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greek crisis

Sun, 15 Jul 2018 22:30:00 +0200

Vêpres de Santorin



En pleine saison dite touristique les imaginaires dominent. Entre cartes postales numériques et selfies neuroplégiques, l’hyper tourisme ainsi que la déferlante Airbnb ont déjà fini par achever de bien nombreuses îles du pays, après tout terminé. “Le désir de voyager a toujours été fort naturel aux hommes, il me semble que jamais cette passion ne les a pressés avec autant de force qu'en nos jours”, écrivait déjà Jean Thévenot en son temps, dans son “Voyage du Levant”. Certes, mais c’était vers l’an 1627 de notre si glorieuse chronologie.

Hyper-tourisme à Santorin, 2018

En ce dimanche 15 juillet, le quotidien “Kathimeriní” publie une enquête au sujet de... l’insurmontable quotidien actuel sur l’île de Santorin, justement, sous les effets du dernier tourisme, alors plus massif que jamais. Nous sommes autant et définitivement loin des “Laudes de Santorin”, sublimes images filmées à jamais de l’île en 1967 par Stávros Tornés et Kóstas Sfíkas.
Pauvre Santorin et pauvre Stávros parti si tôt. En tant que comédien, il avait incarné un premier rôle dans le téléfilm “Nausicaa” d’Agnès Varda... lors de la Belle Époque !

L’insurmontable quotidien actuel à l’île de Santorin était pourtant prévisible. “Oía à Santorin, à 9 heures du matin. Le village se réveille à peine, la plupart des magasins sont encore fermés. Puis, le premier groupe de touristes arrive. Environ 10-15 personnes, toutes portant un auto-adhésif sur la poitrine indiquant le groupe et la croisière d'où ils viennent. Ils sont accompagnés par leur propre guide ; il tient un drapeau dans sa main. Ils s’arrêtent sur la petite place à l'entrée de la localité pour une ‘introduction’ approximative. Immédiatement vient alors le deuxième groupe. Le troisième. Le quatrième. Le cinquième. Une heure après c’est la bousculade. Des centaines de personnes sont entassées dans des ruelles étroites, se déplaçant dans des queues, des files d'attente. Ces gens ne peuvent plus, ni avancer plus vite, ni s’arrêter. Pour parcourir une distance de 100-200 mètres, ils mettent alors dix minutes. Et il vaut mieux ne pas penser à ce qui se passerait, si pour une raison quelconque une panique serait causée.”

“En même temps, à l'entrée d'Oía, c’est toujours la cohue qui règne. Au moins dix cars sont garés dans un petit parking (aux moteurs allumés, pour garder la fraîcheur à l'intérieur), d’autres continuent à monter et s’immobilisent alors à quelques centaines de mètres avant le bourg d’Oía. Les autres automobilistes malchanceux qui ne pourront pas les éviter y resteront bloqués longtemps. Certains jeunes, de ceux qui travaillent apparemment au sein des entreprises de transport, règlent alors la circulation, car on rencontrera difficilement sur Santorin un policier en dehors bien entendu de l'aéroport ou... du poste la police. La foule ainsi... irritée vient comme on dit, profiter du spectacle de la caldera”.

Hyper-tourisme à Santorin, 2018

Hyper-tourisme à Santorin, 2018

Hyper-tourisme à Santorin, 2018

“Port principal de Santorin, Athénios vers 11h. Les petites embarcations transvasent les passagers des trois navires de croisière du jour en visite de l'île. Le téléphérique construit entre le port et la capitale de l’île Fíra est presque vide, la plupart des croisiéristes se dirigent vers les autocars qui les attendent. À ce moment-là, le premier ferry arrive depuis la Crète. Une fois sa porte arrière à quai, une foule de 1.500 à 2.000 personnes s’ajoute à la cohue existante. Peu de gens tiennent des valises dans leurs mains. Presque tout le monde se dirige vers les autocars et les minibus qui les attendent, occupant le moindre coin encore disponible du port. Certains enfants portent le bracelet ‘all inclusive’. Les voitures sont remplies, les routes sont de nouveau engorgées”.

“Au cours des dernières années Santorin vit une situation qui n’a d’équivalant qu’à Mýkonos. Après une certaine baisse de la fréquentation entre 2011 et 2012, les flux touristiques connaissent une augmentation sans précédent, marquant record après record. Seulement, cette situation est loin d’être agréable. L'île fait maintenant face à des problèmes disons très citadins, à l’image des grandes villes. Entre autres, l’encombrement de la circulation automobile et l’insuffisance de l'eau disponible. Ensuite, la demande a conduit à la construction accrue sur l'île, dont la densité et la couverture du bâti, 18% du territoire, est à présent comparable à l'Attique, la région d’Athènes.”

“Cette même forte demande a également conduit à l’augmentation des locations Airbnb, doublant les lits disponibles seulement en quelques mois, en doublant autant la consommation d’eau et d'énergie, ainsi que la ‘production’ de déchets. L’allongement de la saison touristique a aussi ajouté en moins de cinq ans, environ 15.000 résidents permanents, tous travailleurs dans le tourisme mais qui ne rentrent plus chez eux en dehors de l’ile chaque automne.”

Santorin en peinture. Athènes, juillet 2018

Petite île loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

“Tous ces gens, employés, fonctionnaires et habitants, n'ont souvent plus de domicile disponible, car Airbnb a fait disparaître toutes leurs locations alors potentielles et possibles. Des milliers de visiteurs s’y ajoutent chaque jour entre les navires de croisière et les ferrys de ligne, ce qui paralyse alors tout. Santorin est au bord de la saturation, si elle ne l'a pas déjà dépassé.”

“D’après le maire de Santorin Níkos Zórzos, en 2012, l’île enregistrait 3,3 millions de nuitées pour passer en 2017 à plus 5,5 millions. Il y a eu une augmentation explosive du tourisme et cela cause des problèmes. (...) En raison de l'augmentation du tourisme, il y a trop de pression sur les infrastructures. La consommation d'eau a doublé, et nous connaissons une forte augmentation de la consommation d’électricité. Faisant suite à la panne d’électricité de 2013, nous avions besoin de 32,5 MW pendant 1,5 à 2 mois, au sommet du pic touristique. L'année dernière, nous avions besoin de 47 MW pendant quatre mois. Dans la même période, aucun investissement important n’a été réalisé par la Régie d’Électricité. L'avantage comparatif de Santorin, à savoir sa propre terre, est en train de disparaître. Je suis d'avis que l'île a dépassé les limites de sa capacité de charge, conclut son maire.”

“Le problème du logement est maintenant aigu. L'île a beaucoup changé au cours de la dernière décennie. Elle a été transformée en un énorme hôtel, explique Carolína Rikáki, professeur d'anglais à Santorin. (...) Lina Iliopoúlou, propriétaire d'une boutique à Oía, résidant sur l'île depuis 30 ans, nous donne alors une image bien précise de la situation actuelle. C'est l’enfer que d'être un citoyen de Santorin. En plus des activités habituelles d'un résident, nous avons des enfants qui vont à l'école, nous utilisons des services publics... nous désirons même voir nos amis. Tout cela a été rendu très difficile. L'école de mon fils devient ainsi inaccessible entre le printemps et jusqu'à la fin de l'automne”.

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

“La population locale est gênée par ceux, tous visiteurs journaliers et quotidiens qui perçoivent Oía comme une mise en scène et non pas comme un vrai village. Certains touristes considèrent alors Oía comme une sorte de Disneyland. Le village serait à leurs yeux visitable de partout, et on y découvre certains touristes même dans nos maison, dans nos jardins”, quotidien “Kathimeriní” du 15 juillet 2018.

Santorin n’est certainement plus cette île que Jean Thévenot avait pu visiter en bien d’autres temps. Comme nous le rappelait Stéphane Yerasimos ayant annoté l’ouvrage de l’auteur, réédité en 1980 aux éditions de La Découverte, “Jean Thévenot -il y a aussi une particule, mais il semble qu’elle soit due à une coquetterie de l’auteur- est né en 1633. On ne connait rien sa famille, mis à part son oncle, Melchisedech Thévenot, éditeur de récits de voyage et auteur de l’opuscule L’Art de nager avec des avis pour se baigner utilement, mais il devait être assez riche pour pouvoir passer sa vie à voyager, sans obligations et sans commanditaires, sauf peut-être le mécénat de cette madame Faret à laquelle il dédie le premier volume de son récit. Sorti du collège de Navarre en 1651, il s’embarque dès l’année suivante, prudemment pour son premier voyage, vers l’Angleterre. Ensuite c’est la Hollande et l’Allemagne ; après, l’Italie: Venise et Rome. Là, sur l’instigation de l’orientaliste Herbelot il se décide à partir pour l’Orient.”

“L’Orient de l’époque était formé par deux entités politiques: ‘l’empire du Grand Turc’, c’est-à-dire l’empire ottoman, et celui du ‘Sofi’, la Perse. Au cours de son premier voyage, Thévenot restera toujours dans les limites des possessions ottomanes. Il va y pénétrer à partir de la mer Égée, après un court séjour à Malte. En ce milieu du XVIIe siècle, l’empire ottoman traverse une époque que les historiens turcs qualifient de période d’arrêt ou de stagnation.”

