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SMOLNY...

Thu, 05 Apr 2018 13:08:02 +0200

REEVE Charles : Le Socialisme Sauvage

Essai sur l’auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours

Présentation de l’éditeur :

Désastre généralisé et crise de la représentation nous incitent à penser au présent le vieux principe de la démocratie directe, qui prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, pour se trouver à nouveau dans les mouvements de contestation. Le principe d’autogouvernement s’y est toujours heurté aux principes autoritaires de représentation permanente.

Les soviets des révolutions russes et les conseils de la révolution allemande des années 1920 ont été deux expressions puissantes de cette promesse pour l’avenir, et se trouvent au coeur des réflexions développées dans ce livre. Car si le dénouement de la révolution russe a glacé pour un siècle le mouvement ouvrier, liant l’idée de socialisme à celle du totalitarisme de parti unique, l’expérience, courte mais riche, de la révolution allemande s’est révélée proche des mouvements contemporains, de Mai 68 au mouvement assembléiste du 15M en Espagne, en passant par Occupy aux États-Unis et par les Printemps arabes. Les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux ont toujours été rejetés par les chefs du socialisme avantgardiste et qualifiés de « sauvages », car leur échappant.

Même s’il n’est pas « stricto sensu » une histoire du mouvement socialiste, ce livre en revisite de grands moments. Il les étudie et les discute à travers le prisme de conceptions hérétiques et « sauvages », et garde à l’esprit la perspective de l’émancipation, encore et toujours.


L’auteur :

Né à Lisbonne en 1945, Charles Reeve vit à Paris depuis sa désertion de l’armée coloniale portugaise en 1967. Il est l’auteur de plusieurs essais, dont Le Tigre de papier, sur le développement du capitalisme en Chine, 1949-1971 (Spartacus, 1972) ; La Mémoire et le feu. Portugal, l’envers du décor de l’Euroland (L’Insomniaque, 2006) et China blues, voyage au pays de l’harmonie précaire (avec Hsi Hsuan-wou, Verticales/Gallimard, 2008). Il a préfacé les Notes sur l’Histoire de Karl Korsh (Smolny, 2011).


Table des matières :

INTRODUCTION
ARRIVÉS À CE QUI COMMENCE, OU L’ÉLOGE DE L’EXCÈS

CHAPITRE 1
LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1789-1795)
LA SOUVERAINETÉ CONTRE LA DÉLÉGATION

CHAPITRE 2
LA COMMUNE DE PARIS (1871)
LES LIMITES À L’EXERCICE DE « LA DÉMOCRATIE PURE »

CHAPITRE 3
LA PREMIÈRE INTERNATIONALE (1864-1877)
LE PRINCIPE D’AUTORITÉ ET L’ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE

CHAPITRE 4
GRÈVE GÉNÉRALE OU DE MASSE :
LE SYNDICALISME RÉVOLUTIONNAIRE ET LE SOUHAIT DE L’AUTOGOUVERNEMENT

CHAPITRE 5
LA RÉVOLUTION EN RUSSI (1905-1917)
LA DÉMOCRATIE « NON FALSIFIÉE » DES SOVIETS

CHAPITRE 6
LA RECETTE LÉNINISTE : LE « CONTRÔLE OUVRIER » CONTRE L’« HUMEUR CHANGEANTE DE LA DÉMOCRATIE OUVRIÈRE »

CHAPITRE 7
LA RÉVOLUTION ALLEMANDE (1918-1921)
UN MOUVEMENT SPONTANÉ ET IMPRÉVU

CHAPITRE 8
RUSSIE ET ALLEMAGNE, LE TEMPS DES BLANS :
LE SOCIALISME SAUVAGE ET LES DERNIÈRES FRACTURES DU VIEUX CAMP SOCIALISTE

CHAPITRE 9
L’IDÉE DES CONSEILS ET LA SOCIÉTÉ FUTURE

CHAPITRE 10
LES CONSEILS, PRINCIPES ET DÉBATS

CHAPITRE 11
ESPAGNE 1936, UNE RÉVOLUTION INACHEVÉE

CHAPITRE 12
L’ÉTRANGE ET LE NEUF DU MOIS DE MAI 1968

CHAPITRE 13
UNE FORME APARTIDAIRE DU SOCIALISME SAUVAGE :
LA RÉVOLUTION PORTUGAISE (1974-1975)

CHAPITRE 14
OÙ LE NOUVEAU CHEVAUCHE L’ANCIEN
LES NOUVEAUX MOUVEMENTS

CHAPITRE 15
DU ZAPATISME AU ZADISME, AVANT-GARDISMES ET AUTO-ORGANISATION

CHAPITRE 16
LES COMMUNS ET LEURS IMPASSES

CONCLUSION
LA CRISE DE LA REPRÉSENTATION
ET L’INTERMITTENCE DE L’ÉMANCIPATION SOCIALE

-  Cinq livres suggérés par chapitre

-  Notes


Éditions L’Échappée, collection « Dans le feu de l’action », parution le 24/01/2018

ISBN : 978-2-37309-035-2

320 pages / 13 x 20 cm / 20 euros


Sur la toile :

— « Un livre sur l’auto-organisation dans l’histoire des luttes », revue Critique Sociale ;

eric

Thu, 05 Apr 2018 01:14:30 +0200

BADIOU Alain (1979) : Kampuchea vaincra !

