivé en tête, la constitution d’une coalition avec le Parti libéral et les Verts s’est révélée impossible.

En conséquence, les discussions ont démarré, le 7 décembre, entre la CDU-CSU et le Parti social-démocrate (SPD) dirigé par Martin Schulz, pour reconduire la « grande coalition » au pouvoir en Allemagne depuis 2013. Cette option était jusqu’ici écartée, le SPD ayant officiellement annoncé son intention de demeurer dans l’opposition pour les quatre années à venir. Pour éviter la formation d’un gouvernement minoritaire ou la convocation de nouvelles élections – pouvant être favorables à l’extrême droite – les sociaux-démocrates ont accepté de revenir sur leur décision initiale.

« Nous ne devons pas gouverner à tout prix. Mais nous ne devons pas refuser à tout prix de gouverner« , a ainsi résumé Martin Schulz. Les discussions avec la chancelière devraient principalement se concentrer sur l’économie et les droits sociaux, ainsi que sur l’Europe. Ancien président du Parlement européen, M. Schulz s’est récemment déclaré favorable à la mise en place « d’Etats-Unis d’Europe » d’ici 2025 et soutient également les propositions d’Emmanuel Macron sur la réforme de la zone euro et l’accroissement du budget européen. Les négociations, qui ne sont pas assurées d’aboutir, devraient durer au moins jusqu’en février.

1er trimestre : Aboutissement de la révision sur les travailleurs détachés

C’est au cours des premières semaines de l’année 2018 que doit aboutir la révision de la directive relative au détachement des travailleurs. La conclusion d’un processus législatif long de deux ans et qui a suscité de vifs échanges entre les pays d’Europe occidentale et les Etats d’Europe centrale et orientale.

Fin 2017, les Etats membres d’un côté et le Parlement européen de l’autre se sont entendus sur des positions communes, ouvrant la voie à une ultime phase de conciliation, appelée « trilogue » et à laquelle participe aussi la Commission européenne. Les institutions européennes ont ainsi entamé des négociations pour trouver un accord sur les derniers points de divergence, comme la durée maximale du détachement ou encore l’incorporation ou non du secteur routier à la révision de la directive. Cette phase est en cours et devrait se terminer au cours du premier trimestre 2018.

Mars : Elections en Russie

Les 18 mars et 8 avril 2018 aura lieu la prochaine élection présidentielle russe. Vladimir Poutine, président sortant, est candidat à sa réélection. Il est en poste depuis 2012, après avoir déjà occupé ce poste de 2000 à 2008 et avoir été nommé Premier ministre de 2008 à 2012.

Donné d’ores et déjà largement favori, Vladimir Poutine se présente cette année sous une étiquette indépendante, même si son parti, Russie unie, le soutient et ne présente pas de candidat face à lui. Ses adversaires seront la journaliste Ksenia Sobtchak et Vladimir Jirinovski, du Parti libéral-démocrate. L’avocat Alexei Navalny, farouche opposant à la politique de M. Poutine, aurait pu constituer un concurrent plus dangereux, mais inquiété par la justice pour des affaires qu’il juge infondées, il n’aura pas le droit de participer à l’élection.

Mars : Elections en Italie

Comme annoncé à la fin du mois de décembre, le gouvernement italien a choisi la date du 4 mars 2018 pour l’organisation des prochaines élections législatives. Un rendez-vous électoral que les Européens observeront avec attention, et qui interviendra un peu plus d’un an après le retrait de Matteo Renzi en raison du rejet de son référendum portant sur une large réforme de la constitution italienne. Depuis, c’est son fidèle ministre des Affaires étrangères, M. Gentiloni, qui occupe le poste de chef du gouvernement, dans l’attente du retour de Matteo Renzi, qui a été facilement réélu chef du Parti démocrate en avril dernier.

Toujours populaire, M. Renzi ne part toutefois pas en position de force pour ces élections législatives. Encore marqué par son échec de décembre 2016, il est devancé par deux formations politiques dans les sondages. D’abord la coalition de droite où figurent Forza Italia, le parti toujours présidé par Silvio Berlusconi, et la Ligue du Nord, parti d’extrême droite emmené par Matteo Salvini, allié du Front national au Parlement européen. Ce fragile alliage aux multiples désaccords et auquel se joint le parti Frères d’Italie (droite souverainiste) est pour l’heure crédité d’environ 35% des voix. Arrive ensuite le Mouvement 5 étoiles, formation iconoclaste et populiste fondé par l’humoriste Beppe Grillo, qui obtiendrait environ 28,5% des suffrages. Le Parti démocrate ne recueillerait pour sa part qu’environ 24% des voix.

