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Fri, 17 Nov 2017 19:27:39 +0100

Vu du Liban. La médiation de Paris est vouée à s’étendre au Moyen-Orient

En invitant le Premier ministre libanais démissionnaire à venir en France alors qu’il semblait retenu en Arabie Saoudite, Paris pourrait avoir débloqué un dossier épineux. Cette médiation pourrait en amener d’autres plus importantes dans la région, avance ce site d’informations libanais.

L’arrangement franco-saoudien aura permis de sortir [l’ancien Premier ministre libanais] Saad Hariri de l’Arabie Saoudite. Samedi 18 novembre, il entamera un voyage dans des circonstances exceptionnelles. Il rencontrera d’abord le président français Emmanuel Macron à l’Élysée. Ensuite, “lundi ou mardi prochain”, il ira à Beyrouth, sur le conseil de la France, afin de clore au plus vite le dossier de sa démission. C’est ce que nous a affirmé une source au ministère français des Affaires étrangères.

Selon des sources à l’Élysée, cette issue à la crise a été rendue possible par le voyage du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en Arabie Saoudite pour mettre la dernière main à un accord qui avait été élaboré au préalable lors d’un long entretien téléphonique entre le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane et le président français, le 14 novembre.

Une position médiane importante

Selon des sources françaises, la diplomatie de Paris, “qui est fondamentalement différente à l’ère Macron de ce qu’elle a été auparavant”, a remporté un grand succès dans ce dossier par sa capacité à convaincre Riyad des risques d’internationalisation du dossier, avec la menace du Liban de recourir au

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Source

Fondé en février 2013, le site “Les Villes” couvre l’actualité du Liban et du monde arabe. De tendance gauche libérale, il se veut l’expression des sociétés civiles, libanaise et arabe, impliquées dans les “printemps arabes” et en lutte contre la

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Fri, 17 Nov 2017 16:35:47 +0100

La Hongrie en quête désespérée de main-d’œuvre

Déjà vidée d’un demi-million de ses habitants, partis travailler à l’étranger, dont près de 300 000 à Londres, la Hongrie manque cruellement de main-d’œuvre. C’est ce que confirme une étude de l’Office national de statistiques publiée au début du mois de novembre.

Six entreprises sur dix dans le bâtiment, près de quatre sur dix dans l’industrie manufacturière et autant dans les services : quel que soit le secteur, l’économie magyare est en panne de main-d’œuvre, et les chiffres collectés par l’Office national de statistiques viennent étayer ce constat désastreux pour Budapest. La faute en revient essentiellement à des salaires faibles comparativement aux standards européens, ayant conduit près d’un demi-million de Hongrois à quitter le pays pour mieux gagner leur vie plus à l’Ouest.

Qu’il soit serveur à Vienne, informaticien à Berlin ou cuisinier en Angleterre, un Hongrois percevra une rémunération au moins deux à trois fois plus élevée que ce qu’il peut espérer dans son pays. Résultat : près de 200 000 bras manqueraient aux entreprises magyares, selon l’Office de statistiques. Au-delà des salaires plus attractifs, les plus qualifiés quittent la Hongrie en quête de reconnaissance et d’indépendance, ce que n’offre guère une économie confisquée par les proches du pouvoir.

“Une crise extrêmement profonde”

Selon Tamás Torba, de Magyar Nemzet, cette situation symbolise l’échec d’un “modèle hongrois” aujourd’hui discrédité : “Ce problème ne se résoudra pas avec une simple augmentation de salaire. Il faudrait au moins une hausse de 50 % pour corriger ne serait-ce qu’un tout petit peu l’écart avec l’Ouest. La Hongrie bénéficiait jadis d’une main-d’œuvre qualifiée et fiscalement choyée. Elle déserte désormais massivement. Le gouvernement Orbán lui-même ne croit pas en sa propre propagande, qui vante une success-story économique. Que personne ne se fasse d’illusions, la crise est extrêmement profonde.”

Profonde au point que même le patron du géant du BTP Market ZRT, puissamment soutenu par l’État, souhaite accueillir des travailleurs chinois, indiens, pakistanais, vietnamiens et indonésiens dans les trois à cinq ans à venir, afin de remédier à la pénurie. “Si tu viens en Hongrie, tu peux récupérer le travail des Hongrois – dont ils n’ont pas besoin”, ironise Dávid Dercsényi, de HVG, se référant à une campagne gouvernementale de juin 2015 dirigée contre les réfugiés, sommés de ne pas “voler le job des Magyars”. “Mais alors les migrants risquent-ils vraiment de nous voler nos boulots ? Probablement, car les réfugiés sont prêts à assumer des tâches dont les Hongrois ne veulent plus”, insiste la plume de HVG.

