Flux Isérois

GROUPE D'ANALYSE METROPOLITAIN

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Thu, 21 Sep 2017 16:13:57 +0200

L’incendie de la Gendarmerie de Grenoble revendiqué sur Indymedia Grenoble

Le communiqué de revendication

Sinon voir ici, dans le DL.

«  Ce jeudi, à trois heures du matin, deuxième jour du procès de la voiture brûlée. Avons pénétré dans la caserne de gendarmerie Vigny-Musset. Avons incendié six fourgons d’intervention et deux camions de logistique. Le garage et l’entrepôt ont été ravagés sur plus de 1500 mètres carrés. Cet acte s’inscrit dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci. Forte accolade à Kara et Krem. Une pensée pour Damien, récemment tabassé par les flics. Quelle que soit l’issue du procès, on continuera à s’en prendre à la police et à la justice. Notre hostilité est un feu qui se propage ».

Cette revendication reprend les éléments déjà parus dans la presse tôt ce matin: le nombre et le type de véhicules, la surface ravagée par les flammes, l’heure où l’alarme incendie a été donnée etc.

S’il s’agit vraiment d’anars, alors l’escalade est grave car là on est dans le proto-terrorisme dans la ligne d’Action Directe, de la RAF ou des Brigades Rouges.

L’enquête établira les faits et la réalité de cette revendication.

Mais nos questions demeurent: Club de Foot de la Villeneuve, Théâtre Prémol, Collège Lucie Aubrac, voiture bélier à Mistral, incendies ERDF et maintenant celui de la Gendarmerie revendiqués par des anars etc. Que se passe t-il à Grenoble?

Pascal CLEROTTE

Thu, 21 Sep 2017 12:51:36 +0200

Disons tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Le silence des autorités – Ministre de l’Intérieur, Préfet, Procureur, Maire et élus de tous bords de Grenoble et d’autre communes de la Métro tout aussi problématiques, – face à la destruction répétées de bâtiments et de biens publics depuis 2 ans et demi est assourdissant.

Voilà ce que nous écrivions après l’incendie du collège Lucie Aubrac. Cette succession de faits, cette « baseline » est extrêmement inquiétante.

Voilà ce que nous écrivions il n’y a pas une semaine sur les problématiques de sécurité, et nous le répétons, nous ne sommes pas des obsédés du sécuritaire.

Faisons un peu conjecture, puisque personne ne daigne éclairer la population sur ce qui se passe depuis trop longtemps.

Ces incendies et opérations de vandalisme à grande échelle façon attaques complexes ne semblent pas être l’œuvre des « anars », qui ont parfois bon dos.  Ceci n’est pas le modus operandi du CNT, du Comité Invisible; des zadistes et autres groupuscules d’extrême gauche. Eux recherchent la confrontation ouverte avec l’État et les forces de l’ordre afin de les pousser à la faute, à la « bavure », afin de démontrer que l’État est un oppresseur, dans l’espoir de susciter une révolte populaire. Et tout ce beau monde est de toute manière marqué à la culotte par le renseignement intérieur.

Avec les incendies volontaires, et particulier celui d’un collège et d’un centre de commandement départemental de la Gendarmerie, on n’est pas, mais alors pas du tout dans ce registre là.

Alors qui?
Pourquoi?
Pour quoi?

Il serait bon qu’on nous explique et qu’on dise ce qui va être fait afin de remédier à cette escalade de la violence d’une dangerosité extrême.

Pascal CLEROTTE

Thu, 21 Sep 2017 10:06:47 +0200

Mais que ce passe t-il à Grenoble????

Après un théâtre, un collège, on incendie la gendarmerie?

Qu’on ne nous parle pas de « violence politique » là.

Pour rappel, notre papier rédigé après l’incendie du collège Lucie Aubrac.

Il serait bon que M. le Ministre de l’Intérieur, M. le Maire et M. le Préfet nous mettent au parfum.