Avertissement : il semblerait que ce document si souvent cité soit devenu difficile à trouver sur la toile, alors même que son auteur continu de faire parade de son « communisme » avec beaucoup de complaisance dans les médias. Il va sans dire que la chose ne s’inscrit pour nous en rien dans le projet d’émancipation du prolétariat. Sa présence dans notre section « collections de textes » n’a donc qu’un sens documentaire.

L’invasion du Cambodge par cent vingt mille Vietnamiens avec chars et aviation de bombardement ; l’installation à Phnom-Penh de « dirigeants » tirés des bagages de l’envahisseur : prendre position sur ces faits engage, à notre avis, des questions essentielles.

À supposer que l’inertie l’emporte, qu’aucun courant d’opinion mondial ne se lève dans le scandale et dans l’action, un pas décisif serait fait vers la violation sans détour du droit des peuples à exister, du droit des nations à voir leurs frontières garanties et leur sécurité internationale reconnue. Aller régler les problèmes politiques du voisin à grands coups de division blindées serait désormais chose normale.

Dans ce climat d’acceptation du gangstérisme international, c’est la généralisation de la guerre qui deviendrait inévitable.

L’acquiescement, ou même la seule protestation réticente, devant cet acte de barbarie militariste franc et ouvert, reproduirait la logique munichoise, qui croit différer le péril sur soi en livrant et trahissant les autres, Autrichiens ou Tchèques hier, Khmers aujourd’hui.


Il est tout aussi vital et moralement clair de se lever contre l’actuelle invasion, qu’il l’était de condamner sans détour l’agression américaine de 1970. Les procédés sont les mêmes, aviation et division blindées contre un petit peuple démuni. Les objectifs sont les mêmes : installer dans les villes un pouvoir à la botte de l’étranger. Les résultats seront les mêmes : la guerre populaire de résistance nationale.

D’obscures affaires de sauvages...

Qu’à l’arrière-plan on trouve cette fois les ambitions impériales de la superpuissance soviétique, dont le Vietnam est client, indique seulement la rapidité des changements de conjoncture, et qui, désormais, entend jouer les premiers rôles dans la gendarmerie contre-révolutionnaire mondiale. Ce qui justifie le rappel du précèdent tchécoslovaque, dont du reste, avec un cynisme sans égal, les Vietnamiens se réclament ouvertement. À dix ans d’écart, c’est bien le même processus qui se déploie et s’aggrave.

Ce qui semble paralyser certains devant l’évidence du devoir, c’est la vaste campagne menée depuis trois ans contre le « goulag » cambodgien.


En soi déjà, l’argument est curieux, il revient en somme à dire que puisque les Khmers se sont tant tués entre eux, leur massacre par les chars vietnamiens doit nous laisser froids ! On ne saurait mieux dire que vus de loin, et en Asie, la question nationale, le respect des frontières, l’absolue ignominie qu’est une invasion massive perpétrée de sang-froid ne sont qu’obscures affaires de sauvages.

Contre les deux superpuissances

Sur le fond, nous constatons ceci : pour mieux « expliquer » la violence du processus révolutionnaire au Cambodge, les censeurs dénoncent à qui mieux mieux l’« hyper-nationalisme sectaire », le « refus de l’aide étrangère », le « chauvinisme », dont auraient fait preuve Pol Pot et ses camarades Khmers rouges. On déguise à peine, dans ces propos, qu’il est outrecuidant pour un pays de taille modeste de prétendre échapper à l’allégeance, à la soumission, à l’inclusion dans une aire d’hégémonie.

Il est très vrai qu’en se dressant à la fois contre les Américains et contre les Soviétiques, et en ne cédant rien au voisin puissant qui voulait coûte que coûte les mettre en tutelle, les révolutionnaires cambodgiens ont, les premiers, ouvert la voie à la question de l’indépendance nationale telle qu’elle se pose aujourd’hui : refus de plier devant les hégémonismes, lutte simultanée contre les deux superpuissances.

Outre les tensions accumulées dans les siècles par l’absolue misère du paysan khmer, la simple volonté de compter sur ses propres forces et de n’être vassalisé par personne éclaire bien des aspects, y compris en ce qui concerne la mise à l’ordre du jour de la terreur, de la révolution cambodgienne. Ce n’est pas justifier toutes choses que de remarquer qu’à la lumière du « Blitzkrieg » des envahisseurs vietnamiens, l’évacuation préalable de villes prend un tout autre aspect. D’autres mesures étonnantes, comme l’abolition des échanges monétaires et le passage accéléré au collectivisme n’ont du reste pas d’autre précédent, fût-il très éloigné, que le communisme de guerre dans l’U.R.S.S. des années 18-20. Le bilan de tout cela est à nos propres yeux une question ouverte, et de première importance.