Un exode massif

Quid des employés communaux payés au rabais (160 euros) et des travailleurs ukrainiens auxquels le gouvernement pensait sérieusement l’automne dernier pour s’extraire de ce gouffre abyssal ? Les migrants rejetés par Orbán seraient-ils en fait utiles ? Sans doute, répond le site 24.hu, qui cite entre autres une entreprise de textile ou un géant de la restauration d’entreprise embauchant des musulmans. “De nombreuses ONG et des experts du marché du travail s’accordent à dire que cette situation pourrait profiter aux migrants s’installant en Hongrie. Le manque de main-d’œuvre est si palpable que les sociétés se mettent à recruter des réfugiés occupant de facto les postes vacants”, souligne le reportage.

Importante pourvoyeuse de travailleurs détachés, la Hongrie se retrouve confrontée à un exode massif de travailleurs locaux malgré ses locomotives industrielles d’origine allemande (Audi à Győr, Mercedes à Kecskemét, Opel à Szentgotthárd, Bosch à Hatvan), ses 10 millions de forints (33 000 euros) d’aide au logement accordés aux couples souhaitant avoir trois enfants ou son programme Gyere Haza (“Rentre à la maison”), proposant des offres d’emploi et des conseils pratiques aux potentiels candidats au retour. Une tendance qui promet de persister, surtout si le salaire médian se maintient autour de 500 euros.

Joël Le Pavous

Fri, 17 Nov 2017 16:04:17 +0100

Rugby, Liban et Bataclan : une semaine en France vue de l’étranger

Chaque semaine, Courrier international récapitule l’actualité en France vue par la presse étrangère. Au programme du jour : la main tendue par Paris au Liban, les commémorations des attaques terroristes de 2015 et un hymne anti-Brexit chanté par Bertrand Cantat.

La phrase

La démarche française, un véritable deus ex machina, a en tout cas contribué à stopper le climat d’escalade verbale entre le Liban et l’Arabie Saoudite.”

Le quotidien libanais L’Orient-Le Jour salue l’action de la France dans la crise au Liban. Le gouvernement a invité l’ancien Premier ministre Saad Hariri, retenu en Arabie Saoudite depuis l’annonce de sa démission, à rejoindre Paris.

Le dessin

Lundi 13 novembre, la France a commémoré les attaques terroristes qui ont ébranlé Paris deux ans auparavant. L’occasion pour The Economist de rappeler que le pays n’a toujours pas résolu la difficile équation entre sécurité et liberté.

La semaine en bref

Sport • À la surprise générale, la France a remporté l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023, au détriment de l’Irlande et de l’Afrique du Sud. Cette décision passe mal dans la presse anglo-saxonne, qui y voit un choix uniquement fondé sur des critères économiques. Le quotidien britannique The Times fustige la transformation de la compétition en “grosse machine à fric”.

Médias • Alors qu’elle effectuait un reportage sur les migrants à la frontière franco-italienne, une journaliste suisse du Temps a été interpellée puis interrogée par la police française. Le journal de Lausanne dénonce “une intolérable attaque contre la presse”.

Économie • Huit ans après le début d’un scandale fiscal, HSBC a enfin trouvé un accord avec les autorités françaises. La banque britannique a accepté de payer une amende de 300 millions d’euros en échange de l’abandon des poursuites. “Les deux parties sauvent la face”, avance The Wall Street Journal.

MusiqueL’hebdomadaire britannique The Spectator voit dans la chanson L’Angleterre, de Bertrand Cantat, “un hymne anti-Brexit en puissance”. L’ancien chanteur de Noir Désir, condamné pour coups et blessures ayant entraîné la mort de sa compagne Marie Trintignant, s’adresse aux migrants qui rêvent de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni. “Pas une bonne idée, leur conseille M. Cantat, les temps changent mais rien ne change en Angleterre.”

Ils parlent de nous

Xavier Alonso, correspondant à Paris de la Tribune de Genève.

Votre journal a révélé des abus sexuels de Tariq Ramadan sur des élèves lorsqu’il enseignait à Genève. Vous attendiez-vous à un tel retentissement ?