Pascal CLEROTTE

Thu, 21 Sep 2017 01:27:28 +0200

Un débat juridique intéressant se termine en procès politique orienté

Une tribune qui commence bien, se poursuit bien, est parfaitement exhaustive mais qui se conclut en ce que nous ne pouvons que considérer comme un procès politique orienté. C’est assez peu acceptable.

(A) pourquoi cite t-on Mme Chalas, qui n’a rien à voir là dedans et qui n’a aucun pouvoir de décision ni aucune prérogative en la matière? Sans compter que comme le disait Jean-Jacques Urvoas – pour le coup un constitutionnaliste de très haut niveau, outre un homme politique – ce qui caractérise les députés LREM, c’est leur connaissance approximative du droit (même quand ils sont avocats ou juristes).

(B) Non, la question du spectacle Dieudonné n’est pas une question plus politique que juridique. Il faut être soit fou soit inconscient pour l’écrire. C’est bien le droit qui régule la société et la politique se fait selon le cadre définit en droit, pas en dehors. Allez donc dire cela aux juges de la CJEU ou de la CEDH. Même la politique qui consiste à créer du droit, le travail législatif, se fait dans un cadre légal, la constitution et les traités européens, avec contrôle de légalité. Le politique qui est supérieur au droit, c’est la principale manifestation d’un régime totalitaire (on va pas non plus citer Carl Schmitt).

(C) L’arrêt Benjamin ne joue que peu en l’espèce car bien avant la proportionnalité, il faut que le Maire démontre d’abord la réalité de risques de troubles à l’ordre public. Or là, rien. Le dossier est vide. Eric Piolle va se prendre un référé liberté qu’il perdra.

Voilà ce qui se passe quand on prend des décisions pseudo-politiques contraires au droit – quand un Maire n’a pas le courage de résister à des groupes de pression parce c’est la loi, aussi déplaisant, aussi dérangeant, aussi inquiétant (extrait de la définition de la liberté d’expression telle que considérée par la jurisprudence CEDH) puisse être Dieudonné pour beaucoup de monde, dont nous. C’est à la fois la politique et le droit qui s’en trouvent affaiblis.

La conclusion de cette tribune est surprenante « En définitive, l’affaire Dieudonné ne révèle-t-elle pas le délicat sujet des violences de nature politique à Grenoble ? ». De quoi parle t-on?
Quel rapport avec l’arrêté annulant le spectacle de Dieudonné? Il ne s’agit pas de violence politique et il n’y a pas de violence politique à Grenoble, juste des actes criminels qu’on fait passer pour de la violence politique (même les anars les plus durs ne tirent pas au 9mm sur des locaux de partis politiques), ce qui est différent.

Quant aux manifestations qui finissent en eau de boudin, par des affrontements, (a) c’est une très vielle tradition grenobloise (les dauphinois sont remuants et ne se laissent pas faire. relisez les DL ou mieux, les défuntes « Allobroges » des années 50 et 60, vous verrez) et (b) ce n’est pas de la violence politique.

Violence politique: « des destructions ou des atteintes physiques dont le but, le choix des cibles ou des victimes, la mise en œuvre et/ou l’effet ont une signification politique et tendent à modifier le comportement des protagonistes dans une situation de négociation ».

Quant à Eric Piolle, qui refuse depuis son élection de prendre ses responsabilités en matière de sécurité, c’est son droit et sa responsabilité car il est seul dépositaire des pouvoirs de police administrative, sous contrôle du Juge Administratif, et ce n’est effectivement pas son rôle que d’autoriser ou d’interdire des manifestations sur la voie publique mais bien celui de la préfecture. Un maire n’a aucune prérogative en matière de maintien de l’ordre, même s’il a le devoir d’y concourir comme le précise le Code de la Sécurité Intérieure. Il ne peut donc prendre aucun arrêté en ce sens. Par conséquent le paragraphe « Or, aucun arrêté les limitant n’est pris à leur encontre et Eric Piolle n’a de cesse à ces occasions de renvoyer le préfet à ses responsabilités. La mairie n’est-elle pas prisonnière d’activistes par peur de violences trop graves ? L’application de la police administrative est-elle à géométrie variable ? » est abscons.