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

“En réalité, les structures ottomanes se trouvent empêtrées dans leurs propres contradictions: une bureaucratie centralisée à Constantinople prétendant contrôler une étendue immense où des forces féodales centrifuges se manifestent sans cesse, tandis que l’Europe s’achemine vers le capitalisme. Thévenot pénètre dans cet espace en pleine période de crise. Un élément essentiel du grand décalage entre l’Europe occidentale, ouverte sur l’océan, et la Méditerranée est le glissement des grandes routes du commerce des mers intérieures vers les océans.”

Le récit de Jean Thévenot est fort édifiant. “L’île de Santoríni (Santorin), dont le nom ancien est Therasía, a trente-six milles de tour, et est éloignée de soixante milles de Candie, d’où l’on voit son terroir: il y a dans cette île plusieurs châteaux, et premièrement celui de Saint-Nicolas, situé en une pointe de l’île. Ce lieu est affreux, car outre qu’il est fort élevé, les maisons y sont bâties sur le penchant de rochers noirs et brûlés. Il y a un évêque grec qui y fait sa résidence, avec environ cinq cents âmes, mais la plupart demeurent dans des grottes qu’ils ont faites sous la terre, qui est fort légère et aisée à remuer, étant toute pierre de ponce, et c’est une chose assez plaisante, de voir les terres cultivées et habitées par-dessous, de sorte qu’on en voit sortir les hommes comme des connils.”

“Hors de Scáros, à moitié chemin pour aller à un autre château appelé Pýrgos, on trouve une chapelle de la Vierge avec plusieurs grandes grottes, où il demeure environ deux cents personnes. Mais pour aller de Scáros à Pýrgos, il faut monter avec grande peine une montagne, de laquelle on découvre toute l’île et la plaine cultivée et plantée de vignes, mais de peu d’arbres, si ce n’est de figuiers et de mûriers blancs. Ils recueillent de leurs vignes assez de vin pour l’usage de tous ceux de l’île, et pour en charger encore des vaisseaux qui y viennent quelques fois. Ils en conduisent à Chio, Smyrne, et autres lieux: ils font des toiles de toutes sortes, de la vente desquelles ils payent leur tribut. Il y a en ce lieu mille personnes, presque tous Grecs, et c’est là que se tient le Caddy.”

Petite île, loin de Santorin. Golfe Saroníque, juillet 2018

Mémoire d'un plaisancier décédé sur son bateau. Golfe Saroníque, juillet 2018

Matou de saison. Grèce, juillet 2018

“Leurs maisons sont bien bâties, toutes blanches, en forme ronde, et ceintes de murailles, de sorte qu’on ne les voit point, et il semble que ce ne soit qu’une tour. Il y a à Scáros un monastère de religieuses du rite latin, de l’ordre de saint Dominique, mais elles sont fort mal logées à cause que ce lieu est étroit, et l’air y est mauvais. Leur église est bien entretenue et servie d’un prêtre leur chapelain.”

“Il y a encore à l’autre pointe de l’île, qui est en forme de demi-lune, un château appelé Crotíri, qui est habité d’environ cent cinquante personnes. Il y a par la campagne sept villages, peu habités: les habitants de cette île vivent avec fort peu de délicatesse. Leur pain qu’ils appellent schisés est du biscuit fait de moitié blé et moitié orge, noir comme la poix, et si rude qu’on ne le peut presque avaler: ils ne chauffent le four que deux fois l’an, auquel temps ils font ce biscuit qu’ils portent à la maison avec une grande vénération ; peut-être font-ils cela à cause qu’ils n’ont aucunement de bois, car ils le font venir de Nió, et ils l’achètent à la livre. Ils n’ont point de viande, si quelque corbeau par miracle ne leur en apporte ; ils ont pourtant quelque bétail qui leur fournit quelque peu de fromage: pour du poisson, ils n’en sauraient avoir parce que leur mer n’a point de fond.”

“On trouve aux bourgs quelques volailles et quelques œufs, mais c’est une grande peine de monter et descendre ces fâcheuses roches. Les viandes salées leurs sont des reliques, et ils ne mangent autre chose que des fèves et des pois, des œufs et du biscuit. Ils n’ont point de fruits, ou s’il y en a, c’est bien peu. Ils ont assez de raisins dans la saison. Ils ne savent ce que c’est que médecins, chirurgiens, apothicaires, et autres telles sortes de gens. Ils sont fort vaillants, et ils se peuvent défendre de leurs ennemis avec des pierre, principalement de Scáros ; il suffit d’un homme pour en faire précipiter autant qu’il en voudrait monter.”

“Tous ceux qui ne sortent point hors de l’île mènent une vie de poltron, car ils ne font que boire, manger, dormir, et jouer aux cartes: voilà tout ce qu’on peut dire de cette île, qui semble une enfer, car on voit la mer du port, et de la côte toute noire et brûlée d’un petit écueil, qui paraît depuis environ soixante ans, et d’où on vit sortir en ce temps-là une grande flamme, qui y a laissé une ouverture si profonde, que si on y jette une pierre, on ne l’entend point tomber.”

Navire de notre temps. Péloponnèse, juillet 2018

Dans le “Manuel de l'Anti Tourisme”,
Rodolphe Christin observe que “l’un des paradoxes du tourisme d'aujourd'hui est de tuer ce dont il vit, en véritable parasite mondophage. Celui-ci préfère le divertissement à la diversité ; le premier est en effet plus confortable car il ne remet rien en cause. Ainsi le touriste déclare son amour à cette planète dans ses moindres recoins, et, ce faisant, il contribue à l'épuiser impitoyablement”.

Pour Jean Thévenot, Santorin est un lieu étroit, et l’air y est mauvais, les habitants de cette île vivent avec fort peu de délicatesse, voilà tout ce qu’on peut dire de cette île, qui semble un enfer.

D’un enfer à l’autre la boucle est alors bouclée près de quatre siècles après le temps de Jean Thévenot. Le désir de voyager a toujours été fort naturel aux hommes, il me semble que jamais cette passion ne les a pressés avec autant de force qu'en nos jours.

Alors, en place et lieu des... “Vêpres de Santorin” bien actuelles, revenons aux “Laudes de Santorin”, à ces images sublimes filmées à jamais de l’île en 1967 par Stávros Tornés et Kóstas Sfíkas, et revisitons les textes de Jean Thévenot comme des autres pratiquants du lointain voyage en Orient. Surtout en cette pleine saison dite touristique où les imaginaires dominent, entre cartes postales numériques et selfies neuroplégiques. Bas monde !

Animaux adespotes. Grèce, juillet 2018

* Photo de couverture: Voyage du Levant... Grèce, juillet 2018


Panagiotis Grigoriou

Sat, 14 Jul 2018 03:30:00 +0200

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Panagiotis Grigoriou

Fri, 06 Jul 2018 14:00:00 +0200

Migrants et migraines



Juillet et ses températures déjà entières. En mer, on peut parfois croiser imprudemment un de ces géants du grand large transportant l’ultime pacotille de notre si bas monde, tandis que sur terre, c’est carrément le cloaque. Sous l’Acropole, à part nos animaux adespotes attitrés bien en leur place, seuls les orages de la météo sont passés, les idiots utiles qui “gouvernent” alors demeurent.

Sous l'Acropole. Athènes, juin 2018

Alexis Tsípras s’est rendu à Thessalonique mercredi 4 juillet pour une réunion avec ses homologues, bulgare, serbe et roumain, sauf que pour la première fois dans pareils cas, la réunion s’est tenue au sein de l’hôtel près de l’aéroport et non pas en ville, par crainte d’affronter la colère des manifestants de Thessalonique... très remontés il faut dire. Tous les accès conduisant à l’hôtel de l’aéroport ont été barrés par les forces de l’ordre... afin de protéger le Premier ministre le plus haï en Grèce depuis 1945.
Tsípras, qualifié à juste titre de traître partout en Grèce et d’abord dans ses régions du nord, Épire, Macédoine et Thrace, n’a donc pas quitté l’hôtel, sauf pour reprendre l’avion vers Athènes le même soir.

En cette Grèce du nord depuis l’accord paraphé entre la “Grèce” de Tsípras et l’ARYM du Premier ministre Zoran Zaev, les élus SYRIZA sont pris à partie et même parfois ils sont quasiment agressés par les citoyens, dès qu’ils osent se montrer en public, comme cette semaine à Kavala pour le député SYRIZA Yórgos Papaphilippou... sauvé de justesse grâce à sa bonne garde policière.