Et si ces chiffres devaient se révéler exacts, la formation d’un gouvernement majoritaire pourrait être impossible. Par conséquent, une période d’incertitude politique est susceptible de s’ouvrir en Italie, qui viendrait encore renforcer l’instabilité économique que connaît le pays depuis la crise.

Paolo Gentiloni

Printemps/été : Lancement des conventions démocratiques sur l’avenir de l’Europe

Proposition phare du projet d’Emmanuel Macron pour refonder l’Union européenne, le lancement des « conventions démocratiques » devrait avoir lieu au printemps ou à l’été 2018 en Europe. Pour le chef de l’Etat, défenseur d’une « Europe plus unie, démocratique et souveraine« , l’objectif sera double : associer l’ensemble des citoyens européens dans la définition des prochaines priorités de l’Union européenne, et ainsi endiguer la montée de l’euroscepticisme et des populismes en Europe.

Ces « conventions démocratiques » rebaptisées « consultations citoyennes », serviront de base à l’élaboration « d’une feuille de route brève, avec quelques défis communs et des actions précises, traçant les priorités d’action de l’Union et leur calendrier de mise en œuvre pour les cinq années à venir« . Si leurs modalités de mise en œuvre demeurent encore incertaines, un rapport parlementaire, publié au mois de décembre, suggère une organisation en deux phases, s’étalant de mai à octobre 2018. Tout d’abord, une vaste consultation numérique permettrait d’interroger « plusieurs millions de citoyens européens » sur leurs préoccupations quant à l’avenir de l’UE. Puis, dans un second temps, des débats locaux seraient organisés dans chacun des Etats membres. Dans son rapport, la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale propose également qu’un « comité de sages« , composé « notamment des représentants des comités nationaux et des institutions européennes« , assure la restitution des informations collectées à l’issue de ces mois de conventions démocratiques.

En définitive, le projet du président de la République servirait de préparation en vue des élections européennes de 2019, dont il souhaite encore réformer le mode de scrutin, pour voir la création de listes transnationales.

Printemps : Référendum sur l’avortement en Irlande

Alors que ce sujet divise tout particulièrement la société irlandaise, le Premier ministre Leo Varadkar a annoncé le 26 septembre la tenue d’un référendum sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en Irlande, entre les mois de mai et juin 2018. Le pays fait partie du groupe restreint d’Etats membres – avec Malte, Chypre et la Pologne – qui interdisent ou limitent fortement le recours à l’IVG.

Actuellement, l’interruption volontaire de grossesse reste autorisée pour les Irlandaises dans un seul cas, celui où la vie de la mère est en danger, y compris en cas de risque suicidaire reconnu par deux psychiatres et un obstétricien. En juillet 2016, un projet de loi visant à légaliser l’avortement sans condition avait été rejeté.

25 mai : Entrée en vigueur du Règlement européen sur les données personnelles

Adopté en 2016, le Règlement européen sur les données personnelles (RGPD), ou General Data Protection Regulation, entrera en vigueur le 25 mai prochain. Ce dispositif a pour objectif de garantir plus efficacement le droit fondamental de tout citoyen de l’UE à la protection de sa vie privée et de ses données personnelles.

Ainsi, les entreprises devront désormais s’assurer du consentement « clair« , « éclairé » et « univoque » des individus, quant à la collecte et au traitement de leurs données. De cette manière, le règlement met fin au principe du « qui ne dit mot consent« , puisque les sociétés devront pouvoir « prouver » ledit consentement. Les données devront également être sécurisées et conservées assez longtemps pour permettre leur accès, leur modification ou encore leur effacement, sur demande des citoyens européens.

Le RGPD concerne toutes les entreprises ayant une relation client avec l’Union européenne. En cas de non-respect, ces dernières pourraient se voir infliger une amende correspondant à 4% de leur chiffre d’affaire.

Juin : Décision sur la réforme de la zone euro ?

