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Courrier international - Actualités France et Monde, vidéos, infographies

Tue, 16 Jan 2018 16:39:30 +0100

Italie : un candidat de la Ligue du Nord dérape au sujet de la “race blanche”

Évoquant la question de l’immigration, le candidat de la Ligue du Nord aux élections régionales de Lombardie a invoqué la nécessité de préserver “la race blanche” – avant de se raviser, parlant de “lapsus”.

Il ne s’agit pas d’être xénophobes ou racistes, mais d’être logiques, rationnels : nous ne pouvons pas [les accepter tous], parce qu’il n’y a pas la place. Il faut donc faire des choix. Il faut décider si notre ethnie, notre race blanche, notre société, doivent continuer à exister ou si elles doivent être effacées.”

Ces propos sont ceux d’Attilio Fontana, candidat au poste de gouverneur de la Lombardie. Fontana, qui est issu du parti d’extrême droite Ligue du Nord mais soutenu par l’alliance des droites, s’exprimait ce 15 janvier sur Radio Padania, la radio de son parti.

Devant le “déluge de réactions indignées”, raconte Il Messaggero, Fontana a “amorcé une marche arrière” et assuré qu’il s’agissait d’“un lapsus, une erreur d’expression. Ce que je voulais dire, c’est qu’il faut réorganiser l’accueil de sorte qu’il respecte notre histoire, notre société.”

À la limite, estime La Stampa, la justification d’Attilio Fontana est encore “plus intéressante que sa phrase sur la race. Le racisme est largement de retour dans notre discours quotidien, même si nous faisons mine de ne pas nous en apercevoir”, observe l’éditorialiste, si bien qu’il est loisible à Fontana de le réduire à une simple gaffe.

Stratégie payante

De son côté, Il Foglio tâche de “laisser le bénéfice du doute” à Fontana, gageant qu’il “cherche à se faire connaître et à prendre une position moins en retrait”. Sachant que les régionales lombardes tombent le même jour que les élections générales, le 4 mars, le journal conservateur croise les doigts :

Espérons que ces dérapages ne soient pas l’avant-goût d’une campagne électorale qui ne se jouerait que sur les émotions et l’exaspération. La politique a déjà l’air peu attirante, […] mieux vaudrait ne pas la rendre carrément repoussante.”

Mais à en croire Il Messaggero, c’est au contraire précisément sur ce genre de thèmes que se jouera la campagne, tout simplement parce qu’ils sont “payants en matière de voix”. “Tous les sondages s’accordent à le dire, souligne le journal : près d’un Italien sur trois votera pour des partis qui promettent de la rigueur sur la question de l’immigration”. D’après l’institut SWG, la préoccupation principale demeure le travail, mais les migrations viennent juste après. Il relève que 48 % des sondés considèrent comme une question très importante l’assertion “penser aux Italiens d’abord”, contre 52 % pour “lutter contre les inégalités sociales”. D’après le directeur de Tecnè, un autre institut de sondage, cette portion de la population correspond au tiers d’Italiens “qui ne sont pas touchés par la reprise économique et qui voient le niveau de leur protection sociale baisser”.

Tue, 16 Jan 2018 14:48:33 +0100

Adieu poissons de mer de Chine

Le 14 janvier, un pétrolier iranien a pris feu puis coulé après une collision en mer de Chine orientale. Le navire transportait 136 000 tonnes d’hydrocarbures légers. Pour l’instant, les experts peinent à évaluer le degré de pollution. Pour le dessinateur suisse Ballaman, c’est vite vu : la mer de Chine n’est déjà plus qu’un océan de pétrole.

Tue, 16 Jan 2018 14:38:38 +0100

Les Autrichiens manifestent contre le gouvernement Kurz

Une manifestation contre la politique antisociale du gouvernement autrichien a rassemblé plus de 20 000 personnes à Vienne ce dimanche.

Il y a longtemps qu’on n’avait pas vu ça”, souligne Kurier. Le 13 janvier, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Vienne et occupé la Heldenplatz, la place des Héros – où Hitler fut acclamé en son temps –, pour “dénoncer la politique du gouvernement [de droite et d’extrême droite de Sebastian Kurz (ÖVP) et Heinz-Christian Strache (FPÖ)] et marquer une étape historique”, poursuit le quotidien libéral viennois.

Ils étaient “plus de 20 000” (chiffre de la police), assure Kurier, et surtout bien plus nombreux que ne l’avaient espéré les organisateurs, plusieurs plateformes contre l’extrême droite et pour la défense du droit d’asile. La manifestation ciblait particulièrement la politique antisociale du gouvernement ainsi que le ministre de l’Intérieur, Herbert Kickl (FPÖ), qui s’est dit désireux de “concentrer” les réfugiés dans des centres.Ce pays ne sera pas conquis par les nouveaux fascistes”, a déclaré l’un des orateurs, tandis que la foule scandait “Résistance !”. Comme en 2000, rappelle Kurier, lors de l’arrivée au pouvoir du parti de Jörg Haider (FPÖ).

Source

Créé en 1954, ce titre national de centre droit a construit sa réussite sur le sérieux et la diversité de son traitement de l’information.Kurier, qui appartient au groupe Mediasprint, souhaite représenter l’Autriche 

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Tue, 16 Jan 2018 13:34:18 +0100

Mer de Chine : une immense marée noire après le naufrage d’un pétrolier

Après qu’un navire iranien transportant des hydrocarbures a pris feu puis coulé en mer de Chine orientale, on ignore quelles mesures vont pouvoir être prises pour contenir les effets de la pollution.

Les experts peinent à évaluer le degré de pollution des eaux après que le pétrolier iranien Sanchi, en feu à la suite d’une collision au large de la baie de Hangzhou, au sud-est de Shanghai, a finalement explosé puis coulé le 14 janvier, selon le pure player chinois Jiemian.