Athènes, juillet 2018

Ensuite, l’autre dernière histoire drôle du pantin Tsípras, c’est qu’il acceptera en Grèce bon nombre de migrants que l’Allemagne refoulera après avoir fait son tri et son marché au détriment comme toujours des autres pays de la pseudo UE. C’est Angela Merkel qui vient d’annoncer son accord avec le valet Tsípras, ce dernier n’aura même pas informé au préalable le “Parlement”, (quotidien “Kathimeriní” du 4 juillet 2018).
Encore une fois, et faisant suite à l’affaire macédonienne, Alexis Tsípras “décide” seul, contre l’immense majorité du peuple grec et contre les intérêts du pays. Jusqu’à quand ?

Sur le thème macédonien, le ministre Yórgos Katroúgalos (SYRIZA), joint au téléphone par le journaliste de la radio 90,1 FM, vient de déclarer que même si la majorité des citoyens s’oppose à la politique de l’exécutif sur le dossier macédonien, “le gouvernement n’organisera pas de référendum comme il ne considère pas non plus, que sa décision doit être validée à l’Assemblée de manière large, c’est-à-dire, approuvée par les deux tiers des députés. Et ceci, étant donné que sur ce type de dossiers hautement émotionnels, on ne doit pas poser les questions par référendum, qui plus est, en ce moment et sur ce dossier, lorsque le peuple ne raisonne nullement par un procédé d’une logique disons froide, mais seulement, il s’agite sous la seule force et influence d’un processus affectif”, (émission de Dimítris Takis, le 3 juillet 2018, et c’est à la minute 40’ du fichier sonore archivé sur le serveur de la radio).

Nos animaux adespotes attitrés. Athènes, juin 2018

Nos animaux adespotes photographiés. Athènes, juin 2018

Notons que Katroúgalos, Stalinien dans sa jeunesse, puis Pasokien, notamment durant un moment, conseiller au cabinet de la gouvernance de Yórgos Papandréou, sous l’influence comme on sait des... “thaumaturges” de Soros, est très précisément ce ministre ayant proposé et même... donné son nom à la dernière loi assassine des retraites et ceci, de manière... automatique et permanente.

Comme l’écrit ailleurs à sa manière Nicolas Bonnal, Katroúgalos appartient à cette “droite néocon et libertaire contrôlée par les bobos (un lecteur de Blondet parle de clones: Tsípras, Macron, Sanchez ou Casado, Trudeau, etc.), les féministes humanitaires - et sans enfants - dans le genre de May ou Merkel (elles sont de droite, pas vrai ?) - laquelle droite - continuera de rendre des comptes aux bourreaux-comptables de la mondialisation et de sacrifier un peuple rendu distrait par son Smartphone ou par ses matches de foot.”

Le schéma, pleinement discernable, devient désormais classique. Katroúgalos, Tsípras et consorts, agitateurs au verbiage historiquement gauchisant ayant toujours prétendu s’exprimer au nom du peuple sans jamais y croire en réalité, autant personnages politiques largement minoritaires dans la société du pays réel (SYRIZA fut un parti du 3% avant la dite crise grecque), arrivent ainsi au pouvoir préparées par les mondialisateurs et par le mensonge, sans la moindre morale de l’intérêt public, ni du pays, ni de la nation, somme toute, pour assassiner à la fois leur gauche, le peuple et le pays. Vaste chantier...

Athènes, juillet 2018

Propagande. Paris, juillet 2018 (photo de mon ami Arnauld)

Faire les poubelles. Athènes, juillet 2018

Approchés et finalement intégrés par le systémisme, entre autres celui du financier Soros, ils appliquent en bonnes marionnettes toutes les instructions de son programme ubuesque qui vise à démanteler les pays (déjà) de l’Europe, leur culture ainsi que leur identité, par exemple en exacerbant (voire en fabriquant) les différences et les différents ethniques, à la manière par exemple de l’ex-Yougoslavie ou de la Syrie. Et maintenant, c’est le tour de l’Espagne avec la mise en place du cabinet Sanchez fils spirituel de Soros, et de la Grèce avec Tsípras, fils... adoptif de Soros.

Les moyens mis en œuvre dans ce but sont variés, l’austérité, la surimposition, la prédation immobilière, la destruction du travail et de son cadre juridique après près de deux siècles de luttes sociales, la récupération enfin des migrants de partout y compris d’Allemagne, ceci via des ONG aux affaires bien juteuses sans la moindre légalité sur le terrain du (non) contrôle des frontières, et d’ailleurs, sans jamais poser la question du choix démocratique aux peuples concernés, quant à l’accueil ou non, d’un nombre de migrants alors croissant.

Ainsi, comme pour d’autres réalités implacables et similaires, l’argumentaire (face au journaliste de 90,1 FM) du ministrion Katroúgalos, est issu de cette même affirmation élitiste et la croyance dans la puissance et les privilèges de cette élite, affirmation volontairement et autant renforcée par la déshumanisation et la dégradation de... l’ennemi, c’est-à-dire du peuple. Pauvres pays de l’extrême, ancien et nouveau monde, et pour notre cas grec, pauvre pays d’Épicure, de surcroît très touristique !

Pays... d'Épicure. Grèce, 2018

Hôtel à vendre. Île d'Égine, juillet 2018

Hôtel à vendre. Île d'Égine, juillet 2018

Cependant, tout le monde en Grèce, s’accorde pour observer que sur l’affaire macédonienne, les... apatrides de SYRIZA ont largement sous-estimé la portée de leurs actes, autant que le caractère tectonique de la réaction populaire alors suscitée. Leurs maîtres, ainsi que le gotha des spécialistes en matière de mécanique sociale leur auraient très probablement suggéré que le crime passerait presqu’inaperçu dans la mesure où les Grecs dans leur grande majorité sont quotidiennement occupés et pour tour dire accablés, par leurs propres affaires déjà de survie.

Seulement, la presse fait encore et en partie son travail, ainsi, les Grecs sont par exemple désormais informés que l’accord de Tsípras - Zaev n’est déjà pas conforme à la Convention de Vienne quant aux conditions préalables et nécessaires pour la rédaction et la réalisation d’un traité international entre deux pays. Ceci, parce que par exemple, aucune possibilité de désengagement n’est prévue en cas de la non-validation de l’accord par les deux parlements.

Ensuite l’équilibre et la symétrie quand au processus de validation de l’accord dans les deux pays ne sont pas non plus respectés. D’une part, il y a la réalité du référendum sur l’accord que le gouvernement de Skopje a très justement annoncé pour l’automne prochain, et en même temps du côté grec, il y a le refus de référendum en Grèce de la part des criminels Syrizistes.

Après, l’accord, contrairement aux usages internationaux, ne précise pas les termes utilisés, notamment, lorsqu’il est question “d'irrédentisme à proscrire dans les propos publics et privées”, ce dernier terme (son contenu) n’est aucunement expliqué, sachant que l’irrédentisme officiel (annexion de l’ensemble des territoires de la Macédoine géographique) est formellement exprimé dans la Constitution de l’ARYM, ainsi qu’à travers les manuels scolaires de ce pays. Notons enfin, que le Comité pour la défense de la Macédoine grecque est très officiellement appelé aussi, Comité pour défendre le non-changement des frontières dans les Balkans, c’est donc clair, pas de revendication territoriale du côté grec.

De même, cet accord ne prévoit pas le recours automatique à la Cour internationale de Justice (CIJ), siégeant à La Haye, au cas où, un futur différent pourrait surgir. Ce qui veut dire qu’entre autres, comme le droit à la libre expression des opinions est protégé par la Constitution grecque, le fait de proscrire ce qui pourrait être caractérisé comme relevant de l’irrédentisme constitue une manière indirecte de céder des éléments de la souveraineté du pays.

Local associatif des anciens marins. Égine, juin 2018

Bateau Liberty. Anciens marins. Égine, juin 2018

Immeuble à vendre. Égine, juin 2018

Pour Alexis Tsípras, certaines décisions et réformes ne sont pas populaires en Grèce, sauf qu’il estime que sont gouvernement doit... foncer dans le progressisme, tel est également le sens de son propos au moment où il été interviewé par les journalistes du Point. Et à travers le même nouvel ordre d’idées, Dimítris Vitsas, Ministre de la (non) politique migratoire, vient de déclarer que 151 députés (sur un total de 300) suffisent pour valider l’accord macédonien, (quotidien “Kathimeriní” du 5 juillet 2018).

Visiblement, comme le fait également remarquer à juste titre le journaliste Lámbros Kalarrytis (et ses invités) sur la radio 90,1 FM, “Tsípras donne tout de cette la Grèce, celle qui n'a jamais été la sienne. Les droits des Grecs, la souveraineté, les frontières, la patrie. Et pour ce qui est du programme électorale présenté à Thessalonique par Tsípras en septembre 2014, aucune mention n’a été faite à la politique migratoire, et encore moins au dossier macédonien.”.