Le 15 décembre dernier, les dirigeants européens ont débattu, lors d’un sommet de la zone euro élargi à l’ensemble des membres de l’UE sauf le Royaume-Uni, d’un certain nombre d’idées « faisant l’objet d’un large consensus » afin de renforcer l’Union économique et monétaire. A présent que la croissance économique semble de retour au sein de la zone euro, la période est vue comme favorable pour se doter d’outils à même de faire face à de futurs chocs économiques et financiers.

Selon une note diffusée à l’issue du sommet, les dirigeants ont constaté que l’achèvement de l’union bancaire devait être une priorité : sans progrès significatifs à ce sujet, « il sera très difficile d’envisager d’avancer sur les idées plus ambitieuses« . Ils ont également étudié différentes idées telles que le développement du Mécanisme européen de stabilité afin qu’il devienne un Fonds monétaire européen.

Cependant, si l’idée d’une plus grande solidarité européenne en cas de crise semble faire consensus sur le papier, les plus gros contributeurs au MES, dont l’Allemagne, pourraient émettre des réserves si cet organe se destine à devenir non plus intergouvernemental mais communautaire. Dans ce cadre, ils perdraient de leur influence : la crainte de l’Allemagne étant que les autres États membres, se sachant protégés, laissent filer leurs dépenses publiques. De son côté, la France avait fait part de plusieurs propositions, les principales étant la création d’un ministre des Finances de la zone euro et la constitution d’un budget spécifique à la zone. Deux propositions qui ne font pour l’heure pas partie des discussions entre les Vingt-Sept.

Les dirigeants européens se retrouveront pour débattre à nouveaux de ces points en juin 2018, afin de parvenir à une première série de décisions.

1er semestre : Réforme du règlement de Dublin sur le droit d’asile

Discutée depuis plusieurs mois, la réforme du règlement de Dublin sur le droit d’asile, qui stipule que les demandes d’asile doivent être traitées par le premier pays d’arrivée, est prévue pour le premier semestre 2018. En effet, avec l’intensification des flux migratoires que connaît l’Europe depuis 2015, la Grèce et l’Italie ont été submergées par les arrivées et donc les demandes d’asile à traiter.

Toutefois, la division prévaut toujours au sein des Etats membres de l’UE. Plusieurs pays, au premier rang desquels ceux du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie), ont en effet refusé de participer au plan de relocalisation des réfugiés élaboré par la Commission européenne. Or la révision du règlement de Dublin est précisément envisagée pour renforcer la solidarité au sein de l’Union.

Aboutir à un accord relatif à la gestion de la crise migratoire est donc encore hautement incertain. L’enjeu pour les institutions européennes, au cours des premiers mois de l’année 2018, sera donc de ne pas attiser les tensions entre les Etats membres et de parvenir (enfin) à une stratégie commune sur cette question appelée à rester prégnante au cours des années à venir. Jusqu’à présent, les principales mesures ont pris la forme d’accords externes, avec la Turquie ou plus récemment des pays africains.

Juin-Juillet : Coupe du monde de football en Russie

En juin et juillet 2018 se tiendra en Russie la 21e édition de la Coupe du monde de football. Parmi les qualifiés figurent 14 nations européennes, dont 9 pays de l’Union européenne (Allemagne, Angleterre, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, France, Pologne, Portugal, Suède).

La compétition intervient dans un contexte de défiance vis-à-vis de la FIFA, l’institution organisatrice. Cette dernière est en effet impliquée dans plusieurs scandales de corruption, l’un d’eux concernant la sélection du Qatar comme pays hôte de l’édition suivante, en 2022. Le choix de la Russie pour accueillir le mondial 2018 n’est à cet égard pas non plus dénué de critiques. Le pays est en effet régulièrement pointé du doigt en matière de respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit, et a récemment été impliqué dans des affaires de dopage à grande échelle. A cet égard, la Russie a été disqualifiée des prochains Jeux olympiques d’hiver, qui se tiendront à Pyongyang (Corée du Sud) en février prochain. Les athlètes russes ne pourront ainsi concourir que sous le drapeau olympique et non pas de leur pays.

2e semestre : Présidence autrichienne de l’UE

Dernier pays du trio de présidences 2017-2018, l’Autriche assurera la présidence tournante du Conseil de l’UE du 1er juillet au 31 décembre, succédant ainsi à la Bulgarie. Si les objectifs de Vienne demeurent incertains, le nouveau chancelier, Sébastien Kurz, a annoncé vouloir se concentrer « sur les questions les plus pressantes« , dont la sécurité et l’immigration. Le leader du parti conservateur ÖVP a également exprimé son souhait de « renforcer la subsidiarité » au sein de l’Union européenne.