Nous ne pouvons trouver la conclusion de ce papier très politiquement orientée, en particulier au moment où une forte mobilisation sociale s’organise contre les ordonnances travail – et surtout à la lumière de l’engagement politique du Pr. Rambaud pour LREM.

On mélange deux choses: la police administrative et le maintient de l’ordre, qui n’est pas du ressort du Maire. Ni à Grenoble, ni ailleurs.

C’est dommage, cette confusion. C’est le zéro pointé 😀

Pascal CLEROTTE

Wed, 20 Sep 2017 21:19:23 +0200

Non Emmanuel Macron, il n’y a pas – encore – de génocide des Rohingyas

M. Macron,

le crime de génocide est clairement définit en droit international. Comme suit:

 » Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel: a) Meurtres de membres du groupe. b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe. c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique, totale ou partielle. d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. » (Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948)

Cette définition circonscrit l’acte de génocide à l’intérieur d’un cadre bien précis. Cinq hypothèses sont listées et sont soumises à des critères cumulatifs qui doivent être avérés afin de constituer le caractère génocidaire d’un crime international.

Ce qui est en train de se passer en Birmanie – et qui par ailleurs dure depuis des décennies, depuis 1962 pour être précis et l’arrivée au pouvoir du dictateur Ne Win –  c’est la persécution d’un groupe ethnique et son expulsion manu militari, persécution et expulsion qui s’accompagne de crimes et d’atrocités indicibles. Privés de la nationalité birmane en 1982, les rohingyas n’ont aucun droit politique, économique et social.

Depuis octobre 2016 et la fondation de L’Armée du Salut des Rohingyas de l’Arakaran, l’État de l’Akaran est dans les faits en état de guerre civile. Si la situation des Rohingyas est tout bonnement inacceptable depuis 1962, alors que tout le monde la découvre bien qu’elle fut parfaitement connue et que les politiques de « birmanisation » forcée ne datent pas d’hier, ce qui a changé c’est le passage à la lutte armée, avec une organisation dirigée par un Rohingya, Ata Ullah, né à Karachi (Pakistan) et ayant grandi en Arabie Saoudite. Vous le voyez le danger?

On peut en revanche parler de nettoyage ethnique – mais qui une fois encore ne date pas d’aujourd’hui –  puisqu’il s’agit de bouter hors de Birmanie une minorité ethnique qui ne bénéficie déjà d’aucun droit.

La situation inhumaine des Rohingyas est avant tout une problématique régionale. Par conséquent s’en mêler directement comme vous avez annoncé que vous le ferez risque au contraire de faire empirer la situation, comme à chaque fois que des balourds d’occidentaux mettent leurs gros pieds dans un plat dont ils n’ont pas la première connaissance. Il s’agit donc plutôt de faire pression sur les pays de la région pour que eux fassent pression sur la Birmanie. Sur la Chine et l’Inde (qui refuse les réfugies) en premier chef.

Il serait malvenu que vous utilisiez l’horreur de la situation vécue par les Rohingyas à des fins de communication, car les Rohingyas, avant d’être musulmans, sont d’abord une minorité ethnique. Ils ne parlent pas le lolo-birman mais un dialecte du bengali.

Il faut faire attention au  vocabulaire qu’on utilise, parce que ni vous, ni personne ne peut décider de la définition de ‘génocide », qui est établie par des traités internationaux et ce crime est carractérisé et jugé par la CPI.

Génocide non. Pas encore. C’est pour cela qu’il faut marcher sur des œufs. La politique du sac de riz sur l’épaule a provoqué suffisamment de catastrophes depuis 40 ans.

Persécution depuis de plus de 50 ans et nettoyage ethnique depuis 2012, oui. Indéniablement.

Pascal CLEROTTE