“Ainsi, Tsípras présente la petite faveur, au demeurant minable, accordée par Angela Merkel, lui permettant de retarder de quelques mois seulement l’augmentation du taux de la TVA appliqué aux îles de mer Égée orientale, comme légitimant l’accord de son ‘gouvernement’ avec Berlin au sujet de l’accueil forcé et pour tout non désiré par l’immense majorité des Grecs, des migrants que l’Allemagne refoulera”, (émission du 2 juillet 2018). Autrement-dit, la dette très contestée a imposé à la Grèce la politique impériale de Berlin et des rapaces internationaux, dont la politique austéritaire et l’augmentation de l’imposition. La politique économique de la Grèce se décide entre Berlin et Bruxelles, Tsípras a offert en gage et pour 99 ans l’ensemble des biens publics et des richesses existantes et futures du pays (voir hydrocarbures et gaz naturel) aux Troïkans, et voilà que pour n’appliquer que l’unique et alors inique politique migratoire de Berlin au détriment des autres pays de l’Européisme réellement existant, Merkel accorde un... petit miroir à l’indigène Tsípras, comme demain elle l’offrira à l’aborigène Mitsotakis.

Église. Égine, juin 2018

Église. Égine, juin 2018

“Ceux du gouvernement évoquent la présence en Grèce de 58.000 migrants, un chiffre entièrement faux évidemment. Sauf qu’en Grèce (où d’ailleurs, migrants et refugiés ont été dans un premier temps accueillis avec tant d’humanité entre 2014 et 2015), nous avons dépassé le seuil de faisabilité acceptable, tant du point de vue démographique, économique et culturel quant à l’accueil et l’installation des populations de ce type sur notre sol. L’Allemagne, une fois de plus, elle exporte ses problèmes contre la volonté, contre les intérêts et contre l’identité culturelle en partie commune des peuples européens.”

“La présence massive de populations en majorité musulmanes en somme inassimilables, et l’abolition des frontières signifient de fait l’abolition des pays concernés et en même temps de leur souveraineté nationale, entre autres, sous la pression des ONG illégales, pratiquant de fait le trafic d’êtres humains et le commerce humanitaire. Et c’est en même temps la fin de l’UE, car de nombreux pays réagissent à très juste titre à cette situation, pour enfin défendre leurs intérêts nationaux”.

“Et ceci lorsque des centaines de milliers de musulmans s’installent et s’installeront en Grèce, pays de dix millions d’habitants, où 700.000 jeunes Grecs ont quitté le pays, obligés à le faire par la crise et pour tout dire ouvertement incités par les mondialisateurs. Il y a pourtant plus de 1,5 millions de chômeurs au pays lorsque l’ensemble du système politique reste indifférent à leur sort, et nous vivons alors au quotidien cette mélancolie permanente des parents, car pratiquement toutes les familles grecques sont concernées par cette forme de deuil”.

Au pays des figues. Grèce, juillet 2018

Au pays des chats. Athènes, juillet 2018

“Et l’on observe qu’au moment où il n’y a plus d’investissements productifs en Grèce et pour cause, les capitaux sont toujours trouvés pour gonfler les effectifs des ONG à la Soros. J’ai récemment appris qu’une seule ONG emploie en Grèce plusieurs centaines de personnes, et que les Syrizistes, placent alors leurs enfants sans travail au sein des ONG de ce type. Le but même, à peine caché de SYRIZA, c’est d’accorder à terme la nationalité grecque aux milliers de migrants pour enfin se maintenir électoralement, lorsqu’il a trahi le peuple grec et ainsi, il est définitivement détesté par l’immense majorité des citoyens”, Lámbros Kalarrytis (et ses invités) sur la radio 90,1 FM, le 2 juillet 2018.

Au pays des figues et des chats rien ne va plus, sauf que la boucle de l’exégèse est on dirait désormais bouclée. Bouclée comme une cravate à Tsípras, bouclée comme une corde autour du cou du pays. Le système politique, largement hétéronome et mafieux, alors fait semblant de s’emballer. Panos Kamménos, ministrion de la Défense, allié de Tsípras et chef du parti des Grecs Indépendants en décomposition a déclaré lundi matin dans une conférence de presse qu’il ferait tomber le gouvernement si l’accord macédonien n’est pas validé par 180 députés ou sinon par référendum. Le même soir, il déclarait à la télévision qu’il ne quittera pas le gouvernement et qu’il soutiendra Tsípras jusqu’au bout, (presse grecque du 4 juillet 2018). Le pouvoir rend aveugle... et alors crétin.

Au même moment, le parti finissant de “la Rivière” et de Stávros Theodorakis, pur produit des... créationnistes de Bruxelles et de Berlin, étiqueté compatible Soros, se sépare de sa coalition avec les anciens népotistes historiques des débris du PASOK. C’est, officiellement, pour “servir le pays et épauler un futur gouvernement dans le but de faire adopter l'accord macédonien”. Stávros Theodorakis a même commenté sa rencontre cette semaine avec le... Proconsul Pierre Moscovici, évoquant précisément “l’éventualité de voir en Grèce la formation d’un futur gouvernement plus dynamique” .

Voiliers loués. Cap Sounion, juin 2018

Caïque... musée. Égine, juin 2018

Les marionnettes s’agitent et les maîtres fous du jeu préparent alors le nouveau spectacle sur le théâtre des opérations. Encore, et comme par hasard, le chef de la Nouvelle démocratie, le germano-compatible Kyriákos Mitsotakis, le... favori des sondages évidemment, a déjà usé de sa motion de censure à l’encontre du gouvernement et qui n’est pas passée comme prévu, sachant qu’il ne pourra pas y revenir avant six mois.

Parallèlement, et comme les néonazis de l’Aube dorée ne remplissent plus tellement leur rôle, à la fois d’épouvantail et d’entrave à toute résistance patriotique organisée du pays réel, le système s’apprêterait à créer de nouveau, un faux parti de la dignité et de la résistance, cette fois situé à droite, après... avoir adopté comme on sait l’animal de compagnie politique SYRIZA. Le but c’est de canaliser le choix politique des Grecs, surtout dans l’éventualité d’une insuffisance alors largement avérée des pseudo-partis politiques actuels.

Bateau et touristes. Égine, juin 2018

Récapitulons, en tout cas pour le moment. La dette, la dite austérité, la Troïka, l’affaiblissement du pays, la destruction des droits des travailleurs et de l’économie réelle, la perte de sa souveraineté ainsi que le danger démographique et identitaire que constitue la question migratoire, forment alors un ensemble explosif.

Alexis Tsípras poussera alors jusqu’au bout cette politique totalitaire façonnée dans les ateliers du mondialisme et de l’Européisme, où d’ailleurs, lui et ses autres amis de la dernière mafia politique picorent depuis déjà un moment. En parfaite d’ailleurs concordance avec l’entreprise Soros, “ce vilain garçon qui a appauvri les gens dans le monde entier avec ses machinations financières et qui a travaillé dur pour perturber et détruire les cultures et les sociétés locales en utilisant les initiatives de l’Open Society, sa firme activiste aux multiples tentacules”.

Ainsi, comme l’a fait remarquer le journaliste Andréas Mazarakis dans son émission radio, aussitôt Tsípras a-t-il accordé le nom de “Macédoine du nord” aux voisins Slavomacédoniens de l’ARYM, comme par hasard, les Antifa d’Athènes (liés comme on sait à Soros), appellent via leurs affiches, au changement du nom de la région grecque de la Macédoine, en “Macédoine du sud”, en promotion ouverte de l’irrédentisme de Skopje (autant financé par Soros), visant entre autres au dépeçage de la Grèce, (émission du 4 juillet 2018, radio 90,1 FM). Contrairement à ce que Tsípras raconte depuis deux semaines, son accord macédonien n’apaise pas les passions balkaniques, bien au contraire, il met en danger la bien précaire déjà situation géopolitique dans la région.

Alexis Tsípras entame une politique de reculades au caractère dangereusement stratégique dans l’ensemble des dossiers de la politique étrangère grecque, contre de gains pitoyables et d’ailleurs éphémères en matière de politique politicienne interne. Rien que pour cette attitude et pour le référendum trahi par son Putsch parlementaire en 2015, Alexis Tsípras devrait un jour être jugé pour haute trahison.

Il impose en même temps toute une série de mesures facilitant l’installation de migrants que le pays ne désire pas, comme il ne peut pas les intégrer, qui plus est, en transformant à terme de nombreux territoires grecs en terres musulmanes, ce qui permettra si le processus n’est pas stoppé, à réaliser le rêve géopolitique de reconquête de la Grèce chrétienne (par exemple celle des îles grecques de la mer Égée), par une Turquie islamisée et néo-Ottomane.

Déjà, sans trop l’annoncer dans les médias, SYRIZA, ce “gouvernement” de l’euthanasie nationale et historique ainsi que les ONG, lesquelles le plus souvent le remplacent sans la moindre légitimité démocratique, installent ici ou là à travers toute la Grèce continentale de structures accueillant les migrants, avec il faut le noter, l’aimable participation des élus locaux, ces derniers ayant toujours couru derrière les affaires juteuses, et de l’argent dans cette affaire il y en a.