Discussions sur le CETA à l’Assemblée nationale

Partiellement entré en vigueur le 21 septembre 2017 après validation du Parlement européen, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), devrait être soumis au vote du Parlement français au cours du second semestre de l’année 2018.

Sujet de nombreuses polémiques à travers l’Europe, le CETA pourrait déjà faire l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale au moins de février, à la demande du parti France insoumise.

2e semestre : Instauration de l’ACCIS ?

Au cours de l’année 2018, les discussions devraient être régulières au niveau européen sur la possibilité instauration d’une assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS). Projet remontant à 2001, il n’a pour l’heure pu voir le jour en raison des réticences des Etats membres à concéder au niveau européen cet élément de leur souveraineté nationale.

Réactivé en 2015 à la suite du scandale des LuxLeaks, le projet d’ACCIS est aujourd’hui présenté comme l’un des moyens les plus efficaces de lutter contre la concurrence fiscale parfois agressive au sein de l’Union européenne. Pierre Moscovici, commissaire en charge de la fiscalité, a fait de son adoption un élément incontournable de son mandat et a déclaré espérer un accord fin 2018, ou au plus tard avant les élections européennes 2019.

Novembre : COP24 à Katowice

Fin 2018, théoriquement en novembre, aura lieu la prochaine conférence sur le climat organisée par les Nations unies – la COP24 – à Katowice en Pologne. Evénement annuel réunissant l’ensemble des pays de la planète pour discuter de la lutte contre le changement climatique, il aura lieu trois ans après la signature de l’Accord de Paris, datant de la COP21 en 2015, dont l’application demeure à ce jour modeste. Les Européens, plutôt en pointe dans ce domaine, tendent eux-aussi à prendre du retard dans leurs efforts en faveur de l’environnement et du climat. Les émissions de gaz à effet de serre demeurent en effet élevées sur le continent, tandis que la part des énergies renouvelables ne progresse pas assez rapidement d’après les experts.

Et aussi …

Le vote du paquet climat, les législatives en Hongrie et les discussions autour du prochain cadre financier pluriannuel 2021-2028. Ces dernières seront tout particulièrement marquées par le départ du Royaume-Uni, jusqu’ici 3ème contributeur net au budget de l’UE.

SOURCE : ToutelEurope.eu

Laure Boni

Wed, 20 Dec 2017 11:52:51 +0100

En janvier, tenez-vous prêts pour le Mois de l’Allemagne !

Du 6 janvier au 1er Février inclus, la Ville de Grenoble, via sa Maison de l’international et son Centre d’information Europe Direct, vous propose de (re)découvrir l’Allemagne. A l’occasion du 55ème anniversaire du Traité de l’Elysée ayant sacré l’amitié et la coopération franco-allemande, la Ville de Grenoble se mobilise pour célébrer les échanges et la solidarité entre nos deux pays au niveau local.

Jetez un coup d’œil au programme : http://bit.ly/2AUL3X6

Entrée en matière le samedi 6 janvier avec la pièce de théâtre « Médée Matériau », à 20h30, au Petit théâtre. Cette pièce mettra à l’honneur un récit du grand dramaturge allemand Heiner Müller.

Puis, ne manquez pas la soirée de lancement officiel du Mois de l’Allemagne, le mardi 9 janvier, à la Maison de l’international. Durant cette soirée exceptionnelle, la Ville de Grenoble recevra le député allemand, et ancien conseiller municipal de Halle sur Saale, Karamba Diaby  qui mènera une conférence-débat sur « l’engagement politique d’un citoyen dans son pays d’adoption ».

Ce moment sera suivi du vernissage des expositions photographiques proposées par la Maison de l’international avec un focus sur les villes jumelles de Grenoble. Vous découvrirez l’exposition de l’artiste Wolfgang Kleber intitulée « Zollverein einstarkesStück ». Le Zollverein est un ancien site minier de la ville d’Essen,  classé au patrimoine mondial de l’Unesco et  reconverti en complexe culturel moderne … W.Kleber nous livre son regard sur cette ancienne ville industrielle devenue capitale verte européenne, permettant le parallèle avec Grenoble. Le photographe Matthias Kunkel,quant à lui, vous proposera une exposition, baptisée « Halle sur Saale – Une ville, mon port d’attache », dans laquelle il retrace l’évolution de sa ville au travers d’une conception organique de celle-ci.