L’écho est à la mesure du personnage. En Suisse aussi, il a toujours été très controversé. Il était invité dans des émissions pour parler de la place de l’islam, mais certains intellectuels dénonçaient son double discours. Il faut respecter la présomption d’innocence, cependant ces témoignages dépeignent quelqu’un de très éloigné du comportement qu’il prône. Si l’on se fie aux déclarations, c’est un prédateur qui a profité de son emprise intellectuelle sur des jeunes filles, parfois mineures.

Son interview en intégralité ici.

Dans l’hebdo

DiplomatieEmmanuel Macron, visiteur du soir de la crise saoudo-iranienne : la presse étrangère constate le coup diplomatique tenté par le président français au Moyen-Orient.

LittératurePhilip Roth, star inattendue des lettres françaises : le Washington Post est surpris qu’un écrivain américain sans lien particulier avec la France fasse son entrée dans la “Pléiade”.

LanguesL’écriture inclusive leur fait perdre leur latin : un chroniqueur du Guardian s’étonne du débat exalté qui saisit la France à propos de l’écriture non genrée.

Fri, 17 Nov 2017 15:34:15 +0100

Inédit : un Péruvien demande justice sur le réchauffement climatique

Un paysan des Andes péruviennes a porté plainte contre le géant allemand de l’énergie RWE. Avec le soutien d’une ONG, il accuse le groupe d’avoir provoqué la fonte du glacier de sa région, et d’être responsable des conséquences de cette situation.

Le Péruvien Saul Luciano Lliuya est venu se plaindre, à des milliers de kilomètres de ses Andes natales, devant le tribunal allemand de Hamm, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Et après un premier refus, l’agriculteur et guide de montagne a vu sa plainte enregistrée en appel par le tribunal le 13 novembre, notamment grâce au soutien financier de l’ONG environnementale allemande Germanwatch, explique l’hebdomadaire de Hambourg Der Spiegel.

“Les montagnes fondent, les lacs débordent et des entreprises comme RWE participent à ces désastres”, répète-t-il à BBC Mundo. “Que ferons-nous lorsque nous aurons perdu nos glaciers ? Nous allons manquer d’eau”.

RWE représente 0,5 % des émissions mondiales de CO2

Saul Lliuya accuse le groupe RWE, un géant de l’énergie dont le siège se trouve à Essen (dans le même Land que Hamm), d’avoir contribué, par ses émissions de CO2 à l’échelle mondiale, à la fonte des glaciers qui environnent sa région d’Áncash, dans l’ouest du Pérou, entraînant un fort risque d’inondation.

Le Péruvien se montre ainsi préoccupé par la menace d’effondrement de la digue qui retient les eaux du lac Pacacocha, en contrebas, en raison des masses d’eau qui se sont accumulées avec la fonte des neiges éternelles. Si cela arrivait, poursuit Der Spiegel, “l’inondation pourrait emporter quelque 6 000 personnes”.

Bien que l’entreprise RWE ne dispose pas d’installations hydroélectriques au Pérou, le plaignant se base sur une étude scientifique de 2013 montrant que RWE est responsable de 0,5 % des émissions mondiales de CO2 depuis le début de l’industrialisation”, reprend BBC Mundo. La connexion semble donc lointaine entre le contexte péruvien du plaignant et les installations du groupe de par le monde.

Réparer les dommages fait à l’environnement

Néanmoins, observe le quotidien Der Tagesspiegel, d’autres démarches judiciaires comme celle de Saul Lliuya ont déjà été engagées. C’est ainsi qu’aux Pays-Bas, détaille le journal, une plainte comparable a été déposée par la fondation Urgenda pour “contraindre l’État à faire reculer plus vite que prévu le taux de dioxyde de carbone dans le pays.”

Pour le responsable de l’ONG Germanwatch qui accompagne le paysan péruvien, ce n’est que justice, et la stratégie est claire, explique-t-il dans une interview au Spiegel : “Il s’agit d’obliger juridiquement ceux qui détruisent l’environnement à réparer leurs dommages, et de protéger ceux qui subissent les risques causés par cette destruction.”

Le groupe RWE ne l’entend pas de cette oreille : il estime que cette plainte n’est pas recevable. “Selon le droit civil allemand, on ne peut pas incriminer un unique émetteur de CO2 pour des événements liés aux changements climatiques à l’échelle planétaire et lui en faire porter les conséquences éventuelles sur un individu donné”, avance un porte-parole de l’entreprise interrogé par Der Tagesspiegel.

Sabine Grandadam