Retraités manifestants. Athènes, juin 2018

Et lorsque le Grecs accablés posent alors la question tout à fait rationnelle, pourquoi ce pays qui fait partir ses enfants et qui sombre devait être forcé d’accueillir les migrants depuis la Turquie comme depuis d’Allemagne, qui plus est, sous de conditions lamentables, avec à la clef le remplacement partiel mais suffisant de sa population, la réponse de l’internationale mondialiste (Européistes, Syrizistes, Antifa et consorts), remâche alors le vieux cannabis avarié du  droit-de-l’hommisme, de l’humanitarisme et du multiculturalisme à toutes les sauces.

Le tout, contre l’avis et la volonté des citoyens, qui sont les seuls pouvant légalement et légitimement décider du degré et du moment d’ouverture et de fermeture de leur pays. Enfin en Grèce, après huit années de “gestion” comme de mutation, et de mutilation troïkannes, ceci, entre humiliations et atteintes à la dignité du peuple grec et d’abord à la Constitution du pays, l'immigration de masse imposée par les mêmes centres de pouvoir impériaux et autant par la Turquie, ne peut que provoquer une blessure de plus et de trop au sentiment populaire de souveraineté nationale.

Rappelons également, ce que Cornelius Castoriádis faisant remarquer (en 1984) au sujet des empires coloniaux, à travers le cas de la Nouvelle Calédonie: les “populations immigrées minoritaires qui comme toujours dans ces cas-là sont plutôt du côté de la puissance dominante (un peu comme les Indiens en Afrique du Sud) ; ces derniers en particulier n'ont aucune envie de voir les Canaques établir un État indépendant”, Cornelius Castoriádis, “Thucydide, la force et le droit”.

Actuellement, les mondialisateurs impériaux (la puissance dominante) qui détruisent États et nations en Europe et ailleurs, organisent cette massification de la présence de migrants sur le sol de l’Europe, sachant que les migrants (très sélectivement Musulmans) sont et seront de leur côté. D’ailleurs ces migrants, déjà déracinés (généralement par ces mêmes mondialisateurs) partagent avec les européistes (dont la classe politique à la SYRIZA qui nous serinent les insanités postmodernes) et avec les administrateurs coloniaux, ce même usage des termes... comme des terres. Pour les uns, comme autant pour les autres, les pays de l’Europe ne doivent être que de simples terrains d’exploitation et de conquête, d’en bas comme d’en haut, sans évidemment partager (lorsqu’ils ne lui sont pas hostiles) ni l’histoire, ni la culture et encore moins les usages des peuples d’Europe, pour l’instant encore majoritaires chez eux.

La maison de Níkos Kazantzákis. Égine, juin 2018

Sous un autre angle, c’est très exactement le propos des dirigeants politiques de la Turquie, affirmé ouvertement depuis d’ailleurs bien longtemps. “Le problème gréco-turc sera résolu par la démographie” avait ainsi argumenté Turgut Özal
en son temps, préfigurant le courant néo-ottomaniste d'Ahmet Davutoglu, repris par Recep Tayyip Erdogan. Ce n’est pas par hasard non plus que c’est face aux îles grecques dont la population est à 100% chrétienne et que la Turquie revendique ouvertement, que les dirigeants de la Turquie et leurs passeurs, ONG comprises, font... patienter tant de milliers de jeunes musulmans, au demeurant déracinées et malheureux.

Et lorsque Tsípras et plus amplement les Syrizistes... apatrides, estiment qu’en accordant massivement la nationalité grecque aux migrants, ils remplaceront ainsi... les électeurs qui leur manquent et qui leur manqueront de plus en plus, eh bien, ils se trompent. Un des axes centraux de la politique de la Turquie actuelle, explicitement décrite dans l’ouvrage phare d’Ahmet Davutoglu , “Profondeur stratégique” .

C’est le renforcement du rôle politique des populations musulmanes dans tous les Balkans sous le contrôle de la Turquie, entre autres, par la création de partis politiques musulmans et/ou turco-musulmans, et ce c’est qui se passerait alors en Grèce comme déjà en Bulgarie. Je dois également remarquer ce que peu de médias évoquent, et pour cause. Le “gouvernement” SYRIZA/ANEL ne tient que par une majorité de 152 députés sur 300 au total dans l’hémicycle (145 SYRIZA et 7 ANEL), mais deux députés SYRIZA sont issus de la minorité musulmane de Thrace, ces derniers seraient suffisamment “confirmés et encadrés” par Ankara. C’est aussi une... grille de lecture possible et parallèle des événements en cours !

Notons aussi qu’à chaque fois que le président Erdogan entre en pourparlers avec les Européens, les flux de migrants qui entrent en Europe depuis la Turquie s’arrêtent pour quelques heures, histoire de monter qui est réellement le maître du jeu géopolitique dans l’affaire.

Au pays d’Alexis Zorbás et de son auteur Níkos Kazantzákis, la saison se dit touristique et fière de l’être... lorsque Airbnb finit par détruire ce qui subsistait de l’équilibré des réalités urbaines à Athènes, faisant suite à huit années de la dite crise grecque.

En ce mois de juillet aux températures déjà entières, la boucle est bouclée et nous le savons. Entre le dossier macédonien, les mensonges de Tsípras - Moscovici sur la situation de la Grèce, et enfin le dossier migratoire qui est surtout géopolitique et ensuite seulement humanitaire, en dépit de la propagande ambiante, la... vraie crise grecque ne fait que commencer. Le pays, son peuple, son territoire sont en danger de mort.

Décidément, sur terre c’est carrément le cloaque. Maigre consolation pourtant, sous l’Acropole, nos animaux adespotes attitrés sont toujours bien en leur place.

Animal adespote. Athènes, juillet 2018

* Photo de couverture: Au large... Grèce, juin 2018


Panagiotis Grigoriou

Wed, 27 Jun 2018 21:00:00 +0200

Macédoine de Soros



Au petit pays de l’été et des îles les visiteurs peuvent être ravis. Seulement, les orages de la semaine ont fini par même bouleverser les usages touristiques. L’image n’est certainement plus, derrière la carte-postale mouillée. Mais il y a bien pire. Au-delà des apparences de vitrine comme de la météo, les Grecs enragent depuis que “leur gouvernement” a trahi l’esprit, le cœur, l’histoire, ainsi que les intérêts grecs, en accordant une reconnaissance bancale et pour tout dire hasardeuse, à l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM), sous le nom de “Macédoine du nord”. Au même moment, et à travers une mascarade de trop, Alexis Tsípras s’est publiquement montré en cravate, pour faire croire que le récent “accord” sur la dette entre ministres de la zone euro a réglé le problème. Nuages, pluie et surtout boue.

“Traîtres, traîtres...”. Serres, Grèce du nord, le 19 juin

La décision... macédonienne d’abord, elle a été aussitôt saluée pour son “audace positive” par les... maîtres internationaux d’Alexis Tsípras, à savoir, la presse et les vizirs à Berlin, à Washington et à Bruxelles. Seulement, à travers le pays réel, les élus et ministres de SYRIZA/ANEL sont accueillis partout par des cris d’exaspération: “Traîtres, traîtres...”. Et ce n’est apparemment qu’un début. En visite au Royaume-Uni, Alexis Tsípras vient d’être verbalement pris à partie par un grec de Londres, lequel a symboliquement lancé par terre de la petite monnaie, en criant: “Traître, tu as vendu la Macédoine”.

“Alexis Tsípras et son acolyte Panos Kamménos” (chef du parti des ‘Grecs Indépendants’), “sont deux cadavres politiques, ils sont désormais politiquement morts. Lorsque la situation se retournera, ils pourraient même être jugés pour avoir violé la Constitution, et pour faits de haute trahison, car tout en incarnant les marionnettes de Berlin, ils ont préféré garder leurs sièges du pseudopouvoir, plutôt que de servir les intérêts du peuple et du pays”, pouvait-on entendre par exemple à la radio 90,1 FM depuis sa zone matinale du 27 juin 2018. D’ailleurs, certains analystes grecs rappellent à ce propos, à l’instar d’Athanássios Drougos (au demeurant, proche des cercles de l’OTAN), cette phrase du poète Kostís Palamas : “Lorsque les loups te lèchent, ce n'est pas parce qu'ils t'aiment, mais parce qu'ils ont faim”, Athanássios Drougos, 18/06.

La question macédonienne conduit effectivement à la coagulation des mécontentements contre Tsípras, une probabilité justement évoquée en février dernier par mon ami Olivier Delorme. Sur son blog et sur l’accord... macédonien signé en ce mois de juin, mais qui n’est pas validé par les deux Parlements et encore moins par les deux peuples, Olivier Delorme note alors ceci: “Le nom international de l'État serait donc République de ‘Macédoine du nord’. Mais je n'ai encore rien vu de précis sur le VRAI problème entre cet État et la Grèce: une Constitution dont un certain nombre d'articles sont plus ou moins clairement irrédentistes et donnent à l'ARYM un droit de regard sur les affaires intérieures des États voisins dès lors qu'il s'agit du sort de la minorité prétendument macédonienne.”