Vous retrouverez ensuite plusieurs concerts, expositions et conférences tout au long du mois de janvier, en lien avec de nombreux partenaires dont la Cité scolaire internationale. Des preuves d’échanges si nombreux entre Grenoble et le territoire allemand.

Laure Boni

Wed, 13 Dec 2017 10:49:06 +0100

Climat : quel bilan pour l’action européenne 2 ans après la COP21 ?

Exactement deux ans après la signature de l’Accord de Paris, trouvé à l’occasion de la COP21, la France a accueilli mardi 12 décembre un nouveau sommet sur le climat. Organisé par Emmanuel Macron en réponse à la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’Accord, cet événement donne l’occasion aux dirigeants mondiaux de renouveler leur engagement dans la lutte contre le changement climatique. Pour faire le point sur l’action européenne en la matière, Toute l’Europe passe en revue cinq indicateurs clés.

1. Emissions de gaz à effet de serre : l’Europe ne progresse plus

D’ici 2030, l’Union européenne s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40% par rapport au niveau de 1990. Alors qu’il ne reste plus que treize ans pour atteindre cet objectif, l’incertitude demeure quant à la capacité des Européens à y parvenir.

En 2016, d’après la Commission européenne, les GES ont diminué de 0,7% par rapport à l’année précédente. Une performance honorable, surtout compte tenu de la reprise de la croissance, qui a incité Miguel Arias Cañete, commissaire européen au Climat et à l’Energie, à l’optimisme. « Nos émissions baissent et l’économie se développe, en grande partie grâce aux technologies innovantes, montrant ainsi que la croissance et la lutte contre le changement climatique peuvent aller de pair« , a-t-il ainsi déclaré le 9 novembre dernier.

Ce chiffre de -0,7% apparaît toutefois encore insuffisant. Particulièrement au regard de la « régulation sur le partage de l’effort » sur laquelle les Vingt-Huit se sont entendus le 13 octobre dernier. Très critiques vis-à-vis de cet accord, les ONG, à l’instar du Réseau Action Climat (RAC), estiment qu’il donnera la possibilité aux Etats membres de ne pas avoir à respecter leurs engagements, notamment car ces derniers pourront compenser leurs manquements en utilisant des crédits carbone disponibles (voir plus bas). Il s’agit, pour Neil Makaroff, responsable Europe du RAC, d’une « échappatoire pour ne pas faire les efforts nécessaires vers la trajectoire dictée par l’Accord de Paris« . De plus, la proposition allemande de calculer l’effort de réduction des GES par rapport aux niveaux anticipés de 2020 et non de 2017 – ce qui aurait été plus ambitieux – a été rejetée.
Capture gazNe pas atteindre l’objectif de 40% de réduction des GES d’ici 2030 aurait tout d’une sévère contre-performance pour les pays de l’UE. D’autant plus que, selon un rapport de la Cour des comptes européenne, rendu public en septembre, « pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que s’est fixés l’UE pour 2030, il faudra doubler nos efforts (…) et les multiplier par trois ou quatre pour ceux de 2050« .

2. Energie : les renouvelables en hausse, le charbon toujours présent

D’ici 2030, les pays européens se sont aussi engagés à porter la part des renouvelables à 27% du mix énergétique. Un objectif qui paraît atteignable dans la mesure où les énergies propres, de plus en plus rentables, ont le vent en poupe partout dans le monde.

En la matière, rappelle la direction générale Climat de la Commission européenne, l’UE est le champion mondial en termes de brevets, mais manque encore de réalisations concrètes sur son territoire. De plus, le continent est de plus en plus concurrencé par la Chine, l’Inde et les Etats-Unis où la croissance des énergies renouvelables, comme le solaire, est particulièrement forte. L’Agence internationale de l’énergie indique à cet égard que la progression des renouvelables en Europe devrait être moins importante entre 2017 et 2022 qu’elle ne l’a été entre 2011 et 2016.