Une troisième guerre de libération

Cependant, il n’est en réalité demandé à personne de prendre position sur ce point. Il n’est pas même demandé d’examiner en conscience à qui sert finalement la formidable campagne anticambodgienne de ces trois dernières années, et si elle n’a pas son principe de réalité dans la tentative en cours de « solution finale ».

Une seule chose compte : se lever contre l’agresseur, et assurer, dans les faits, le peuple cambodgien de notre soutien dans la guerre prolongée de libération — la troisième — à laquelle il se trouve aujourd’hui acculé.

eric

Tue, 27 Mar 2018 13:58:38 +0200

HAFFNER Sebastian : Allemagne, 1918 : Une révolution trahie

Présentation de l’éditeur :

« En 1918, devant la défaite allemande imminente, les huissiers de l’Empire ouvrirent aux dirigeants sociaux-démocrates la porte si longtemps close et les introduisirent, non sans arrière-pensées, dans l’antichambre du pouvoir. Et voilà que les masses se précipitèrent à l’intérieur, bousculèrent leurs dirigeants et les entraînèrent jusqu’à la porte du pouvoir lui-même. La social-démocratie semblait enfin parvenue à son but. Alors ses dirigeants, élevés malgré eux jusqu’au trône vide par la foule de leurs partisans, n’eurent rien de plus pressé que d’ordonner aux anciens gardiens du Palais de mettre tout le monde dehors. »

Sebastian Haffner raconte la trahison d’un peuple insurgé par ses propres représentants : comment les Ebert, Noske ou Scheidemann, déjà ralliés à l’union sacrée en 1914, consomment la faillite définitive de la social-démocratie. Appelés au pouvoir par le gouvernement impérial pour prévenir une révolution, ils jouent sans faiblir leur rôle, jusqu’à l’écrasement de la révolte de Berlin aux premiers jours de 1919.


L’auteur :

Journaliste et mémorialiste, Sebastian Haffner (1907-1999) est l’auteur d’Histoire d’un allemand. Souvenirs (1914-1933). Juriste, il renonce dès 1933 à la magistrature, pour ne pas se rendre complice du régime qui en exclut les juifs. Il s’exile en Angleterre en 1938.


Table des matières :

-  Avant Propos

-  I. Le Reich et la social-démocratie
-  II. Le 29 septembre 1918
-  III. Octobre
-  IV. La révolution
-  V. Le 9 novembre
-  VI. L’heure d’Ebert
-  VII. Le 10 novembre, La bataille de la Marne de la révolution
-  VIII. Entre révolution et contre-révolution
-  IX. La crise de Noël
-  X. Janvier, le tournant décisif
-  XI. La traque et l’assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg
-  XII. La guerre civile
-  XIII. La République des conseils de Munich
-  XIV. Némésis
-  XV. Trois légendes

-  Postface à la deuxième édition

-  Bibliographie


Éditions Agone, collection « Éléments », parution le 23/01/2018

ISBN : 978-2-7489-0352-2

280 pages / 11 x 18 cm / 12 euros

eric

Tue, 27 Mar 2018 13:45:53 +0200

MOOR Dmitry ( 1883 - 1946 )

Militant depuis 1905, il conçoit les décors de la fête organisée à Moscou, en 1919, pour l’anniversaire de la révolution d’Octobre. Excellent illustrateur, il réalise plus de 50 affiches pour l’Agence télégraphique russe (acronyme Rosta) [1], qui placardait chaque semaine, dans toutes les villes, des appels à la lutte de classes.


Sur la toile :

— Voir l’article de Taline Ter Minassian sur « L’avenir dans les affiches soviétiques » (1917-1921) dans la revue en ligne Persée ;

— Liste de ses œuvres dans l’article Wikipedia ;

[1] Connue pour ses affiches « Agitprop » des artistes de l’avant-garde russe. Elles servent de supports de propagande révolutionnaire, mais aussi illustrent des sujets quotidiens, comme la guerre contre les poux ou l’alcoolisme. Ces affiches sont habituellement appelées fenêtres Rosta, car pour être vues elles étaient placardées dans les vitrines des magasins.

sam

Tue, 27 Mar 2018 10:00:00 +0200

Calendrier perpétuel

Vendredi 10 octobre à 9h30 - INSA de Blois, dans le cadre des Rendez-Vous de l’Histoire à Blois, venez débattre à la table ronde organisée par le collectif Smolny sur le thème : Les internationalistes contre la Grande Guerre : trajectoires croisées de Rosa Luxemburg et de Karl Radek. Lire la présentation.

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