Alexis Tsípras en cravate. Athènes, juin 2018 (presse grecque)

Rassemblement contre l'accord macédonien de Tsípras. Athènes, juin 2018

“Tsípras, Couillon, Traître”. Athènes, juin 2018

C’est chose faite, ainsi le... Macédonisme réellement existant des voisins slaves se croit réitérer même depuis le territoire grec, l’irrédentisme qui consiste à réunir un jour l’ensemble des territoires de leur prétendue Macédoine unique. Le tout, non sans l’aimable participation des puissances étrangères notamment occidentales, sans oublier bien entendu les assistés locaux du financier Soros lequel ne manque pas l’occasion pour saluer l’accord ; il est le parrain officieux comme on sait de l’ARYM depuis la mise à mort de la Yougoslavie par l’Allemagne et par l’OTAN dans les années 1990.

L’historienne byzantiniste francogrecque Hélène Glykatzi Ahrweiler rapporte à ce propos dans son livre autobiographique ‘Une vie sans alibi’, publié à Athènes en 2017, son échange avec l’armateur grec Yannis Látsis c’était dans les années 1990. “La question macédonienne occupe alors l’actualité. Dans la conversation je dis en riant à Yannis: ‘Capitaine, qu'en est-il de Skopje (capitale de l’ARYM) ? Ne les achetez-vous pas, pour que tout le monde soit tranquille ? Il me dit: ‘Comme c’est déjà chose faite, ils ne sont plus à vendre. Il ont été achetés par un autre’. ‘Qui ?’, je lui demande. ‘Soros les a achetés’.”

“Bravo, Soros fait la fête”. Presse grecque, juin 2018

“Politiciens traîtres, à bas vos mains sales de la Macédoine grecque”. Athènes, juin 2018

Rassemblement antigouvernemental. Athènes, juin 2018

Rappelons déjà que cette guerre Yougoslave n’est pas tout à fait oubliée et que les très sensibles affaires balkaniques peuvent également refaire surface, y compris sur le terrain de la Coupe du monde de football, comme actuellement en Russie.
Raison de plus, Tsípras et les siens devraient être plus prudents et moins arrogants dans leur ignorance du danger... sauf que leur cas est décidément irrécupérable... et pour tout dire payant.

La Grèce n’était donc pas obligée de reconnaître le Macédonisme irrédentiste des voisins slaves, lorsque par ailleurs les Bulgares et les Serbes se montrent réservés face à l’accord très provisoire de ce mois de juin entre la Grèce de Tsípras et l’ARYM, et cela pour cause. Le comble c’est que la Grèce est le seul pays souhaitant le maintient de l’ARYM, tandis que les voisins Bulgares, Serbes et Albanais ne cachent pas forcément, leur idée parallèle... que de voir l’ARYM éclatée au profit de leurs frontières. Et quant à la linguistique réellement appliquée, cela fait bien rire les Bulgares lorsque lors des visites officielles des dirigeants de l’ARYM, ces derniers utilisent de traducteurs qui ne servent qu’à symboliser la langue slavo-macédonienne, généralement considérée comme un dialecte du bulgare dans la mesure où il n’y a point besoin d’interprète pour communiquer entre eux.

Comme le remarque également Olivier Delorme, “Sofia a reconnu l’État macédonien, mais non le peuple macédonien qu’elle considère comme une partie du peuple bulgare. Et si Tirana reconnaît un peuple macédonien - slave -, nombre des dirigeants albanais professent que l’est de l’ARYM a vocation à rejoindre la Bulgarie et l’ouest, majoritairement albanophone, à devenir un troisième État albanais, après l’Albanie et le Kosovo, voire à rejoindre une Grande Albanie telle qu’elle exista sous protection de l’Italie fasciste puis de l’Allemagne nazie entre 1941 et 1944.”

Drapeaux grecs. Athènes, juin 2018

“Vers les étoiles à travers les difficultés”. Athènes, juin 2018

“République bananière”. Athènes, juin 2018

En somme, la question dite macédonienne pourrait encore attendre avant un accord réellement satisfaisant pour les parties impliquées, sauf évidemment pour l’OTAN qui souhaite intégrer rapidement l’ARYM en son sein face à la Russie, ou pour l’Allemagne, dont les desseins géopolitiques déjà mis en exécution sous le Troisième Reich, voudraient bien faire disparaître la Grèce du nord, et notamment la Macédoine grecque.

Les Grecs n’oublient pas qu’après l’invasion de l’armée allemande en Grèce au printemps 1941, les forces de l'Axe ont fait éclater le pays en trois zones d'occupation: allemande, italienne et bulgare. La zone allemande correspondait à la Crète, l'Attique et les îles Saronique, les Cyclades, les Sporades du Nord, la région frontalière de la Turquie, ainsi que Macédoine centrale dont Thessalonique. La zone italienne comprenait les îles Ioniennes, le Péloponnèse, l’Épire, la Thessalie, la Grèce Centrale (hors Attique), puis, une partie de la Macédoine centrale et occidentale. Enfin, la zone bulgare incluait la région de Thrace et de Macédoine orientale.

L'un des projets examinés du côté allemand a été de créer un État macédonien indépendant, en unissant la Macédoine grecque, yougoslave et bulgare. Rapidement cependant et dans l’urgence du front russe pour les Allemands, il semblait que ce plan allait créer plus de problèmes qu’il ne résoudrait, de sorte que le commandement allemand a décidé de déléguer à l'occupation de l’armée bulgare sur l’ensemble de la Macédoine grecque. Les premières nouvelles quant à la décision d’étendre l'occupation bulgare sur toute la Macédoine grecque ont été largement diffusées sur le territoire grec occupé au début de Juillet 1943, provoquant aussitôt une vague d’indignation populaire sans précédent.

On scrute les journaux. Athènes, juin 2018

Produits grecs. Athènes, juin 2018

Fête populaire et religieuse. Péloponnèse, juin 2018

Le Premier ministre collaborationniste Rallis a aussi protesté, mais c’est surtout la mobilisation populaire dans les rues d’Athènes d’après le mot d’ordre lancé par le Front National de Libération (EAM) procommuniste: “Ne touchez pas à la Macédoine grecque - Allemands et traîtres de la nation veulent livrer la Macédoine grecque aux Bulgares”, qui parvient à faire plier les occupants Allemands, (voir également le quotidien ‘Rizospástis’ du PC grec (KKE), daté du 21/07/2002.

Comme en 2018, ces rassemblements populaires ont eu lieu d’abord à Thessalonique le 11 juillet 1943, puis c’est face à ce même élan patriotique et populaire que les forces occupantes vont tirer sur une foule estimée à plus de 300.000 personnes à Athènes le 22 juillet 1943 causant une trentaine de morts. Les autorités occupantes allemandes ont reculé et ainsi, l’élargissement de la zone bulgare sur l’ensemble de la Macédoine grecque a été évité.

Notons que cette juste décision de l’EAM, marque la rupture avec la position du Komintern et du KKE qui, comme le souligne également Olivier Delorme, “dans les années 1920, considère que les Balkans devraient être réorganisés dans une fédération dont une Macédoine unifiée serait l’une des composantes - position qui, en Grèce, marginalisera durablement le Parti communiste comme traître aux intérêts nationaux”.

Souvent en dehors de l’histoire, les publicistes du moment annoncent alors l’été grec, nos touristes déjà nombreux ne retiendront sans doute de l’affaire macédonienne que la salade homonyme. Ainsi, cette reconnaissance Tsiprosorosienne et OTANiste de l’ARYM sous le nom de “Macédoine du nord”, évoquera aux yeux de tous ceux qui ne sont pas obligés que de connaître la géopolitique, l’histoire, et les enjeux des Balkans, le rapprochement évident: Comme pour la Corée ou pour le Vietnam jadis, la “Macédoine du nord”... rencontrerait logiquement un jour sa sœur “Macédoine du sud”. C’est comme si on attribuait à un état voisin de la France, le nom d’une de ses provinces, située de l’autre côté de la frontière. Étonnant, non ?

L'été grec 2018. Athènes, juin 2018

Nos touristes. Égine, juin 2018

Nos touristes. Égine, juin 2018

Au pays des animaux adespotes (sans maître) et de la culture résistante, les... maîtres, entre Washington, Bruxelles et Berlin, avaient bien étudié les positions Syrizistes avant même l’arrivée au pouvoir de ce parti. D’après ce que l’universitaire politologue Yórgos Kontogiorgis a déclaré (radio 90,1 le 26 juin 2018), une source alors bien informée lui a fait part de ce fait, ainsi, les... puissantes autres étrangères et Troïkannes se sont rendues compte qu’en matière de géopolitique déjà, les positions et déclarations... méta-nationales des Syrizistes servaient au mieux leurs intérêts et même ben au-delà du souhaitable.

Le reste n’a été qu’une affaire de temps... et d’argent, sachant combien l’amoralisme dissimulé des Syrizistes derrière un verbiage de gauche les rendait bien aptes à remplir leur rôle. En somme, le prétendu aménagement de la dette grecque aurait été lié d’après certaines sources, dont le député ANEL devenu indépendant Dimítris Kamménos, à l’accord quasi-simultané sur le sujet macédonien. Ce que depuis Bruxelles est démenti, en précisant cependant que l’accord macédonien est tout de même plus amplement positif.