Un pays comme la France tend d’ailleurs à prendre du retard. Pour respecter ses engagements, le pays devrait en effet doubler son parc d’éoliennes et multiplier par cinq sa production d’électricité d’origine photovoltaïque d’ici 2035. Pour l’heure, les renouvelables ne représentent en effet que 16% du mix énergétique français encore largement dominé par le nucléaire. A cet égard, le gouvernement a annoncé, le 7 novembre, que la France ne serait pas en mesure de baisser la part du nucléaire de 75 à 50% à l’horizon 2025, comme le prévoyait initialement la loi de transition énergétique, adoptée lors du précédent quinquennat. Une ineptie estiment les écologistes car, arguent-ils, le coût de l’atome ne cesse d’augmenter et qu’en parallèle le pays pourrait rater le wagon des énergies propres.

Capture renouvelable

Pays du nucléaire, la France a en revanche renoncé au charbon. A l’image des Pays-Bas, puis de la Belgique, de l’Italie, ou encore du Portugal lors de la COP23 à Bonn (Allemagne), Paris a officialisé son désengagement total de cette énergie particulièrement polluante. Un choix inverse à celui de la Pologne, où 80% de la production d’électricité est encore issue du charbon, ou encore de la Bulgarie, de la Grèce ou de la République tchèque où la part de cet énergie dépasse également les 40%. En Allemagne également, notamment pour compenser le retrait brutal du nucléaire, le charbon conserve une place prépondérante et fait partie des sujets les plus épineux des négociations pour la formation du prochain gouvernement de coalition.

Au total, selon un rapport conjoint de l’Institut britannique de développement et du Réseau Action Climat, ce sont encore 112 milliards d’euros de subventions qui sont encore consacrés aux énergies fossiles chaque année en Europe, entre autres par le biais d’avantages fiscaux en faveur du diesel.

Le glyphosate, une controverse européenne

Le 27 novembre dernier, une majorité qualifiée d’Etats membres a approuvé le renouvellement de l’autorisation du glyphosate, substance contenue notamment dans le Roundup de Monsanto, l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Cette décision a temporairement mis fin à une intense controverse scientifique qui s’est étalée sur plusieurs mois. En effet, alors que le Centre international de recherche sur le cancer juge le glyphosate « probablement cancérogène », deux agences européennes ont abouti au résultat inverse. Problème : une fuite de documents internes à Monsanto indique une possible collusion entre la firme américaine et les agences européennes. Par conséquent, plusieurs pays dont la France s’opposaient à une trop longue reconduction de l’autorisation et souhaitaient une date pour son interdiction. Ils n’ont pas eu gain de cause.

3. Marché du carbone : une réforme trop timide ?

Le marché européen du carbone est un système d’échange de quotas d’émissions de CO2 qui fixe un plafond d’émissions pour les industries les plus polluantes, et qui permet aux entreprises qui dépassent les limites d’acheter des droits d’émissions à d’autres. L’efficacité de ce système, dont l’objectif final est de réduire les émissions de GES, est depuis plusieurs années très contestée en raison du prix très faible de la tonne de carbone, qui s’élève à l’heure actuelle à environ 8 euros.

Le 9 novembre dernier, les Vingt-Huit et le Parlement européen se sont entendus sur une réforme de ce marché du carbone, après des mois de tractations. Est prévue une réduction annuelle des quotas disponibles de 2,2%, un chiffre qui devrait être revu à la hausse en 2024. De cette manière, d’ici 2030, le prix de la tonne de carbone devrait atteindre les 25 ou 30 euros. Une perspective qui a été jugée insuffisante par les ONG environnementales et les écologistes.

« Seule une lourde taxation des émissions de gaz à effet de serre permettrait de stabiliser le réchauffement climatique« , soutient également Gaël Giraud, économiste en chef à l’Agence française pour le développement (AFD), rejoignant ici l’opinion d’autres experts comme Joseph Stiglitz et Nicholas Stern. Fixer d’ici 2020 le prix de la tonne de carbone entre 40 et 80 dollars (34-68 euros), puis entre 50 et 100 dollars (42-85 euros) d’ici 2030 serait pour eux la solution à adopter, et si possible à l’échelle mondiale. L’impact positif sur le climat serait rapide et sur le plan économique, la mesure neutre car elle s’appliquerait à tous.

Quel avenir pour le marché du carbone européen ?

4. Qualité de l’air : les villes multiplient les mesures

Selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE), ce sont encore 500 000 décès qui sont à déplorer chaque année en raison de la pollution de l’air. A cet égard, les particules fines, dont les concentrations sont en baisse, apparaissent comme la principale cause de mortalité, étant responsables d’environ 400 000 morts. Les deux autres principales substances nocives sont le dioxyde d’azote, dont la notoriété a connu un bond avec l’affaire du Dieselgate, et l’ozone.