Les 32 membres d’équipage, 30 Iraniens et 2 Bangladais, ont tous probablement péri mais seuls trois corps sans vie ont été retrouvés par les sauveteurs. Le navire transportait 136 000 tonnes d’hydrocarbures légers.

“Une longue nappe de pétrole a déjà pu être observée à la surface et elle s’étend rapidement”, selon des responsables cités par le site. Mais tandis que les responsables de la pisciculture de Zhoushan, groupe d’îles de la baie de Hangzhou, se sont mis d’eux-mêmes en état d’alerte, les pêcheurs des environs, eux, n’ont pas reçu d’interdiction et sortent tous les jours depuis l’accident.

Une nappe de 58 km2 qui s’étend vers le nord

On ignore quelles mesures seront prises pour parer aux conséquences de cette pollution. Selon le quotidien officiel Renmin Ribao Haiwaiban, qui cite des experts se fondant sur des observations aériennes de l’Office national océanique réalisées le 15 janvier, cette nappe ferait 58 km2 et s’élargirait vers le nord, sous l’effet des vents et des courants.

“La récupération de pétrole d’un navire coulé est une technique relativement bien connue, lorsque des plongeurs peuvent s’approcher”, a indiqué Yin Yongjun, professeur d’ingénierie du sauvetage de l’université maritime de Dalian, interrogé par le quotidien scientifique Keji Ribao. Certaines de ces techniques sont possédées par la Chine, mais pas au niveau international de pointe, écrit le quotidien.

Tue, 16 Jan 2018 12:57:47 +0100

La faillite d’un géant du BTP britannique relance le débat sur les partenariats public-privé

Sous-traitant de premier choix pour le gouvernement, l’entreprise de BTP et de services Carillion a été placée en liquidation, lundi 15 janvier. Pour la presse britannique, il est l’heure de revoir de fond en comble la délégation de services publics.

Des retards sur plusieurs chantiers, une dette faramineuse et des avertissements sur résultats en série. Tous les ingrédients de la faillite étaient réunis. Lundi 15 janvier, après un week-end d’âpres négociations avec le gouvernement britannique, qui a finalement refusé de renflouer ses caisses, le géant du BTP et des services Carillion a été placé en liquidation immédiate. Résultat, les 43 000 salariés de l’entreprise, dont 19 000 au Royaume-Uni, risquent de perdre leur emploi. En parallèle, les quelque 30 000 sous-traitants de l’entreprise pourraient faire une croix sur 1 milliard de livres, selon les estimations du Daily Telegraph. De quoi faire planer le spectre d’un effet domino. “Comment en est-on arrivé là ?”, se demande la presse britannique ce mardi.

Un coût répercuté sur les contribuables

“Carillion fait partie de ces entreprises qui, ces dix dernières années, ont connu une croissance rapide en assurant selon les règles du privé la fourniture de services publics, des cantines scolaires à la construction routière en passant par la pose de voies de chemin de fer”, résume The Times. L’entreprise était donc particulièrement dépendante des contrats signés avec les pouvoirs publics.

Parmi les derniers en date, la ligne à grande vitesse entre Londres et Birmingham et de nouveaux bâtiments pour le ministère de la Défense. Au lieu de limiter l’exposition des contribuables au risque Carillion, les autorités l’ont accrue en lui concédant les marchés du ministère de la Défense et des lignes à grande vitesse alors même qu’elle avait déjà émis un premier avertissement sur ses résultats, puis en lui accordant deux nouveaux contrats pour Network Rail après l’émission d’un deuxième avertissement, s’indigne le quotidien londonien, qui soupçonne l’exécutif d’avoir voulu maintenir l’entreprise sous perfusion.

Seulement, le coût de cette faillite sera vraisemblablement porté par le contribuable. Selon The Times, le gouvernement s’est engagé à injecter plusieurs millions de livres pour garantir la pérennité des 450 contrats publics signés avec Carillion. Car, comme l’explique le Financial Times, “numéro un de la maintenance des bases militaires, prestataire-clé de l’entretien du réseau ferré et garant de la propreté de centaines d’hôpitaux au Royaume-Uni, Carillion occupe une position névralgique pour l’État britannique”.

Un prétexte idéal pour le discours antiprivatisation des travaillistes

Pour la presse de gauche, ce scandale doit rouvrir le débat sur la gestion des services publics par des entreprises privées. “Il est plus que temps de procéder à l’examen critique de ces partenariats public-privé, affirme The Guardian. Une réforme a minima consisterait à imposer un examen du bilan comptable de ces entreprises afin de réduire le risque de voir un important prestataire s’effondrer et entraîner dans sa chute une ribambelle de petits sous-traitants.

L’hebdomadaire New Statesman, lui, voit dans cette affaire une ouverture pour le dirigeant du parti travailliste Jeremy Corbyn, dont le programme lors des élections anticipées de juin 2017 promettait la nationalisation d’entreprises stratégiques : “Jeremy Corbyn tient là une occasion en or pour faire valoir sa thèse sur les coûts de la privatisation.

Faux débat, rétorque le Daily Telegraph.

Il n’y a aucune raison de ne pas confier la construction et la gestion du réseau ferré, des prisons ou de n’importe quelle infrastructure publique au secteur privé. Il s’agit là d’une affaire d’incompétence et de gabegie, pas d’une remise en cause de la délégation de service public. Pour preuve, ce ne sont pas les marchés publics qui sont à l’origine des problèmes de Carillion, mais ses contrats privés.

Circulez ? Pas tout à fait. Le journal conservateur admet que les partenariats public-privé sont trop généreux pour l’entreprise privée concernée et les sanctions insuffisantes.

Sasha Mitchell