Animal adespote. Athènes, juin 2018

Sans-abri. Athènes, juin 2018

Touristes et immeuble a vendre. Athènes, juin 2018

Quel terrible bilan alors. Les mémoranda et la prétendue dette, puis leur légalité et leur soutenabilité (voir les conclusions Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque)
tentent à introduire de force le pays et son peuple dans un chemin, ou plutôt dans un entonnoir alors sans retour.

Cet entonnoir n’est autre qu’un régime politique, social, symbolique et même culturel aux antipodes de la démocratie (même boiteuse), imposant un régime colonial stricte, allant jusqu’à anéantir la nation, le peuple et ses libertés et ceci, jusqu’à modifier les frontières de la Grèce.

Le processus a déjà pleinement placé la société à l’écart de la politique, et la dernière escroquerie SYRIZA savamment orchestrée au moins dès 2012, a consisté à briser le caractère résistant et traditionnel de la société grecque... tout en affirmant le contraire bien entendu. Les Syrizistes, gouvernant contre pratiquement l’ensemble de la société grecque, poursuivent leur crime en affirmant que tous les grands thèmes de la politique étrangère (accord avec l’ARYM, avec l’Albanie, la question de Chypre... la dette) seront “résolus rapidement et durant l’exercice de ce gouvernement”, d’après les déclarations du ministre des affaires étrangères Kotziás, médias grecs, juin 2018.

Manifestation, agents municipaux et électriciens. Athènes, juin 2018

Sans-abri. Athènes, juin 2018

Vers la résidence d'Alexis Tsípras ! Athènes, juin 2018

L’amoralisme des SYRIZA/ANEL, ainsi que leur mandat dicté par les puissances étrangères, restera ainsi dans les annales de la science politique de ce nouveau siècle. Ces gens revendiquent le droit d’agir contre la société, conter le bien commun, contre le pays, contre les droits des travailleurs, et contre la nation grecque qu’ils haïssent visiblement, main dans la main avec les mondialisateurs et autres financiers-sorciers du dernier capitalisme, plus chaotique que jamais. Préparés aux intrigues politiciennes depuis le temps de leur syndicalisme d’amphithéâtre, le plus souvent loin de la société pour la quelle ils se prétendent s’exprimer en son nom, ils incarnent alors le dernier cadavre de cette gauche, au beau milieu il faut dire d’un système politique autant cadavérique.

D’où d’ailleurs le “bon usage” de l’Aube dorée, maintenue à flot et dont le procès n’aboutit guère au bout de presque quatre ans, ce qui permet aux Syrizistes porteurs du totalitarisme des mondialisateurs à traiter chaque résistant patriote (de gauche ou de droite) de fasciste, de nationaliste et d’Aubedorien. C’est facile et cela ne convaincra plus personne en Grèce, surtout lorsque la Police s’acharne littéralement contre ceux qui manifestent contre l’accord macédonien de Tsípras signé près de la frontière entre les deux pays. “Nous étions arrivés en famille pour manifester, puis la police nous balançait de son gaz par lots de cinq... projectiles ; et ceci même depuis un hélicoptère. C’était affreux... honte”, témoignage par téléphone, radio 90,1 FM, zone du soir, le 27 juin 2018.

En évidence, les colonisateurs ont parallèlement et simultanément préparé SYRIZA/ANEL et l’Aube dorée, cette dernière serait d’ailleurs une organisation suffisamment liée aux services secrets étatiques bien au-delà des frontières de la Grèce, autant que ceux de l’organisation terroriste du 17 Novembre jadis.

Et quant à Alexis Tsípras, c’est un enfant issu d’une famille de promoteurs immobiliers enrichis sous la dictature des colonels, lequel a fait ensuite carrière (programmée ?) au sein de la gauche européiste, sans que l’on puisse savoir pour l’instant par quel processus concret, il avait été choisi par le précédent chef de SYRIZA, Alékos Alavános.

Sauf que Tsípras et sa bande sont allés trop loin dans la destruction du pays, de son identité, de sa classe moyenne restante, et pour tout dire de sa gauche, sauf que cette dernière question est devenue totalement insignifiante aux yeux des Grecs, et elle le demeurera à mon avis désormais pour toujours. Cette page, elle a été tournée...

Au pays des fouilles. Athènes, juin 2018

Rappel aux touristes. Athènes, juin 2018

Pythagore, fils du silence. Athènes, mai 2018

“Ministres, maires et patrons devraient travailler le dimanche”. Athènes, juin 2018

Nous sommes en guerre, et telle avait été l’analyse de ce... pauvre blog dès sa création en 2011. L’euro étant une arme de destruction massive, autant que la dette. L’économie toute seule n’existe pas et l’austérité n’est pas sans rapport avec la géopolitique d’une Union européenne au pseudopouvoir politique soviétisé dans ses rapports avec le réel, ainsi dominée par l’Allemagne. Et dans cette guerre, SYRIZA a même poussé à l’extrême ce que Thucydide cité par Cornelius Castoriádis, “tient non seulement des pertes humaines et matérielles, mais de ce qu’il faut bien appeler la destruction de toutes les valeurs et du langage même - les mots, comme dans le monde de 1984, en venant à être utilisés pour dire le contraire de qu’ils signifient habituellement”, “Thucydide, la force et le droit”, (Seuil, 2011).

Au petit pays de l’été et des îles, les visiteurs peuvent être ravis des maisons blanches comme de leur couleur locale. Et au même pays réel, le petit peuple suit toujours ses cérémonies nationales et religieuses et il voudrait si possible défendre sa patrie au-delà des escrocs du système politique. La tâche est certes rude. Les avocats du pays (à travers les Présidents de leur Ordre) dénoncent dans un communiqué cette semaine, toute l’illégalité de l’accord macédonien de Tsípras, d’après l’article 28/2 de la Constitution exigeant déjà l’approbation des deux tiers des députés.

Maisons blanches. Athènes, juin 2018

“Vive la Patrie”. Athènes, juin 2018

Le blog, retient son souffle et reprend difficilement son chemin habituel après avoir en partie résolu ses... seuls problèmes techniques. Les temps sont rudes et votre soutien lui est toujours important.

Les temps sont durs et l’histoire galope... le tout, sous le regard des félins de ‘Greek Crisis’, dont Hermès, dit “le Trismégiste”, imperturbable !

Pluie sur Athènes, le gouvernement et la région s’Attique attribuent les dégâts à l’Ouest de la région... au dérèglement climatique. C’est vrai, les orages de la semaine ont d’ailleurs fini par bouleverser même les usages touristiques.

Hermès de 'Greek Crisis'. Athènes, juin 2018

* Photo de couverture: Cérémonie. Péloponnèse, juin 2018


Panagiotis Grigoriou

Sat, 16 Jun 2018 17:00:00 +0200

Casinos vs Santé



Ciel gris, admirables orages ce week-end sur la Grèce. À Athènes, la lourdeur est autant politique, entre le mémorandum 4bis adopté cette semaine, et en prime, cette parodie d’accord présumé sur l’affaire dite macédonienne, imposée par les États-Unis, l’Otan, Bruxelles et Berlin à la marionnette Tsípras, et voila que toute la Grèce se rebiffe. Nous y reviendrons. Cependant, un autre événement a eu lieu cette semaine et il a été malheureusement ignoré des... grands médias. Une conférence de presse exceptionnelle avait été tenue par les responsables du Centre Médical Solidaire et Métropolitain d’Ellinikón jeudi 14 juin, émotion alors et aussi espoir, le blog “Greek Crisis” y était invité.

Ceux d'Ellinikón à Bruxelles en 2015 (presse grecque)

Au beau milieu de cette Grèce du chaos ordonnancé, le Centre Médical Solidaire et Métropolitain d’Ellinikón vient de recevoir il y a peu, “sa” lettre d’expulsion. La société Ellinikón S.A. ayant “acquis” l’ensemble du site de l’ancien aéroport sous la “gouvernance” Tsípras, tout doit... entrer visiblement dans le nouvel ordre des choses et des affaires, l’ultimatum adressé aux médecins bénévoles, ainsi qu’à l’ensemble des solidaires du centre Médical avait été fixé pour la fin du mois de ce juin 2018. Les... investisseurs ne doivent plus attendre, c’est bien banal.

Le cardiologue Yórgos Vichas, co-initiateur du Centre, a expliqué lors de la conférence de presse que dans un premier temps, le gouvernement est resté indifférent et muet devant le scandale de son expulsion, de même que l’Ordre des médecins d’Athènes comme d’ailleurs, à l’exception notable de l’Ordre des dentistes du Pirée. Solidarité disons soluble. Yórgos Vichas a également insisté sur le fait que le Centre Médical Solidaire et Métropolitain d’Ellinikón ne quittera pas les lieux, tant qu’une véritable solution de délocalisation ne soit trouvée, proposée et débattue.