En 2015, indique l’AEE, 7% de la population aurait ainsi été exposée à des niveaux de particules fines supérieurs aux limites européennes – une proportion qui monte à 82% si l’on considère les niveaux les plus exigeants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). A cet égard, deux régions européennes se distinguent par une qualité de l’air particulièrement mauvaise : la vallée du Pô de Milan à Padoue en Italie et l’ensemble du sud-est polonais autour des villes de Varsovie et Cracovie.

Concentrations annuelles moyennes de particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres (2,5PM) en 2015 – Source : Agence européenne de l’environnement

Pour faire face à ce type de pollution, nombreuses sont les grandes villes européennes à avoir mis en œuvre des mesures. Paris a par exemple instauré en janvier 2017 une vignette indiquant le niveau de pollution des véhicules. L’objectif est de limiter la circulation des voitures et camions diesel antérieurs à 1997. Tandis que les véhicules les plus propres doivent bénéficier de facilités de circulation et de stationnement. Plus récemment, depuis le 23 octobre, Londres impose une taxe de 10 livres (11,20 euros) par jour aux conducteurs de voitures diesel et essence antérieures à 2006. Elle vient s’ajouter au péage urbain (12,90 euros par jour) datant de 2003 et destiné à limiter le trafic dans le centre de la capitale. D’autres villes encore ont adopté pareilles mesures : Berlin avec une vignette, Athènes avec une circulation alternée permanente, ou encore Milan avec un péage.

Perturbateurs endocriniens : le Parlement européen en colère

Le 4 octobre dernier, le Parlement européen a invalidé le projet de la Commission européenne deréglementation des perturbateurs endocriniens, rejetant les critères d’identification de ces derniers. Les eurodéputés ont en effet majoritairement estimé que ces critères n’étaient pas suffisamment restrictifs, les perturbateurs endocriniens étant connus pour avoir un effet néfaste sur le système hormonal. La Commission européenne doit par conséquent élaborer une nouvelle proposition, qui sera à nouveau soumise aux Etats membres – qui s’étaient finalement rangé derrière Bruxelles après des mois de discussions – et au Parlement européen.

5. Economie : les investissements verts en pleine croissance

Sujet au cœur du sommet sur le climat du 12 décembre, les investissements verts ont le vent en poupe en Europe. D’après la banque HSBC, l’Union européenne est même le leader mondial en la matière, la France seule se situant en troisième position. « La France occupe la première place en Europe en termes d’émissions d’obligations vertes et la troisième place au niveau mondial avec 13% des volumes émis, derrière la Chine (17%) et les Etats-Unis (14%)« , relate HSBC, qui ajoute que 68% des opérateurs prévoient d’augmenter leurs investissements verts.

Pour l’année 2016, les investisseurs pour le climat se sont ainsi élevés à 31,7 milliards d’euros en France. Un chiffre donc élevé, mais qui demeure insuffisant si le pays veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 comme le souhaite Nicolas Hulot, ministre de l’Environnement. Le doublement de ce volume d’investissements serait à cet égard nécessaire, estiment Les Echos.

Au niveau européen, la donne est la même. Comme l’explique la direction générale Climat de la Commission européenne, ce sont 180 milliards d’euros d’investissements par an qui manquent à l’appel. Une somme jugée atteignable, mais qui suppose l’engagement accru du secteur privé. Le plan d’investissement européen, également appelé plan Juncker, lancé en 2015 et qui va être prolongé jusqu’en 2020, doit contribuer à cette augmentation. En participant au financement de projets potentiellement risqués, l’UE via la Banque européenne d’investissement incite les acteurs privés à également s’engager.

Bruxelles travaille en outre à un « business plan pour la planète« , qui devrait être discuté par les chefs d’Etat et de gouvernement en mars 2018.

SOURCE : ToutelEurope.fr

Credit photo :  Friends of the Earth

Laure Boni

Fri, 08 Dec 2017 11:53:42 +0100

Brexit : ce que contient l’accord conclu entre Londres et Bruxelles

Fumée blanche à Bruxelles. Après de longs mois de discussions tendues, la première phase des négociations sur le Brexit a accouché d’un accord sur les modalités du divorce, vendredi 8 décembre, entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Le compromis, publié tôt dans la matinée sous la forme d’un document de 15 pages (en anglais), doit désormais être validé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Ceux-ci se réuniront lors du Conseil européen du 15 décembre. La seconde phase des négociations, consacrée à la future relation entre les deux entités, pourra alors s’ouvrir.