“Ceci est d’ailleurs une obligation de la Politeía, autrement-dit du gouvernement, et cela sous ces seules conditions alors posées par nous: Que notre Centre Médical Solidaire puisse poursuivre dans sa mission sans la moindre modification ni interférence dans son mode de fonctionnement. N’oublions pas que notre centre rempli une mission d’intérêt public, nous accueillons entre 700 et 1000 patients par mois, et notre action est pour tout dire connue et reconnue jusqu’à l’étranger. Cette semaine, une manifestation de soutien à notre Centre a eu lieu devant les représentations diplomatiques grecques à Bruxelles, et ce n’est qu’un début dans les réactions.”, Yórgos Vichas durant la conférence de presse (le 14 juin 2018).

Chaos, Athènes, années dites de crise

Ambulance... Grèce, années dites de crise (presse grecque)

“Les médecins grecs émigrent en Allemagne” (presse grecque, 2014)

“Nous venons d’apprendre que Panos Skourlétis, Ministre (SYRIZA) de l’Intérieur vient d’intervenir cette semaine à l’Assemblée en faveur de notre Centre et ceci, après plus de deux semaines de silence. Que s’est-il alors passé ? D’après nos informations, il y aurait eu un mail de la Troïka (‘Institutions’), exigeant du gouvernement que de ne pas expulser notre structure avant de trouver une solution définitive et durable.”

“Cette issue, vraisemblablement positive avait été entre autres, le résultat de nombreuses pressions internationales, faisant suite à toute cette formidable chaîne de solidarité qui nous entoure et qui nous encourage depuis les autres pays en Europe et même ailleurs.” Un peu ‘off the record’, les bénévoles du Centre Médical Solidaire et Métropolitain d’Ellinikón ont encore indiqué que comme la... formule bien trouvée, laquelle avait été lancée ces derniers jours à Bruxelles fut: “Casinos vs Santé”, et que comme cette formule a été jugée visiblement préjudiciable pour l’image de marque des... investisseurs, alors, la Troïka aurait finalement jugé bon d’intervenir pour indiquer au gouvernement grec que le Centre Médical Solidaire devait rester en place faute de solution de relocalisation.

Non à l’expulsion du Centre. Ellinikón, 14 juin 2018

Yórgos Vichas lors de la conférence de presse du 14 juin

Ceux du Centre, ont à l’occasion rappelé que leur bel exemple si réussi aux dires et aux yeux de tous, est autant un cas d’école, car le fonctionnement s’opère sans aucune hiérarchie entre les bénévoles, et que cette structure libre n’a pas d’existence juridique officielle.

“Notre grande force, c’est celle des citoyens ; et nous pratiquons à la fois la solidarité, la dénonciation des responsabilités, et la résistance. C’est pour cette raison que notre Centre n’a pas voulu recevoir le Prix qui lui a été décerné par le Parlement européen en 2015... Les bourreaux ne peuvent pas en même temps nous récompenser pour nos actions”, conférence de presse du 14 juin 2018.

“Le site de l'ancien aéroport n'est pas à vendre”, luttes des années 2011-2017

La... zone euro. Presse grecque, années dites de crise

Sur un certain Tsípras. Place de la Constitution, 2016 (presse grecque)

Il a été également évoqué que depuis ses débuts en 2011, près de 70.000 patients se sont adressés au Centre Médical Solidaire et Métropolitain d’Ellinikón, et 7.000 d’entre eux ont été suivis et pris en charge de manière constante. Actuellement, près de 9.000 boîtes de médicaments sont administrées par le centre chaque mois, tandis qu’en moyenne 30.000 autres boîtes sont offertes chaque mois par le Centre d’Ellinikón à d’autres structures qui en font la demande suivant leurs besoins urgents.

L’action du Centre, ce sont aussi près de 4.900 examens médicaux (imagerie et laboratoire) effectués par ses soins, ainsi que 128 interventions chirurgicales urgentes que certaines structures privées ont voulu prendre entièrement et gratuitement en charge au bénéfice des patients suivis à Ellinikón.

“Nos actions sont à la fois larges et ciblées”, a voulu préciser Yorgos Vichas. “Nous avons été à l’origine de 48 pièces de théâtre, comme nous sommes à l’origine de nombreuses structures informelles de solidarité et d’échange de services entre chômeurs. Au départ, nous avions même instauré une ‘banque de temps’, sauf que très rapidement elle n’a plus été nécessaire. Les échanges se font alors spontanément, suivant les besoin et voilà que la nécessité de compter a aussitôt disparu.”

Manifestantes. Athènes, temps de crise

“Après la crise ?” MuCEM, Marseille, 2014

“Notons que parmi les structures qui nous ont sollicités pour recevoir les médicaments de notre part, on compte certains hôpitaux publics et parfois militaires, les autres Centres de Santé solidaires bien entendu, l’Église, l’administration pénitentiaire, les Centres d’accueil pour refugiés et migrants, les dispensaires publics surtout ceux des îles, Médecins du Monde, d’autres ONG et enfin, certains établissements scolaires publics.”

“Notre mission publique est ainsi complémentaire à celle du système de Santé, surtout lorsque ce dernier ne peut plus remplir son rôle ni ses missions, d’où d’ailleurs cet oxymore alors de taille: L’État fait appel à nous en reconnaissant notre rôle et en même temps ce même État... organise et met en exécution la fermeture brutale de notre Centre.”

Lorsque j’ai co-organisé en 2014 MuCEM à Marseille cette émouvante semaine riche en débats et en manifestations sous le titre “Après la crise ?”, Yórgos Vichas avait été parmi les nôtres dès le départ. Comme il y a déjà quatre ans, ses actes rejoignent les paroles, et son verbe est toujours aussi aiguisé.

“Nous exposons la situation de la Santé en Grèce sous la Troïka, nous dénonçons cette politique à travers l’Europe et le monde, nous considérons que cette politique introduite et planifiée par l’Union Européenne, par le FMI, par la BCE et par les gouvernements grecs est une forme de génocide. D’ailleurs, j’ai eu l’occasion d’en débattre de manière très constructive avec certains juristes internationaux lors d’un conférence en Suisse il y a quelques mois, sur cette dimension juridique de l’affaire grecque”, précise-t-il Yórgos Vichas (conférence de presse du 14 juin à Athènes).

Malade d'une tumeur ? Athènes, mai 2018

Vieux café. Athènes, 2018

Et nous avons bu ensuite toute notre tasse des impressions du jour dans un vieux café d’Athènes, sous le regard des retraités, tout comme sous celui des animaux adespotes (sans maître) des lieux. Nous savons que depuis... le fait si bien accompli de la dite crise, les retraités couverts certes par la Sécurité Sociale grecque, représentent désormais près de la moitié des patients qui trouvent... refuge au Centre Médical Solidaire et Métropolitain d’Ellinikón.

“Ils viennent vers nous car leur semblant de retraite (souvent de moins de 400€ par mois) ne leur permet pas de couvrir les frais de participation pour ce qui tient des médicaments prescrits. Dans la même logique, nous recevons de plus en plus ceux qui ne sont ni retraités, ni actifs, personnes alors âgées entre 55 et 60 ans, génération dont la détresse est alors évidente”, précisent-ils les responsables du Centre d’Ellinikón.

Dans le même ordre d’idées, la “gouvernance” SYRIZA se met désormais à octroyer depuis quelques mois, des aides allant de 100 à 300 euros par mois, à une petite fraction des larges paupérisés du pays, après les avoir dépouillés de leurs biens, tout comme, après les avoir privés de travail. Les conditions d’octroi de ce type d’aide sont draconiennes, notamment, les tristes... élus ne doivent pas posséder grand-chose en immobilier ou autre type de bien.

Sous entendu: Bradez vos biens car vous ne retrouverez plus de travail et encore moins la moindre manière d’entreprendre... d’en bas. Ainsi, le système d’assistanat globalisant fera de vous des assistés, qui plus est, chroniquement dépressifs, dépendants, et historiquement inoffensifs pour les globalisateurs. Le tout, avec l’aimable participation de la sous-traitance clientéliste de SYRIZA, comme autant des autres partis politiques participant à la mascarade pseudo-démocratique actuelle, et pour tout dire, très exactement payés pour. C’est décidément pour cette raison que la législation SYRIZA/Troïka du moment se soucie alors davantage des casinos que de la santé publique.

Trière sacrée, céramique antique, Athènes, 2018

Notre poète Elytis. Années 1990

Dormir en paix. Athènes, mai 2018

Il est ainsi loin le temps des Trières sacrées des Anciens, de même que celui de notre poète Elytis pour qui, la poésie commence là où la mort n’a pas le dernier mot.
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Elytis s’est d’ailleurs longtemps posé la question d’Hölderlin “à quoi bon des poètes dans ces temps si sombres?”. Oui, à quoi bon des poètes et des bénévoles, à l’image de ceux Centre Médical Solidaire et Métropolitain d’Ellinikón ? Peut-être, parce que la poésie commence là où la mort n’a pas le dernier mot.

Sous le regard des animaux adespotes. Athènes, mai 2018

* Photo de couverture: Athènes, 2018


Panagiotis Grigoriou