Dans un communiqué, la Commission européenne s’est félicitée des« progrès suffisants réalisés » dans les négociations. Celles-ci achoppaient depuis plusieurs jours sur la question de la frontière terrestre entre la république d’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, qui est une partie du Royaume-Uni. « Je suis satisfait de l’accord équilibré que nous avons conclu avec le Royaume-Uni », a déclaré son président, Jean-Claude Juncker. Voici ce qu’il contient.

L’absence de frontière « dure » entre l’Irlande et l’Irlande du Nord

C’est le point qui avait le plus coincé dans la dernière ligne droite. Quid de la frontière entre la république d’Irlande et l’Irlande du Nord ?

L’accord conclu ce vendredi énonce que, sauf accord contraire, Londres maintiendra en Irlande du Nord une législation alignée sur celle du marché intérieur de l’Union européenne et de l’union douanière, afin d’éviter la nécessité d’une frontière physique avec la République d’Irlande. L’idée est donc de préserver au maximum l’accord du Vendredi-Saint, signé en 1998, qui avait mis fin à des décennies de violences entre républicains en majorité catholiques et unionistes en majorité protestants en Irlande du Nord.

En début de semaine, le DUP, le petit parti unioniste qui gouverne l’Irlande du Nord, allié clé de Theresa May à Londres, avait critiqué avec vigueur l’établissement d’un statut particulier pour l’Irlande du Nord. C’est pourtant bien ce qui, de fait, a été conclu. Le ministre des Affaires étrangères de la république d’Irlande n’a d’ailleurs pas caché sa joie sur Twitter. Il assure avoir obtenu des garanties sur le fait qu’il n’y aurait pas de frontière sur l’île d’Irlande.

Une garantie pour les droits des citoyens européens déjà installés au Royaume-Uni

Que deviendront les quelque 3 millions d’Européens vivant au Royaume-Uni et le million de Britanniques résidant sur le continent ? « Les citoyens de l’Union vivant au Royaume-Uni et les citoyens britanniques installés dans l’UE à 27 conserveront les mêmes droits une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE », assure la Commission européenne. Néanmoins, ces règles ne s’appliquent que pour les citoyens dans cette situation avant la date du Brexit. 

Jusqu’aux derniers jours de négociations, la question faisait débat. Londres proposait simplement de s’engager à continuer à suivre la jurisprudence européenne, tandis que les négociateurs européens estimaient que la Cour de justice de l’Union européenne devait rester garante des droits des citoyens européens.

Finalement, le compromis précise que « la CJUE est l’instance suprême pour l’interprétation de la législation de l’Union européenne », mais que les tribunaux britanniques « auront un droit de regard sur les décisions de la CJUE » après la sortie du Royaume-Uni.

Le montant de la facture pour Londres

Le prix que devra payer Londres pour sortir de l’Union européenne n’a pas encore été fixé. En revanche, l’accord conclu ce vendredi fixe une méthodologie précise pour le calcul de ce montant. La Commission européenne souligne notamment que « le Royaume-Uni a consenti à ce que les engagements pris par l’UE à 28 soient honorés par les 28 Etats membres, c’est-à-dire y compris par le Royaume-Uni ». Pas question de partir sans payer les factures déjà engagées.

Et la note sera salée. Le chiffre de 45 à 55 milliards d’euros, révélé par la presse britannique et des sources européennes ces derniers jours, avait provoqué la colère de la classe politique britannique.

Si l’accord est approuvé par les pays membres, mi-décembre, la négociation sur le Brexit pourra passer dans sa deuxième phase, consacrée aux futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni. Le président du Conseil de l’UE, Donald Tusk, a d’ores et déjà prévenu que « le défi le plus difficile » des négociations était « à venir ». « Beaucoup de temps a été consacré à la tâche la plus facile et maintenant (…), nous avons, dans les faits, moins d’une année », s’est-il alarmé.

SOURCE : FRANCETVINFO.FR

CREDIT PHOTO : EMMANUEL DUNAND / AFP

Laure Boni